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Le gang des rêves

Электронная книга - «Le gang des rêves». Краткое содержание книги:

Une Italienne de quinze ans débarque avec son fils dans le New York des années vingt…
L’histoire commence, vertigineuse, tumultueuse. Elle s’achève quelques heures plus tard sans qu’on ait pu fermer le livre, la magie Di Fulvio.
Roman de l’enfance volée, Le Gang des rêves brûle d’une ardeur rédemptrice : chacun s’y bat pour conserver son intégrité et, dans la boue, le sang, la terreur et la pitié, toujours garder l’illusion de la pureté.
Dramaturge, le Romain Luca Di Fulvio est l’auteur de dix romans.
Deux d’entre eux ont déjà été adaptés au cinéma ; ce sera le destin du Gang des rêves, qui se lit comme un film et dont chaque page est une nouvelle séquence.
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— Eh oui ! J’ai embauché un technicien et je me suis mis d’accord avec un studio de synchronisation, expliqua Arty enthousiaste. On les entendra hurler ! (Il rit). Et on entendra les coups de poing du Punisher !

— Le parlant…, répéta Bill doucement.

— Mais viens donc par là ! » fit alors Arty.

Il le conduisit à la fenêtre du salon, qui donnait sur la rue. Il écarta les rideaux :

« Regarde, Bill ! »

Garée le long du trottoir, une resplendissante LaSalle.

« C’est la mienne ? demanda Bill.

— Oui, c’est la tienne ! fit Arty en lui tendant les clefs de la voiture.

— Merci, dit Bill.

— Ça n’a pas été difficile… (Puis Arty baissa la voix). Par contre, il y a un problème que je n’arrive pas à résoudre… » ajouta-t-il.

Bill le regarda.

« Les clients te connaissent tous comme Cochrann Fennore. Je ne vois pas comment on pourra leur expliquer que tu as changé de nom ! Peut-être qu’il vaut mieux que, pendant un temps, tu te fasses un peu oublier… Du coup je traiterai seul avec eux, comme avant » expliqua Arty.

Bill pointa un doigt contre sa poitrine :

« N’essaie pas de me rouler, Arty ! lança-t-il d’un ton sinistre. Je te suis reconnaissant, mais n’essaie pas de me rouler !

— Tu t’es fourré dans de sales draps… » continua Arty.

Bill remarqua que son regard était devenu plus assuré.

« Il va falloir me faire confiance, affirma le réalisateur.

— D’accord, j’te fais confiance.

— Et il va peut-être falloir aussi me filer un peu de ta part…

— Alors là, j’vois pas l’rapport !

— Bill, Bill…, soupira Arty. Je vais devoir tout faire seul ! Tout le boulot va me retomber dessus !

— Combien ?

— Je ne veux pas te saigner…

— Combien ?

— Soixante-dix pour moi, trente pour toi.

— Soixante.

— Soixante-dix, Bill.

— Merde, soixante-cinq ! hurla Bill.

— T’énerve pas… Soixante-dix. Je peux pas faire moins. Crois-moi… (Et il lui posa une main sur l’épaule). T’es dans la mouise… La police qui te cherche, les faux papiers… et si ça s’trouve, y a même un autre truc que tu m’as pas raconté… Bill, Bill… moi aussi je cours des risques, s’ils me chopent, tu comprends ?

— File-moi un coup à boire ! » coupa Bill en se jetant sur le canapé.

Arty ouvrit le meuble-bar, versa un whisky de contrebande et lui tendit un verre :

« Sans rancune, associé ?

— Va t’faire foutre, Arty.

— Avec le parlant, on va se faire un paquet de fric. Des brouettées de fric !

— Va t’faire foutre, Arty.

— Quand est-ce qu’on commence ?

— J’suis tellement à cran que j’pourrais commencer tout de suite… »

Arty se mit à rire :

« Ah, je reconnais mon homme ! (Il se versa à boire et leva son verre). Au retour du Punisher ! »

Bill leva son verre :

« Va t’faire foutre, Arty !

— Aujourd’hui ce n’est pas possible. Demain non plus. Mais sous la main j’ai une petite salope qui va te faire perdre la tête ! lança Arty en se laissant tomber sur le canapé, près de Bill. C’est exactement ton type. Brune, cheveux frisés, maigre, regard innocent… Elle raconte qu’elle est majeure mais je ne le jurerais pas. Vendredi, ça irait ?

