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READ-E-BOOK » Научная фантастика » Citoyen de la galaxie [Citizen of the Galaxy - fr]
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Citoyen de la galaxie [Citizen of the Galaxy - fr]

Электронная книга - «Citoyen de la galaxie [Citizen of the Galaxy - fr]». Краткое содержание книги:

Le marché aux esclaves se tenait sur la Place de la Liberté, du côté du port spatial, en face du capitole des Neuf Mondes. Le marchand de chair humaine psalmodiait les enchères sur un ton monocorde, constamment interrompu par le rugissement des fusées.
Pourquoi un marché d’esclaves dans cet avenir lointain, dans cette Galaxie repue de progrès ? Pourquoi y vendre un jeune homme, Thorby, aussitôt après son arrivée ? Et qui est Thorby au juste ? Les gens sont libres. Chaque vaisseau spatial est un état souverain. Mais les Libres Marchands ont peut-être trouvé la pire solution au plus difficile problème : comment être humain et survivre dans toutes les situations. Et Thorby se pose une question : à quoi bon être un Citoyen de la Galaxie ?
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Là silhouette dans le lit ne remua pas.

Il se glissa, resta suspendu en se tenant du bout des doigts, sauta la courte distance qui restait et atterrit en faisant le moins de bruit possible.

La personne dans le lit était assise et pointait un fusil sur lui.

— Tu en as mis du temps, dit-elle. Cela fait une heure que je t’écoute.

— Mother Shaum ! Ne tirez pas !

Elle se pencha en avant et l’examina attentivement.

— Le gosse de Baslim ! – Elle secoua la tête. – Mon garçon, tu es dans un état… Et tu es un danger public. Qu’est-ce qui t’a pris de venir ici ?

— Je n’avais nulle part ailleurs où aller.

Elle fronça les sourcils.

— J’imagine que je dois être flattée… Pourtant je préférerais avoir la peste bubonique, que toi ici en ce moment.

Elle sortit du lit en chemise de nuit, frappa le sol de ses grands pieds nus, et regarda par la fenêtre dans la rue.

— Des flics partout, dans tous les coins. Ils contrôlent chaque établissement de la rue au moins trois fois dans la même soirée, effraient mes clients… Tu as provoqué la plus grosse pagaille jamais vue depuis les émeutes ouvrières. Pourquoi n’as-tu pas eu le bon goût de mourir ?

— Vous n’allez pas me cacher, Mother ?

— Qui a dit une chose pareille ? Je n’ai encore jamais dénoncé personne. Mais je ne suis pas obligée d’en être ravie. – Elle lui jeta un regard perçant. – Quand as-tu mangé pour la dernière fois ?

— Euh, je ne me souviens pas.

— Je te monterai quelque chose. Je suppose que tu n’as pas de quoi payer ?

Elle le fixa sans complaisance.

— Je n’ai pas faim, Mother Shaum. Est-ce que le Sisu est encore dans le port ?

— Euh ? Je ne sais pas. Oui, je sais. Il y est. Quelques gars de chez eux sont venus cette nuit. Pourquoi ?

— Je dois transmettre un message à son capitaine. Je dois le voir. Il le faut !

Elle poussa un cri d’exaspération.

— D’abord il réveille une femme honnête qui travaille pour gagner sa vie, la tire de son premier sommeil, s’installe chez elle au péril de son existence et de celle de son établissement. Ensuite il est sale comme un peigne, égratigné, blessé et va sûrement utiliser mes serviettes propres au prix où est le blanchisseur en ce moment. Il n’a pas mangé et ne peut pas payer sa nourriture… Et maintenant il n’hésite pas à ajouter un affront au tort qu’il me cause déjà, en me demandant de lui faire ses commissions !

— Je n’ai pas faim… Peu importe si je ne me lave pas. Mais il faut que je voie le capitaine Krausa.

— Tu ne vas pas me donner des ordres dans ma propre chambre à coucher. Regardez-moi l’insolent qui a encore du lait dans le nez. Le vieux fripon avec qui tu vivais, je le connaissais bien, ne t’a sûrement pas souvent administré de fessée. Tu devras attendre qu’un de leur gars se montre ce soir, pour que je puisse faire passer un mot au capitaine. – Elle se tourna vers la porte. – L’eau est dans le broc, et la serviette à sa place. Tu as intérêt à être propre quand je reviens. – Elle sortit.

