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READ-E-BOOK » Космическая фантастика » La poussière dans l’œil de Dieu [The Mote in God’s Eye - fr]
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La poussière dans l’œil de Dieu [The Mote in God’s Eye - fr]

Электронная книга - «La poussière dans l’œil de Dieu [The Mote in God’s Eye - fr]». Краткое содержание книги:

D’un trou noir dans les profondeurs de l’espace a jailli un rayon de lumière rubis cent fois plus brillant que la Lune.
Était-ce l’Œil dans le Visage de Dieu ou le soleil sanglant de nos premiers visiteurs intergalactiques ?
La mission de l’astronef Mac Arthur est difficile. il doit rechercher et affronter un monde extra-terrestre où des êtres étranges et peu communicatifs défient toute biologie connue... où des créatures minuscules, à la fois savantes et idiotes, sont utilisées en guise d’armes redoutables... où des sourires rassurants dissimulent un secret planétaire dont l’utilisation aurait un effet dévastateur dans l’Univers.
« Surtout, en dit Frank Herbert, l’auteur célèbre de Dune et La Ruche d’Hellstrom, ce roman présente une approche nouvelle et brillante du problème fascinant de la première rencontre avec des extra-terrestres. »
« C’est peut-être, le meilleur roman de science-fiction que j’ai jamais lu », renchérit Robert Heinlein, l’un des maîtres les plus fameux du genre.
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— Oui. Eh bien, puisque le docteur Horvath voulait emmener des Marchands, je pense que Son Excellence sera ravi d’être dans la course… dites-lui seulement qu’un de ses collègues sera peut-être invité. Ça devrait suffire, non ? Je n’ai encore jamais rencontré de Marchand qui n’irait pas jusqu’à se faire damner pour être en avance sur ses concurrents.

— Quand partirons-nous, sire ? » demanda Rod.

Merrill haussa les épaules. « C’est à Horvath de voir ça. Beaucoup de travail à faire, j’imagine. Le Lénine devrait être ici dans un mois. Il recueillera Kutuzov sur le chemin. Je ne vois pas pourquoi vous ne pourriez pas partir, après cela, aussitôt que vous jugerez que le Mac-Arthur est fin prêt. »

11. Le Culte de Lui

À cent cinquante kilomètres à l’heure, le monorail glissait, dans un sifflement étouffé. La foule des passagers du samedi semblait s’amuser tranquillement. Ils parlaient peu. Dans un groupe, près du fond du compartiment, un homme était en train de partager un flacon d’eau-de-vie. Mais même ces gens-là étaient silencieux. Ils souriaient seulement un peu plus. Quelques enfants bien élevés assis à côté des fenêtres se dévissaient le cou pour regarder à l’extérieur, montraient du doigt et posaient des questions dans un dialecte incompréhensible.

Kevin Renner se comportait à peu près de la même façon. Il se penchait, la tête contre la vitre en plastique transparent, pour mieux voir ce monde étranger. Son visage portait un sourire sans complexe.

Staley était du côté du couloir central, assis, raide comme une statue. Potter était entre ses deux compagnons.

Ils n’étaient pas en permission mais avaient fini leur quart. On aurait pu les rappeler à bord par leurs ordinateurs de poche. Les mécaniciens des chantiers navals de la Néo-Écosse étaient en train de dégager les chaloupes des murs du pont-hangar du Mac-Arthur et d’entreprendre d’autres travaux, plus importants, sous la direction de Sinclair. L’ingénieur pouvait avoir besoin de Potter, en particulier, à tout moment. Or Gavin leur servait de guide. Peut-être Staley s’en souvenait-il justement, mais sa posture rigide n’était pas un signe d’inconfort. Il s’amusait. Il s’asseyait toujours de cette façon.

C’est Potter qui parlait le plus. « Ces volcans jumeaux, vous les voyez, Renner ? Vous apercevez ces structures cubiques, près du sommet ? Elles servent à contrôler l’atmosphère. Quand les cratères crachent des gaz, les postes de veille tirent des jets d’algues calibrées dans le flux d’air. Sans cela notre atmosphère redeviendrait vite irrespirable.

— Hum. Vous n’avez pas pu les maintenir en fonction pendant les guerres de Sécession. Comment vous êtes-vous débrouillés ?

— Mal. »

Le relief était barré par d’étranges lignes brisées. Ici, on trouvait le vert d’une campagne bigarrée, ailleurs ce n’était qu’un paysage sans vie, presque lunaire. Il était étrange de voir les larges rivières étirer leurs méandres du désert aux terres cultivées. Il n’y avait pas de mauvaises herbes. Rien ne poussait librement. La futaie qu’ils traversaient maintenant avait les mêmes frontières droites et la même ordonnance régulière que les larges bandes de cultures florales qu’ils avaient croisées un peu plus tôt.