— C’est quand tu veux, j’t’ai dit. »

La fille se mit à pleurer à la première gifle. Et à crier au premier coup de poing. Le preneur de son fit signe à Arty : il l’entendait clairement, l’enregistrement serait parfait. Arty se frotta les mains, satisfait. Avec le cinéma parlant, ils allaient gagner encore plus d’argent. Et soixante-dix pour cent iraient dans sa poche.

La scène se déroulait à merveille. Sur le plateau, la petite garce avait l’air encore plus jeune qu’en réalité. Arty s’était procuré une robe de lycéenne et des chaussettes blanches montant jusqu’aux genoux. Ainsi qu’une culotte en coton blanc. Pas de jarretières ni de lingerie de femme. C’était une gamine. Ravi, le réalisateur ricana pendant que le Punisher assénait à la fille un coup de pied au ventre et déchirait sa jupe. Elle hurlait comme une démente et couvrait ses jambes nues, dans un geste de pudeur instinctive. Elle était peut-être vierge, pensa Arty avec un frisson d’excitation.

Le Punisher l’attrapa par les cheveux et la jeta sur le petit lit. Le décor était la copie exacte d’une chambre d’internat. Arty regarda Bill en souriant tandis qu’il enlevait violemment le pull de tennis et arrachait la chemisette. Pas de soutien-gorge, rien qu’un léger caraco en coton, qui laissait deviner la poitrine à peine naissante.

« Maintenant, baise-la ! » murmura Arty entre ses dents.

Le Punisher flanqua un coup de poing sur la bouche de la fille. Elle gémit. Arty se tourna vers le technicien, qui lui adressa un signe rassurant. Le son était parfait. Le Punisher arracha la culotte.

« Bravo ! Maintenant, baise-la ! » répéta Arty.

Le Punisher saisit sa proie sur le lit, la souleva et la jeta sur le sol. Et puis recommença à la bourrer de coups.

« Merde, vas-y, baise-la ! » dit encore Arty.

Bill, au milieu du décor, haletait. Alors il se figea. Il porta les mains à son masque de cuir et se prit la tête entre les mains.

« Mais qu’est-c’qu’y fout ? » demanda Arty au caméraman près de lui.

Bill entendait le ronflement de la caméra. Il l’entendait bien. Mais il n’arrivait pas à s’exciter. Entre ses jambes, il ne se passait rien. Il regarda la fille recroquevillée par terre, en train de pleurer et de gémir. Arty avait raison, c’était exactement son genre. Pourtant il ne se passait rien. Et ce maudit ronflement ne faisait que lui rappeler son cauchemar avec la chaise électrique.

« Arty ! » hurla Bill en arrachant son masque.

« Stop ! » cria Arty à son équipe. Il se précipita sur le plateau.

« Merde, qu’est-c’qui s’passe, Bill ? » demanda-t-il à mi-voix tandis que, de l’autre côté du décor, les techniciens chuchotaient en ricanant.

« Je bande pas » lança Bill.

Arty jeta un œil alentour, essayant de trouver une solution.

« Elle est vierge ! s’exclama-t-il en indiquant la fille à terre. Y faut pas rater une occasion pareille ! Ça donnera sûrement un film exceptionnel ! »

Bill le saisit par les revers de la veste :

« Je bande pas ! lui souffla-t-il au visage, débordant de rage et de frustration.

— OK, OK, on se calme… fit Arty, essayant de réfléchir à une solution. On perd un tas de fric, là… » marmonnait-il, marchant de long en large sur le plateau.

La victime tenta de se relever.

Arty l’en empêcha : « Reste là, toi ! » lui ordonna-t-il.

Puis il se tourna vers Bill :

« Fais semblant de la violer. Tu défais ton pantalon et tu fais semblant de la baiser. Je te filme de dos. Mais fais-la bien hurler, hein ! »

Bill le regardait sans mot dire.

« Ça peut arriver, Bill ! Mais remets ton masque et finis la scène. T’en fais pas, personne se rendra compte de rien » fit Arty. Puis il se tourna vers la troupe : « Tout le monde en place ! » Il disparut derrière les projecteurs et, lorsque Bill eut remis son masque, il cria : « Action ! »

Les caméras recommencèrent à ronfler.

« Fais un gros plan de la fille, lança Arty à un caméraman. J’en ai besoin comme raccord. »

Le Punisher ouvrit sa braguette, monta sur la fille, lui écarta les jambes et fit mine de la pénétrer. Pour la faire hurler, il lui prit un mamelon entre les doigts et serra avec force.

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