Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Путеводители » Dictionnaire amoureux de la France
Dictionnaire amoureux de la France - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Dictionnaire amoureux de la France

Электронная книга - «Dictionnaire amoureux de la France». Краткое содержание книги:

Le terroir et la littérature ont toujours fait bon ménage. Diverse et belle, la France n'en finira jamais d'inspirer les écrivains. Avec ce Dictionnaire amoureux, Denis Tillinac nous offre le plus beau des miroirs car l'image ici réfléchie est tout simplement celle de notre histoire.
1 ... 17 18 19 20 21 22 23 24 25 ... 81
Перейти на страницу:

Adulte, j’ai relu les Fables de Jean de La Fontaine, souventes fois. J’en savoure la poésie, (« L’onde était transparente ainsi qu’aux plus beaux jours »), l’ironie à peine voilée, les pointes de cynisme, les jeux de mots. J’admire qu’avec un matériau sommaire — essentiellement les fables d’Ésope — sa plume désinvolte nous ait donné une joaillerie aussi fine. Quoi de plus original ! De plus français ! Ses poèmes, ses contes en vers méritent de figurer dans l’anthologie de nos rimeurs d’élite : Adonis, Les Démons de Psyché, Le Songe de Vaux…. C’est fluide, léger, musical, ça coule d’une source vive et limpide. Ses vers licencieux ajoutent à la palette de son lyrisme une veine de polissonnerie dont il dut se repentir, avec une sincérité improuvable, pour que Louis XIV accepte de « consommer » son élection à l’Académie. Cet indolent, cet inconséquent, ce glandeur céleste savait tout faire avec des mots mais c’est en troussant ses fables qu’il surpassa ce dont il se croyait capable. Il aura traversé son temps, ou plutôt il l’aura frôlé, insoucieux comme la cigale de sa fable. Peut-être indifférent, sans doute paresseux, en tout cas distrait. La quête du naturel était l’obsession des écrivains du Grand Siècle, dans le sillage de Malherbe que La Fontaine admirait beaucoup. Naturel, il l’était à tous égards, y compris dans cet art pas si simple de vivre aux crochets d’une dame (Mme de La Sablière) ou d’un ami, ayant dilapidé ses biens. Piètre mari, à peu près dépourvu de la moindre fibre paternelle, ce compagnon affable savait être à l’occasion un courtisan zélé. Mœurs d’époque, brocardées dans les fables. Mais quand advint en 1661 la disgrâce de Fouquet, son protecteur du moment, il osa exprimer sa gratitude, et intercéder — en vers — auprès du roi, au risque de se le mettre à dos. C’est honorable. Sa fin fut édifiante, comme celle de la Chevreuse : un temps pour le libertinage, un temps pour la religion que les oratoriens de Juilly avaient vainement tenté de lui inculquer. Leurs successeurs et leurs concurrents jésuites ont toujours mis les Fables de La Fontaine au programme des humanistes, en dépit de quelques charges anticléricales, et de réserves de fond sur la légitimité de l’ordre établi. Il y a chez ce bourgeois vaguement ennobli un côté franchement anar qui oppose aux insomnies du financier les chansons du savetier. La pédagogie a changé depuis lors ; diverses républiques ont supplanté les rois d’antan et le « par cœur » a longtemps été mis au rebut. Pourtant les instituteurs continuent de faire réciter aux potaches ces histoires tristes ou drôles, ou cruelles, d’un lion secouru par un rat, d’un bouc piégé par un renard, d’une belette qui squatte impudemment le logis d’un lapin, d’une grenouille qui s’enfle comme un parvenu. Comme si l’école primaire répugnait à rompre le dernier fil d’Ariane entre la culture dite « humaniste », et l’autre, plus ou moins télévisuelle. Jusqu’à quand ? « Certain renard gascon, d’autres disent normand »… La Fontaine est de loin le poète dont je connais par cœur le plus de vers, tous appris dans ses Fables. Aux époques ou l’on distribuait des prix à la fin de l’année scolaire, c’était souvent les Fables de La Fontaine, imagées par le Gustave Doré du moment, qui récompensaient le meilleur en composition. Sertis dans une langue au plein été de son âge, servis par une malice juvénile, les attendus de ce bestiaire restent une incidente miraculeuse dans l’histoire de nos lettres. Ils résument le meilleur du Grand Siècle — baroque et classicisme — mais ils s’en évadent pour atteindre la région des féeries enfantines.