« Vous êtes en Néo-Écosse depuis trois cents ans, dit Renner. Pourquoi est-ce toujours dans cet état ? On aurait pensé qu’une terre naturelle se serait répandue et que des graines sauvages s’y seraient implantées.

— Où avez-vous vu que, sur une colonie spatiale, la terre cultivée cesse de l’être ? Durant toute notre histoire, nous nous sommes développés plus vite que la terre arable. » Potter se redressa soudain dans son fauteuil. « Regardez devant. Nous entrons dans le “Carré de Quentin”. »

Le monorail ralentit. Les portes coulissèrent vers le haut et quelques passagers sortirent. Les spationautes, menés par Potter, en firent autant. Gavin sautillait presque. Ils étaient dans son village natal.

Tout à coup, Renner s’arrêta. « Regardez, on voit l’Œil de Murcheson en plein jour ! »

C’était exact. L’étoile était haute au-dessus de l’horizon oriental, une étincelle rouge tout juste perceptible dans le bleu du ciel.

« Oui, mais on ne distingue pas le Visage de Dieu. »

De nombreuses têtes se tournèrent vers les hommes du Mac-Arthur « Renner, il ne faut pas l’appeler Visage de Dieu sur cette planète, dit Potter à voix basse.

— Comment ? Mais pourquoi ?

— Les Illistes, adeptes du Culte de Lui, l’appelleraient le Visage de Lui. Ils ne parlent jamais directement de leur Dieu. Un bon croyant pense que cette nébuleuse est tout sauf le Sac à Charbon.

— Mais partout ailleurs on appelle ça le Visage de Dieu. Croyant ou pas.

— Ailleurs, il n’y a pas d’Illistes. Si vous voulez bien me suivre nous atteindrons l’église de Lui avant le crépuscule. »

Le Carré de Quentin était un petit village entouré de champs de blé. Le chemin piétonnier était un large ruban de basalte, d’un ton mordoré qui le faisait ressembler à une coulée de lave tombée là fort à propos. Renner devina qu’un astronef avait dû survoler lentement la région en fondant, grâce à ses propulseurs, toutes les routes avant même qu’on y édifie des bâtiments. La surface du sol portait des myriades de craquelures. Mais, comme l’allée était maintenant bordée de maisons à deux ou trois étages, on pouvait difficilement réparer les méfaits de l’érosion de la même manière qu’on avait aménagé la voirie.

« Comment les Illistes sont-ils apparus ? demanda Renner.

— La légende veut, dit Potter qui s’interrompit aussitôt. Enfin ce n’est peut-être pas entièrement une légende. Les Illistes disent qu’un jour le Visage de Dieu s’est réveillé.

— Oui ?

— Il a ouvert Son Œil unique.

— Ce serait logique si les Granéens utilisaient à ce moment-là leurs canons laser pour pousser la voile solaire. On cite une date ?

— Ouais, dit Potter d’un air pensif. Ça s’est passé au cours de la guerre de Sécession. Ce conflit nous a fait beaucoup de mal, vous savez. La Néo-Écosse est restée fidèle à l’Empire, mais pas la Néo-Irlande. Nos deux planètes étaient de force égale. Pendant cinquante ans environ, nous nous sommes affrontés. Jusqu’au jour où il ne restait plus de vaisseaux interstellaires, ni de contact du tout avec les autres étoiles. Puis, en 2870, un astronef est tombé dans notre système. C’était le Ley-Crater, un cargo converti pour la guerre, avec champ Langston en état de marche et une soute pleine de torpilles. Endommagé comme il l’était, il restait le vaisseau le plus puissant de la Néo-Calédonie. Nous étions tombés bien bas. Avec son aide, nous avons détruit les traîtres néo-irlandais.

— Cela se passait il y a cent cinquante ans. Vous le racontez comme si vous l’aviez vécu. »

Potter sourit. « Nous prenons notre histoire très à cœur, ici.

— Bien sûr, dit Staley.

— Vous m’avez demandé des dates, dit Potter. Les archives universitaires ne disent rien. Certaines des banques de données des ordinateurs ont souffert pendant la guerre. Il est évident que quelque chose est arrivé à l’Œil, mais cela dut avoir lieu vers la fin des conflits. De toute façon, ça n’aurait pas produit un gros effet, vous savez.

— Pourquoi donc ? Le Visage de… l’Œil est l’objet le plus gros et le plus brillant de votre ciel. »

Potter sourit tristement. « Pas pendant la guerre. J’ai lu des chroniques. Les gens s’abritaient sous le champ Langston de l’université. Quand ils en sortaient, ils voyaient le ciel comme un champ de bataille : plein d’étranges lumières et de radiations provoquées par l’explosion des astronefs. Ce n’est qu’après la guerre que les gens ont recommencé à observer les astres. C’est alors que les astronomes ont essayé d’étudier ce qui était arrivé à l’Œil. Et c’est à ce moment-là que Howard Grote Littlemead fut frappé par l’inspiration divine.

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