Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
Les enfants de Venise - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Les enfants de Venise

Электронная книга - «Les enfants de Venise». Краткое содержание книги:

« Quand Mercurio s’était jeté dans le canal, Giuditta avait eu la tentation de le retenir. Ou de s’y jeter avec lui. Elle ne voulait pas renoncer à la sensation de sa main dans la sienne. Elle ne voulait pas renoncer à lui. Déjà, les nuits précédentes, dans le chariot, elle avait senti une forte attraction pour les yeux de cet étrange garçon. Qui était-il ? Il n’était pas prêtre, il le lui avait avoué. Quels mots avait-il dits en sautant du bateau ? Elle se souvenait à peine. Sa tête se faisait légère. « Je te retrouverai », voilà ce qu’il avait dit. »
1 ... 150 151 152 153 154 155 156 157 158 ... 188
Перейти на страницу:

Il pointa le doigt vers le vagin de Giuditta. « Pinces », dit-il.

Le bourreau le regarda. « À quoi bon ? Si vous ne voulez pas la toucher, je peux le faire moi-même avec les mains.

— Pinces ! hurla presque le Saint. Cette sorcière m’a échappé trop souvent pour que je puisse me fier à tes mains.

— Elle ne risque plus de s’échapper », dit le bourreau.

Frère Amadeo vint tout près de lui. Il mesurait presque deux paumes de moins que lui. Mais ses yeux bleus, petits comme des têtes d’épingle, brûlaient. « Pinces », répéta-t-il doucement.

Le bourreau alla jusqu’au mur où ses instruments étaient accrochés. Il prit des pinces de fer, longues, à pointe plate.

Giuditta le vit s’approcher. Terrorisée, elle ferma les yeux. S’ordonna de penser à autre chose. Elle vit son père, avec cette figure de vieil homme. Elle vit le visage d’Ottavia, qui reflétait sa propre peur. Mais quand elle essaya de penser à Mercurio, en revanche, elle ne put imaginer le beau visage aimé. Il avait disparu de sa mémoire. “Dis-le à Mercurio”, avait-elle demandé à son père. Parce qu’elle était sienne et ne voulait pas mourir sans qu’il le sache. Mais alors, pourquoi n’arrivait-elle pas à imaginer ses yeux verts et rieurs ? Et ses belles lèvres qu’elle avait si souvent embrassées ?

« Allez, dépêche-toi », dit le Saint.

Giuditta ouvrit les yeux. Elle vit le bourreau s’agenouiller entre ses jambes. Et le frère s’approcher, une chandelle à la main.

Puis elle sentit quelque chose de froid saisir sa peau et tirer pour l’écarter.

« Ouvre plus », dit le Saint.

Le bourreau serra les pinces et élargit encore.

Giuditta se mordit la lèvre inférieure jusqu’à ce qu’elle sente la chair céder et le sang couler dans sa bouche.

« Tu vas la brûler, Inquisitor, dit le bourreau.

— Occupe-toi de ton travail, répondit frère Amadeo. Dieu en personne guide mes mains ! »

Giuditta sentit la flamme de la chandelle lui brûler la chair. Elle hurla et s’agita en tous sens. L’anneau qui lui ceinturait la taille lui déchira la peau.

« Il n’y a pas de signe, observa le bourreau.

— Que sais-tu des malices du démon, imbécile ? fit le Saint. Ça, par exemple, tu crois que c’est un simple grain de beauté ? Non ! C’est un baiser de Satan. »

Giuditta sentit de nouveau la flamme de la chandelle sur sa chair. Elle hurla. « Je vous en supplie… je vous en supplie… », et elle pleurait.

« Entends-tu comme cette sorcière sait imiter la voix de l’innocence ? dit le Saint dans un petit rire. On y croirait presque, non ? »

Le bourreau ne répondit pas.

« Chauffe les pinces, ordonna frère Amadeo.

— Inquisitor… tu as vu ce qu’il y avait à voir…, fit le bourreau.

— Chauffe-les, répéta le Saint. Et aussi les tenailles pour les seins. Je ferai avouer cette sorcière. J’extirperai la souillure de son corps et de son âme. »

Le bourreau alla vers le brasier. Il y plongea les pinces. Puis il prit sur le mur des tenailles tordues, qui ressemblaient à celles des arracheurs de dents, et les mit à rougir elles aussi dans la braise.

« Coupe les cheveux et les poils des aisselles, dit le Saint. Ensuite, prépare le clystère bouillant et l’écarteur pour l’inspection anale. »

Le bourreau resta un instant immobile, comme s’il allait se rebeller. Puis il se mit au travail.

