Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Исторические приключения » Les Habits Noirs Tome III - La Rue De Jérusalem
Les Habits Noirs Tome III - La Rue De Jérusalem - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Les Habits Noirs Tome III - La Rue De Jérusalem

Электронная книга - «Les Habits Noirs Tome III - La Rue De Jérusalem». Краткое содержание книги:

Ce roman met en scène les tentatives criminelles des Habits Noirs (que couvre Lecoq, alors devenu chef de la Sûreté) contre la famille de Champmas, et contre la richissime mais avare paysanne Mathurine Goret. L'appât, dans les deux cas, est le «faux Louis XVII», rôle rempli parmi les Habits noirs par plusieurs personnages successifs. Celui-ci, qu'on appelle aussi M. Nicolas, séduit d'abord Ysole de Champmas, fille bâtarde du général de Champmas, et se sert de sa complicité inconsciente pour tenter de tuer sa soeur légitime, Suavita…
1 ... 25 26 27 28 29 30 31 32 33 ... 111
Перейти на страницу:

– Auprès de Dijon, d’Orléans ou bien d’Arras. Je veux laisser un voile à ma pauvre amie Madeleine qui était si joyeuse, et qui pleura tant de larmes de sang!

Le comte se tut. Thérèse poursuivit:

– Une fois, il vint dans mon village un régiment si beau, si beau que tout le monde quitta les champs pour le voir passer sur la route.

«C’étaient des cavaliers.

«Ils avaient des vestes rouges qui fuselaient la taille des jeunes officiers comme font les corsets pour les femmes.

«Pourquoi les soldats ont-ils le même genre de coquetterie que les femmes?

«Celui de Madeleine, car Madeleine aima un soldat, la pauvre créature, mettait du noir sur sa moustache et de l’essence dans ses cheveux. Et il avait un corset plus étroit que la ceinture de Madeleine.

«Ils portaient des pantalons bleus avec de larges bandes d’argent. Leurs bottes éperonnées brillaient au soleil. Sur leurs têtes, les chapskas étincelants s’inclinaient et le vent jouait avec les minces banderoles qui flottaient au bout de leurs lances…

Le général changea de position sur la banquette de la carriole, qui, à la vérité, était dure remarquablement.

– Hie! Marion! poison! ordonna M. Flamant en songe.

Il dormait, Marion aussi.

– Madeleine avait dix-huit ans, poursuivait Thérèse. Malgré sa coquetterie de fillette étourdie et vaine, je n’ai jamais rencontré de cœur plus candide que n’était le sien la veille du jour où vint ce beau régiment de lanciers.

«Le lendemain… Ah! je vous l’ai dit: vous en savez des centaines de ces pauvres histoires; le lendemain, Madeleine avait quelque chose à cacher à son père et au curé.

«On lui avait baisé les deux mains, là-bas, sous les châtaigniers.

«Elle n’aurait jamais cru qu’un homme pût être si beau! ni murmurer de si douces paroles à l’oreille des jeunes filles.

«Celui-là était un officier. Il parla de Paris, de robes transparentes, de perles, d’amour, que sais-je? Madeleine ne m’a jamais dit s’il prononça le mot mariage; mais pour Madeleine, telle qu’elle était alors, il n’y avait point d’amour sans mariage.

«Avec ces pauvres enfants, pour tromper, on n’a même pas besoin de mentir.

«Ils restèrent trois jours, les lanciers. Pour Madeleine, c’était un fiancé qui partait. Il avait dit comme ils font tous: Je reviendrai.

«Et voyez la folie de ces pauvres filles! Madeleine ne savait pas même le nom de son fiancé. Dans son cœur, elle l’appelait Charles. Que faut-il de plus pour pleurer?

«Il ne revint pas. Est-ce qu’ils reviennent jamais?

«Quand Madeleine fut mère, elle eut pour la première fois la pensée de chercher le père de son enfant.

«Elle écrivit une lettre:

«Au moment de mettre l’adresse, elle se sentit défaillir.

«- À M. Charles, capitaine de lanciers…

«Charles, qui?…

«Elle déchira la lettre.

«Elle était alors à la ville et à l’hôpital.

«Il y avait beaucoup d’orgueil dans la tendresse de son pauvre père qui lui donnait trop. Son déshonneur tuait l’orgueil de son père.

«On l’avait chassée.

