La Grande Quête
- Автор: Джордан Роберт
- Серия: La Roue du Temps #2
- Год: 2012
- Язык: французский
- Год: Bragelonne
- ISBN: 9782352945574
- Переводчик: Jean Claude Mallé
- Жанр: Фэнтези
Электронная книга - «La Grande Quête». Краткое содержание книги:
Moiraine, la puissante magicienne qui seule pourrait lui fournir des réponses, l’évite désormais comme la peste. Rand sait qu’il devrait quitter ces lieux, partir où personne ne le connaît et où il ne pourrait faire aucun mal.
Mais il est trop tard : les Aes Sedai l’ont enfermé et son seul espoir d’obtenir de l’aide à présent est Egwene, la femme qu’il pensait épouser un jour… et qui est en train de devenir elle-même une Aes Sedai.
Il y eut soudain une certaine agitation devant l’auberge. Des gens criaient en tendant le bras. Pas vers l’apprenti forgeron et ses deux compagnons, mais en direction des collines qui bordaient le village sur son flanc est.
— On va rejoindre les chevaux ? insista Mat. Si ce sont des Seanchaniens…
Perrin acquiesça et les trois éclaireurs coururent jusqu’à l’endroit où ils avaient attaché leurs montures, derrière une maison abandonnée. Alors que Mat et Hurin disparaissaient à l’angle du bâtiment, Perrin se retourna et eut la surprise de voir une longue colonne de Fils de la Lumière entrer fièrement dans le village.
— Des Capes Blanches ! cria-t-il en emboîtant le pas à ses amis.
Mat et Hurin prirent à peine le temps d’afficher leur stupéfaction, puis ils sautèrent en selle. Chevauchant le long des maisons, afin d’être invisibles depuis la rue principale, les trois éclaireurs filèrent vers l’ouest en jetant régulièrement des coups d’œil par-dessus leur épaule. Personne ne les poursuivait, apparemment… Ingtar leur avait donné la consigne d’éviter tout ce qui pouvait les ralentir. Un interrogatoire mené par des Capes Blanches entrait dans cette catégorie, même dans le cas où ils auraient improvisé des réponses satisfaisantes.
Ayant des raisons personnelles de vouloir éviter les Fils de la Lumière, Perrin regardait derrière lui encore plus souvent que les autres.
La hache dans mes mains… Au nom de la Lumière ! que ne donnerais-je pas pour changer ça !
Alors qu’une série de collines très légèrement boisées les coupait visuellement du village, Perrin commença à envisager sérieusement que personne ne les ait suivis. Tirant sur les rênes de sa monture, il fit signe à ses compagnons de s’immobiliser. Lorsqu’ils eurent obéi, non sans le dévisager dubitativement, il se concentra et tendit l’oreille. Son ouïe était bien meilleure qu’avant et il n’entendit aucun roulement lointain de sabots.
À contrecœur, il sonda mentalement la zone, en quête de loups. Presque aussitôt, il localisa une petite meute qui se reposait dans une des collines proches du village. Le sentiment de surprise fut si fort que l’apprenti forgeron crut un moment que c’était lui qui l’éprouvait. S’ils avaient entendu des rumeurs, ces loups ne croyaient pas vraiment que certains deux-pattes pouvaient communiquer avec eux. Pour se présenter, Perrin projeta l’image de Jeune Taureau – un réflexe qu’il n’avait pas pu maîtriser – et il y ajouta son odeur, comme le prescrivaient les usages en vigueur parmi les loups. Ces animaux n’étant jamais avares de rituels lors d’une première rencontre, la procédure s’éternisa. Mais, pour finir, Perrin put leur poser sa question. Même s’ils n’éprouvaient aucun intérêt pour des deux-pattes incapables de leur parler, les loups consentirent à aller voir ce qui se passait.
Quelques minutes plus tard, Perrin reçut les images qu’il avait demandées. Des hommes en cape blanche grouillaient dans le village, fouillant les maisons ou les encerclant, mais pas un ne s’était séparé des autres pour chevaucher vers l’ouest – ni dans une autre direction. Selon les loups, il n’y avait personne par là, sauf Perrin lui-même, une paire d’autres deux-pattes et trois géants aux pieds de corne.
Non sans soulagement, mais avec une certaine gratitude, Perrin rompit le contact avec les loups.
— Les Fils de la Lumière ne nous suivent pas, annonça-t-il.
— Comment le sais-tu ? demanda Mat.
