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Электронная книга - «Citadelle». Краткое содержание книги:

Citadelle est un livre particulier dans le sens où il n'a jamais été achevé ni retouché (ou très peu) par Saint-Exupéry. L'œuvre est restée à l'état de brouillon dactylographié imparfait avant d'être mis en forme, tant bien que mal, par l'éditeur. Saint-Exupéry aborde ici tous ses thèmes récurrents déjà visités dans ses précédents écrits: l'Amour, l'Apprentissage, la Création, Dieu, les Hommes, les Voyages, etc.
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�N'aurai-je point le c�ur assez vaste pour les contenir?�

C'�tait aussi ridicule des vertueux et triomphe des marchands. On vendait. On louait les vierges. On pillait les provisions d'orge que j'avais r�serv�es en vue des famines. On assassinait. Mais je n'�tais point assez na�f pour croire que la fin de l'empire �tait due � cette faillite de la vertu, sachant avec trop de clart� que cette faillite de la vertu �tait due � la fin de l'empire.

�Seigneur, disais-je, donne-moi cette image contre laquelle ils s'�changeront dans leur c�ur. Et tous, � travers chacun, cro�tront en puissance. Et la vertu sera signe de ce qu'ils sont.�

XIV

Dans le silence de mon amour j'en fis ex�cuter un grand nombre. Mais chaque mort alimentait la lave souterraine de la r�bellion. Car on accepte l'�vidence. Mais il n'en �tait point. On d�couvrait mal au nom de quelle v�rit� claire celui-l� de nouveau �tait mort. C'est alors que je re�us de la sagesse de Dieu des enseignements sur le pouvoir.

Car le pouvoir ne s'explique point par la rigueur. Mais par la seule simplicit� du langage. Et certes est n�cessaire la rigueur pour imposer le langage nouveau, car rien ne le d�montre et il n'est ni plus vrai ni plus faux mais autre. Mais comment la rigueur imposerait-elle un langage qui par lui-m�me diviserait les hommes en les laissant se contredire? Car imposer un tel langage c'est imposer la division et d�manteler la rigueur.

Je le puis dans mon arbitraire quand je simplifie. Alors j'impose � l'homme de devenir autre et plus d�tendu et plus clair et plus g�n�reux et plus fervent, enfin uni � lui-m�me dans ses aspirations, et, une fois devenu, comme il renie la larve qu'il d�couvre avoir �t�, comme il s'�tonne de sa propre splendeur, il s'�merveille, et se fait mon alli� et le soldat de ma rigueur. Et ma rigueur n'a d'autre assise que son r�le. Elle est porte monumentale � travers laquelle les coups de fouet peut-�tre obligent le troupeau � passer pour qu'il mue et se transfigure. Mais tous ceux-l� ne sont point contraints: ils sont convertis.

Mais il n'est point de rigueur efficace si, une fois le porche franchi, les hommes d�pouill�s d'eux-m�mes et sortis de leurs chrysalides ne sentent point s'ouvrir en eux des ailes et, loin de c�l�brer la souffrance qui les a fond�s, se d�couvrent amput�s et tristes, et se retournent vers l'autre rive qu'ils ont laiss�e.

Alors, tristement inutile, remplit les fleuves le sang des hommes.

Ceux que j'ex�cutais, me signifiant que je n'avais pu les convertir, me d�montraient mon erreur. Alors j'inventai cette pri�re:

�Seigneur, mon manteau est trop court et je suis un mauvais berger qui ne sait abriter son peuple. Je r�ponds aux besoins de ceux-ci et je l�se ceux-l� dans les leurs.

�Seigneur, je sais que toute aspiration est belle. Celle de la libert� et celle de la discipline. Celle du pain pour les enfants et celle du sacrifice du pain. Celle de la science qui examine et celle du respect qui accepte et fonde. Celle des hi�rarchies qui divinise et celle du partage qui distribue. Celle du temps qui permet la m�ditation et celle du travail qui remplit le temps. Celle de l'amour par l'esprit qui ch�tie la chair et grandit l'homme, et celle de la piti� qui panse la chair. Celle de l'avenir � construire et celle du pass� � sauver. Celle de la guerre qui plante les graines, et celle de la paix qui les r�colte.

�Mais je sais aussi que ces litiges ne sont que litiges de langage et que chaque fois que l'homme s'�l�ve, il les observe d'un peu plus haut. Et les litiges ne sont plus.