Thorby se sentit mieux après s’être lavé. Il trouva de la poudre astringente sur la coiffeuse et en saupoudra ses égratignures. Elle retourna pourvue d’un bol de lait et de deux tranches de pain avec un beau morceau de viande au milieu, puis s’en alla sans mot dire. Il avait cru qu’il ne pourrait rien avaler après la mort de Pop, mais il réalisa qu’il avait cessé de se faire du souci, dès qu’il avait vu Mother Shaum. Enfin elle remonta de nouveau.

— Avale la dernière bouchée et rentre là-dedans. Ils ont l’ordre de fouiller toutes les maisons.

— Euh ? Alors je vais partir et risquer ma chance.

— Tais-toi et fais ce que je te dis. Rentre là-dedans.

— Où ?

— Là, reprit-elle en indiquant du doigt.

— Là-dedans ?

C’était un meuble encastré dans un coin, à la fois banquette et commode. Son défaut résidait dans sa taille, il était assez large pour un homme, mais n’avait qu’un tiers de sa longueur.

— Je ne crois pas que je puisse me faire assez petit.

— C’est ce que penseront les flics. Allez, dépêche-toi.

Elle souleva le couvercle, retira des vêtements, puis le côté touchant le mur de la pièce adjacente comme si c’était un châssis, et découvrit de ce fait un trou qui se prolongeait dans le mur.

— Enfile tes jambes là-dedans, et ne crois pas que tu es le seul à avoir jamais eu besoin de te cacher.

Thorby rentra dans la boîte, glissa ses jambes dans l’ouverture et s’allongea. Une fois le couvercle refermé, il n’en serait séparé que d’une dizaine de centimètres. Mother Shaum jeta des vêtements au-dessus de lui.

— Ça va ?

— Ouais, bien sûr. Mother Shaum ? Est-il vraiment mort ?

La voix de la femme devint presque tendre.

— Oui, mon garçon. Et c’est un grand malheur.

— Vous êtes sûre ?

— Je n’en étais pas convaincue non plus, en le connaissant si bien. Alors je suis allée voir près du pylône. Mais je peux te dire une chose, petit : il a une expression ironique sur son visage comme s’il les avait bien eus… Et c’est ce qui s’est passé. Ils n’aiment pas quand un homme n’attend pas d’être interrogé. – Elle soupira. – Pleure maintenant, si tu en as envie, mais en silence. Si tu entends quelqu’un, ne respire même pas.

Elle claqua le couvercle. Thorby se demanda s’il serait même en mesure de respirer, mais réalisa qu’il devait y avoir des trous pour laisser passer l’air, car c’était supportable. Il tourna la tête pour dégager son nez des vêtements qui reposaient dessus.

Puis il se mit à pleurer et s’endormit.

Il fut réveillé par des voix et un bruit de pas, se rappela juste à temps où il se trouvait pour éviter de se redresser. On ouvrit le couvercle juste au-dessus de son visage, puis on le claqua si fort que ses oreilles bourdonnèrent. Un homme cria.

— Rien dans cette pièce, sergent !

— C’est ce que nous allons voir. – Thorby reconnut la voix de Poddy. – Tu n’as pas regardé cette trappe là-haut. Va chercher l’échelle.

— Rien d’autre là-haut que la place pour la ventilation, fit Mother Shaum.

— J’ai dit : nous allons voir.

Quelques minutes plus tard, il ajouta :

— Passe-moi la torche. Hum… Vous avez raison, Mother… Mais il est venu ici.

— Quoi ?

— L’écran du bout est cassé et la poussière a été dérangée. Je crois qu’il est entré par là, est descendu dans votre chambre, puis est ressorti.

— Nom d’une pipe ! J’aurais pu être assassinée dans mon propre lit ! Et c’est ce que vous appelez protéger les gens ?

— On ne vous a rien fait. Mais vous feriez mieux de faire réparer cet écran au plus vite, sinon vous allez recevoir chez vous les serpents et autres bestioles. – Il s’arrêta. – A mon avis, il a essayé de rester dans le quartier, a trouvé cela trop dangereux, alors il est retourné dans les ruines. S’il en est ainsi, on le sortira sans doute avec les gaz avant la nuit.

— Croyez-vous que je sois en sécurité dans mon lit ?

— Pourquoi voulez-vous qu’il ennuie un tas de graisse comme vous ?

— En voilà une chose vilaine à dire ! Et moi qui allais juste vous proposer un coup à boire pour étancher la soif après la poussière.

— Vraiment ? Descendons alors à la cuisine et nous en discuterons. J’ai peut-être tort.

Thorby les entendit s’en aller ; quelqu’un enleva l’échelle. Enfin il osa respirer.

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