La Grande Quête
- Автор: Джордан Роберт
- Серия: La Roue du Temps #2
- Год: 2012
- Язык: французский
- Год: Bragelonne
- ISBN: 9782352945574
- Переводчик: Jean Claude Mallé
- Жанр: Фэнтези
Электронная книга - «La Grande Quête». Краткое содержание книги:
Moiraine, la puissante magicienne qui seule pourrait lui fournir des réponses, l’évite désormais comme la peste. Rand sait qu’il devrait quitter ces lieux, partir où personne ne le connaît et où il ne pourrait faire aucun mal.
Mais il est trop tard : les Aes Sedai l’ont enfermé et son seul espoir d’obtenir de l’aide à présent est Egwene, la femme qu’il pensait épouser un jour… et qui est en train de devenir elle-même une Aes Sedai.
Après s’être essuyé les yeux, Min mit sa cape et tenta de sonder la rue. Mais les larmes revenaient aussi vite qu’elle les éliminait. Pleurer en public n’avait jamais été dans ses habitudes, mais se sentir inutile non plus…
Où pensait-elle aller ? Elle n’en avait pas la moindre idée. Mais il fallait que les cris d’Egwene cessent de retentir à ses oreilles.
— Min !
L’appel à demi étouffé fit sursauter la jeune femme. Ce n’était pas Egwene, bien entendu, mais qui pouvait l’interpeller ainsi ? Autour de la résidence des damane, on apercevait en général très peu de passants. À part un peintre des rues occupé à convaincre deux soldats seanchaniens qu’ils devaient s’offrir un magnifique portrait à la craie, les rares citadins marchaient d’un pas vif pour s’éloigner le plus vite possible d’un endroit qu’ils jugeaient malsain. Un peu plus loin, deux sul’dam promenaient leurs damane en discutant du nombre de marath’damane qu’elles trouveraient encore avant de rentrer au bercail.
Quand Min aperçut deux paysannes vêtues d’une cape grossière, elle faillit les ignorer… avant de les reconnaître.
— Nynaeve ? Elayne ?
— En chair et en os !
Les deux femmes souriaient, mais on voyait bien que c’était forcé. Min éprouva une euphorie telle qu’elle n’en avait jamais connu, comme si cette rencontre marquait la fin d’un cauchemar.
— Cette couleur te va à ravir, dit Nynaeve. Tu aurais dû te mettre aux jupes il y a bien longtemps. Cela dit, quand je t’ai vue en pantalon, ça m’a donné l’idée d’essayer… Mais que se passe-t-il ?
— Pardon ?
— Tu as les yeux rouges, dit Elayne. Il est arrivé malheur à Egwene ?
Min sursauta et regarda derrière elle. Sortant de la maison par la même porte qu’elle, une sul’dam et sa damane venaient de tourner dans la direction opposée – celle des écuries et des enclos à chevaux. Devant la porte, une autre sul’dam parlait avec quelqu’un qui était resté à l’intérieur. Prenant ses amies par le bras, Min les entraîna en direction du port.
— Falme est une ville dangereuse pour vous… Il y a des damane partout, et si elles vous repèrent… Vous savez ce que sont ces femmes, n’est-ce pas ? Je suis tellement contente de vous revoir…
— C’est réciproque, mon amie, dit Nynaeve. Sais-tu où est Egwene ? Dans une de ces maisons ? Et comment va-t-elle ?
Min hésita une fraction de seconde avant de répondre :
— Aussi bien que possible en de telles circonstances…
Un mensonge mais, si Nynaeve savait ce qui se passait à l’instant même, personne ne pourrait l’empêcher d’essayer d’intervenir.
Lumière, fais que le calvaire d’Egwene soit terminé. Pour une fois, qu’elle se résigne à courber l’échine plutôt que de se la laisser briser.
— En revanche, je ne sais pas comment l’aider à s’enfuir… J’ai trouvé un capitaine qui nous prendra à son bord si nous arrivons jusqu’aux quais, mais il ne veut pas se mouiller davantage, et je peux le comprendre. Hélas, j’ignore de quelle façon lui amener Egwene…
— Un bateau…, murmura Nynaeve. J’envisageais de chevaucher vers l’est, mais j’avoue que cette solution ne m’enthousiasmait pas. Pour ne plus risquer de rencontrer des patrouilles seanchaniennes, nous devrons être sorties de la pointe de Toman. L’ennui, c’est qu’une bataille est en cours dans la plaine d’Almoth, d’après ce qu’on dit. Je n’ai jamais songé à la rivière ! Mais nous avons des chevaux, et pas un sou pour payer notre passage. Combien veut ton marin ?