�Seigneur, je veux fonder la noblesse de mes guerriers et la beaut� des temples contre quoi les hommes s'�changent et qui donne un sens � leur vie. Mais, ce soir, en me promenant dans le d�sert de mon amour, j'ai rencontr� une petite fille en larmes. J'ai renvers� sa t�te pour lire dans ses yeux. Et son chagrin m'a �bloui.

Si je refuse, Seigneur, de le conna�tre, je refuse une part du monde et n'ai point achev� mon �uvre. Ce n'est pas que je me d�tourne de mes grands buts, mais que cette petite fille soit consol�e! Car alors seulement le monde va bien. Elle est aussi signe du monde.�

XV

La guerre est chose difficile quand elle n'est plus pente naturelle ni expression d'un d�sir. Mes g�n�raux, dans leur solide stupidit�, �tudiaient des tactiques habiles et discutaient et cherchaient la perfection avant d'agir. Car ils n'�taient point anim�s par Dieu, mais honn�tes et travailleurs. Ils �chouaient donc. Et je les r�unis pour les pr�cher:

�Vous ne vaincrez point car vous cherchez la perfection. Mais elle est objet de mus�e. Vous interdisez les erreurs et vous attendez pour agir de conna�tre si le geste � oser est d'une efficacit� bien d�montr�e. Mais o� avez-vous lu d�monstration de l'avenir? De m�me que vous emp�cheriez ainsi dans votre territoire l'�closion de peintres, de sculpteurs et de tout inventeur fertile, vous emp�cherez ainsi la victoire. Car je vous le dis, moi: la tour, la cit� ou l'empire grandissent comme l'arbre. Elles sont manifestations de la vie puisqu'il faut l'homme pour qu'elles naissent. Et l'homme croit calculer. Il croit que la raison gouverne l'�rection de ses pierres, quand l'ascension de ces pierres est n�e d'abord de son d�sir. Et la cit� est contenue en lui, dans l'image qu'il porte dans son c�ur, comme l'arbre est contenu dans sa graine. Et ses calculs ne font qu'habiller son d�sir. Et l'illustrer. Car vous n'expliquez point l'arbre si vous montrez l'eau qu'il a bue, les sucs min�raux qu'il a puis�s et le soleil qui lui pr�ta sa force. Et vous n'expliquez point la ville si vous dites: �Voici pourquoi cette vo�te ne croule pas� voil� les calculs des architectes�� Car si la ville doit na�tre on trouvera toujours des calculateurs qui calculent juste. Mais ceux-l� ne sont que serviteurs. Et si vous le poussez au premier rang, croyant que les villes sortent de ses mains, aucune ville ne surgira du sable. Il sait comment naissent les villes mais il ne sait point pourquoi. Mais le conqu�rant ignorant, jetez-le avec son peuple sur la terre �pre et la rocaille, vous reviendrez plus tard et brillera dans le soleil la cit� aux trente coupoles� Et les coupoles tiendront debout comme les branches du c�dre. Car le d�sir du conqu�rant sera devenu cit� aux coupoles, et il aura trouv�, comme des moyens, comme des voies et comme des routes tous les calculateurs qu'il d�sirait.

�Ainsi, leur disais-je, vous perdrez la guerre parce que vous ne d�sirez rien. Aucune pente ne vous sollicite. Et vous ne collaborez point mais vous vous d�truisez les uns les autres dans vos d�cisions incoh�rentes. Regardez la pierre comme elle p�se. Elle roule vers le fond du ravin. Car elle est collaboration de tous les grains de la poussi�re dont elle est p�trie et qui p�sent tous vers le m�me but. Regardez l'eau dans le r�servoir. Elle s'appuie contre les parois et attend les occasions. Car vient le jour o� les occasions se montrent. Et l'eau nuit et jour inlassablement p�se. Elle est en sommeil en apparence et cependant vivante. Car � la moindre craquelure la voil� qui se met en marche, s'insinue, rencontre l'obstacle, tourne l'obstacle si c'est possible, et rentre en apparence dans son sommeil, si le chemin n'aboutit pas, jusqu'� la nouvelle craquelure qui ouvrira une autre route. Elle ne manque point l'occasion nouvelle. Et, par des voies ind�chiffrables, que nul calculateur n'e�t calcul�es, une simple pes�e aura vid� le r�servoir de vos provisions d'eau.

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