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READ-E-BOOK » Научная фантастика » À la fin de l'hiver [At Winter's End - fr]
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À la fin de l'hiver [At Winter's End - fr]

Электронная книга - «À la fin de l'hiver [At Winter's End - fr]». Краткое содержание книги:

La chute des comètes avait apporté le long hiver, comme, cent millions d’années plus tôt, lorsque les dinosaures avaient disparu. L’Hiver durait depuis soixante-dix mille ans.
Le Peuple survivait à l’abri de son cocon souterrain, génération après génération. Et voilà que le Printemps, annoncé par la Tradition, était revenu. Le Peuple devait sortir et aller recueillir son héritage dans la glorieuse cité de Vengiboneeza. Mais était-il encore humain ?
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« Est-ce possible ? se demanda-t-elle. Harruel me désirerait-il ? »

C’était une idée renversante et horrifiante. Elle allait dorénavant tenir Harruel à l’œil. Il avait à l’évidence une idée derrière la tête, qui n’y était pas auparavant. Puisqu’il ne pouvait devenir lui-même le chef, peut-être rêvait-il secrètement de devenir le maître du chef. Jamais elle ne permettrait cela, mais elle avait besoin d’Harruel, besoin de sa force, de son courage et même de sa violence. Elle allait devoir réfléchir sérieusement à tout cela.

4. Le chroniqueur

Hresh prit son courage à deux mains et il alla trouver Koshmar pour lui demander de le nommer chroniqueur à la place de Thaggoran. Ce n’est pas tant un refus qu’il redoutait, car sa requête était tout à fait extravagante, que les moqueries de Koshmar. Elle pouvait être cruelle, elle pouvait être sans pitié. Et Hresh n’ignorait pas qu’elle avait déjà des raisons de ne pas le porter dans son cœur.

Mais, à son grand étonnement, le chef de la tribu accueillit sa démarche avec une certaine bienveillance.

— Chroniqueur, dis-tu ? C’est une tâche traditionnellement dévolue à l’aîné de la tribu. Et tu as…

— Bientôt neuf ans, répondit Hresh d’une voix ferme.

— Neuf ans. Ce n’est pas ce qu’on peut appeler vieux, n’est-ce pas ?

Il crut voir Koshmar réprimer un sourire.

— L’aîné de la tribu est Anijang, poursuivit Hresh, mais il est trop bête pour devenir chroniqueur. Et puis, en quoi mon âge est-il important, Koshmar ? Tout est différent maintenant que nous sommes sortis. Il y a des dangers partout et les hommes doivent monter la garde en permanence. Nous avons affronté les rats-loups, les oiseaux de sang, les piquefeux et il nous faut chaque jour ou presque repousser de nouvelles attaques. Et cela continuera jour après jour. Je suis trop petit pour être vraiment utile dans ces batailles, mais je peux tenir les chroniques.

— En es-tu sûr ? demanda Koshmar. Sais-tu lire ?

— Thaggoran m’a appris. Je sais écrire des mots et je sais les lire. Et j’ai une bonne mémoire. Je connais déjà une grande partie des chroniques. Tu peux m’interroger sur la venue des étoiles de mort, sur la construction des cocons…

— Tu as lu les chroniques ? demanda Koshmar avec étonnement.

Hresh sentit le rouge lui monter aux joues. Quelle gaffe ! Les chroniques étaient enfermées dans un coffret que seul le chroniqueur en personne avait le droit d’ouvrir. Mais Hresh avait déjà eu l’occasion, et cela remontait à l’époque du cocon, d’en étudier quelques pages lorsqu’il arrivait à Thaggoran de laisser le coffret ouvert, Était-ce négligence ou indulgence, mais l’ancien avait toujours fait semblant de ne rien remarquer ? Mais c’est surtout depuis la disparition du chroniqueur que Hresh avait effectué la majeure partie de ses recherches sur le passé, en cachette, profitant de ce que les autres étaient occupés à chercher de la nourriture. Depuis qu’il n’y avait plus de chroniqueur pour veiller jalousement sur le coffret, il restait souvent sans surveillance et personne ne semblait prêter attention au gamin quand il ouvrait l’objet sacré.

— Thaggoran m’a permis de les regarder, dit piteusement Hresh en espérant que Koshmar se laisserait prendre à ce mensonge grossier. Il m’a fait promettre de ne jamais en parler à personne, mais, de temps en temps, il me faisait une faveur et me laissait…

— Tu imagines que je vais croire cela ? l’interrompit Koshmar en riant. Personne n’est donc capable de tenir ses promesses dans cette tribu ?

