Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » История » Histoire de la Russie et de son empire
Histoire de la Russie et de son empire - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Histoire de la Russie et de son empire

Электронная книга - «Histoire de la Russie et de son empire». Краткое содержание книги:

Fruit de plus de dix ans de travail, ce maître-livre raconte la riche et grande histoire de la Russie, des origines à la fin de l’URSS, en passant par l’établissement d’une autocratie impérialiste assise sur la force de l’orthodoxie et d’un nationalisme conquérant. Un classique dont l’ampleur et l’intelligence se conjuguent avec un rare bonheur d’écriture, ici présenté dans une édition entièrement revue et augmentée d’une préface inédite de Marie-Pierre Rey.
Michel Heller (1922-1997), né en Biélorussie, a été arrêté, puis déporté durant six ans, avant d’émigrer en Pologne, puis en France, où il a notamment enseigné l’histoire et la littérature soviétiques à l’université Paris-IV-Sorbonne.
1 ... 276 277 278 279 280 281 282 283 284 ... 376
Перейти на страницу:

L’expansion russe à l’autre bout de l’empire, en Sibérie et en Extrême-Orient, attire nettement moins l’attention, sans doute parce qu’elle se déroule pacifiquement. Peut-être, aussi, parce qu’aux yeux des Russes, la mer est toujours moins séduisante que la terre.

La progression russe vers l’océan Pacifique s’effectue dans deux directions. La première peut être qualifiée d’américaine : elle passe par la colonisation du Kamtchatka, des îles Aléoutiennes, de la Californie et de l’Alaska. On pourrait également la baptiser « commerciale », car le moteur en est constitué par les artels de chasseurs de loutres de mer, de phoques et autres animaux marins. La Compagnie russo-américaine qui, nous l’avons dit, a obtenu son statut de l’empereur Paul Ier, en 1799, détient le monopole de la chasse et du négoce. La grande activité commerciale déployée par la compagnie suscite l’irritation de Pétersbourg qui, à distance, n’a aucun moyen de contrôler le comportement des chasseurs et des marchands. En outre – et c’est autrement plus important –, Nesselrode considère que la Russie a suffisamment de soucis en Europe et en Asie pour éviter de s’enliser dans un conflit avec les Américains.

En septembre 1821, Alexandre Ier signait un oukaze fixant les frontières de l’empire en Extrême-Orient. Le tracé commençait à cinquante degrés de latitude sur le continent américain (au nord de l’île de Vancouver) et coupait la partie septentrionale du Pacifique jusqu’au quarante-cinquième degré cinquante de latitude sur le littoral asiatique, incluant les îles Kouriles, à l’exception des quatre dernières : Kounachir, Abomaï, Ouroup et Itouroup.

Il s’agissait d’un oukaze à caractère défensif. L’empereur érigeait en quelque sorte un mur : la présence des navires étrangers à l’intérieur du périmètre ainsi délimité était déclarée illégale, les contrevenants risquant l’arrestation et la confiscation de leur cargaison. La Russie, toutefois, n’était pas en mesure de contrôler le respect de l’oukaze, qui ne tarda pas à être aboli. Il eut néanmoins le mérite de délimiter le territoire que le vainqueur de Napoléon considérait comme russe sur les bords du Pacifique.

Ce désir de se contenter de ce que l’on a obtenu est loin d’emporter l’adhésion générale. Officier de marine, le lieutenant Dmitri Zavalichine met au point un plan de conquête de la Californie, en s’appuyant sur Fort Ross, construit à proximité de San Francisco. Nommé administrateur de la Compagnie russo-américaine à Pétersbourg, Kondrati Ryleïev en favorise la réorganisation, en vue d’élargir et d’améliorer l’activité de la compagnie dans l’Amérique russe.

L’avenir de la Compagnie russo-américaine et de l’Amérique russe est déterminé, en particulier, par le fait que les rangs des partisans de l’expansion vers le Pacifique, comptent de nombreux Décembristes. Rappelons que Ryleïev a dirigé l’Union du Nord. Dmitri Zavalichine, lui, a pris une part active à la préparation de la conspiration. Seule sa présence à San Francisco, le 25 décembre 1825, a assuré son salut. De retour en Russie, Zavalichine est condamné à l’exil à vie en Sibérie.

