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READ-E-BOOK » Научная фантастика » Citoyen de la galaxie [Citizen of the Galaxy - fr]
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Citoyen de la galaxie [Citizen of the Galaxy - fr]

Электронная книга - «Citoyen de la galaxie [Citizen of the Galaxy - fr]». Краткое содержание книги:

Le marché aux esclaves se tenait sur la Place de la Liberté, du côté du port spatial, en face du capitole des Neuf Mondes. Le marchand de chair humaine psalmodiait les enchères sur un ton monocorde, constamment interrompu par le rugissement des fusées.
Pourquoi un marché d’esclaves dans cet avenir lointain, dans cette Galaxie repue de progrès ? Pourquoi y vendre un jeune homme, Thorby, aussitôt après son arrivée ? Et qui est Thorby au juste ? Les gens sont libres. Chaque vaisseau spatial est un état souverain. Mais les Libres Marchands ont peut-être trouvé la pire solution au plus difficile problème : comment être humain et survivre dans toutes les situations. Et Thorby se pose une question : à quoi bon être un Citoyen de la Galaxie ?
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Tant qu’il n’avait pas saisi ces distinctions, il ne pouvait être un membre de la famille à part entière, même s’il l’était légalement. La vie du vaisseau était un système de caste composé d’obligations si complexes, de privilèges, de réactions requises à des actes obligatoires, que la société stratifiée et protocolaire de Jubbul paraissait à côté tout à fait chaotique. La femme du capitaine était la « mère » de Thorby, mais elle était aussi l’Adjoint de l’Officier Chef. La manière de s’adresser à elle dépendait de ce qu’on avait à lui dire. Comme il habitait dans les quartiers des célibataires, la phase de maternage cessa avant même de commencer, toutefois elle le traita aussi chaleureusement que ses autres fils et lui offrit sa joue à embrasser comme pour Fritz, un des frères aînés de Thorby.

Mais dans son rôle d’Adjoint à l’Officier Chef, elle pouvait être aussi glaciale qu’un percepteur.

Il faut dire que sa place n’était pas facile. Elle ne serait Officier Chef que lorsque la vieille aurait le bon goût de mourir. Dans l’intervalle, elle était le bras droit, la voix et la servante de sa belle-mère. Théoriquement les officiers supérieurs étaient éligibles, mais en pratique c’était un système à parti unique avec une seule liste de candidats. Krausa était capitaine parce que son père l’était, sa femme était Adjoint à l’Officier Chef parce qu’elle était son épouse, et deviendrait sans doute un jour Officier Chef. Elle le commanderait, lui et le vaisseau, comme le faisait la mère de son mari, pour la même raison. Mais entretemps, son haut grade s’accompagnait du travail le plus pénible de tout l’équipage, et cela sans répit, car les officiers supérieurs servaient à vie… A moins qu’ils ne soient révoqués, accusés et renvoyés sur une planète pour mauvais services, ou dans la fluidité glacée de l’espace pour avoir brisé les lois anciennes et rigides de Sisu.

Mais un tel événement était aussi rare qu’une double éclipse solaire. La mère de Thorby fondait ses espoirs sur un arrêt cardiaque, un infarctus, et autres aléas de la vieillesse.

Thorby, en tant que fils adoptif le plus jeune du capitaine Krausa, lui-même premier personnage mâle de la tribu, chef titulaire du clan de Sisu (sa mère était en fait le vrai chef), était supérieur aux trois quarts de ses nouveaux parents sur le plan du rang familial (il n’avait pas encore acquis de grade sur le vaisseau). Mais cette supériorité ne lui rendait pas pour autant la vie plus facile. Elle lui donnait sans doute des privilèges, il en sera toujours ainsi, mais surtout des responsabilités et des obligations, toujours plus coûteuses que le plaisir procuré par les prérogatives.

Il était plus aisé d’être un mendiant.

Son nouveau problème l’accaparait complètement et il ne vit pas Margaret Mader avant longtemps. Un jour, il se hâtait en courant dans un couloir de la quatrième passerelle (il était toujours pressé maintenant) lorsqu’il la rencontra.

Il s’arrêta.

— Hello, Margaret.

— Hello, Commerçant. J’ai cru un instant que tu ne parlais plus à une fraki.

— Oh, Margaret !

— Je plaisantais, fit-elle en souriant. Félicitations, Thorby. Je suis contente pour toi, c’est la meilleure solution dans les circonstances présentes.

— Merci, je le pense aussi.

