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READ-E-BOOK » Научная фантастика » Citoyen de la galaxie [Citizen of the Galaxy - fr]
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Citoyen de la galaxie [Citizen of the Galaxy - fr]

Электронная книга - «Citoyen de la galaxie [Citizen of the Galaxy - fr]». Краткое содержание книги:

Le marché aux esclaves se tenait sur la Place de la Liberté, du côté du port spatial, en face du capitole des Neuf Mondes. Le marchand de chair humaine psalmodiait les enchères sur un ton monocorde, constamment interrompu par le rugissement des fusées.
Pourquoi un marché d’esclaves dans cet avenir lointain, dans cette Galaxie repue de progrès ? Pourquoi y vendre un jeune homme, Thorby, aussitôt après son arrivée ? Et qui est Thorby au juste ? Les gens sont libres. Chaque vaisseau spatial est un état souverain. Mais les Libres Marchands ont peut-être trouvé la pire solution au plus difficile problème : comment être humain et survivre dans toutes les situations. Et Thorby se pose une question : à quoi bon être un Citoyen de la Galaxie ?
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— Qu’est-ce que c’est que ça ? demanda-t-il enfin.

— Cela ? Probablement le microphone qui est relié à la cabine de l’Officier Chef. Ou bien c’est un faux et le vrai est caché quelque part. Mais ne t’inquiète pas, pratiquement personne sur ce vaisseau ne connaît l’Anglais Systématique. Ils ne font pas partie de la petite minorité qui le parle. Ils ont un « langage secret », seulement il n’est pas secret. C’est tout simplement du Finnois. Chaque vaisseau Commerçant a sa propre langue, un des idiomes terriens. Leur culture a un langage « secret » commun, qui n’est en fait que du Latin d’église dégénéré. En fait ils ne l’utilisent même pas. Les « vaisseaux Libres » communiquent en Interlingua.

Thorby n’écoutait qu’à moitié. Il avait été tout à fait ragaillardi par sa compagnie. Mais maintenant il songeait avec amertume à la façon dont on l’avait traité.

— Margaret… Pourquoi ne parlent-ils pas aux gens ?

— Comment ?

— Tu es la première personne qui m’adresse la parole !

— Oh. – Elle eut l’air affligée. – J’aurais dû y penser. On t’a ignoré.

— Enfin… On me nourrit.

— Mais ils ne te disent rien. Oh, mon pauvre petit Thorby, ils ne te parlent pas parce que tu n’es pas de la « famille ». Moi non plus d’ailleurs.

— Ils ne te parlent pas non plus ?

— Ils le font maintenant. Mais il a fallu des ordres de l’Officier Chef et beaucoup de patience de ma part. – Elle fronça les sourcils. – Chaque culture excessivement centrée sur son clan, et je n’en connais pas de plus repliée sur elle-même que celle-ci, a un mot clé dans son langage… Le mot est « famille », quelle que soit leur manière de l’exprimer. Il signifie eux. « Moi et ma femme, mon fils John et sa femme, nous quatre et personne d’autre. » Ils excluent de leur groupe tous les autres et nient même qu’ils soient des êtres Lumains. As-tu déjà entendu le mot « fraki » ?

— Oui, je ne comprends pas ce qu’il signifie.

— Un fraki est juste un petit animal inoffensif, mais assez répugnant. Quand ils le prononcent, ils veulent dire « étranger ».

— Euh, alors je pense que je suis un étranger.

— Oui, mais cela signifie aussi que tu ne seras jamais autre chose, que toi et moi, nous sommes d’une race pas tout à fait humaine en dehors de la loi, de leur loi.

Thorby sembla chagriné.

— Alors il va falloir que je reste dans cette pièce, sans jamais, jamais parler à personne ?

— Mon Dieu ! Je ne sais pas. Je te parlerai…

— Merci !

— Je vais tâcher d’apprendre quelque chose. Ils ne sont pas cruels, mais seulement obstinés et provinciaux. Ils n’imaginent pas un instant que tu puisses avoir des sentiments. Je parlerai au capitaine. J’ai rendez-vous avec lui dès que le vaisseau deviendra irrationnel. – Elle regarda l’anneau autour de sa cheville. – Ciel, as-tu vu l’heure ? Je suis venue ici pour parler de Jubbul et nous n’avons pas dit un seul mot sur ce sujet. Puis-je revenir et en discuter avec toi ?

