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Étoiles, garde-à-vous ! [Starship Troopers - fr]

Электронная книга - «Étoiles, garde-à-vous ! [Starship Troopers - fr]». Краткое содержание книги:

Après la grande guerre atomique de la fin du XXe siècle, le monde ne fut plus que chaos et désordre. Pour éliminer les hordes barbares qui s’étaient formées, les survivants durent remettre leur sort entre les mains de l’armée. Un siècle plus tard la civilisation, arrivée à l’âge des étoiles, restait dirigée par les militaires. Ainsi, c’était en portant les armes, en payant l’impôt de la sueur et du sang, que l’homme du xxie siècle devait acquérir le droit d’être citoyen. Dans cet univers militariste, Juan Rico s’engage le jour de ses dix-huit ans dans l’Infanterie Spatiale. Il ne sait pas quel sort terrible attend le fantassin qui, sur les mondes lointains, affronte les armées arachnides. En s’engageant, il a voulu devenir un homme, mais un soldat des étoiles est-il encore humain ?
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— Euh… mon adjudant… Où avez-vous trouvé ces boucles d’oreilles ? Elles sont très belles.

Il ne sourit pas. Il n’eut pas la moindre expression de mépris. Il me dit simplement :

— Ça vous plaît ?

— Pour sûr !

L’éclat de l’or sur l’uniforme surpassait celui d’une gemme.

Je demandai :

— Est-ce qu’on les trouve au magasin de la base ?

— Non. Et je ne crois pas que vous puissiez en acheter ici. Je l’espère. Mais je vous dirai… quand nous arriverons là où vous pourrez vous en acheter. Je vous le promets.

— Euh… merci.

— Mais de rien.

Je rencontrai de plus en plus souvent, par la suite, ces petits crânes d’or. Ils avaient plus ou moins d’os. J’avais deviné juste : ce genre de bijou était admis avec l’uniforme, tout au moins quand on était en permission. Et puis, j’eus enfin l’occasion d’en « acheter » un et je m’aperçus que le prix de cette petite chose était prodigieusement élevé.

C’était l’Opération D.D.T., la Première Bataille de Klendathu, pour les livres d’histoire. Peu après la destruction de Buenos Aires. Du coup, les marmottes qui habitaient la planète Terre s’étaient rendu compte qu’il se passait quelque chose. En fait, les gens ne croyaient pas vraiment à l’existence des autres planètes, du moins ceux qui n’y étaient jamais allés.

L’attaque contre Buenos Aires réveilla donc tous les civils qui demandèrent à grands cris le repli de toutes les forces disponibles, la mise en place d’un véritable bouclier spatial autour de l’espace terrien. Ce qui était idiot. On ne gagne pas une guerre en jouant la défense mais bel et bien en attaquant. Regardez l’Histoire : les « Départements de la Défense » n’ont jamais fait la décision. Mais c’est une réaction courante chez les civils lorsqu’ils prennent conscience de la guerre : exiger une tactique défensive. Ils se comportent comme le passager d’un astronef qui essaierait d’arracher les commandes au pilote au moment où retentit la sonnerie d’alarme.

Mais quand l’heure de l’opération a sonné, personne ne m’a demandé mon opinion.

Au lieu de replier nos forces sur la planète mère avec les prévisibles et catastrophiques résultats qu’une telle manœuvre aurait eu sur nos alliés et nos planètes-colonies, nous avions décidé de porter la guerre chez les Punaises.

La nouvelle de la destruction de Buenos Aires nous avait été transmise par un autre vaisseau. Nous étions à quelques parsecs de la Terre et nous sortions à peine de l’effet Cherenkov.

Je me souviens d’avoir pensé : « Mon Dieu ! c’est horrible ! » Mais je ne connaissais pas Buenos Aires, la Terre était très loin et nous nous préparions à attaquer Klendathu, la planète des Punaises. Le Valley Forge était sur une trajectoire de rendez-vous, la gravité interne était coupée afin d’économiser l’énergie au profit de la vitesse et nous étions sanglés dans nos couchettes, drogués et inconscients.

Des mois plus tard, je devais comprendre le changement énorme que la chute de Buenos Aires avait amené dans ma vie.

Nous allions être largués sur Klendathu. Je fus assigné à la suite du première classe Dutch Bamburger qui ne manifesta son plaisir que lorsque l’adjudant de section se fut éloigné.

— Ecoute-moi bien, le bleu : tu te colles derrière moi et tu n’en bouges pas. Si tu me retardes, je t’écrase ta petite cervelle. Vu ?

