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READ-E-BOOK » Космическая фантастика » La poussière dans l’œil de Dieu [The Mote in God’s Eye - fr]
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La poussière dans l’œil de Dieu [The Mote in God’s Eye - fr]

Электронная книга - «La poussière dans l’œil de Dieu [The Mote in God’s Eye - fr]». Краткое содержание книги:

D’un trou noir dans les profondeurs de l’espace a jailli un rayon de lumière rubis cent fois plus brillant que la Lune.
Était-ce l’Œil dans le Visage de Dieu ou le soleil sanglant de nos premiers visiteurs intergalactiques ?
La mission de l’astronef Mac Arthur est difficile. il doit rechercher et affronter un monde extra-terrestre où des êtres étranges et peu communicatifs défient toute biologie connue... où des créatures minuscules, à la fois savantes et idiotes, sont utilisées en guise d’armes redoutables... où des sourires rassurants dissimulent un secret planétaire dont l’utilisation aurait un effet dévastateur dans l’Univers.
« Surtout, en dit Frank Herbert, l’auteur célèbre de Dune et La Ruche d’Hellstrom, ce roman présente une approche nouvelle et brillante du problème fascinant de la première rencontre avec des extra-terrestres. »
« C’est peut-être, le meilleur roman de science-fiction que j’ai jamais lu », renchérit Robert Heinlein, l’un des maîtres les plus fameux du genre.
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— Désolé. Que trouve-t-on ensuite dans ce rapport ?

— L’autopsie. Elle remplit la moitié du document. » Elle tourna quelques pages et Rod grimaça. Sally Fowler avait le cœur mieux accroché que la plupart des dames de la Cour.

La chair du Granéen était pâle, son sang rose, comme un mélange de sève et d’hémoglobine humaine. Les chirurgiens avaient entaillé profondément le dos de la créature et mis à jour les os depuis l’arrière du crâne jusqu’à l’endroit où le coccyx aurait dû se trouver.

« Je ne comprends pas. Où est la colonne vertébrale ?

— Il n’y en a pas, lui dit Sally. Il semble que l’évolution n’ait pas inventé la vertèbre, sur le Grain. »

Il y avait trois os dans le dos, chacun aussi solide qu’un fémur. Le plus haut était en fait une extension du crâne, comme si celui-ci avait été prolongé par une poignée de vingt centimètres de long. La surface articulaire qui le terminait se situait au niveau scapulaire. La créature pouvait incliner la tête mais pas la tourner.

L’os dorsal principal était plus long et épais. Il se terminait en une grosse articulation compliquée, semblable à un joint à rotule, correspondant au creux des reins. L’os inférieur s’élargissait en éventail pour former des hanches et des cavités fémorales.

Il y avait bien une moelle épinière, une ligne de connexion nerveuse, mais elle était en position ventrale par rapport à la colonne osseuse dorsale et non intégrée à celle-ci.

« Il ne peut pas tourner la tête, dit Rod. Il est obligé de compenser cela par une rotation de la taille. C’est pour cela que cette grosse articulation est si complexe. Exact ?

— Oui. J’ai assisté au maniement de cet assemblage osseux. Il permet de retourner complètement le torse vers l’arrière. Impressionnant, non ? »

Rod hocha de la tête et tourna la page. Sur la photographie suivante, les médics avaient mis le crâne à nu.

Pas étonnant que la tête fût dissymétrique. Non seulement le côté gauche était plus gros, pour contrôler les bras droits sensibles et à l’innervation compliquée, mais les tendons de l’épaule gauche s’inséraient sur des callosités portées par ce côté du crâne, ce qui assurait un bras de levier plus long.

« Tout est construit autour des bras, dit Sally. Si vous imaginez le Granéen comme étant un fabricant d’outils, vous comprendrez mieux. Les bras droits assurent les travaux précis, l’horlogerie par exemple. Le gauche sert à soulever et à tenir. Notre ami pouvait probablement lever l’avant d’un aéroglisseur d’une main et travailler sur les moteurs des deux autres. Et dire que cet idiot d’Horowitz pensait que c’était une mutation ! » Elle tourna d’autres pages. « Regardez.

— Exact, j’avais remarqué cela. Les membres sont trop ajustés. » Les photographies montraient les bras droits dans diverses positions. On n’avait pas réussi à les faire se gêner l’un l’autre. Ils étaient de taille égale mais le membre inférieur avait un avant-bras long et un humérus court tandis que ceux de son homologue étaient de même longueur. Quand la créature avait les deux bras droits le long du corps, le bout des doigts de la main supérieure arrivait juste en dessous du poignet inférieur.