— Je le sais, un point c’est tout ! Mat, si je te le dis…
Mat parut vouloir faire une remarque, mais il se ravisa, puis parla quand même, mais pour dire quelque chose d’autre :
— Eh bien, si ces gens ne nous traquent pas, nous devrions aller rejoindre Ingtar et suivre avec lui la piste de Fain. La dague ne viendra pas à nous si nous restons ici.
— Nous ne pourrons pas revenir aux abords de ce village, dit Hurin, et ça ne nous facilitera pas la tâche, pour la piste de Fain. Mais, si nous les conduisons droit sur des Fils de la Lumière, le seigneur Ingtar et Verin Sedai ne seront pas contents du tout.
Perrin approuva du chef.
— Il va falloir suivre la piste un moment, pour avoir un autre point de départ… Mais il faudra rester vigilants. Nous ne sommes plus très loin de Falme, et tomber sur des Seanchaniens ne serait guère plus agréable…
Alors que les trois cavaliers reprenaient leur chemin, Perrin se demanda ce que les Capes Blanches fichaient dans le coin.
Toujours en selle, Geofram Bornhald regardait ses hommes investir méthodiquement le village. L’homme aux très larges épaules qui avait fichu le camp au moment de leur arrivée lui disait vaguement quelque chose, mais il ne parvenait pas à mettre le doigt dessus.
Mais si, voyons ! Le garçon qui affirmait être un forgeron. Comment s’appelait-il, déjà ?
Byar immobilisa sa monture devant son chef et le salua, une main sur le cœur.
— Le site est sécurisé, seigneur capitaine !
Des villageois vêtus de vestes ou de manteaux en peau de mouton se laissaient à contrecœur escorter vers les trois charrettes rangées devant l’auberge. Des enfants en larmes s’accrochaient aux jupes de leur mère, mais personne ne faisait montre d’hostilité. Habitués aux coups durs, surtout ces derniers temps, les adultes attendaient avec résignation et fatalisme la suite des événements. Une attitude dont Bornhald leur fut reconnaissant, car il n’avait aucune envie de « faire des exemples » et encore moins de perdre ne serait-ce qu’une heure de son précieux temps.
Il mit pied à terre et confia les rênes de sa monture à un Fils de la Lumière.
— Byar, organise le repas de nos hommes… Il faut enfermer les prisonniers dans l’auberge avec tous les vivres et toute l’eau qu’ils pourront porter. Ensuite, vous clouerez les portes et les volets. Il faut que ces gens soient convaincus que nous laissons des gardes ici…
Byar salua de nouveau et se détourna pour répercuter les ordres.
La colonne de villageois se remit en marche pendant que des Fils de la Lumière partaient en quête de gros clous et de marteaux.
En voyant défiler les prisonniers, Bornhald estima qu’il faudrait deux ou trois jours avant que l’un d’eux ait le courage de défoncer une porte pour vérifier s’il y avait vraiment des gardes. Ce délai serait largement suffisant pour ce que le capitaine entendait faire. Mais il ne fallait surtout pas que les Seanchaniens soient avertis de sa présence aujourd’hui.
En prenant la précaution de laisser quelques hommes en arrière – histoire de convaincre les Confesseurs que ses forces étaient toujours éparpillées dans la plaine d’Almoth –, Bornhald avait réussi à conduire plus de mille Fils de la Lumière jusqu’à la pointe de Toman puis à l’intérieur – et sans alerter personne, à sa connaissance.
Les trois premières escarmouches contre les Seanchaniens n’avaient pas duré bien longtemps. Accoutumés à affronter des adversaires découragés, les envahisseurs n’avaient su que faire face à des Fils de la Lumière déterminés à leur donner une cuisante leçon. Cela dit, les Seanchaniens n’étaient pas des mauviettes, et Bornhald n’était pas près d’oublier le quatrième accrochage, qui lui avait coûté plus de cinquante hommes. Mais laquelle des deux femmes dont il avait examiné les cadavres criblés de flèches était l’Aes Sedai ? Malheureusement, il ignorait toujours quelle était la réponse.
Le capitaine prit le gobelet que lui tendait un de ses hommes et but une eau qui lui râpa la gorge tant elle était froide.
— Byar ! appela-t-il.
L’officier à la maigreur presque maladive sauta de selle.
— Oui, seigneur capitaine !
— Quand j’attaquerai à la tête de nos hommes, Byar, tu ne participeras pas à l’assaut. Je veux que tu observes de loin, puis que tu ailles faire ton rapport à mon fils.