À la différence d’Alexandre Ier, Nicolas Ier ne s’intéresse ni aux expéditions russes de circumnavigation (Alexandre Ier s’était rendu à Cronstadt, en juillet 1803, pour assister au départ de deux bâtiments se préparant à effectuer le premier voyage russe autour du monde : L’Espoir, commandé par Johann Adam Krusenstern, et le Neva, commandé par Iouri Lisnianski), ni aux colonies russes sur le continent américain. L’intérêt des Décembristes pour ces questions renforce encore l’attitude négative de l’empereur.

Le peu d’enthousiasme suscité par l’Amérique russe, l’absence de plans stratégiques en vue d’utiliser ce territoire se doublent d’une baisse des revenus de la Compagnie russo-américaine, due à la disparition progressive des loutres de mer, anéanties par les chasseurs. De plus, en 1839, les officiers russes sont dotés d’un nouvel uniforme, sans col de loutre, comme l’ancien. Le marché des fourrures du Pacifique périclite. En 1842, Fort Ross est vendu à John Satter, qui a trouvé de l’or en Californie. Le différend surgi entre la Compagnie russo-américaine et celle de la baie d’Hudson est résolu par le biais d’une location à bail du territoire litigieux aux Américains. « À chaque fois, écrit un spécialiste français de la politique russe dans le Pacifique, l’empire perdait un peu de sa souveraineté, de son territoire et de sa force dans cette région17. »

La situation est bien différente en Sibérie orientale et dans la partie est du Pacifique. Le traité de Nankin, signé en 1842 par l’Angleterre et la Chine, après la victoire anglaise dans la guerre de l’Opium, donne l’impulsion au déploiement d’une activité russe énergique dans la région. Les Anglais ont obtenu le droit d’importer librement de l’opium en Chine, ils peuvent faire du négoce dans cinq villes portuaires, et Hong Kong leur appartient pour cent cinquante ans. C’est le premier accord inégal ouvrant aux puissances occidentales les portes de la Chine. Le traité de Nankin, qui leur offre l’accès aux voies maritimes du commerce avec la Chine, est un coup très dur pour la Russie, détenant jusqu’alors le monopole du transit terrestre des marchandises chinoises, par Kiakhta. D’un autre côté, l’accord passé avec l’Angleterre crée un précédent, il démontre la faiblesse de l’Empire céleste.

Une seconde impulsion va être donnée à la politique russe par la nomination, en 1847, au poste de gouverneur-général de Sibérie orientale, d’un administrateur énergique, Nikolaï Mouraviev, qui jouit de l’appui du fils cadet de l’empereur, le grand-duc Constantin, amiral, futur ministre de la Flotte. Plus important encore est le fait que Nicolas Ier témoigne d’un intérêt considérable pour l’Asie d’Orient. Dans son message d’adieu à Nikolaï Mouraviev qui se prépare à partir pour ces terres lointaines, Nicolas lui déclare que l’Amour et les territoires bordant ses rives doivent entrer dans la composition de l’Empire de Russie.

Le programme de Mouraviev consiste à se rendre maître de la voie menant d’Irkoutsk, capitale de Sibérie orientale, au Pacifique. Ce projet se heurte à des résistances dans les cercles diplomatiques russes, où l’on tient pour assuré que l’Amour se jette dans la mer d’Okhotsk et est impropre à la navigation. Sakhaline est en outre considérée comme une presqu’île, barrant l’accès à l’océan. Sur son brick, le Baïkal, le capitaine Guennadi Nevelskoï démontre que l’Amour est navigable ; puis, de son propre chef, il étudie l’embouchure de ce fleuve et découvre le détroit de Tartarie, prouvant ainsi que Sakhaline est une île. Loin de se contenter d’observations hydrographiques, le capitaine Nevelskoï plante le drapeau russe à l’embouchure de l’Amour, le 1er août 1850. Quand la nouvelle du rattachement de ce gigantesque territoire à l’empire, sans ordre du centre, parvient à Pétersbourg, le capitaine est condamné à la dégradation au rang de simple matelot, « pour ses actes d’une impudence extrême ». Nicolas Ier fait cependant casser le verdict et décore le capitaine Nevelskoï, en déclarant : « Où le drapeau russe est planté une fois, jamais il ne doit retomber. » La consolidation de cette nouvelle acquisition territoriale s’effectuera sous le règne suivant, après la signature du traité d’Aigun avec la Chine, en 1858.

En 1851, à Kuldja, la Russie passe avec la Chine le premier d’une série de « traités inégaux » : la province chinoise du Hsin-Chiang est pratiquement placée sous protectorat russe.

1 ... 276 277 278 279 280 281 282 283 284 ... 376
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)