Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Научная фантастика » Le vaisseau des Voyageurs [The Harvest - fr]
Le vaisseau des Voyageurs [The Harvest - fr] - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Le vaisseau des Voyageurs [The Harvest - fr]

Электронная книга - «Le vaisseau des Voyageurs [The Harvest - fr]». Краткое содержание книги:

Il est là, au-dessus d’eux depuis un an, ombre menaçante, sourde et muette. Tous attendent un signe, un message de ses occupants. Vont-ils envahir la Terre, sont-ils bienveillants ou hostiles ? Nul ne le sait. Le vaisseau ne part pas, et les Voyageurs se taisent…
Jusqu’à cette étrange nuit. La nuit du rêve. On apprend alors pourquoi ils sont venus. Ils proposent aux hommes ce que seuls les dieux possèdent : l’éternité.
L’éternité… mais à quel prix ? Il n’y en a qu’un sur dix mille pour s’interroger. Et refuser. Matt Wheeler, par exemple. Qui voit ses collègues, ses amis, et jusqu’à sa propre fille, se transformer en êtres qui ne sont plus tout à fait humains.
Résister ? Mais comment ? Comment sauver l’humanité ?
1 ... 21 22 23 24 25 26 27 28 29 ... 121
Перейти на страницу:

Leur monde était devenu invivable, pour eux. Ils l’avaient empoisonné avec leurs déchets organiques et industriels, et n’avaient évité la catastrophe qu’au prix du sacrifice de leurs propres organismes et de leur monde mécanisé. À la suite de cette crise, ils étaient devenus des Voyageurs : sans planète, sans corps.

Le vaisseau constituait désormais leur seul univers. Ils l’habitaient, bien plus nombreux que les êtres humains sur la Terre, mais seuls quelques-uns d’entre eux s’incarnaient à leur gré dans un corps physique, et uniquement dans le but de réparer et d’assurer la maintenance du vaisseau.

Il ne s’agissait, dit-elle à Matt, ni d’une ruche, ni d’un ordinateur, ni rien de ces choses qu’on peut aisément imaginer ; les Voyageurs étaient des créatures distinctes, des individus uniques, à qui leur immatérialité conférait de prodigieuses possibilités. Ils étaient capables de veilles ou de sommeils illimités ; capables de supporter les longs voyages entre les étoiles sans jamais connaître l’ennui ; capables de s’instruire sans discontinuer. Leur espérance de vie était infinie, éternelle. Ils avaient acquis une sorte d’immortalité.

Ils voyageaient, poursuivit Annie – qui, comme Matt, découvrait cette histoire au fil de son récit – depuis des temps immémoriaux, quand la Terre n’était encore qu’un tourbillon de poussière et le Soleil une jeune étoile en fusion, et n’avaient rien oublié de ce qu’ils avaient vu durant ces millénaires. Insondables puits d’une sagesse incroyablement ancienne, ils étaient arrivés aux abords de la Terre à un moment particulièrement critique pour elle parce que, dit Annie, nous sommes ce qu’ils ont été : intelligents et assujettis à la planète que nous empoisonnons avec nos déchets.

La raison pour laquelle ils n’avaient pas communiqué avec les gouvernements ou les leaders mondiaux était évidente, ajouta-t-elle. Ils avaient des moyens de communication bien plus sophistiqués, bien plus efficaces : les microbes cybernétiques, une sorte de prolongement d’eux-mêmes, comme un bras, avec lequel ils pouvaient toucher chaque être humain individuellement. Ce contact plus intime constituait pour eux la seule communication valant la peine d’être envisagée. Les microbes, qu’on pouvait appeler des néocytes, se connectaient au tissu nerveux, mais sans le modifier.

Au moment de Contact, ils avaient apaisé la population affolée – en ayant recours à la sédation, c’est vrai, mais juste ce qu’il fallait pour prévenir toute panique. Ils avaient alors provoqué un genre de sommeil prolongé, profond, pendant lequel ils s’étaient exprimés.

Ils avaient parlé à six milliards d’êtres humains pendant une trentaine d’heures, communiquant au moyen d’un amalgame complexe de concepts, bien plus profond et pénétrant que ne pourrait jamais être le langage. Et ils avaient expliqué tout ceci et bien plus, bien plus encore qu’Annie ne pouvait le dire.

Mais, Matt, dit-elle, tu dois l’avoir ressenti : toutes ces possibilités… les possibilités littéralement infinies… la vie qu’ils mènent… et leur univers, le vaisseau, comme une conque, pas mort comme on pouvait l’imaginer, mais grouillant d’une multitude de vies incroyablement étranges et variées. Ils ont dû te le montrer.

Ils ont dû te l’offrir, insista Annie. Parce qu’ils me l’ont offert, à moi.

