Citoyen de la galaxie [Citizen of the Galaxy - fr]
- Автор: Хайнлайн Роберт Энсон
- Год: 1982
- Язык: французский
- Год: Pocket
- ISBN: 2-266-01146-4
- Переводчик: Helene Bouboulis
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «Citoyen de la galaxie [Citizen of the Galaxy - fr]». Краткое содержание книги:
Pourquoi un marché d’esclaves dans cet avenir lointain, dans cette Galaxie repue de progrès ? Pourquoi y vendre un jeune homme, Thorby, aussitôt après son arrivée ? Et qui est Thorby au juste ? Les gens sont libres. Chaque vaisseau spatial est un état souverain. Mais les Libres Marchands ont peut-être trouvé la pire solution au plus difficile problème : comment être humain et survivre dans toutes les situations. Et Thorby se pose une question : à quoi bon être un Citoyen de la Galaxie ?
« Quand je serai mort, tu dois chercher un homme et lui délivrer un message. Puis-je compter sur toi ? Tu ne vas pas partir sottement de ton côté et tout oublier ? »
Oui, Pop, tu peux ! Je n’ai pas oublié, je vais le délivrer ! Thorby se rappela pour la première fois depuis plus d’une journée la raison de son retour prématuré au logis : le vaisseau stellaire Sisu était au port. Son capitaine était sur la liste de Pop. « Le premier qui arrive. » C’est ce qu’il avait dit. Je n’ai pas fait l’idiot, Pop. Je l’ai presque fait, mais je m’en suis souvenu. Je le ferai, je le ferai ! Thorby décida, en se reprenant fièrement, que ce devrait être la dernière chose importante que Pop devait faire passer, puisqu’il était censé être un espion. D’accord, il aiderait Pop à finir son travail. Je le ferai, Pop, tu les auras eu jusqu’au bout !
Il ne ressentait pas la moindre culpabilité à l’idée de « trahir ». Il avait été envoyé comme esclave contre son gré, et n’éprouvait aucune loyauté à l’égard du Sargon ; Baslim n’avait jamais essayé de lui en inculquer. Il ne ressentait à son égard qu’une peur superstitieuse, balayée désormais par un désir violent de se venger. Il ne craignait ni la police ni le Sargon lui-même. Il voulait simplement leur échapper assez longtemps pour accomplir les volontés de Pop. Après… eh bien, s’il était pris, il espérait avoir terminé avant d’être raccourci.
Si le Sisu était toujours dans le port…
Oh, il devait y être ! Mais la première chose à faire était de s’en assurer, puis… Non, la première chose était de se dissimuler avant le lever du jour. C’était infiniment plus important de se garer des flics, puisque malgré son esprit obtus il avait trouvé quelque chose à faire pour Pop.
Se cacher, puis découvrir si le vaisseau était toujours arrimé au port, enfin transmettre un message au capitaine… Et cela avec tous les policiers du quartier sur ses talons.
Peut-être ferait-il mieux de se frayer un chemin jusqu’aux chantiers de construction, où on ne le connaissait pas, s’y faufiler et refaire le chemin jusqu’à la base de lancement pour trouver le Sisu. Non, c’était idiot ; il avait déjà failli se faire prendre de cette façon, car il se trouvait en terrain étranger. Ici, au moins, il connaissait chaque bâtiment et presque tout le monde.
Mais il aurait besoin d’aide. Il ne pouvait pas se promener dans les rues en arrêtant chaque cosmonaute pour l’interroger. Quel était l’ami suffisamment proche susceptible de l’aider… au risque d’avoir des ennuis avec la police ? Ziggie ? Ne dis pas de bêtises. Ziggie le dénoncerait pour recevoir la prime. Il vendrait sa mère si on lui en offrait deux minimes. Ziggie croyait fermement que celui qui ne pensait pas d’abord et avant tout à sa petite personne, n’était en fin de compte rien d’autre qu’une poire.
Qui d’autre ? Thorby dut arriver à la désagréable conclusion que la plupart de ses amis étaient de son âge et ne pouvaient pas grand-chose pour lui. Il ne savait même pas comment joindre la nuit une bonne partie d’entre eux. Il ne pouvait certainement pas traîner dans les environs en plein jour et attendre que l’un d’entre eux se montre. Quant à la petite minorité qui habitait chez les parents à des adresses connues, il n’arrivait pas à en trouver un seul à qui il puisse faire confiance et qui serait en mesure d’empêcher ses parents de le livrer à la police. La majorité des citoyens honnêtes au niveau de Thorby poussaient les choses très loin pour s’occuper exclusivement de leurs affaires et se trouver du bon côté de la loi.
