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READ-E-BOOK » Научная фантастика » Citoyen de la galaxie [Citizen of the Galaxy - fr]
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Citoyen de la galaxie [Citizen of the Galaxy - fr]

Электронная книга - «Citoyen de la galaxie [Citizen of the Galaxy - fr]». Краткое содержание книги:

Le marché aux esclaves se tenait sur la Place de la Liberté, du côté du port spatial, en face du capitole des Neuf Mondes. Le marchand de chair humaine psalmodiait les enchères sur un ton monocorde, constamment interrompu par le rugissement des fusées.
Pourquoi un marché d’esclaves dans cet avenir lointain, dans cette Galaxie repue de progrès ? Pourquoi y vendre un jeune homme, Thorby, aussitôt après son arrivée ? Et qui est Thorby au juste ? Les gens sont libres. Chaque vaisseau spatial est un état souverain. Mais les Libres Marchands ont peut-être trouvé la pire solution au plus difficile problème : comment être humain et survivre dans toutes les situations. Et Thorby se pose une question : à quoi bon être un Citoyen de la Galaxie ?
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Son fils fit de même. Thorby découvrit avec étonnement qu’une partie du discours du capitaine était identique à une portion du message de Pop. Il arriva à repérer les séquences sonores.

L’Ingénieur Chef, un homme plus âgé que Krausa, répondit. Il fut suivi par plusieurs autres femmes et hommes âgés. L’Officier Chef posa une question. En guise d’approbation, un chœur unanime s’éleva. Elle ne demanda pas s’il y avait des voix contraires.

Thorby cherchait à croiser les yeux du docteur Mader, lorsque le capitaine l’appela en Interlingua. Il était resté assis sur un tabouret, tout seul, et avait l’impression d’attirer tous les regards, qui ne lui semblaient pas très amicaux.

— Viens ici !

Il leva la tête, vit Krausa et sa mère le dévisager. Elle semblait irritée, ou bien était-ce un état permanent des traits de son visage. Il se hâta d’aller vers eux.

Elle plongea sa cuillère dans le plat du garçon, la lécha à peine. Avec le sentiment de faire quelque chose de très mal, mais parce qu’on le lui avait ordonné, il plongea sa cuillère dans le bol de la vieille femme, et avala timidement une bouchée. Elle saisit sa tête, la pencha vers elle et l’embrassa sur les deux joues de ses lèvres desséchées. Il lui rendit le baiser symbolique avec la chair de poule.

Le capitaine Krausa mangea dans le bol de Thorby, il fit de même dans le bol du capitaine. Puis l’homme prit un couteau, en tenant la pointe entre le pouce et l’index, et lui murmura en Interlingua :

— Arrange-toi pour ne pas crier.

Il lui entailla l’avant-bras.

Thorby pensa avec mépris que Baslim avait appris à ignorer une douleur dix fois plus intense. Le sang coula librement. Krausa le conduisit dans un endroit d’où tout le monde pouvait le voir, articula quelque chose très fort, et tint son bras de façon à former une mare sur la passerelle. Puis il marcha dedans, l’éparpilla avec son pied, et proféra encore quelque chose. Des acclamations fusèrent. Krausa s’adressa à Thorby en Interlingua.

— Ton sang est maintenant dans notre acier, notre acier est dans ton sang.

Thorby avait été toute sa vie en contact avec la magie. Il comprenait bien sa logique sauvage et presque raisonnable. Il ressentit une bouffée d’orgueil à l’idée de faire partie du vaisseau.

La femme du capitaine colla un sparadrap sur sa coupure. Puis ils échangèrent la nourriture et les baisers. Ensuite il dut le faire avec tout le monde dans la salle, avec tous ses frères, ses oncles, ses sœurs, ses cousins, ses cousines et ses tantes. Au lieu de l’embrasser, les hommes et les garçons lui servaient la main ou lui donnaient de grandes claques dans le dos. Quand il arriva à la table des femmes non mariées, il hésita, mais elles ne l’embrassèrent pas. Elles pouffaient, poussaient de petits cris, rougissaient, et effleuraient rapidement son front avec leur index.

Juste derrière lui, les jeunes filles chargées du service, débarrassaient les bols de bouillie, qui n’était en fait qu’une nourriture rituelle symbolisant la portion congrue avec laquelle la famille pouvait traverser l’espace, en cas de nécessité. Elles servirent à la place un véritable festin. Thorby aurait été gavé de bouillie jusqu’aux oreilles, s’il n’avait compris l’astuce : se contenter de tremper la cuillère et la goûter à peine sans manger. Mais quand il s’assit enfin comme membre à part entière de la Famille, à la table des célibataires à tribord, il n’avait plus aucun appétit pour le banquet en son honneur. Quatre-vingts nouveaux parents étranges faisaient vraiment trop. Il se sentit fatigué, nerveux et déçu.

