Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
Un jeu cruel - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Un jeu cruel

Электронная книга - «Un jeu cruel». Краткое содержание книги:

Duncan Chalk est à la tête d’une entreprise de divertissements florissante, les plus grands sites touristiques lui appartiennent, et il a la particularité de se nourrir des émotions et des souffrances d’autrui. Afin d’assouvir ses appétits et ceux d’un public toujours plus avide d’images-chocs, il met sous les feux des projecteurs deux êtres brisés, deux monstres que tout sépare : Lona Kelvin, une adolescente de dix-sept ans à qui on a prélevé des centaines d’ovules, jeune vierge mère de cent enfants ; Minner Burris, astronaute remodelé, reconstruit de la tête aux pieds par d’impitoyables extraterrestres. De leur rencontre va naître une histoire riche en émotions, à même de satisfaire les besoins des gens normaux, monstres assoiffés de sensations fortes. Ode à la tolérance, critique acerbe de la société du spectacle, histoire d’amour improbable… Avec Un jeu cruel, grand roman de science-fiction, Robert Silverberg fait preuve, une fois de plus, de son immense talent.
1 ... 24 25 26 27 28 29 30 31 32 ... 51
Перейти на страницу:

— Qu’est-ce que ça donne ? lui demanda-t-elle en sortant de la cabine.

— Vous êtes superbe ! – Il le pensait vraiment. – Regardez-vous donc dans la glace et jugez vous-même.

La joie qui éclatait dans les yeux de Lona équivalait à pas mal de kilowatts. Décidément, il s’était trompé du tout au tout. Elle était moins compliquée qu’il se l’était imaginé. La perspective de se muer en une créature de rêve l’avait réellement terrorisée et, maintenant, le résultat l’enchantait.

Et le résultat était assez sensationnel. La robe tissée par l’aérosol n’était ni tout à fait diaphane ni tout à fait moulante. Elle l’enrobait comme un nuage, voilant ses cuisses maigrelettes, ses épaules tombantes et réussissait à suggérer subtilement une sensualité totalement étrangère à Lona. On ne portait pas de lingerie sous cette projection de sorte que la nudité du corps était à peine masquée. Mais les modélistes étaient des artistes et le drapé flou du vêtement magnifiait celle qui le portait. Et ses couleurs étaient exquises. Grâce à Dieu sait quelle magie moléculaire, les polymères dont la robe était-constituée n’étaient pas limités à une bande bien déterminée du spectre. À chaque mouvement, sa teinte se modifiait, passant du gris rosé de l’aurore à l’azur du ciel d’été, au noir, à l’acier bruni, à la lactescence de la nacre, au mauve.

Le semblant de sophistication de la parure convenait on ne peut mieux à Lona. Elle paraissait plus élancée, plus mûre, plus dynamique, plus sûre d’elle. Elle redressait les épaules, bombait la poitrine. Elle était transfigurée de façon étonnante.

— Elle vous plaît ? demanda-t-elle à mi-voix.

— C’est merveilleux.

— Je me sens toute drôle. C’est la première fois que je porte quelque chose de ce genre. J’ai brusquement l’impression d’être Cendrillon partant pour le bal !

— Et Duncan Chalk est la bonne fée ?

Ils éclatèrent de rire.

— J’espère qu’il se transformera en citrouille à minuit !

Elle alla se planter à nouveau devant la glace.

— Minner, accordez-moi encore cinq minutes et je suis prête !

Burris se replia dans sa chambre. Il ne fallut en définitive pas moins d’un quart d’heure à Lona pour effacer les traces de ses larmes, mais il le lui pardonna : quand elle entra, il eut de la peine à la reconnaître. Son maquillage la métamorphosait littéralement. Ses yeux étaient cernés d’argent, ses lèvres étaient luminescentes, des pendants d’oreilles en or ornaient ses lobes. Elle entra comme une bouffée de brume matinale et annonça d’une voix de gorge :

— Nous pouvons y aller.

Burris était enchanté et amusé tout à la fois. En un sens, c’était une petite fille déguisée en femme. Dans un autre sens, c’était une femme qui venait de découvrir qu’elle n’était plus une petite fille. La chrysalide avait-elle éclaté ? En tout cas, le spectacle que Lona offrait était plein de charme. Elle était assurément ravissante. Elle attirerait certainement plus les regards que lui.

Ils se dirigèrent côte à côte vers le puits de descente.

