Le bouclier du temps [The Shield of Time - fr]
- Автор: Андерсон Пол Уильям
- Год: 2009
- Язык: французский
- Год: B
- ISBN: 978-2-84344-092-2
- Переводчик: Jean-Daniel Breque
- Жанр: Альтернативная история
Электронная книга - «Le bouclier du temps [The Shield of Time - fr]». Краткое содержание книги:
Ho-oh ! Alors c’est lui, le « cousin » de Théonis. Everard s’accrocha à cette révélation pour juguler la fascination qui le gagnait insidieusement.
« Et Buleni a gaspillé encore plus d’années, sans parler des épreuves qu’il a dû affronter, insista Draganizu.
— Sa récompense n’en sera que plus douce, railla Raor.
— Si Sauvo ne prend même pas la peine d’arriver à l’heure à ses rendez-vous…»
Raor leva une main que Botticelli eût pu peindre. Elle inclina sa tête couronnée de tresses noires. « Ah ! je crois que c’est lui. »
Un nouvel Exaltationniste fit son entrée. Sa beauté était plus fruste que celle de Draganizu. Il portait une tunique et des sandales tout à fait ordinaires. Raor se pencha en avant, affichant une certaine excitation. « Tu as refermé la porte derrière toi ? s’enquit-elle. Je n’ai rien entendu.
— Évidemment, répliqua Sauvo. Je n’oublie jamais de le faire, n’est-ce pas ? » Draganizu sembla soudain mal à l’aise. Peut-être lui était-il arrivé de commettre cette bévue. Une fois, mais pas deux. Raor avait dû y veiller. « D’autant plus que la Patrouille rôde dans les parages », ajouta Sauvo.
Ah ! ils ont planqué leurs scooters temporels dans une chambre secrète du rez-de-chaussée… à l’arrière du bâtiment, puisque Sauvo vient de cette direction…
Draganizu fit mine de se lever, puis retomba sur son siège et demanda d’une voix inquiète : « C’était donc ça ? Tu es sûr qu’elle a lancé une opération dans ce milieu ? »
Sauvo s’assit à son tour sur un tabouret ; dans l’Antiquité, chaises et fauteuils étaient fort rares et réservés aux souverains. Il prit une figue et se servit un gobelet de vin. « N’aie crainte, camarado. Peut-être ont-ils déniché des indices, mais ils les ont interprétés de travers. Ils pensent que le danger menace quelques années en aval. S’ils ont envoyé un homme enquêter ici et maintenant, c’est juste par acquit de conscience. »
Il resservit le boniment qu’Everard avait déjà sorti dans le vihara. Il est donc allé voir Chandrakumar dans sa cellule et l’a soumis au kyradex, se dit le Patrouilleur. Le malheureux n’avait pas de secrets pour lui. Sauf que Sauvo n’a récolté que des bobards. Bien vu, Shalten, et merci.
« Un autre point de divergence ! s’exclama Draganizu.
— Notre action l’annulera, ainsi que ceux qui cherchent à l’activer, murmura Raor. Mais il serait intéressant d’en apprendre un peu plus sur eux. Voire de les contacter…» Sa voix vira au sifflement, évoquant un serpent ondoyant vers sa proie.
« Avant cela, déclara Draganizu d’un air sévère, nous devons régler le cas de ce… Holbrook… qui a réussi à nous échapper. »
Raor revint à la réalité. « Du calme. Nous lui avons confisqué ses armes et son communicateur.
— En constatant qu’il n’a pas fait son rapport…
— Je ne pense pas que la Patrouille attende celui-ci de sitôt. Nous pouvons le négliger pour le moment, ainsi que les autres conspirateurs. Des questions plus urgentes demandent notre attention. »
Draganizu se tourna vers Sauvo. « Comment t’y es-tu pris pour interroger le prisonnier en privé ?
— Tu n’es pas au courant ? fit l’autre, un peu surpris.
— Je viens tout juste d’arriver. Les affaires de Nicomaque requéraient toute mon attention. Et le message de Raor était des plus succinct. »
Et apporté par un esclave coursier, je parie, se dit Everard. Pas question d’utiliser une radio. Peut-être est-elle sûre de son fait, mais l’apparition de « Holbrook » l’a incitée à la prudence.
