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Louis de Funès, petites et grandes vadrouilles

Электронная книга - «Louis de Funès, petites et grandes vadrouilles». Краткое содержание книги:

À l'occasion du centenaire de sa naissance, célébré en 2014, la première biographie complète de Louis de Funès, où l'on découvre non seulement l'acteur, côté cour, mais aussi, côté jardin, l'homme secret méconnu.
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Pour Mission à Tanger, Louis a reçu un cachet de 27 000 francs ; il en profite pour acheter une automobile d’occasion. La 4 CV affiche 25 000 kilomètres au compteur, à en croire le garagiste. Louis fait quelques essais en famille, mais moins d’un mois plus tard la Renault reste stationnée dans la rue sous la forme d’une épave. Le garagiste l’a bel et bien roulé dans la farine, les pièces motrices s’étant les unes après les autres révélées hors d’usage. Louis peste d’avoir perdu un argent si précieux mais il est, en revanche, ravi de commencer à se faire un petit réseau d’amitiés dans ce milieu cinématographique si perméable. Becker, Rouleau, Hunebelle, mais aussi Pierre Montazel qui vient chez lui prendre quelques cours de piano. Entre deux séances, ils parlent cinéma et Montazel a une foule de projets sur le feu. C’est promis, dès que les financements seront bouclés il engagera Louis.

De fait, de Funès se retrouve aux Buttes-Chaumont dans un vaudeville dont la vedette est le chanteur d’opérette Luis Mariano. En chef d’orchestre tyrannique accusant ses musiciens de jouer faux, il fait merveille, et s’amuse à raconter en coulisses à ses partenaires la singulière aventure que lui a value ce film. Quelques jours plus tôt, il a laissé traîner sur la table de chevet un petit mot griffonné à la hâte : « Je n’aime que toi. Passy 28–17.  » Jeanne, découvrant ce gribouillage d’une main inconnue, imagine que son mari lui cache un rendez-vous galant. Le soir venu, Louis a toutes les peines du monde à la convaincre qu’il s’agit du titre du film et que le numéro de téléphone est celui de Pierre Montazel. Louis conclut le récit de cette mésaventure en grognant : « C’est moi l’Espagnol et c’est elle la jalouse !  » D’ailleurs, lors de la sortie en salles le 30 juin de ce long métrage éreinté par la critique, Jeanne, flanquée de son mari, ira le vérifier sur la pellicule ! Montazel, décidément très fidèle à de Funès, le fait encore tourner dans Pas de week-end pour notre amour dans les studios François Ier où, de nouveau, il donne la réplique à Luis Mariano en domestique zélé ainsi qu’à Jules Berry dont il admire l’aisance à se glisser dans la peau du baron Richard de Valirman une fois qu’on a crié « moteur », après avoir raconté par le menu ses derniers déboires sentimentaux et sa dernière banqueroute au casino d’Enghien.

En cette année 1949, Louis ne chôme pas. Hunebelle fait encore appel à lui pour Millionnaires d’un jour, Yves Ciampi le costume dans Un certain monsieur où le producteur, René Dary, impose des heures supplémentaires pour diminuer le nombre de jours de tournage, Paul Colline lui offre une panouille dans Ademaï au poteau-frontière, Marc-Gilbert Sauvajon le prend comme guide dans Mon ami Sainfoin… Et, comme si cela ne suffisait pas à sa boulimie de se montrer un peu partout, Louis se fait encore engager par Pierre Billon, désireux de fixer pour l’éternité le fabuleux numéro du plus célèbre clown du moment avec son Au revoir monsieur Grock. Louis travaille… au milieu de mille figurants, mais il a beau relever son col et faire un nœud papillon aussi gros que possible, son effort passe inaperçu. Il empoche tout de même 900 francs et se paie le luxe de se « pointer » deux jours de suite sans y être invité afin de récolter quelque monnaie supplémentaire. Il est vrai qu’un nouvel enfant ne va pas tarder à naître. Son souci d’engranger moult argent s’explique, peut-être, ainsi. Tout comme peuvent s’expliquer ainsi ses nouvelles prestations musicales au Café de Paris.

Entre-temps, Raymond Rouleau lui a téléphoné pour lui confirmer qu’à la mi-août, il devra se placer sous ses ordres pour être de la distribution du Tramway nommé Désir, dont la première est fixée au 15 octobre au Théâtre Édouard-VII. Dans cette entreprise financée par Héléna Bossis, l’imprésario André Bernheim, Pierre Lazareff et Hervé Mille, les directeurs respectifs de France-Soir et de Paris-Match, Jean Cocteau destinait le premier rôle masculin à Jean Marais qui préfère, sous la pression de la romancière Colette, jouer Chéri au Théâtre de la Madeleine. Raymond Rouleau jette alors son dévolu sur le séduisant Yves Vincent, d’autant que la vraie vedette de cette pièce est Arletty. Reconnue coupable de collaboration pour avoir entretenu pendant la guerre une liaison avec un officier de la Luftwaffe, Hans Jürgen Sochring, l’inoubliable Garance des Enfants du paradis, après soixante-quinze semaines de résidence surveillée à La Houssaye-en-Brie, désire se refaire une santé et aborder, pour la première fois de sa carrière théâtrale, un rôle tragique. Dans son équipe, Rouleau engage également Daniel Ivernel, Héléna Bossis, Milly Mathis, Pierre Goutas, Claire Gérard, Robert Moor, Maurice Régamey et la jeune Claude Gensac comme doublure de Mlle Arletty que le couturier Pierre Balmain habillera d’une longue robe en tulle. Louis, comme les autres comédiens, est présent sur la scène à deux heures moins le quart, la répétition commençant à deux heures. Chacun voit arriver Arletty qui lance à la cantonade : « Bonjour, je m’appelle Arletty… mais vous ferez comme tout le monde, vous m’appellerez Arlette.  » Avec chacun, elle se montre d’une grande gentillesse, et se plie aux indications d’un Raymond Rouleau qui les fait travailler jusqu’à minuit. Louis n’est certes que du premier acte, mais il doit se conformer à la discipline de son metteur en scène qui ne lui accorde qu’une unique journée de repos, le 11 août, pour aller embrasser Jeanne protégeant dans ses bras leur second fils, Olivier, né à treize heures trente à la clinique Villa Marie-Louise du 9e arrondissement de Paris.

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