Citoyen de la galaxie [Citizen of the Galaxy - fr]
- Автор: Хайнлайн Роберт Энсон
- Год: 1982
- Язык: французский
- Год: Pocket
- ISBN: 2-266-01146-4
- Переводчик: Helene Bouboulis
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «Citoyen de la galaxie [Citizen of the Galaxy - fr]». Краткое содержание книги:
Pourquoi un marché d’esclaves dans cet avenir lointain, dans cette Galaxie repue de progrès ? Pourquoi y vendre un jeune homme, Thorby, aussitôt après son arrivée ? Et qui est Thorby au juste ? Les gens sont libres. Chaque vaisseau spatial est un état souverain. Mais les Libres Marchands ont peut-être trouvé la pire solution au plus difficile problème : comment être humain et survivre dans toutes les situations. Et Thorby se pose une question : à quoi bon être un Citoyen de la Galaxie ?
Personne ne dit rien ; ces choses-là arrivaient. Même Fritz fit semblant de ne pas le remarquer.
Mais un après-midi, Thorby entra dans la grande salle pour voir un film dont l’histoire se déroulait dans un environnement sargonais. Il resta jusqu’au bout pour le démolir. Mais à la fin, il ne put éviter de voir Mata qui venait dans sa direction. Elle se planta devant lui et lui demanda humblement en l’appelant « oncle » s’il avait envie de jouer à la paume avant le dîner.
Il était sur le point de refuser quand il aperçut l’expression pathétique de son visage.
— D’accord, Mata, répondit-il. Merci bien. Cela me mettra en appétit.
Elle lui adressa un sourire rayonnant.
— Extra ! J’ai demandé à Ilsa de nous garder une table. Allons-y !
Thorby la battit à trois reprises et fit match nul une fois… C’était un résultat remarquable, étant donné qu’elle était une championne féminine et n’avait droit qu’à un point de handicap quand elle participait à un tournoi masculin. Mais il ne pensa pas à cela, et se contenta de s’amuser.
Il fit des progrès dans son travail, en partie à cause de son acharnement, en partie parce qu’il était bon en géométrie complexe, et aussi à cause de la discipline intellectuelle à laquelle il avait été soumis, lui, le fils du mendiant. Jeri ne fit plus jamais de comparaisons à haute voix entre les performances de Mata et celles du garçon, mais se borna à commenter les résultats de Thorby avec des « mieux », « ça vient » et finalement « tu progresses ». Le moral du stagiaire remonta. Il se détendit, passa plus de temps avec les autres, joua assez souvent à la paume avec Mata.
Vers la fin de la traversée de l’espace obscur, ils terminèrent un matin le dernier exercice. La voix de Jeri leur parvint :
— Repos ! J’arrive tout de suite.
Thorby se détendit après un effort agréable. Mais au bout d’un moment, il se mit à s’agiter nerveusement. Il avait le sentiment d’avoir travaillé en harmonie avec la machine.
— Aiguilleur en Second… penses-tu que cela l’ennuierait si je regardais mes résultats ?
— Je ne crois pas, répondit Mata. Je vais les sortir. J’en serai donc responsable.
— Je ne veux pas que tu aies des ennuis.
— Je n’en aurai pas, répliqua-t-elle sereinement.
Elle alla derrière le pupitre du garçon, retira la bande, souffla dessus pour l’empêcher de s’enrouler, et l’examina.
Puis elle sortit la sienne et compara les deux. Enfin elle se tourna vers Thorby gravement.
— Tu as très bien manœuvré, Thorby.
C’était la première fois qu’elle l’appelait par son prénom, mais il ne s’en rendit pas compte.
— Vraiment ? Tu en es sûre ?
— C’est un très bon coup… Thorby. Nous avons touché tous les deux. Mais toi, tu es optimum entre « possible » et « le point critique », alors que moi, je me suis trop hâtée. Tu vois ?
Il avait du mal à lire les résultats, et se fit un plaisir de la croire sur parole. Jeri entra, prit les deux enregistrements, regarda celui de Thorby, puis l’examina attentivement.
— J’ai pris en passant les analyses postérieures, fit-il.
— Et alors ? demanda Thorby vivement.
— Eh bien… je vérifierai après dîner, mais on dirait que tu as corrigé tes erreurs.
— Enfin, Bud, reprit Mata. Il a très bien réussi et tu le sais !