Française (La)

Elle n’est sûrement pas la plus facile à vivre, ni même la plus gaie. Sa tendresse est sujette à éclipses et ses aversions ont parfois la vie longue. Mais la Française est de loin la femme la plus élégante. La plus soucieuse de son apparence, jusqu’aux portes de la mort. La plus attentive aux sous-entendus de son miroir. Qu’elle soit friquée ou fauchée, qu’elle adopte le registre du BCBG ou celui des audaces, elle aime s’habiller. Se maquiller. Se parfumer. Presque tous les couturiers de légende sont français — et Coco Chanel est même entrée en littérature dans les pages de Déon. Presque toutes les marques de produits de beauté prestigieuses sont françaises. C’est autour du luxe que Pinault et Arnault se font la guerre, c’est même un des labels majeurs de notre présence dans la macro-économie. Et, si un galant offre à son égérie un diamant de chez Bulgari ou de chez Van Cleef & Arpels, c’est sous emballage de la place Vendôme que son offrande sera vraiment fastueuse. Le goût du luxe, son usage et sa démocratisation ont sculpté, dessiné, décoré la Française. Si elle ose une extravagance vestimentaire, ça passe ; une étrangère pareillement accoutrée aurait l’air d’un sac de topinambours. Pendant l’Occupation, beaucoup de femmes manquaient de tout. Dans n’importe quel autre pays, elles auraient consacré leur énergie au ravitaillement et à la sécurité. Tout en s’y employant, la Française trouvait le moyen de se faire attrayante, fût-ce avec des hardes d’infortune, jusqu’à dessiner au crayon sur ses jambes un similimotif de couture de bas. À quartier socialement égal — la Cinquième à New York, Chelsea à Londres — les dames argentées s’habillent à peu près chez les mêmes couturiers, en conformité avec la mode du moment. La Française porte sa robe et son sac comme un charme, les autres comme des cintres. Seules la Romaine ou la Milanaise rivalisent, mais ça ne dure pas. Tandis que nos mamies, voire nos mémères, ont besoin d’inventer de quoi attester leur élégance. Une broche, un collier, un châle : cet ajout faussement anodin fait la différence, la vieille dame a quelque chose de plus que son maintien, sa dignité ou son opulence. Même le « mauvais goût », sur le corps d’une Française, échappe à la vulgarité, comme si l’esprit des lieux lui concédait la grâce d’une distinction. Beurette des banlieues, soubrette de campagne ou Versaillaise fille d’officier, la Française possède cette grâce. Ou bien la capte mystérieusement, qu’elle soit plate comme une limande ou grasse comme un chanoine. Les étrangères bien fagotées qu’on peut rencontrer ont toutes appris en France l’art de se parer en évitant l’uniformité ou le ridicule. Cela se vérifie dans la rue autant que dans un salon ou sur la plage : l’étrangère est presque à poil, on voudrait la prier d’ôter ce haut et ce bas qui l’encombrent ; le maillot de bain de la Française suggère l’ineffable, il entre de l’esthétique dans le frémissement de notre désir. Qu’on ne m’accuse pas d’être bêtement cocardier. J’ai beau être ignare en matière de mode féminine, j’ai l’œil et le bon, celui d’une appétence passionnée pour le genre féminin, depuis toujours, et toutes appellations d’origine confondues. C’est en connaissance de cause que je décrète la suprématie de la Française sur ce registre capital. Dans un raout cosmopolite, je la repère à vingt mètres. Elle n’est pas toujours la plus belle, elle règne immanquablement par une touche indescriptible d’élégance. Donc elle promet davantage à notre… imagination. Quitte à nous le faire payer. Mais le jeu en vaut la chandelle, car la sensibilité de la Française est un miroir à facettes multiples, en même temps qu’un puits sans fond d’émotions enroulées les unes dans les autres. Un amoureux maladroit peut s’y noyer. S’il sait nager dans les sentiments, et s’il a conquis le cœur de la belle, il sera mieux aimé par une Française que par une autre. À charge pour lui de contourner les écueils du bovarysme.

1 ... 17 18 19 20 21 22 23 24 25 ... 81
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)