Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
Un jeu cruel - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Un jeu cruel

Электронная книга - «Un jeu cruel». Краткое содержание книги:

Duncan Chalk est à la tête d’une entreprise de divertissements florissante, les plus grands sites touristiques lui appartiennent, et il a la particularité de se nourrir des émotions et des souffrances d’autrui. Afin d’assouvir ses appétits et ceux d’un public toujours plus avide d’images-chocs, il met sous les feux des projecteurs deux êtres brisés, deux monstres que tout sépare : Lona Kelvin, une adolescente de dix-sept ans à qui on a prélevé des centaines d’ovules, jeune vierge mère de cent enfants ; Minner Burris, astronaute remodelé, reconstruit de la tête aux pieds par d’impitoyables extraterrestres. De leur rencontre va naître une histoire riche en émotions, à même de satisfaire les besoins des gens normaux, monstres assoiffés de sensations fortes. Ode à la tolérance, critique acerbe de la société du spectacle, histoire d’amour improbable… Avec Un jeu cruel, grand roman de science-fiction, Robert Silverberg fait preuve, une fois de plus, de son immense talent.
1 ... 26 27 28 29 30 31 32 33 34 ... 51
Перейти на страницу:

— Il faut prendre place sur la plate-forme gravifique, souffla Burris à l’oreille de Lona.

C’était un disque aux reflets cuivrés de deux centimètres et demi d’épaisseur sur un peu moins de deux mètres de diamètre, en saillie au bord de la corniche. Dès que Burris y eut poussé Lona, il largua les amarres et s’éleva sans à-coups. La jeune fille prit garde de ne pas baisser les yeux. L’engin traversa la salle dans toute sa longueur et s’immobilisa devant une table libre précairement perchée sur un encorbellement. Minner aida Lona à aborder et le disque regagna son port d’attache en voltige.

La table, qui n’avait qu’un seul pied, semblait être un appendice organique de l’encorbellement. Lona s’installa avec soulagement dans le fauteuil qui épousa instantanément la forme de son dos et de ses fesses. Il y avait quelque chose d’obscène dans cette étreinte, mais en même temps, elle était rassurante : le siège ne l’abandonnerait pas si jamais, prise de vertige, elle se laissait happer par le vide.

— Qu’est-ce que vous en pensez ? lui demanda Burris en la regardant dans les yeux.

— C’est incroyable. Je n’aurais jamais imaginé que c’était comme ça.

Lona s’abstint d’ajouter que c’était si bouleversant qu’elle en avait presque la nausée.

— Nous avons droit à une table particulière. C’est sans doute celle qui est réservée à Chalk.

— Je n’aurais jamais pensé qu’il y eût tant d’étoiles !

Tous deux levèrent la tête. De l’endroit où ils se trouvaient, leur champ de vision était presque de 150°. Minner se mit à parler à sa compagne des étoiles et des planètes.

— Mars est là. Facile à reconnaître : c’est la grosse, couleur orangée. Mais voyez-vous Saturne ? Ses anneaux ne sont pas visibles, naturellement. Toutefois… – Il prit la main de Lona et la guida en lui expliquant la configuration des astres jusqu’à ce qu’il eût l’impression qu’elle comprenait ce qu’il voulait dire. – Nous y serons bientôt. D’ici, Titan est invisible à l’œil nu, mais nous n’allons pas tarder à y faire un tour. Alors, nous les verrons, ces fameux anneaux. Tenez, regardez par là ! C’est Orion. Et Pégase, plus loin.

Il lui indiquait les constellations, lui nommait les étoiles et il éprouvait un plaisir sensuel à prononcer leurs noms : Sirius, Arcturus, Polaris, Bellatrix, Rigel, Algol, Antarès, Bételgeuse, Aldébaran, Procyon, Markab, Deneb, Véga, Alphecca…

— Chacune est un soleil et la plupart ont des mondes qui gravitent autour d’elles. Elles s’offrent toutes à nous !

— Avez-vous visité beaucoup d’autres soleils ?

— Onze. Dont neuf possédant des planètes.

— Y compris quelques-uns de ceux dont vous venez de me parler ? J’aime leurs noms !

Burris secoua la tête.

— Les soleils que j’ai vus ne sont pas désignés par des noms, mais par un numéro de code. En tout cas, les Terriens ne leur ont pas donné de nom. Toutefois, certains en ont un et j’en ai appris quelques-uns.

Lona remarqua que les coins de la bouche de Burris s’écartaient et se refermaient rapidement. Elle savait, maintenant, que c’était chez lui un symptôme de tension. Ai-je eu raison de lui parler des étoiles ? Peut-être n’a-t-il pas envie qu’on lui rappelle cela. Pourtant, sous ce dais radieux, elle était incapable d’évoquer autre chose.

— Est-ce que vous retournerez là-bas, Minner ?