— C’est mon désir le plus cher.

— Bien. Jubbul est une culture bien analysée, mais je crois qu’aucun étudiant n’a jamais eu l’occasion de l’examiner de ta place. J’étais d’autant plus ravie d’apprendre que tu étais un mendigot professionnel.

— Pardon ?

— Un mendiant. Les enquêteurs qui ont été autorisés à y habiter, ont toujours été invités par les classes supérieures. Cela les oblige à voir… disons, la façon dont vivent les esclaves, par exemple, de l’extérieur, pas de l’intérieur. Tu comprends ?

— Je comprends. – Il ajouta : – Si tu veux des renseignements sur les esclaves, je peux en parler. Je l’ai été.

— Tu l’as été ?

— Je suis un affranchi. Euh, j’aurais dû le dire tout de suite.

Il se sentit mal à l’aise, craignant que sa nouvelle amie ne le méprise à cause de son statut social.

— Tu n’avais aucune raison de le faire. Mais je suis encore plus contente que tu l’aies mentionné. Thorby, tu es une découverte extraordinaire ! Ecoute, il faut que je me dépêche, je suis irrémédiablement en retard. Mais puis-je revenir bientôt ?

— Euh ? Bien sûr, Margaret. – Puis il déclara avec franchise : – Je n’ai en fait pas grand-chose à faire d’autre.

Thorby dormit dans son merveilleux lit cette nuit-là. Personne ne vint le voir le lendemain matin, mais il ne s’ennuya guère, car il avait maintenant beaucoup de jouets à sa disposition. Il les ouvrit tous et les fit se ranger, ravi de constater à quel point chaque objet se repliait sur lui-même pour occuper un minimum d’espace. Il conclut que ce devait être de la magie. Baslim lui avait dit que la sorcellerie et la magie n’étaient que des balivernes, mais la leçon n’avait pas été bien assimilée. Pop savait tout, mais comment échapper à la réalité ? Jubbul était rempli de sorcières. Si elles ne pratiquaient pas la magie, que faisaient-elles alors ?

Il venait juste de déplier son lit pour la sixième fois, quand il fut saisi, à en perdre ses chaussures qu’il venait juste d’essayer, par un vacarme effroyable. C’était la sirène d’alarme du vaisseau, qui appelait tous les hommes de l’équipage au Q.G. Ce n’était en fait qu’un exercice, mais Thorby ne le savait pas. Quand il fut revenu de sa frayeur, il ouvrit la porte et regarda dehors. Les gens couraient comme des fous.

Peu après, les couloirs étaient vides. Il retourna dans sa cabine, attendit en essayant de comprendre. Finalement son oreille exercée discerna l’absence du souffle du système de ventilation. Mais il ne pouvait rien y faire. Il aurait dû se rendre dans le compartiment au fin fond du vaisseau avec les enfants et les autres non-combattants pour y répondre à l’appel, mais il ignorait également ce détail.

Alors il attendit.

La sirène retentit de nouveau, concurremment avec un klaxon. Les gens se remirent à courir dans les corridors. La manœuvre fut répétée, jusqu’à ce que l’équipage soit passé à travers le Quartier Général, la Coque en Travers, la Panne de Pression, le Danger de l’Air, le Danger de la Radiation, etc. Enfin tous les exercices pratiqués sur un vaisseau paré au moindre incident. Une fois, la lumière s’éteignit et pendant quelques instants angoissants, Thorby éprouva la sensation pénible de la chute libre au moment où on coupa le champ artificiel du vaisseau.

Après un long moment de cette comédie inexplicable, il entendit les accords réconfortants du rappel et le système de ventilation remis en route. Personne ne prit la peine de le chercher. La vieille femme qui pointait les non-combattants n’avaient pas remarqué l’absence du fraki, bien qu’elle ait compté aussi les animaux domestiques à bord.

Immédiatement après, on traîna Thorby devant l’Officier Chef.

Un homme ouvrit la porte, le prit par l’épaule et le poussa dehors. Le garçon ne supporta pas ce traitement longtemps et se révolta. Il en avait plus qu’assez d’être malmené.

Il avait appris à se battre pour survivre à Jubbulpore, mais il manquait de technique. Malheureusement cet homme avait été formé à la même école de sang-froid mais en plus scientifique. Thorby reçut une taloche, puis se trouva acculé contre la paroi, son poignet droit tordu, en péril d’être cassé.

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