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READ-E-BOOK » Научная фантастика » Citoyen de la galaxie [Citizen of the Galaxy - fr]
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Citoyen de la galaxie [Citizen of the Galaxy - fr]

Электронная книга - «Citoyen de la galaxie [Citizen of the Galaxy - fr]». Краткое содержание книги:

Le marché aux esclaves se tenait sur la Place de la Liberté, du côté du port spatial, en face du capitole des Neuf Mondes. Le marchand de chair humaine psalmodiait les enchères sur un ton monocorde, constamment interrompu par le rugissement des fusées.
Pourquoi un marché d’esclaves dans cet avenir lointain, dans cette Galaxie repue de progrès ? Pourquoi y vendre un jeune homme, Thorby, aussitôt après son arrivée ? Et qui est Thorby au juste ? Les gens sont libres. Chaque vaisseau spatial est un état souverain. Mais les Libres Marchands ont peut-être trouvé la pire solution au plus difficile problème : comment être humain et survivre dans toutes les situations. Et Thorby se pose une question : à quoi bon être un Citoyen de la Galaxie ?
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A la barrière, Mother Shaum s’interrompit un instant pour reprendre son souffle.

— Madame, fit l’un des gardes sèchement. Si vous nous laissiez seulement appeler…

— N’y pensez plus ! Ou plutôt oui, pensez-y bien ! Car demain vous allez avoir des nouvelles de Lord Marlin.

Elle se précipita vers sa chaise.

— Je vous en prie, madame…

Elle les ignora, donna des ordres aux esclaves qui la soulevèrent, et se remirent à trotter. Un des gardes mit sa main à la ceinture, comme s’il avait un très mauvais pressentiment, mais il arrêta son geste. A tort ou à raison, il ne fallait pas se hasarder à toucher au porteur d’une dame, quels que soient les desseins de celle-ci.

Après tout, elle n’avait rien fait de mal.

Après avoir donné son assentiment au dernier chargement, le capitaine grimpa sur la plate-forme du camion, fit signe au chauffeur de démarrer et se fraya un chemin vers l’avant.

— Hé là !

Il cogna à l’arrière de la cabine.

— Oui, capitaine ? répondit la voix assourdie du chauffeur.

— Il y a un panneau stop au prochain croisement. J’ai remarqué que la plupart des chauffeurs n’y prêtent guère attention.

— Celui-là ? Il n’y a jamais de circulation sur cette route. On y a mis un stop uniquement parce que les nobles l’empruntent.

— C’est bien ce que je dis. L’un d’entre eux pourrait surgir à l’improviste, et je manquerais l’heure du lancement à cause d’un stupide accident de la circulation avec un de vos nobles. En outre, on pourrait me garder ici indéfiniment. Je vous demande donc de vous arrêter.

— Comme vous voulez, capitaine. C’est vous qui payez la facture.

— C’est juste.

Un billet d’un demi-stellaire passa à travers la fente de la cabine.

Quand le camion ralentit, Krausa gagna la portière arrière. Dès qu’ils furent à l’arrêt, il se baissa et aida Thorby à se faufiler à l’intérieur.

— Silence !

Le garçon hocha la tête en tremblant. L’homme prit des outils dans sa poche et se mit à démonter une des caisses.

Peu après, il avait ouvert un côté, rabattu la toile d’emballage, et se mettait à déverser les feuilles de verga, hors de prix sur n’importe quelle autre planète. Il aménagea bientôt un trou assez large. Une cinquantaine de kilos de feuilles s’éparpillèrent sur le sol.

— Rentre dedans !

Thorby se glissa dans la caisse en se faisant tout petit. Krausa rabattit sur lui la toile d’emballage, fit une couture, remit les traverses à leur place, et acheva de l’attacher avec de la ficelle. Il la scella enfin avec une bonne imitation du sceau utilisé par les inspecteurs : c’était un produit artisanal fabriqué dans l’atelier mécanique du vaisseau. Il se redressa et essuya la sueur sur son visage. Le camion tournait dans l’aire de chargement du Sisu.

Il supervisa personnellement les derniers embarquements, avec à ses côtés l’inspecteur du Sargon qui vérifiait chaque caisse, chaque ballot, chaque carton qui rentrait dans le cordage. Puis Krausa remercia généreusement l’inspecteur et accompagna le cordage au lieu de prendre l’ascenseur des passagers. Voyant cela, l’homme qui actionnait le treuil hissa le cordage avec plus de soin que d’habitude. La soute était presque pleine et arrimée pour le décollage. Il ne restait presque plus de place. Les membres de l’équipage se mirent à dégager les caisses du cordage, même le capitaine prêta main-forte pour l’une d’entre elles. Une fois le cordage vide, ils fermèrent la porte de la soute et calèrent la cargaison pour le voyage. Le capitaine Krausa sortit de nouveau les outils de sa poche et se mit à démanteler la fameuse caisse.

