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READ-E-BOOK » Научная фантастика » Citoyen de la galaxie [Citizen of the Galaxy - fr]
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Citoyen de la galaxie [Citizen of the Galaxy - fr]

Электронная книга - «Citoyen de la galaxie [Citizen of the Galaxy - fr]». Краткое содержание книги:

Le marché aux esclaves se tenait sur la Place de la Liberté, du côté du port spatial, en face du capitole des Neuf Mondes. Le marchand de chair humaine psalmodiait les enchères sur un ton monocorde, constamment interrompu par le rugissement des fusées.
Pourquoi un marché d’esclaves dans cet avenir lointain, dans cette Galaxie repue de progrès ? Pourquoi y vendre un jeune homme, Thorby, aussitôt après son arrivée ? Et qui est Thorby au juste ? Les gens sont libres. Chaque vaisseau spatial est un état souverain. Mais les Libres Marchands ont peut-être trouvé la pire solution au plus difficile problème : comment être humain et survivre dans toutes les situations. Et Thorby se pose une question : à quoi bon être un Citoyen de la Galaxie ?
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Jeri entraîna Thorby durant les longues semaines de la traversée vers Losian. Thorby était censé apprendre l’aquiculture, et Jeri était le Premier Employé auprès du Subrécargue, mais il y avait beaucoup de fermiers à bord, et le bureau du Subrécargue n’était pas très affairé pendant le voyage. Le capitaine Krausa ordonna à Jeri d’entraîner le garçon sans relâche dans la salle de l’ordinateur.

Comme le vaisseau restait sur le qui-vive pendant la moitié d’une semaine jusqu’à ce qu’il atteigne la vitesse de la lumière, chaque unité combattante avait deux personnes par tour de garde. L’aiguilleur en second auprès de Jeri n’était autre que sa jeune sœur, Mata. L’ordinateur avait deux consoles, chacune pouvait donner des ordres à l’aide d’un sélecteur. Au Quartier Général, ils étaient assis l’un à côté de l’autre : Jeri au contrôle et Mata prête à le relayer.

Après avoir poussé la machine jusqu’à la limite de ses possibilités, Jeri mit Thorby devant un des pupitres, Mata devant l’autre et leur envoya des problèmes de la salle de contrôle. Chaque pupitre enregistra. On pouvait distinguer les décisions prises par chaque opérateur et les comparer avec celles prises dans le passé. Toutes les données provenaient des archives des batailles réelles déjà vécues ou de situations périlleuses.

Au bout de quelque temps, Thorby devint extrêmement irrité. Mata était bien meilleure que lui.

Il s’efforça de s’améliorer, mais ses résultats empirèrent. Pendant qu’il transpirait sang et eau, en essayant de deviner les mouvements d’un vaisseau d’esclaves qui avait apparu une fois sur l’écran de Sisu, il avait douloureusement conscience d’une jeune fille mince, brune et plutôt jolie, assise à côté de lui, dont les doigts rapides volaient légèrement sur les touches et les boutons en faisant des corrections infimes pour recentrer ou modifier un vecteur, le tout tout à fait sereine et détendue. Il était humiliant de découvrir ensuite que c’était son stimulateur et non lui qui avait sauvé le vaisseau.

Pire encore, il réalisait sans s’en rendre compte vraiment qu’elle était une fille, et cela le mettait mal à l’aise.

Après un des essais, Jeri appela du contrôle.

— Fin de l’exercice. Restez où vous êtes.

Il apparut peu après et examina leurs enregistrements en lisant les signes sur le papier sensible comme des caractères imprimés dans un livre. Il plissa les lèvres en regardant celui du garçon.

— Tu as tiré trois fois… Et pas un de tes satanés projectiles n’a approché l’ennemi à moins de cinquante mille kilomètres. Nous ne craignons pas la dépense, c’est juste le sang de Grand-mère. Mais le but c’est de le toucher, pas de le provoquer en duel. Tu dois attendre, jusqu’à ce qu’il se trouve dans ta ligne de mire.

— J’ai fait ce que j’ai pu !

— Ce n’est pas assez. Fais voir le tien, sœurette.

Ce surnom irrita Thorby encore plus. Le frère et la sœur s’aimaient beaucoup et ne prenaient pas la peine de respecter les formes. Alors il avait essayé de les appeler par leurs prénoms… pour réaliser qu’on le snobait. Il était « Stagiaire », et eux « Aiguilleur en Chef » et « Aiguilleur en Second ». Il ne pouvait rien y faire. A l’entraînement, il était subalterne. Pendant une semaine, il appela Jeri « Ortho-Neveu Adoptif » dans la vie courante, et celui-ci prit soin de ne s’adresser à Thorby que par son titre familial. Puis le garçon décida que c’était idiot et se remit à l’appeler par son prénom. Mais à l’exercice, il resta « Stagiaire » pour Jeri, et pour Mata aussi.