Elle reprit rapidement en Anglais Systématique et lui demanda avec une inquiétude maternelle :

— Tu as l’air sceptique, Thorby. Quelque chose ne va pas ?

— Oh, ça va. – Soudain il ne put retenir ce qu’il avait sur le cœur. – Margaret, je n’arriverai jamais à comprendre ces gens !

— J’ai toujours cette impression quand je commence une nouvelle étude, et celle-ci est celle qui m’a le plus intriguée. Qu’est-ce qui t’ennuie ?

— Euh… Je ne sais pas. Je ne sais jamais. Eh bien, Fritz, par exemple, il est mon frère aîné. Il m’aide beaucoup, mais lorsque je ne saisis pas quelque chose que je suis censé comprendre, il me crie des injures dans les oreilles. Une fois, il m’a frappé. Je le lui ai rendu et j’ai cru qu’il allait exploser.

— Un combat de coqs, coupa Margaret.

— Quoi ?

— Peu importe. La comparaison n’est pas scientifique. Les êtres humains ne sont pas de la volaille. Que s’est-il passé ?

— Eh bien, il s’est immédiatement calmé, m’a dit de tout oublier. Il passait l’éponge à cause de mon ignorance.

— Noblesse oblige[1].

— Comment ?

— Pardon. Mon esprit est un dépotoir. L’a-t-il vraiment fait ?

— Oui, tout à fait. Il était doux comme un agneau. Je ne comprends pas pourquoi il est devenu enragé… Et je ne comprends pas non plus pourquoi il a cessé de l’être quand je l’ai frappé. – Il écarta les mains, perplexe – ce n’est pas naturel.

— Non, ça ne l’est pas. Mais peu de choses le sont. Hum… Thorby, je suis peut-être en mesure de t’aider. Je connais peut-être mieux que Fritz les raisons qui le poussent à agir. Parce que je ne fais pas partie de la Famille.

— Je ne comprends pas.

— Je crois pourtant que je le sais. C’est en cela que consiste mon travail. Fritz est né dans la Famille. La majeure partie de son savoir, et je le crois très cultivé, est inconscient. Il ne peut pas expliquer les choses parce qu’il ignore qu’il les sait. Il se borne à agir. Mais moi, ce que j’ai appris pendant ces deux années, je l’ai assimilé consciemment. Je peux peut-être te renseigner quand cela t’ennuiera de leur poser des questions. Tu peux me parler en toute liberté, je n’ai pas de statut.

— C’est vrai, Margaret, tu le ferais ?

— Dès que tu en auras le temps. Je n’ai pas oublié que tu as promis de me parler de Jubbul. Mais je ne te retiendrai pas plus longtemps. Tu avais l’air pressé.

— Je ne le suis pas en réalité. – Il sourit timidement. – Quand je suis pressé, je n’ai pas besoin de parler à beaucoup de gens… En général, je ne sais même pas comment le faire.

— Ah, je vois. J’ai des photographies de chaque personne à bord, avec son nom, sa classification familiale, son travail sur le vaisseau. Est-ce que cela peut t’être utile ?

— Oh, mais, bien sûr ! Fritz croit qu’il suffit de montrer quelqu’un en le nommant une fois.

— Alors, viens dans ma chambre. Cela ne pose aucun problème. J’ai l’autorisation d’interroger qui je veux ici. La porte donne sur un couloir public. Tu n’auras pas besoin de traverser la limite du gynécée.

Ce que Thorby avait eu tant de mal à apprendre par bribes, il l’absorba en une demi-heure grâce à l’entraînement de Baslim, et aux fiches méticuleuses garnies de photos du docteur Mader. Elle avait en outre préparé un arbre généalogique de Sisu. C’était le premier que le garçon voyait ; ses parents n’avaient pas besoin de tous ces diagrammes, ils savaient tout simplement.

Elle lui montra sa place.

— Le signe plus signifie que, bien que tu sois en ligne directe, tu n’es pas né dans la famille. En voici quelques autres, transférés des branches collatérales au clan… A mon avis, pour les mettre dans la lignée dirigeante. Vous vous dénommez une « famille », mais le rassemblement s’appelle une phratrie.

— Une quoi ?

— Un groupe non réuni par un ancêtre commun, et qui pratique l’exogamie, c’est-à-dire le mariage en dehors de la communauté. Le tabou exogamique persiste, modifié par la loi de la moitié. Sais-tu comment les deux moitiés fonctionnent ?

— Ils se relaient pour les corvées journalières.

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En français dans le texte original.

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