— Et après ? Veux-tu que notre élève aies la grosse tête ?
— Va au diable !
— Et toi de même, affreuse petite sœur. Allons manger.
Ils marchèrent côte à côte dans un couloir étroit sur la deuxième passerelle. Thorby poussa un profond soupir.
— Des ennuis ? lui demanda son neveu.
— Pas du tout !
Le garçon passa son bras autour de leurs épaules.
— Jeri, Mata et toi, vous allez faire de moi un tireur d’élite.
Thorby appelait son instructeur par son prénom pour la première fois depuis le jour de leur altercation. Celui-ci accepta volontiers la démarche amicale de son oncle.
— Ne te monte pas la tête, ami. Mais je crois que tu tiens le bon bout. – Il ajouta : – Je vois notre Grande-Tante Tora qui nous jette son fameux œil noir. D’après moi, sœurette peut avancer sans être soutenue. Je suis sûr qu’elle pense la même chose.
— Qu’elle aille au diable aussi ! s’écria Mata brutalement. Thorby vient de réussir un coup parfait.
Sisu sortit de la nuit et sa vitesse chuta au-dessous de celle de la lumière. Le soleil de Losian brillait à moins de cinquante milliards de kilomètres de là. Dans quelques jours, ils atteindraient le prochain marché. Sur le Sisu, tout le monde était par tour de garde à son poste de combat.
Mata prit son quart toute seule. Jeri ordonna au stagiaire de prendre son tour avec lui. La première garde était toujours détendue. Même si le pirate avait, à travers le transmetteur spatial, des informations exactes sur l’heure de départ et d’arrivée du vaisseau, il lui était cependant impossible de prévoir pour un voyage s’étendant sur autant d’années-lumière le moment et l’endroit précis où le Sisu surgirait dans l’espace rationnel.
Jeri s’installa sur son siège quelques minutes après Thorby, qui avait bouclé sa ceinture de sécurité avec le pressentiment que cette fois-ci il ne s’agissait plus d’un exercice théorique. Jeri lui grimaça un sourire.
— Décontracte-toi, sinon tu auras bientôt mal au dos et tu ne pourras pas tenir.
Le garçon lui sourit faiblement.
— Je vais essayer.
— Voilà qui est mieux. Nous allons jouer à un jeu.
Son instructeur sortit de sa poche un engin qui ressemblait à une boîte et l’ouvrit avec un claquement.
— Qu’est-ce que c’est ?
— C’est un « rabat-joie ». Voici sa place. – Il tripota la touche derrière l’écran. – Qui de nous contrôle les commandes au cas où il faudrait envoyer une bombe tout de suite ?
— Comment puis-je le savoir ? Enlève-le, ça m’énerve.
— C’est justement le principe du jeu. Je peux avoir le contrôle et toi, tu te bornes à faire semblant d’agir. Ou c’est peut-être toi qui as le doigt sur la gâchette, et je suis simplement endormi sur mon siège. Je tripoterai la touche de temps en temps, mais tu ne sauras jamais dans quelle position elle est. Cependant quand il y aura de l’action, et il y en aura, je le sens, tu ne pourras être persuadé que c’est le bon vieux Jeri, avec sa jauge au bout des doigts, qui tient la situation en main. C’est peut-être toi qui devras nous sauver tous. Toi.
Thorby se sentit retourné à l’idée des hommes en attente et des bombes dans la chambre des missiles juste en dessous. Tous attendaient de lui qu’il résolve avec exactitude le problème inextricable de la vie et de la mort, avec un espace faussé, des vecteurs mobiles, et une géométrie complexe.
— Tu plaisantes, reprit-il à mi-voix. Tu ne vas pas me laisser les commandes. Le Capitaine t’écorcherait vif.
— C’est là où tu te trompes. Il arrive toujours le moment où un stagiaire fait son premier coup pour de vrai. Après, il est un aiguilleur… Ou un ange. Toutefois on ne te laisse pas te faire du souci à l’instant fatidique. Oh, non ! On te garde dans un état d’inquiétude constante. Maintenant voici les règles du jeu. Chaque fois que je dis : « Maintenant ! », tu dois deviner qui tient les commandes. Si tu réponds juste, je te dois un dessert ; si tu te trompes, c’est toi qui m’en dois un. « Maintenant ! »