Deux heures plus tard, Mother Shaum se tenait devant la fenêtre de sa chambre et regardait dans la direction du port. Elle consulta sa montre. Une fusée verte s’éleva de la tour de contrôle, quelques secondes plus tard, une colonne de lumière blanche monta vers le ciel. Quand le bruit lui parvint, elle sourit malicieusement et descendit superviser les affaires. Mura ne pouvait vraiment pas s’en sortir toute seule.

7

Pendant les premiers millions de kilomètres, Thorby eut l’horrible conviction d’avoir fait une erreur.

Il s’évanouit dans les vapeurs des feuilles de verga et se réveilla dans une minuscule cabine à un lit. Le réveil fut pénible. Bien que le Sisu maintienne une gravité normale dans le champ interne de pesanteur pendant tout le décollage ; le corps du jeune garçon avait reconnu la différence entre la pesanteur sur Jubbul et la différence plus subtile encore entre un champ artificiel et les conditions naturelles. Il décida inconsciemment qu’il était dans la soute d’un vaisseau d’esclaves ce qui le précipita dans un cauchemar, le premier depuis des années.

Son cerveau embrumé et fatigué mit un long moment à sortir de l’épouvante.

Enfin il se réveilla, prit conscience de son environnement, et conclut qu’il devait être en sécurité à bord du Sisu. Il se sentit soulagé et excité à la fois à l’idée de voyager vraiment. Son chagrin à l’égard de Baslim fut écarté par le mystère de la nouveauté. Il regarda autour de lui.

Le compartiment était un cube de trente centimètres plus haut et plus large que la taille du garçon. Il était allongé sur une étagère qui occupait la moitié de la pièce, et sur un matelas délicieusement confortable dont le tissu était moelleux et doux. Il s’étira et bâilla, surpris de constater le luxe dont s’entouraient les commerçants. Puis il balança ses jambes par-dessus la couchette et se retrouva debout.

Celle-ci bascula sans bruit et se replia dans la cloison. Thorby ne réussit pas à la sortir à nouveau. Finalement il y renonça. Il n’avait pas envie d’un lit à présent, mais plutôt d’inspecter les lieux.

A son réveil, le plafond était faiblement éclairé. Dès que le garçon se leva, il brilla plus fort et resta ainsi. Mais la lumière ne lui indiqua pas où se trouvait la porte. Il y avait trois panneaux verticaux en métal sur trois côtés, absolument identiques ; mais aucun ne présentait de fente digitale, de gond ou autre signe de reconnaissance.

Il envisagea la possibilité d’avoir été enfermé, cela ne le troubla guère. Après avoir vécu dans une cave et travaillé sur la Place, il ne souffrait ni de claustrophobie ni d’agoraphobie. Il voulait simplement trouver la porte et s’énervait de ne pas la reconnaître. Si on l’avait enfermé, il pensa que le capitaine Krausa ne le laisserait pas ainsi indéfiniment. Mais il n’arrivait pas à la trouver.

Il découvrit toutefois sur le sol une paire de shorts et un maillot. A son réveil, il était nu. Il avait toujours dormi dans cette tenue. Il ramassa les vêtements, les effleura timidement et s’émerveilla devant leur magnificence. Il reconnut le costume que portaient la plupart des astronautes, et il fut un instant grisé à l’idée de porter de tels objets de luxe. Mais son esprit écarta bientôt une telle impudence.

Puis il se rappela la répugnance du capitaine Krausa à le voir monter à bord dans ses habits ordinaires. En outre, il avait même voulu l’emmener dans un magasin de la Rue de la Joie, fournisseur des astronautes. Il l’avait bien dit.

Thorby en conclut que ces vêtements devaient être pour lui. Pour lui ! Son pantalon n’était plus là et le capitaine ne désirait sûrement pas qu’il apparaisse dévêtu. Le garçon n’avait pas de sentiment de pudeur. Ce genre de tabou n’était pas très strict à Jubbul et s’appliquait davantage aux classes supérieures. Pourtant tout le monde était habillé.

Stupéfait de son audace, Thorby les enfila. Il mit le short à l’envers, réalisa son erreur, et le remit à l’endroit. Il se trompa de la même manière pour le maillot, mais ne s’en rendit pas compte et le laissa tel quel. Puis il souhaita de toutes ses forces pouvoir se voir lui-même.

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