Toutefois il fit un effort pour manger. Soudain il entendit une remarque dans laquelle il comprit un seul mot : « fraki ». Il leva les yeux et vit un adolescent en face de lui qui arborait un sourire désagréablement ironique.

Le président de la table, assis à la droite de Thorby, appela l’attention des convives.

— Nous parlerons uniquement l’Interlingua ce soir, annonça-t-il, et ensuite nous suivrons l’usage pour familiariser un nouveau parent à notre langue. – Il posa un regard froid sur le garçon qui s’était moqué de Thorby. – Quant à toi, Cousin Transversal par Mariage, je te rappelle, et ce sera pour la dernière fois, que mon Jeune Frère Adopté t’est supérieur. Je veux te voir dans ma cabine après dîner.

Le jeune garçon eut l’air stupéfait.

— Mais, Cousin Supérieur, je disais juste que…

— Tais-toi. – Le jeune homme se tourna calmement vers Thorby. – Prends ta fourchette. Nous ne mangeons pas la viande avec les doigts.

— Ma fourchette ?

— A gauche de ton assiette. Observe-moi, tu vas apprendre. Ne te laisse pas exaspérer par ces jeunes nigauds. Ils n’ont pas encore compris que quand Grand-mère parle, il s’agit toujours des affaires.

Thorby déménagea de sa cabine dans une chambre moins luxueuse, plus grande, prévue pour quatre célibataires. Ses compagnons étaient Fritz Krausa, l’aîné de ses frères adoptifs et le président de la table des célibataires, Chelan Krausa-Drotar, son deuxième cousin adoptif par mariage, et Jeri Kingsolver, son neveu adoptif du côté de son frère aîné marié.

Grâce à cela, il apprit le Suomique rapidement. Mais les premiers mots dont il eut besoin n’étaient pas suomiques ; ils étaient empruntés ou inventés pour décrire les relations familiales en grand détail. Le langage reflète la culture ; la plupart des langues distinguent le frère, la sœur, le père, la mère, la tante, l’oncle, et relient les générations par « arrière » ou « grand ». Quelques langues ne font pas de distinction entre, par exemple, « père » et « oncle », cela reflète la coutume tribale. Au contraire, quelques langues, comme le Norvégien, distinguent l’oncle du côté maternel de celui du côté paternel (« morbror » et « farbror »).

Les Libres Commerçants peuvent définir une parenté de la manière suivante : mon demi-oncle maternel adoptif par mariage. On peut ainsi décrire en un seul mot la relation spécifique entre deux personnes placées n’importe où sur l’arbre généalogique. Là où la plupart des cultures se contentent d’une douzaine de titres pour la parenté, les Commerçants en utilisent plus de deux mille. Les langues trouvent rapidement et discrètement des noms pour les variables telles que la génération, linéaire ou collatérale, naturelle ou adoptée, l’âge à l’intérieur de la génération, le sexe du locuteur, celui du parent dont on parle, les sexes des parents auxquels on est relié, la consanguinité ou l’affinité, enfin le statut fondamental.

La première tâche de Thorby consistait à apprendre le mot et la relation que celui-ci définissait, et avec lequel il devait s’adresser à chacun de ses quatre-vingts nouveaux parents. Il lui fallait comprendre la nuance précise de chaque parenté, proche ou distante, supérieure ou inférieure, et connaître les autres titres dont les gens se servaient pour lui parler. Il ne pouvait ouvrir la bouche avant d’avoir appris tout cela, car il pourrait commettre un manquement grave aux bonnes manières.

Il devait associer cinq choses pour chaque membre de la famille : un visage, un nom complet (son propre nom était maintenant : Thorby Baslim-Krausa), un titre familial, le titre familial vis-à-vis de lui, et le rang de la personne sur le vaisseau (tel que « Officier Chef » ou « Deuxième Assistant Cuisinier à Tribord »). Il apprit qu’il fallait s’adresser à chaque personne avec son titre familial lorsqu’il s’agissait d’affaires familiales, avec son rang sur le vaisseau pour les tâches concernant Sisu, avec d’autres noms en certaines occasions, si le supérieur le permettait. Les surnoms n’existaient pratiquement pas, car de toute façon on ne pouvait les utiliser que dans un sens, du supérieur vers l’inférieur.

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