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READ-E-BOOK » Космическая фантастика » La poussière dans l’œil de Dieu [The Mote in God’s Eye - fr]
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La poussière dans l’œil de Dieu [The Mote in God’s Eye - fr]

Электронная книга - «La poussière dans l’œil de Dieu [The Mote in God’s Eye - fr]». Краткое содержание книги:

D’un trou noir dans les profondeurs de l’espace a jailli un rayon de lumière rubis cent fois plus brillant que la Lune.
Était-ce l’Œil dans le Visage de Dieu ou le soleil sanglant de nos premiers visiteurs intergalactiques ?
La mission de l’astronef Mac Arthur est difficile. il doit rechercher et affronter un monde extra-terrestre où des êtres étranges et peu communicatifs défient toute biologie connue... où des créatures minuscules, à la fois savantes et idiotes, sont utilisées en guise d’armes redoutables... où des sourires rassurants dissimulent un secret planétaire dont l’utilisation aurait un effet dévastateur dans l’Univers.
« Surtout, en dit Frank Herbert, l’auteur célèbre de Dune et La Ruche d’Hellstrom, ce roman présente une approche nouvelle et brillante du problème fascinant de la première rencontre avec des extra-terrestres. »
« C’est peut-être, le meilleur roman de science-fiction que j’ai jamais lu », renchérit Robert Heinlein, l’un des maîtres les plus fameux du genre.
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Le majordome se raidit et frappa l’estrade de trois coups de sa canne. « SA TRÈS EXCELLENTE ALTESSE STEFAN YURI ALEXANDROVITCH MERRILL, VICE-ROI DE SA MAJESTÉ IMPÉRIALE AU-DELÀ DU SAC À CHARBON. QUE DIEU PRÊTE SAGESSE À SA MAJESTÉ ET À SON ALTESSE. »

Tout le monde se leva précipitamment. Rod, en bondissant sur ses pieds, songea à ce qui était en cours. Il serait facile d’être cynique. Après tout, Merrill n’était qu’un homme : Sa Majesté Impériale n’était qu’un homme. Ils enfilaient leurs pantalons comme tout le monde : un pied à la fois. Mais ils étaient responsables de la destinée de la race humaine. Le Conseil pouvait donner son avis. Le Sénat pouvait débattre. L’Assemblée pouvait crier et exiger. Pourtant, quand toutes les demandes contradictoires avaient été entendues, quand on avait pesé tous les conseils, il fallait que quelqu’un agisse au nom de l’humanité… Non, le cérémonial de l’entrée du vice-roi n’avait rien d’excessif. Il fallait que les hommes qui détenaient de tels pouvoirs s’en souviennent.

Son Altesse était un homme grand et sec. Il portait l’uniforme de sortie de la Flotte spatiale, soleils et comètes sur la poitrine, des décorations méritées au cours de longues années passées au service du règne. Le majordome lut le serment d’allégeance à la couronne avant que Merrill ne s’assît et saluât le Conseil.

Le duc Bonin, le vieux lord président du Conseil, était debout à sa place, au milieu de la grande table. « Messeigneurs, messieurs. Par ordre de Son Altesse, le Conseil se réunit pour débattre du vaisseau extra-terrestre venu du Grain. Notre session pourrait bien se prolonger très tard », ajouta-t-il sans trace de sarcasme dans la voix.

« Vous avez tous devant vous le rapport de notre enquête sur cet astronef. Je peux le résumer en deux points principaux : d’une part, cette race d’êtres ne connaît ni la propulsion Alderson ni le champ Langston. D’autre part, elle semble posséder des technologies considérablement en avance sur tout ce que l’Empire a jamais connu… et j’inclus dans cela le Premier Empire. »

Un sursaut de surprise anima la Chambre. De nombreux gouverneurs impériaux, et la plupart de leurs sujets avaient à l’égard du Premier Empire une attitude de révérence absolue. Bonin eut un hochement de tête lourd de sous-entendus. « Nous allons maintenant examiner les mesures à prendre. Son Excellence Sire Traffin Geary, ministre des Affaires Extérieures du Secteur. »

Sire Traffin était presque aussi grand que le vice-roi mais leur ressemblance s’arrêtait là. Au lieu d’avoir la silhouette mince et élancée de Son Altesse, Traffin était gros comme une barrique.