— Moi ? Quitter à nouveau le système solaire ? J’en doute. À présent, je suis à la retraite. Et il n’y a pas de croisières touristiques en direction des étoiles voisines. Mais il va de soi que je ne vais pas tarder à dire un petit au revoir à la Terre. Pour partir avec vous. Nous devons faire le circuit des planètes. Ce n’est pas tout à fait la même chose. Mais il y a moins de risques.

— Voulez-vous… voulez-vous… – Elle hésita avant de terminer précipitamment : – me montrer la planète où vous avez été capturé ?

Les lèvres de Burris palpitèrent brièvement à trois reprises.

— Elle possède un soleil bleuté invisible de cet hémisphère. Un soleil autour duquel tournent six planètes. Manipool est la quatrième. Quand nous étions en orbite et que nous nous préparions à descendre, j’ai éprouvé une étrange surexcitation. C’était comme si le destin m’attirait à cet endroit. Peut-être ai-je un peu le don de double vue, vous ne croyez pas, Lona ? Parce que, incontestablement, Manipool avait une place de choix dans mon destin. Mais je sais pertinemment que je ne suis pas clairvoyant. De temps en temps, j’ai l’intime conviction que je dois fatalement retourner là-bas. Et c’est absurde ! Revoir Manipool… me retrouver à nouveau face à face avec Eux…

Son poing se noua brusquement d’un mouvement convulsif qui se répercuta dans son bras tout entier. Le vase d’où jaillissait un bouquet de fleurs aux épais pétales bleus faillit s’envoler. Lona le rattrapa de justesse. Quand la main de Burris se refermait, nota-t-elle, le petit tentacule extérieur se plaquait contre ses phalanges.

Elle posa ses mains sur celles de Minner et les serra jusqu’à ce qu’elles se décrispent.

— Ne parlons plus de Manipool, murmura-t-elle. En tout cas, les étoiles sont merveilleuses.

— Oui. Je ne les avais jamais vues vraiment de cette façon avant mon premier voyage loin de la Terre. D’ici, elles nous apparaissent comme de simples points lumineux, mais lorsqu’on est pris dans le réseau de leurs feux entrecroisés, que leur éclat vous assaille de plein fouet, c’est différent. Cela vous marque un homme. Savez-vous, Lona, que, dans cette salle, on les distingue presque aussi nettement que du sabord d’un astronef ?

— Comment font-ils ça ? Je n’ai jamais rien vu de pareil.

Il essaya de lui expliquer le mécanisme de l’écran de lumière noire. À la troisième phrase, Lona perdit le fil, mais elle continua de fixer intensément les yeux insolites de Burris en faisant semblant d’écouter : il ne fallait surtout pas le décevoir. Il savait tant de choses ! Et pourtant, il avait tout aussi peur qu’elle dans ce lieu de délices. Il était impératif de continuer de parler parce que la conversation dressait une barrière contre cette peur. Toutefois, pendant les silences, Lona prenait vaguement conscience de la présence de la foule des riches convives sophistiqués qui l’entouraient, du luxe accablant de la salle, du gouffre qui s’ouvrait à sa gauche, de son ignorance et de son manque d’expérience. Elle avait l’impression d’être nue sous le flamboiement des étoiles. Et, pendant ces temps morts, même Burris redevenait un étranger. Ses mutilations, qu’elle avait presque cessé de voir, lui sautaient alors brutalement aux yeux.

— Voulez-vous boire quelque chose ? lui proposa-t-il.

— Avec plaisir. Mais commandez vous-même. Moi, je ne sais pas.

Humain ou robot, il n’y avait pas le moindre serveur en vue. Et personne ne venait s’occuper des autres tables. Burris commanda tout simplement les consommations en se penchant sur la grille dorée qui se trouvait près de son bras avec une désinvolture qui subjugua Lona.

— Êtes-vous souvent venu ici ? Vous avez l’air de savoir comment il faut procéder.

— Oui, je suis venu une fois. Il y a plus de dix ans. Ce n’est pas un endroit que l’on oublie facilement.

— Vous étiez déjà astronaute ?

— Oui. J’avais effectué deux sorties. J’étais en congé. Je voulais impressionner une fille.

— Ah !

— Mais je ne l’ai pas impressionnée. Elle s’est mariée avec un autre type. Ils se sont tués pendant leur voyage de noces quand la Grande Roue a explosé.

Plus de dix ans, songea Lona. À l’époque, elle n’avait pas encore sept ans. De se sentir si jeune à côté de cet homme la fit se recroqueviller et elle fut heureuse quand les consommations arrivèrent sur un petit plateau antigravité flottant au-dessus de l’abîme. Pour la première fois, elle s’étonna que tous ces plateaux de service, et Dieu sait qu’ils étaient nombreux ! n’entrassent jamais en collision. Il est vrai que programmer des orbites qui ne se rencontrent pas n’était pas tellement compliqué.

1 ... 26 27 28 29 30 31 32 33 34 ... 51
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)