Je hochai la tête, c’est tout. Je venais seulement de comprendre que je n’étais plus à l’exercice.

Pendant un moment, j’ai eu la tremblote.

Et puis, on s’est retrouvés en bas.

L’Opération D.D.T. aurait pu aussi bien s’appeler Opération Kamikaze.

Tout se passa très mal. L’objectif était d’écraser l’ennemi d’un seul coup, d’occuper la capitale planétaire et les points stratégiques afin de mettre un terme à cette guerre. Mais on a bien failli la perdre.

Je ne veux pas critiquer le général Diennes. Je ne sais même pas si ce que l’on raconte est exact, à savoir qu’il aurait demandé toujours plus de troupes et d’appui en s’en remettant à la garde de l’Amiral en Chef des Cieux. Ça ne me regarde pas. Et puis, on ne m’empêchera pas de penser que ceux qui discutent après coup n’ont même pas la moitié des cartes du jeu en main.

Tout ce que je sais, c’est que le général a sauté avec nous et qu’il a dirigé les opérations au sol. Quand la situation est devenue intenable, c’est lui-même qui a pris la tête de la contre-attaque de diversion qui a permis de sauver la peau de quelques gars (dont la mienne). Et c’est là qu’il s’est fait avoir. Ses restes radioactifs sont encore là-bas, sur Klendathu, et il est vraiment trop tard pour le faire passer en cour martiale, alors, n’insistons pas.

Mais j’ai un petit commentaire à émettre à l’intention des stratèges en chambre. Je sais très bien que la planète des Punaises aurait pu être arrosée de bombes H jusqu’à ce qu’elle soit recouverte de verre radioactif. Mais est-ce que cela nous aurait donné la victoire ? Les Punaises ne sont pas des êtres comme nous. Ce sont en fait des pseudo-arachnides qui ne ressemblent même pas aux araignées. Ce sont des arthropodes, d’accord, et ils pourraient faire penser à l’image délirante qu’un fou peut avoir d’une araignée géante. Mais leur mode de vie, psychologique et économique, est très proche de celui des fourmis ou des termites. Les Punaises forment des communautés régies selon l’absolue dictature de la ruche. En ravageant la surface de leur monde, nous n’aurions tué que des soldats et des ouvrières. Nous n’aurions pas touché les reines, les cerveaux gouvernants.

Il n’est même pas certain qu’un coup direct, avec une fusée H pénétrante, pourrait venir à bout d’une reine. On ne sait pas exactement à quelle profondeur elles se trouvent. Je ne tiens pas à connaître la réponse. Aucun des gars qui ont tenté d’y aller voir n’est revenu.

Et si nous avions dévasté toute la zone productive de Klendathu ? Eh bien, les Punaises auraient encore leurs astronefs et leurs colonies sur les autres planètes, tout comme nous. Et leur quartier général est encore debout. S’ils ne se rendent pas, la guerre peut aussi bien durer pour l’éternité. A l’époque de l’opération D.D.T., nous n’avions pas de bombes novae et il n’était pas question de briser la planète tout entière.

S’ils ne se rendaient pas, la punition ne servait à rien.

S’ils pouvaient se rendre.

Leurs soldats ne le pouvaient pas. Leurs ouvrières ne se battaient pas et nous passions des heures et des tonnes de munitions à liquider des ouvrières qui n’auraient même pas bougé une antenne.

Mais n’allez pas croire qu’avec le nom que nous leur avons donné et leur totale incapacité à se rendre les Punaises ne soient rien de plus que de stupides insectes. Non, ce sont des adversaires intelligents, dangereux, bien entraînés. Vous leur grillez une patte, deux, trois, et ils continuent d’attaquer. Quand ils n’ont plus de pattes, ils s’arrêtent, d’accord, mais ils continuent à tirer. Et si vous voulez en finir, vous avez intérêt à viser les centres nerveux parce que autrement, votre Punaise peut aussi bien vous passer sur le corps et continuer tout droit, en tirant n’importe où, jusqu’au moment où elle s’écrase contre un obstacle.

Le saut a été un vrai massacre. Cinquante vaisseaux étaient lancés dans l’opération. Ils devaient sortir de l’effet Cherenkov et passer en propulsion normale avec une coordination parfaite, pour se mettre en orbite et nous larguer, selon la formation prévue, droit sur l’objectif prévu. Pas question d’effectuer le tour de Klendathu en orbite pour redresser la formation. Je suppose que c’est difficile. En fait, je sais très bien que c’est foutrement difficile. Si ça ne marche pas, c’est le fantassin qui se retrouve tout nu.

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