« Votre Altesse, messeigneurs, messieurs. Nous avons déjà dépêché un courrier vers Sparta et un autre le sera avant la fin de la semaine. Cette sonde était moins rapide que la lumière et fut lancée il y a bien plus d’un siècle. Pendant plusieurs mois, nous n’avons rien fait à son sujet. Je propose que nous préparions une expédition à destination du Grain mais que nous attendions les ordres de Sa Majesté Impériale pour agir. » Geary fit une moue féroce en jetant un regard circulaire sur la chambre du Conseil. « J’imagine que cela surprend beaucoup de ceux d’entre vous qui connaissent mon tempérament, mais je pense qu’il faut considérer cette situation avec la plus grande attention. La décision que nous prendrons pourrait bien influencer la destinée de la race humaine. »

Il y eut des murmures d’approbation. Le président fit signe à l’homme assis à sa gauche. « Sire Richard Mac Donald Armstrong, ministre de la Guerre de notre Secteur. »

Par opposition à la masse de Sire Traffin, Armstrong semblait presque chétif, ses traits étaient trop maigres pour s’accorder à son corps, trop mal dégrossis, si bien que son visage en prenait un air de douceur. Seuls ses yeux étaient durs, avec un regard analogue à celui du portrait qui le dominait.

« Je comprends tout à fait le point de vue de Sire Traffin, commença Armstrong. Moi non plus, je n’apprécie pas de prendre cette responsabilité. Il nous est d’un grand réconfort de savoir que, sur Sparta, les plus sages des hommes de notre race préviendront nos erreurs et nos échecs. »

Pas grand-chose de néo-écossais dans son accent, se dit Rod. Seulement des traces, mais il était visiblement né ici. Je me demande s’ils sont tous capables de parler comme tout le monde quand ils y sont obligés.

« Mais nous n’avons peut-être pas le temps d’attendre, dit doucement Armstrong. Voyons. Il y a cent trente ans, ainsi que nous l’apprennent nos archives, le Grain brillait si fort qu’il éclipsait l’Œil de Murcheson. Puis, un jour, il s’éteignit. Il ne fait aucun doute que cela se produisit quand la sonde fut sur le point de se retourner sur elle-même, pour entamer sa décélération vers notre système stellaire. Les lasers qui avaient lancé cet engin étaient coupés depuis longtemps. Leurs concepteurs ont eu au moins cent cinquante ans pour créer de nouvelles technologies. Pensez-y, messeigneurs. En un siècle et demi, les hommes de la Terre sont passés du bateau à voile à la conquête de la Lune. De la poudre à canon à la fusion de l’hydrogène… à un niveau de connaissance qui aurait permis de construire cette sonde… et en moins de cent cinquante ans après cela, ils avaient la propulsion Alderson, le champ Langston, dix colonies interstellaires, et le Condominium. Cinquante ans plus tard, la Flotte quittait la Terre pour fonder le Premier Empire. Voilà ce que cent cinquante années représentent pour une race en expansion, messeigneurs. Et voilà ceux que nous affrontons.

« Je dis que nous ne pouvons pas nous permettre d’attendre ! » La voix du vieil homme emplit la salle. « Attendre les ordres de Sparta ? Avec tout le respect que j’ai pour les conseillers de Sa Majesté, que peuvent-ils nous apprendre que nous ne sachions déjà mieux qu’eux ? Avant qu’ils n’aient pu répondre, nous leur aurons envoyé d’autres messages. Peut-être la situation aura-t-elle évolué et leurs instructions seront-elles devenues sans rapport avec la réalité. Par la sagesse de Dieu, il vaut mieux que nous commettions nos propres erreurs !

— Votre recommandation ? demanda sèchement le président.

— J’ai déjà donné l’ordre à l’amiral Cranston de rassembler tous les astronefs de guerre disponibles. J’ai envoyé à Sa Majesté une demande urgente la pressant d’assigner à notre secteur des forces supplémentaires. Et je propose maintenant de dépêcher une expédition vers le Grain, pour découvrir ce qui s’y passe, pendant qu’ici les chantiers navals convertissent assez de vaisseaux pour que nous soyons sûrs de pouvoir détruire les mondes d’origine de ces extraterrestres si cela devient nécessaire. »

Il y eut des sursauts de surprise dans l’assemblée. Un des membres du Conseil se leva précipitamment et demanda la parole.

« Le docteur Antoine Horvath, ministre de la Science, annonça le président.

— Votre Altesse, messeigneurs, je ne sais que dire, commença Horvath.

— Si seulement ça pouvait être vrai », grommela l’amiral Cranston, toujours assis à la gauche de Rod.

Horvath était un homme âgé, bien mis, aux gestes et aux mots précis, comme s’il avait l’intention de dire exactement ce qu’il pensait et rien de plus. Il parlait bas, mais chaque phrase emplissait la salle d’une façon parfaite. « Messeigneurs, cette sonde n’a rien de menaçant. Elle ne transportait qu’un seul passager et n’a pas eu la moindre occasion de communiquer avec ceux qui l’ont lancée. » Horvath adressa un regard lourd de signification à l’amiral Cranston. « Nous n’avons été témoins d’aucune manifestation permettant de penser que ces extra-terrestres possèdent une technologie supraluminique, ni quoi que ce soit suggérant un danger et pourtant Lord Armstrong parle de rassembler la Flotte. Il agit comme si l’humanité entière était menacée par un unique extra-terrestre mort et par une voile solaire ! Et je me demande : est-ce bien raisonnable ?

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