Jeri examina le résultat de sa sœur et hocha la tête.

— Très bien, sœurette ! Tu es à une seconde de l’effet optimum et à trois secondes de mieux du tir qui a touché le vaisseau. Je dois avouer que c’est un fameux coup… parce que c’est moi qui l’ai descendu… Le pirate quand on est parti d’Ingstel… Tu t’en souviens ?

— Bien sûr.

Elle jeta un coup d’œil à Thorby qui avait l’air écœuré.

— Ce n’est pas juste ! s’écria-t-il en défaisant sa ceinture de sécurité.

Jeri eut l’air surpris.

— Quoi donc, Stagiaire ?

— J’ai dit que ce n’était pas juste ! Tu envoies un problème, je l’aborde à froid et je me démène comme un forcené parce que je ne suis pas au point. Mais tout ce qu’elle a eu à faire, c’est jouer avec les touches pour trouver une réponse qu’elle connaissait déjà… Pour me ridiculiser !

Mata était stupéfaite. Thorby se dirigea vers la porte.

— Je n’ai pas demandé ce travail ! Je vais voir le Capitaine pour qu’il m’affecte ailleurs.

— Stagiaire !

Il s’arrêta. Jeri continua calmement :

— Assieds-toi. Quand j’aurai fini, tu pourras aller voir le Capitaine, si tu y tiens vraiment.

Thorby se rassit.

— J’ai deux choses à dire, fit-il froidement. – Il se tourna vers sa sœur. – D’abord, Aiguilleur en Second, connaissais-tu le problème quand tu étais aux commandes ?

— Non, Aiguilleur en Chef.

— As-tu déjà travaillé dessus ?

— Je ne crois pas.

— Comment t’en es-tu souvenue ?

— Eh bien, parce que tu as dit que c’était le vaisseau pirate juste après Ingstel. Je ne l’oublierai jamais à cause du dîner qui a suivi. Tu étais assis à côté de Grand-mè… De l’Officier Chef.

Jeri se tourna vers le garçon.

— Tu vois, elle était à froid… comme moi quand j’ai dû le traquer pour de vrai. Elle a même fait mieux que moi. Je suis fier de l’avoir comme assistante. Pour ta gouverne, Monsieur le Stagiaire pas-très-malin, cet affrontement a eu lieu avant que l’Aiguilleur en Second devienne stagiaire. Elle ne l’a même jamais eu à l’entraînement. Elle est tout simplement meilleure que toi.

— D’accord, répondit Thorby maussade. Je ne serai probablement jamais assez bon. Je veux laisser tomber.

— Je n’ai pas fini de parler. Personne ne demande ce travail. Il est trop pénible. Personne ne le laisse tomber, c’est lui qui te laisse tomber, quand les analyses postérieures montrent que tu perds la main. C’est peut-être ce qui est en train de m’arriver. En tout cas, je te promets une chose : ou bien tu apprends le métier, ou alors j’irais moi-même chez le Capitaine lui dire que tu n’y arrives pas. Entre-temps… si je te reprends à me parler sur ce ton, je te traîne devant l’Officier Chef ! – Puis il cria : – Exercice supplémentaire. Postes de combat. Déverrouillez les instruments.

Il sortit de la pièce.

Quelques instants plus tard, ils entendirent sa voix.

— Salle de l’ordinateur, au rapport !

La sonnerie du dîner retentit. Mata commença gravement :

— Dépisteur à tribord armé. Les données arrivent. L’essai est commencé.

Ses doigts se mirent à caresser les touches. Thorby se pencha sur son pupitre. De toute façon, il n’avait pas faim. Pendant longtemps, il ne parla à Jeri que cérémonieusement. Il voyait Mata pendant les manœuvres, ou dans la salle à manger pendant les repas. Il la traitait avec une correction froide, et s’efforçait de fonctionner aussi bien qu’elle. Il aurait pu la voir d’autres fois. Les jeunes se rencontraient librement dans les lieux publics. Mais elle était tabou pour lui, car d’une part elle était sa nièce et d’autre part ils provenaient de la même moitié. Toutefois cela ne constituait pas un obstacle aux relations sociales.

Il ne pouvait éviter Jeri. Ils mangeaient à la même table, dormaient dans la même chambre. Thorby avait la possibilité d’élever une barrière formelle entre eux, il le fit.

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