Raor fit onduler ses épaules soyeuses. « J’ai persuadé Zoilus de mettre au secret tous les suspects appréhendés dans le cadre d’une affaire de ce genre, expliqua-t-elle. En lui précisant que des informations en ma possession me portaient à croire qu’ils étaient extrêmement dangereux. »
Et une fois que matons et taulards se sont endormis, Sauvo s’est introduit dans la cellule de Chandrakumar avec un scooter. Raor pouvait se permettre de courir un tel risque ; elle avait neutralisé deux agents de la Patrouille – le premier était sous les verrous, le deuxième en cavale et privé de son attirail –, et il était peu probable qu’il y en ait un troisième en ville. Après avoir étourdi le prisonnier, Sauvo l’a coiffé d’un kyradex et l’a réveillé pour le soumettre à un interrogatoire en règle.
J’espère qu’il l’a laissé en vie. Oui, il n’avait aucune raison de le tuer. Pourquoi alarmer ses geôliers ? Quoi que leur dise Chandrakumar à son réveil, ils le prendraient pour un dément.
Draganizu fixa Raor. « C’est ton esclave, n’est-ce pas ?
— Lui et quelques autres », répondit Sauvo tandis que Raor sirotait son vin d’un air modeste. Il rit. « Si tu voyais les regards jaloux qu’on jette au majordome Xeniades. Et je ne suis même pas censé être son maquereau. »
Ah ! Sauvo se fait donc appeler Xeniades, et c’est lui qui règne sur la domesticité. C’est bon à savoir… Mais je plains Zoilus et les autres. Moi-même, je serais ravi de coucher avec madame. Everard eut un rictus. Mais jamais je n’oserais m’endormir dans ses bras. Elle risquerait de m’injecter du cyanure avec une seringue planquée dans ses boucles brunes.
« Donc, les Grecs ont mis Chandrakumar derrière les barreaux, résuma Draganizu. Et Holbrook – qu’est devenu son équipement ?
— Il l’a laissé chez Hipponicus quand il est allé faire un tour en ville, répondit Raor. Celui-ci est ce qu’il semble être, à savoir un simple marchand. Il était consterné lorsqu’une patrouille lui a appris que son invité était un espion, et il ne s’est pas opposé à la confiscation de ses bagages. Nous n’avons aucune raison de le harceler, et ce serait en fait une mauvaise idée. » Ouf ! « Quant aux bagages en question, ils sont ici. » Sourire félin. « Nous avons eu quelque difficulté à les récupérer, mais Zoilus s’est débrouillé pour exaucer nos vœux. Il a ses méthodes. J’ai soumis l’ensemble à un examen détaillé. La plupart des armes et ustensiles sont contemporains. Quelques-uns abritent des engins de la Patrouille. »
Sans doute a-t-elle stocké mon barda avec les scooters.
Raor reposa son gobelet sur la table et se redressa. Sa voix rendait un son métallique. « Nous devons nous montrer plus prudents que jamais. Il était risqué de revenir en amont pour accéder au prisonnier, mais c’était nécessaire.
— Pas très risqué, en fait », corrigea Sauvo. Peut-être souhaitait-il rappeler à ses interlocuteurs qu’il avait insisté pour agir de la sorte et que la suite lui avait donné raison. « Ce Holbrook n’était qu’un simple coursier, même pas un haut gradé. Une sorte de colosse, certes, mais à l’intelligence visiblement limitée. »
Merci, c’est sympa de le préciser.
« Toutefois, contra Raor, nous devons le capturer et l’éliminer avant qu’il n’entre en contact avec la Patrouille, ou avant que celle-ci ne se mette à sa recherche.
— Mais comment ferait-elle pour le retrouver ? Elle mettrait plusieurs jours à rassembler les premiers indices.
— Il ne faut pas lui faciliter la tâche, cracha Raor. Si nous sommes capables de détecter les traces d’activité électronique, nucléonique, gravitonique et chronocinétique, la Patrouille aussi, et sûrement dans un rayon plus important. Elle ne doit pas se douter qu’il y a d’autres chrononautes que ses agents dans ce milieu. A partir de ce soir et jusqu’à la conclusion de notre affaire, nous cessons d’utiliser la haute technologie. C’est compris ?