Avant de sortir, il avait prévenu Aoudad qu’ils arrivaient. Brusquement, la peur s’empara de lui et il dut faire un effort farouche pour se maîtriser. Cela allait être sa première grande confrontation avec le public depuis son retour sur la Terre. Dîner dans le restaurant des restaurants ! Peut-être que son visage insolite rendrait le caviar amer à mille convives. Tous les regards convergeraient sur lui. Mais il considérait cela comme une épreuve indispensable, un test. La présence de Lona lui donnait du courage. C’était un manteau de bravoure qu’il revêtait exactement comme elle avait revêtu ces atours nouveaux pour elle.

Quand ils émergèrent dans le hall, les personnes présentes poussèrent une sorte de halètement fébrile. Soupir de plaisir ? D’effroi ? Le frisson délectable du dégoût ? Impossible de le savoir. Mais une chose était sûre : ils regardaient, ils réagissaient devant le couple étrange qui sortait du puits de descente.

Burris, Lona à son bras, demeurait hautain. Allez-y, gronda-t-il, in petto, regardez-nous ! Le couple du siècle, voilà qui nous sommes. L’astronaute mutilé et la vierge, mère de cent bébés. Le spectacle à ne pas manquer !

Ça, pour regarder, ils regardaient ! Il sentait leurs regards croisés butter sur ses tympans veufs d’oreilles, glisser sur ses paupières à diaphragme, sur sa bouche redessinée. Et il s’étonnait de l’impassibilité avec laquelle il accueillait cette curiosité vulgaire. Ils regardaient également Lona, mais c’était moins satisfaisant parce que les cicatrices de la jeune fille étaient intérieures.

Soudain, il y eut comme un remous à la gauche de Burris et, un instant plus tard, Élise Prolisse surgit de la foule et se rua sur lui en hurlant d’une voix enrouée :

— Minner ! Minner !

Elle paraissait hors d’elle. Son visage étrangement maquillé était une folle, une monstrueuse parodie d’élégance. Des stries bleues lui barraient les joues, des Filets rouges délinéaient ses yeux. Sa robe aérosol, imitant l’étoffe naturelle, un tissu froufroutant, et profondément décolletée, découvrait les globes laiteux de ses seins. Elle lançait en avant ses mains aux ongles étincelants.

— J’ai essayé de venir vous voir, fit-elle sur un ton haché. On m’en a empêchée. Ils…

— Élise…

C’était Aoudad qui, fendant la presse, se précipitait vers elle.

Il recula avec un juron quand elle lui griffa la joue. Après avoir jeté un regard venimeux à Lona, elle tira Burris par le bras.

— Venez avec moi. Maintenant que je vous ai retrouvé, je ne vous lâcherai pas.

— Bas les pattes !

C’était Lona qui avait parlé. Chaque syllabe était une lame acérée.

Élise fusilla la jeune femme du regard et Burris, ahuri, eut la conviction que ç’allait être la bagarre. Élise faisait au moins vingt kilos de plus que Lona et elle était d’une énergie indomptable, il avait de bonnes raisons de le savoir. Mais Lona possédait des réserves de force insoupçonnées, elle aussi.

Un scandale dans le hall de l’hôtel ! songea-t-il avec une étrange lucidité. Rien ne nous sera épargné.

— Je l’aime, petite putain ! brailla Élise d’une voix rauque.

Lona ne répondit pas, mais son poignet fulgura et elle abattit sèchement le tranchant de la main sur le bras charnu de sa rivale qui poussa une exclamation étranglée. Élise battit en retraite mais se prépara à jouer de nouveau des griffes. Lona, se plantant solidement sur ses jambes, ploya les genoux, prête à bondir.

Tout cela n’avait duré que quelques secondes. À présent, les spectateurs médusés avançaient vers les combattantes. Sortant enfin de la transe qui le paralysait, Burris, à son tour, passa à l’action pour protéger Lona de la fureur d’Élise. Aoudad s’empara d’un des bras de cette dernière qui essaya de se libérer. L’effort faisait palpiter ses seins nus. Nikolaides arriva à la rescousse. La femme braillait, se débattait, ruait dans tous les sens. Un cercle de chasseurs robots s’était formé autour d’elle. Ils l’entraînèrent.

Lona s’adossa à une colonne d’onyx. Bien qu’elle fût écarlate, son maquillage était intact. Elle paraissait plus surprise qu’effrayée.

— Qui était-ce ? demanda-t-elle.

— Élise Prolisse. La veuve d’un de mes camarades.

— Qu’est-ce qu’elle me voulait ?

— Je n’en sais rien, mentit Burris.

Mais Lona ne se laissait pas duper aussi facilement.

— Elle a dit qu’elle vous aimait.

— Que voulez-vous ? L’épreuve par laquelle elle est passée l’a terriblement secouée.

1 ... 24 25 26 27 28 29 30 31 32 ... 51
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)