Pendant ce temps, frère Amadeo s’était approché de l’oreille de Giuditta. « Je te coulerai du plomb fondu dans le corps si tu ne confesses pas tes méfaits, chuchot*+l. Dans chacun des orifices que Satan a violés. » Il sourit. « Et nous verrons si ton maître vient te sauver. Nous verrons si cela valait la peine que tu lui vendes ton âme.

— Je vous en supplie… je vous en supplie, pleurait Giuditta, incapable de dire rien d’autre. Je vous en supplie… »

Le bourreau s’approcha d’elle, avec le rasoir et un broc d’eau et de savon. Il en versa un peu sur une aisselle, puis la rasa. Il passa à l’autre aisselle. La rasa également. Enfin il lui savonna les cheveux. Il venait de poser le rasoir au sommet de son front quand la porte de la salle des tortures vibra et s’ouvrit.

« Qui ose nous déranger ? », tonna frère Amadeo.

Quatre gardes de la Sérénissime entrèrent et se disposèrent de part et d’autre de la porte. Aussitôt après, un prélat fit son entrée, vêtu d’une soutane noire en apparence modeste mais au tissu moiré. Derrière le prélat s’avança, soutenue par deux clercs tonsurés de frais, la silhouette malingre et charismatique d’un vieil homme coiffé d’une barrette d’où pendait un pompon et tenant à la main une crosse pastorale en or.

« Son Excellence le Patriarche de Venise, Antonio II Contarini », annonça le prélat en noir.

Le bourreau baissa aussitôt la tête. Les deux gardes qui avaient amené Giuditta aussi.

Le Saint courut vers la suprême autorité ecclésiastique de Venise et se jeta à ses pieds en essayant de lui prendre la main pour baiser son anneau.

Le patriarche l’éloigna d’un geste agacé. « Baise-moi sans me toucher, dit-il d’une petite voix légèrement aiguë mais pleine de force. Tes mains me dérangent. »

Le Saint approcha ses lèvres de l’anneau, qu’il baisa sans retenir la main gantée.

« Je vois que j’arrive juste à temps », dit le patriarche en lançant un rapide regard à Giuditta, attachée nue sur la table, et aux instruments mis à rougir dans le brasier. « Éteins tes feux, bourreau, ajouta-t-il.

— Mais… votre Sainteté… », commença frère Amadeo.

Le patriarche le foudroya d’un regard sévère. « Ne te permets pas de m’interrompre. » Il arqua un sourcil. « Quoi qu’il en soit, il paraît que de nous deux, c’est toi le saint ». Il se tourna vers le prélat en noir, riant avec lui. « Siège », ordonna-t-il.

Les deux clercs prirent une chaise et l’aidèrent à s’y installer.

Le patriarche soupira, fatigué. Il porta deux doigts à la racine de son nez qu’il serra, comme pour chasser un mal de tête.

Le prélat approcha une fiole qu’il déboucha.

Le patriarche la renifla. Puis il toussa et sembla mieux. Il remercia d’un signe de tête. « Rome veut depuis longtemps un procès public, même si cela contredit nos règles, dit-il alors, afin d’affirmer et de célébrer l’autorité de l’Église à Venise également, où elle s’estime l’otage du pouvoir temporel du doge et de la politique de notre Sérénissime République de Saint-Marc. » Il fit une grimace. À l’évidence, en tant que noble citoyen de Venise, fidèle à l’idéal d’indépendance de la ville, il ne pouvait trouver agréable cet ordre du chef suprême de l’Église. Mais en tant que serviteur de Dieu, il était contraint d’y obéir. « Donc fiat voluntas Dei. » Il regarda le Saint. « Que peut-il y avoir de mieux que ce cas scabreux d’une Juive dont les robes ont ensorcelé les dames de Venise et leur ont volé leur âme ? C’est une affaire dont on parlera partout, qui rencontrera un écho auprès du petit peuple, qui passionnera les chantres et les poètes. Ainsi l’Église… l’Église… — répéta-t-il, emphatique — sauvera les citoyens de la Sérénissime. Ai-je dit les choses comme elles se présentent, Saint ?

— Absolument, Patriarche, dit frère Amadeo en s’inclinant.

— Alors, Inquisitor, reprit le patriarche, ne la tue pas avant le procès…

— Non, Patriarche, je…

— Ne m’interromps pas ! »

1 ... 150 151 152 153 154 155 156 157 158 ... 188
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)