Il fallait donc que ce soit un des amis de Pop.
Il fit un pointage tout aussi rapide de cette liste-là. Dans le plus grand nombre des cas, il n’était pas sûr du degré d’amitié qui les liait à lui, étaient-ils frères de sang ou simples relations ? La seule personne qu’il pouvait joindre et qui ferait probablement quelque chose pour l’aider, c’était Mother Shaum. Elle les avait hébergés une fois quand une bombe lacrymogène les avait chassés de leur cave. Elle avait toujours eu un mot gentil et une boisson glacée pour Thorby.
Il se dépêcha. L’aube était proche.
L’établissement de Mother Shaum était à la fois un bar et un hôtel garni, situé de l’autre côté de la Rue de la Joie, près de la grille des astronautes qui menait au port. Une demi-heure plus tard, après avoir traversé de nombreux toits, être descendu deux fois dans des arrière-cours et remonté, et avoir plongé à travers une rue illuminée, Thorby se trouva sur le toit de chez elle. Il n’osa pas entrer par la porte. Trop de témoins la forceraient à appeler la patrouille. Il avait considéré l’éventualité de la porte de derrière, mais après s’être accroupi un moment derrière les boîtes à ordures, il conclut qu’il entendait trop de voix dans la cuisine.
Cependant, quand il eut regagné le toit, il fut presque surpris par la lumière du jour. Il y trouva l’accès habituel, mais la porte et le verrou étaient assez solides pour résister à une effraction sans un minimum de matériel.
Il retourna à l’arrière avec l’idée de descendre, et de tenter sa chance par la porte de derrière. C’était presque l’aube et il devenait urgent de se mettre à couvert. En regardant en bas, il aperçut les bouches d’aération pour la mansarde basse. Il y en avait une de chaque côté. Elles étaient à peine assez larges pour laisser passer ses épaules, et juste à la hauteur de sa poitrine ; mais elles menaient à l’intérieur.
Elles étaient protégées, mais quelques minutes plus tard et après avoir beaucoup gratté, il rejeta un des écrans à l’intérieur. Puis il tenta, de manière hasardeuse, de se glisser au-dessus du bord les pieds les premiers. Il pénétra jusqu’aux hanches, mais son vêtement s’accrocha aux bords rugueux de l’embrasure. Il y resta collé comme un bouchon ; la partie inférieure de son corps se trouvait dans la maison, sa poitrine, sa tête et ses bras dépassaient comme ceux d’une gargouille. Il ne pouvait plus se mouvoir et le ciel devenait de plus en plus clair.
En poussant sur ses talons, et par un effort extrême de volonté, le vêtement se détacha. Il faillit se cogner la tête en rentrant à l’intérieur, et s’allongea sans bouger pour reprendre haleine. Puis il repoussa négligemment l’écran à sa place, qui désormais ne protégerait plus de la vermine, mais pourrait tromper un œil quatre étages plus bas. Il réalisa alors qu’il avait failli tomber de ces quatre étages.
Dans la mansarde, il y avait juste assez d’espace pour ramper. Il chercha à quatre pattes la trappe d’accès pour les réparations qui selon lui devait y être. En vain. Il n’était pas sûr de la trouver, car certaines maisons en avaient, mais il n’y connaissait pas grand-chose, il n’avait pas tellement habité dans des maisons.
Il ne la découvrit qu’après le lever du soleil, quand les rayons illuminèrent la mansarde. Elle était tout en avant du côté de la rue.
Elle était verrouillée par en dessous.
Toutefois elle n’était pas aussi rugueuse que l’ouverture sur le toit. Il jeta un coup d’œil circulaire, repéra une grosse pointe de fer laissée sans doute par un ouvrier et l’utilisa pour creuser la fermeture en bois. Finalement il perça un trou dans le nœud du bois, s’arrêta, et regarda à travers.
Il vit une chambre, un lit et quelqu’un dedans.
Thorby décida qu’il ne pouvait tomber mieux. Il n’aurait qu’une seule personne à convaincre d’aller chercher Mother Shaum sans donner l’alarme. Il décolla son œil, passa un doigt à travers la fente, et trouva le loquet, puis se cassa de bon cœur un ongle en le détachant. Silencieusement il souleva la trappe.