Ils ont dit que moi aussi, je pouvais vivre cela.

Voulez-vous vivre ? avaient-ils demandé. Vivre sans mourir ? Vivre, réellement, pour l’éternité ?

Et Annie avait dit oui.

Voulez-vous vivre, avaient-ils demandé, même si vous changez ? Même si vous devenez, avec le temps, quelque chose qui ne sera plus tout à fait humain ?

Là, elle avait réfléchi ; mais elle avait une fois de plus envisagé leur vie longue, complexe, passionnante. Elle avait compris que tout change, que la mort elle-même était une sorte de mutation, que bien sûr on ne pouvait vivre éternellement sans changer. Le changement était inévitable.

Et de nouveau elle avait dit oui.

Elle versa une tasse de café devant Matt. Il examina sa tasse. C’était un objet solide, agréablement réel. Un objet familier.

Beulah bâilla et sauta de ses genoux. Apparemment, elle préférait sa flaque de soleil.

Annie posa la main sur son épaule.

— Que leur as-tu répondu, Matt ?

Il se déroba à ce contact.

— Je leur ai dit non.

10

Étiquette

Le Président, de son prénom William, fit ce qu’il n’avait pas fait depuis des années : une promenade.

Il quitta la Maison-Blanche par la grande porte et traversa Pennsylvania Avenue en direction du Lafayette Square. Seul.

C’était une belle matinée de septembre. L’air était frais, mais un doux soleil d’automne caressait son visage et ses mains. Le Président s’arrêta au moment de franchir le seuil du parc. Puis, en souriant, il ôta sa veste, déboutonna son col de chemise et retira sa cravate de soie noire qu’il plia avec soin avant de la glisser dans sa poche.

Pas d’étiquette dans le nouveau monde, songea-t-il.

Il se rappela une anecdote à propos de Calvin Coolidge ; le Président avait scandalisé ses distingués convives venus prendre leur petit déjeuner à la Maison-Blanche en versant son café noyé de lait crémeux dans sa soucoupe. Protocole oblige, les convives choqués avaient fait de même et attendu, les yeux écarquillés, que le Président boive sa première gorgée. À ce moment, Coolidge avait pris la soucoupe et s’était penché pour la présenter au chat de la Maison-Blanche.

L’histoire était drôle, mais William lui trouvait aussi un côté grinçant ; elle évoquait trop l’ancienne politique de domination et de soumission. Après tout, pourquoi un président devrait-il inspirer une telle crainte ? Il n’était qu’un titre, rien d’autre. Un costume – pas particulièrement confortable, en plus.

Il avait honte de s’être laissé aller, à l’occasion, à se confondre avec son titre – à s’identifier à une sorte d’icône, plus emblème qu’homme. C’était sans doute ce qu’avaient éprouvé les empereurs romains, consacrés par les dieux ; ou leurs homologues chinois régnant sous le Mandat du Ciel. Ce sont des noms de rêve qu’on se donne, songea-t-il. D’ailleurs, sa vie elle-même lui apparaissait comme un rêve, un rêve qu’il rêvait trop profondément et depuis trop longtemps.

Un rêve dont il avait été réveillé par un rêve.

Il se sentait rajeunir sous la brise matinale. Il se souvint d’un été que sa famille avait passé dans une station balnéaire, dans le Maine. Pas les vacances près de la rivière qu’il avait évoquées dans ce lointain discours à la nation ; ce fameux mois de juillet dans un coin isolé des Adirondacks, largement embelli pour les besoins de la cause. Non, le lieu de villégiature familial des douze ans de William avait été une fabuleuse résidence érigée pendant l’âge d’or et superbement préservée des nuisances du sel et du progrès. Elle offrait les plaisirs d’un linge délicat, d’une cuisine européenne, et trois kilomètres de plage sauvage sur l’Atlantique. La mère de William avait admiré la finesse des nappes. William avait été conquis par la plage.

Il avait été autorisé à explorer seul le rivage à condition de ne pas s’approcher de l’eau qui, de toute façon, était bien trop froide et tumultueuse à son goût. Il aimait l’océan ; à distance respectueuse, certes, mais l’aimait malgré tout. Durant tout l’été, chaque matin, il avalait en hâte son petit déjeuner et s’élançait hors de l’hôtel tel un cheval fou franchissant la barrière de leur enclos. Il courait sur le sable serré et dur, courait jusqu’à ressentir une douleur au côté, jusqu’à avoir les poumons à vif. Et quand il ne pouvait plus courir, il ôtait ses chaussures et s’aventurait sur la lisière humide de la plage, là où l’eau bouillonnait entre ses orteils et où une vie étrange s’agitait dans les rochers et dans les flaques abandonnées par la marée.

1 ... 21 22 23 24 25 26 27 28 29 ... 121
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)