Rod continua sa lecture. Tout comme l’expérience antérieure de xénobiologie l’avait laissé supposer, la biochimie de l’extra-terrestre n’était que subtilement différente de celle des humains. Toutes les formes de vie connues étaient suffisamment analogues pour permettre à certains théoriciens d’avancer la thèse d’une dispersion interstellaire de spores, pour expliquer l’origine de la vie dans tout l’univers. Tout le monde n’adhérait pas à cette théorie, mais elle se défendait et l’extra-terrestre n’allait pas permettre de trancher.

Longtemps après le départ de Sally, Rod étudiait toujours le rapport. Quand il en acheva la lecture, il retint trois faits :

Le Granéen était un fabricant d’outils intelligent.

Il avait traversé trente-cinq années-lumière pour trouver la civilisation humaine.

Et Rod Blaine l’avait tué.

9. Son Altesse a décidé

Le Palais du vice-roi dominait l’unique cité de Néo-Écosse. Sally resta bouche bée devant l’énorme structure et indiqua les vagues de couleur qui changeaient à chaque mouvement du glisseur.

« Comment a-t-on obtenu cet effet ? demanda-t-elle. Ça ne peut pas être une pellicule d’huile.

— C’est de la pierre de Néo-Écosse, répondit Sinclair. Vous n’en avez jamais vu de telle. La vie n’existait pas sur cette planète avant que le Premier Empire ne s’y installe. Ce château est fait de pierres volcaniques avec toutes les teintes qu’elles avaient quand elles sont sorties de terre.

— C’est magnifique ! » lui dit-elle. Le Palais était le seul bâtiment qui fût entouré d’un espace vide. La ville de Néo-Écosse se composait de petits quartiers. À haute altitude, on voyait des zones circulaires, ressemblant aux cercles de croissance d’un arbre, qui indiquaient la construction successive de générateurs de champ Langston plus puissants pour protéger la ville. « Ne serait-il pas plus simple aujourd’hui de concevoir un plan de ville basé sur l’utilisation des angles droits ? demanda Sally.

— Oui, répondit Sinclair. Mais, mon petit, nous sommes passés par deux cents ans de guerre. Bien peu de gens souhaitent vivre sans champ de protection… Non pas que nous n’ayons pas confiance en la Flotte ou en l’Empire, ajouta-t-il à la hâte, mais il est difficile de briser des habitudes si bien enracinées. Nous préférons rester à l’étroit, mais être sûrs de pouvoir nous battre. »

Le glisseur vira une dernière fois pour se poser sur le toit de lave du Palais.

Plus bas, les rues étaient pleines de couleurs des plaids et des tartans, chacun bousculant son voisin dans les ruelles étroites. Sally fut surprise de voir combien la capitale de ce Secteur impérial était petite.

Rod laissa ses officiers et Sally dans un confortable salon et suivit deux Marines très guindés. Dans la chambre du Conseil, splendeur et simplicité se mêlaient. Les murs de pierre brute tranchaient sur les tapis de laine aux motifs compliqués. De grandes oriflammes pendaient des chevrons du plafond.

Les Marines indiquèrent un siège à Rod. Juste devant lui, se dressait une tribune, réservée au Conseil, surmontée du trône du vice-roi, qui dominait toute la salle. Mais ce siège royal était lui-même dans l’ombre d’un immense hologramme de Sa Très Haute et Très Impériale Majesté, Léonidas IX, par la Grâce de Dieu, Empereur de l’Humanité. Quand un message arrivait de la planète du trône, l’holo s’animait mais, pour l’instant, il montrait un homme de moins de quarante ans, vêtu de l’uniforme noir d’un amiral de la Flotte, sans insigne ni décoration. Ses yeux sombres semblaient transpercer chacune des personnes présentes.

La salle s’emplit rapidement. Il y avait des membres du parlement local, des officiers des armées de terre et de l’espace, des civils à l’air pressé, servis par des domestiques surmenés. Rod ignorait ce qui l’attendait, mais il remarqua les regards de jalousie que lui lançaient ceux qui étaient assis derrière lui. Il était, de loin, le plus jeune des officiers, au premier rang des sièges d’honneur. L’amiral Cranston s’installa à deux places à gauche de Blaine et adressa un signe de tête martial à son subordonné.

Un gong résonna. Le majordome du Palais, noir comme le charbon, un fouet symboliquement accroché à la ceinture de son uniforme blanc, monta sur l’estrade et la frappa de sa canne de tambour-major. Un groupe d’hommes entra dans la salle et prit place sur la tribune. Les conseillers impériaux, décida Rod, étaient moins impressionnants que leur charge. Ils semblaient surtout tourmentés… mais beaucoup d’entre eux possédaient le même regard que le portrait de l’Empereur : comme s’ils voyaient, au-delà des dignitaires rassemblés devant eux, des choses que ces derniers pouvaient seulement imaginer. Ils restèrent assis, impassibles, jusqu’à ce que l’on frappe de nouveau le gong.

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