«Un jour elle se trouva seule dans la rue, avec son petit enfant sur ses bras. Elle ne savait pas beaucoup travailler, elle n’aurait pas osé mendier si près de son père. Dieu est bon.

«Voilà que passe un beau régiment – des lanciers!

«- Charles! oh! mon Charles!

«Madeleine faillit devenir folle de joie.

«Le beau capitaine avait gagné une grosse épaulette. Il rougit à la vue de Madeleine. Officiers et soldats se mirent à rire, et nul ne s’arrêta.

«Madeleine s’assit sur une pierre.

«Elle crut s’être trompée, car elle ne voulait pas même penser que Charles n’avait pas de cœur.

«Elle avait raison, quoiqu’elle ne se fût point trompée, Charles avait du cœur comme ils en ont.

«La nuit tombait, le pavé sonna sous le galop précipité d’un cheval.

«- Madeleine! où es-tu, Madeleine?

«Elle lui tendit son front en pleurant. Il ne l’embrassa point: il avait grande honte.

«Mais n’était-ce pas beaucoup déjà que d’être revenu?

«Il dit:

«- Vous ne manquerez jamais de rien, Madeleine, ni l’enfant non plus. Tenez, voici de l’argent…

«Il ne la tutoyait plus.

«Mais cette fois, il prononça son nom, son vrai nom. Oh! c’était un honnête homme. Il ajouta bien doucement – et bien froidement:

«- Quand vous aurez besoin, écrivez-moi, adieu!

«Et le cheval galopa de nouveau.

«Madeleine embrassa sa petite fille. Elle souffrit beaucoup en sa vie; mais, ce jour-là, elle eut sa plus grande souffrance.

«C’était un honnête homme. Elle ne manqua de rien, jamais, ni sa petite non plus. Mais elle était frappée à l’âme et sa santé s’en alla…

«Une fois elle écrivit. Elle était à Paris, à l’hospice Dubois où l’on payait sa chambre comme si elle avait été une dame.

«Elle écrivit: «J’ai peur de mourir et de la laisser seule, venez.»

«Il vint, et de bien loin, il vint tout de suite. C’était un honnête homme.

«Madeleine ne pouvait plus parler. Elle avait une religieuse qui la gardait.

«Ce fut un colonel qui entra. Il était toujours jeune, toujours beau.

«La petite jouait dans un coin. Il la prit sur ses genoux et l’embrassa cent fois.

«Madeleine n’avait pas perdu la vue: elle vit cela.

«Quand il eut cent fois embrassé l’enfant, il vint vers le lit et regarda la malade avec bonté. Il lui prit même la main. Il y avait longtemps que le cœur de Madeleine n’avait battu si vite.

«- Ma sœur, dit-il à la religieuse (Madeleine n’avait pas perdu l’ouïe), je suis le père de cet enfant. Si la pauvre femme mourait, je reconnaîtrais ma fille.

«La petite, qui avait entendu, s’éloigna de lui en pleurant.

«- Maman ne mourra pas! je ne veux pas que maman meure!…

– Hie! Marion! cria M. Flamant à sa bête qui s’était arrêtée court au beau milieu du pont de Nanterre. Hie! carcan! poison! guenon! taupe! chenille! savoyarde! Hie! carliste!

Sur cette dernière injure, accompagnée d’un déluge de coups de fouet, Marion s’éveilla en sursaut et reprit sa marche cahotante. Le général prononça très bas:

– Madame, je suis maintenant un vieil homme. Vous avez touché une plaie qui jamais ne se fermera. La mère d’Ysole est-elle vivante?

– Vous savez bien qu’elle est morte, répondit Thérèse d’une voix sourde. Voulez-vous que je m’arrête? Je n’ai pas l’intention de vous faire souffrir.

Le général, qui était immobile et droit sur sa banquette, répliqua d’une voix grave:

– Continuez, je vous prie. Je désire tout savoir.

Thérèse poursuivit aussitôt:

– Vous savez bien qu’elle est morte, puisque, trois semaines après, vous reçûtes l’enfant habillée de deuil.

«Je l’ai dit et je le répète, général, vous êtes un honnête homme. La petite fille fut reconnue; elle vécut près de vous et porta même votre nom jusqu’au jour de votre mariage.

1 ... 25 26 27 28 29 30 31 32 33 ... 111
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)