— Je n’en suis pas encore là… De toute façon, Egwene et moi, nous n’avons pas d’argent. Je crois pouvoir retarder les négociations jusqu’à ce que nous ayons embarqué. Ensuite… Eh bien, j’imagine qu’il ne nous abandonnera pas dans un port grouillant de Seanchaniens. D’ailleurs, n’importe quel endroit serait mieux qu’ici… Le problème, c’est de le convaincre de lever l’ancre. Il en meurt d’envie, mais les soldats patrouillent aussi dans le port, et comment savoir s’il n’y a pas une damane sur un des bateaux qui mouillent au port ? S’il avait une de ces femmes avec lui, et qu’elle soit de son côté, le capitaine assure qu’il aurait déjà fichu le camp. Ensuite, il a parlé de dérive, de hauts-fonds et de côte sous le vent, mais je n’ai rien compris… Tant que je lui souriais gentiment, il a continué à jacasser, et j’ai pensé qu’il finirait par se convaincre lui-même d’appareiller.
Min frissonna, des larmes perlant de nouveau à ses paupières.
— Mais nous n’aurons pas le temps d’attendre qu’il ait fini de se persuader… Egwene va très bientôt partir pour le Seanchan.
— Pourquoi ? s’écria Elayne.
— Parce qu’elle sait repérer le minerai dans la terre…, répondit Min, accablée. Elle a parlé de quelques jours, et j’ignore si ça suffira au capitaine pour mobiliser tout son courage. Même s’il y parvient, comment débarrasser Egwene de son maudit collier ? Et comment la faire sortir de la maison ?
— J’aimerais que Rand soit là…, soupira Elayne.
Ses deux amies la dévisageant, surprises, elle rougit et s’expliqua un peu trop hâtivement :
— Il a une épée, et ça pourrait nous servir, non ? J’aimerais que nous ayons dix escrimeurs avec nous. Cent, même…
— Les épées et les muscles ne nous serviraient à rien, dit Nynaeve. Il nous faut des cerveaux ! En général, les hommes pensent avec la toison de leur poitrine. (Elle toucha distraitement sa propre poitrine, comme si elle cherchait quelque chose sous sa robe.) Enfin, la plupart sont ainsi…
— Et il nous faudrait une armée, renchérit Min. Une formidable armée. Face aux Tarabonais et aux Domani, les Seanchaniens n’avaient pas l’avantage du nombre, et ils ont paraît-il vaincu sans difficulté.
Voyant approcher une sul’dam et sa damane, Min fit signe à Nynaeve et à Elayne de traverser la rue. À son grand soulagement, elle n’eut pas besoin d’insister, parce que ses deux amies regardèrent le binôme d’un œil aussi inquiet et aussi soupçonneux que le sien.
— Comme nous n’avons pas d’armée, reprit-elle, il faudra se débrouiller à nous trois. J’espère que l’une de vous aura une idée brillante, parce que je ne suis arrivée à rien au sujet du collier et du bracelet… Les sul’dam n’aiment pas être regardées de trop près quand elles ouvrent leur bracelet… Si ça peut servir, je devrais pouvoir vous faire entrer. J’ai un statut de servante mais, à condition de rester dans leurs quartiers, les domestiques ont le droit de recevoir des visiteurs.
Nynaeve fronça pensivement les sourcils, mais elle se ressaisit très vite et afficha une détermination de bon aloi.
— Ne t’inquiète pas, Min ! J’ai quelques idées, car je n’ai pas perdu mon temps depuis notre arrivée ici. D’abord, allons voir ce capitaine. S’il est plus dur à convaincre que le Conseil du village, je jure de manger ma cape !
Elayne sourit, elle aussi impressionnante de détermination. Pour la première fois depuis son séjour forcé à Falme, Min éprouva davantage qu’un semblant d’espoir. Durant un court moment, elle put même lire l’aura de ses deux compagnes. Le danger rôdait autour d’elles, mais ça n’avait rien de surprenant. En revanche, de nouvelles images s’imposèrent à Min, s’ajoutant à celles qu’elle avait déjà vues. Ce phénomène se produisait parfois…