— Il aimait à raconter des histoires de l’ancien temps, poursuivit Hresh en improvisant désespérément. Et comme c’est moi qui étais le plus intéressé, il… Enfin, nous…

— Oui, je vois, dit Koshmar en le considérant de toute sa hauteur. Mais peu importe maintenant si des promesses n’ont pas été tenues avant le Départ.

Elle demeura longtemps pensive, puis elle tourna la tête vers Hresh.

— Ainsi tu veux devenir chroniqueur ? Et tu n’as même pas neuf ans ? Quelle drôle d’idée !

Puis, au moment où Hresh s’apprêtait à s’esquiver, le rouge de la honte au front, elle ajouta :

— Va chercher les livres ! Montre-moi comment tu écris et nous prendrons une décision. Allez, dépêche-toi !

Hresh partit en courant, le cœur bondissant dans la poitrine. Parlait-elle sérieusement ? Le prenait-elle vraiment au sérieux ? Allait-elle lui accorder ce qu’il avait demandé ? Certes, cela pouvait n’être qu’une blague cruelle, mais si Koshmar savait se montrer cruelle, elle ne faisait jamais de blague. Elle devait donc être sincère ! Lui, Hresh, chroniqueur ! Il ne pouvait y croire. Il allait devenir l’ancien de la tribu avant d’avoir fêté son neuvième anniversaire !

C’est Threyne qui, ce jour-là, avait la responsabilité des objets sacrés. C’était une petite femme aux grands yeux et au ventre distendu par l’enfant qu’elle portait. Hresh se rua sur elle en criant que Koshmar lui avait demandé de lui apporter les livres sacrés. Threyne fit une moue sceptique et refusa de les lui remettre, de sorte qu’ils finirent par se rendre tous les deux auprès du chef, transportant ensemble le lourd coffret contenant les chroniques.

— C’est vrai, dit Koshmar, je lui ai demandé de m’apporter les livres.

Threyne la regarda avec stupéfaction. A l’évidence, c’était pour elle un véritable blasphème, mais elle n’osa pas défier Koshmar et tendit en grommelant le coffret à Hresh.

— Tu peux partir, dit Koshmar en faisant signe à Threyne de se retirer comme on enlève d’une chiquenaude un grain de poussière.

Quand elle fut hors de vue, Koshmar se retourna vers Hresh.

— Ouvre, dit-elle, puisque tu sembles déjà savoir comment t’y prendre.

Les doigts tremblants, Hresh commença avec empressement à manipuler les fermoirs et les ferrures du coffret qu’il parvint à ouvrir en quelques instants. A l’intérieur se trouvaient le Barak Dayir soigneusement enfermé dans sa bourse, les pierres de lumière et les livres des chroniques empilés comme Thaggoran les avait laissés, avec le volume en cours au sommet de la pile et le Livre de la Voie juste au-dessous.

— Très bien, dit Koshmar. Sors le livre de Thaggoran, ouvre-le à la dernière page et écris ce que je vais te dicter.

Hresh sortit le volume et le caressa avec respect. Il l’ouvrit en faisant le signe du Destructeur, car Dawinno, celui qui écrasait et exterminait, était aussi le gardien des connaissances. Hresh feuilleta lentement le livre jusqu’à ce qu’il arrive à l’endroit où Thaggoran avait commencé de son écriture élégante à rédiger le récit du Départ sur la page de gauche. Le récit du chroniqueur s’arrêtait brusquement, au beau milieu de la page, et celle de droite était vierge.

— Es-tu prêt ? demanda Koshmar.

— Tu veux que j’écrive dans ce livre ? demanda Hresh d’un ton incrédule.

— Oui, dit-elle en plissant le front et en pinçant les lèvres. Écris ceci : Il fut alors décidé par le chef Koshmar que la tribu partirait à la recherche de Vengiboneeza, la grande cité des yeux de saphir, là où il serait peut-être possible de découvrir des secrets utiles au repeuplement de la planète.

Hresh la regardait fixement, sans faire un geste.

— Allez, écris cela ! Tu es sûr de savoir écrire ? Tu ne m’as pas fait perdre mon temps pour rien ? Attention, Hresh ! Par Dawinno, si tu n’écris pas, je te fais écorcher et je fais transformer ta peau en une paire de bottes pour me protéger les pieds du froid de la nuit ! Écris !

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