Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
Le gang des rêves - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Le gang des rêves

Электронная книга - «Le gang des rêves». Краткое содержание книги:

Une Italienne de quinze ans débarque avec son fils dans le New York des années vingt…
L’histoire commence, vertigineuse, tumultueuse. Elle s’achève quelques heures plus tard sans qu’on ait pu fermer le livre, la magie Di Fulvio.
Roman de l’enfance volée, Le Gang des rêves brûle d’une ardeur rédemptrice : chacun s’y bat pour conserver son intégrité et, dans la boue, le sang, la terreur et la pitié, toujours garder l’illusion de la pureté.
Dramaturge, le Romain Luca Di Fulvio est l’auteur de dix romans.
Deux d’entre eux ont déjà été adaptés au cinéma ; ce sera le destin du Gang des rêves, qui se lit comme un film et dont chaque page est une nouvelle séquence.
1 ... 145 146 147 148 149 150 151 152 153 ... 177
Перейти на страницу:

Louis Mayer le fit attendre une demi-heure, assis sur un canapé, face à une secrétaire efficace qui répondait à des dizaines de coups de téléphone. Puis Christmas entendit le téléphone interne grésiller et une voix lança : « Faites-le entrer ! » La secrétaire bondit, se dirigea vers la porte du bureau et l’ouvrit, faisant signe à Christmas de s’installer. Christmas s’arracha à ses pensées et pénétra dans la vaste pièce.

Mayer l’attendait assis derrière son bureau, un large sourire barrant son visage roublard et amical.

« Je ne vous imaginais pas comme ça, Mister Luminita ! fit-il.

— Plutôt un petit brun, avec des sourcils fournis touchant presque les cheveux, une démarche de singe et une odeur d’ail ? » lança Christmas.

Mayer se mit à rire :

« Et un pistolet à la ceinture, ajouta-t-il.

— En ce moment, à New York, ce sont surtout les juifs qui ont des pistolets » rétorqua Christmas défiant.

Mayer le regarda, pour être sûr de bien comprendre :

« Je sais, j’ai mes renseignements, fit-il. Il paraît que vous êtes beaucoup plus ami avec certains juifs qu’avec les Italiens. »

Christmas le fixa sans répondre.

Louis Mayer eut un rire rapide, comme une quinte de toux.

« Asseyez-vous, Mister Luminita, dit-il. Je suis heureux que vous ayez accepté de faire un aussi long voyage. »

Christmas ne dit toujours rien.

Mayer hocha doucement la tête.

« Ainsi vous êtes joueur ? fit-il. Très bien, j’adore les joueurs » et son sourire disparut de son visage.

Christmas se dit que cet homme était certainement capable d’être aussi dur et impitoyable que Rothstein. On racontait d’ailleurs qu’il était aussi puissant que lui. Il respirait la force et le sens pratique. Christmas sourit. Il le trouvait sympathique.

« Vous avez déjà écrit, Mister Luminita ? lui demanda Mayer.

— Vous me demandez si je sais lire et écrire ? »

Mayer sourit :

« Non, pas vraiment. Mais on peut aussi partir de là.

— Je sais lire et écrire.

— Et vous n’avez jamais pensé à écrire professionnellement ?

— Non.

— Qui écrit les scripts de vos émissions ?

— Personne. J’improvise. »

Mayer le regarda avec admiration :

« Vous êtes un acteur né, si j’en crois les journaux et certains de mes amis qui vous écoutent tous les soirs à sept heures et demie, dit-il.

— Je ne veux pas devenir acteur. »

Mayer se mit à rire :

« Oh, surtout pas ! À Hollywood, les acteurs se multiplient aussi vite que les cafards à New York. Moi, c’est d’auteurs dont j’ai besoin. Des auteurs originaux, capables de produire quelque chose de neuf et d’électrisant. Est-ce que vous pouvez le faire ?

— Je ne sais pas.

— Vous voulez qu’on joue cartes sur table ? »

Mayer se leva et contourna son bureau. Il donna une tape sur l’épaule de Christmas.

« Moi, je regarde vers l’avenir. Or, l’avenir du cinéma, il est aussi dans le genre de personnages dont vous savez si bien parler. Vous avez déjà entendu parler de la Rome antique ? Les Romains avaient des stades où les gens s’entretuaient ou étaient dévorés par les lions. Et ces stades étaient toujours pleins, toujours complets. Ça fait partie de la nature humaine. Et selon moi, le cinéma… doit toujours être attentif à ce qui plaît au public. C’est un jouet qui coûte beaucoup trop cher pour qu’on puisse se permettre de ne pas lui plaire. Vous me suivez ?

— Autrement dit, c’est le public qui commande.

— C’est un peu réducteur, dans le sens où nous pouvons en partie orienter le goût des gens, sourit Mayer. Mais en fin de compte, vous avez raison. Le public est notre maître. Et un bon producteur doit savoir ce que les gens pensent. Or, en ce moment, l’Amérique réclame quelque chose de différent. Elle veut du sang, de la vie, des héros négatifs… parce que tout a aussi un côté sombre. L’important c’est qu’à la fin, la lumière triomphe. Vous, dans vos histoires, vous évoquez à la fois la lumière et l’obscurité. »

Mayer s’assit près de Christmas. Il posa une main sur sa jambe.

« Vous voulez essayer de prêter votre talent au cinéma ?

— Je ne sais pas si j’en serais capable. »

Mayer sourit :

« C’est exactement pour ça qu’on se rencontre, non ? »

Il sourit à nouveau.

« Combien de temps comptez-vous rester à Los Angeles, Mister Luminita ?

— On verra.

— Ah, vous êtes décidément grand joueur ! s’amusa Mayer. Vous aimez la villa ?

— Beaucoup.

— Avec ce que je suis prêt à vous donner, vous pourrez vous en acheter une à vous.

— J’ai déjà une maison à New York.

— Encore mieux ! Comme ça vous en aurez deux. »

Christmas se mit à rire.

Mayer refit le tour de la table et s’assit dans son fauteuil.

« Vous me plaisez, Mister Luminita ! Vous connaissez la vraie vie, je le lis dans votre regard. Faites donc un essai ! Écrivez quelque chose pour moi. (Il tendit la main vers une boîte noire et appuya sur un bouton) Nick est arrivé ? demanda-t-il.

— Oui, monsieur, crachouilla la voix de la secrétaire.

— Venez ! » lança Mayer à Christmas, se relevant et allant ouvrir la porte de son bureau.

Christmas découvrit un jeune homme bien habillé, les cheveux légèrement décoiffés. D’un geste du bras, Mayer lui indiqua Christmas :

« Nicholas, je te présente Mister Luminita. Il est tout à toi. Fais-lui faire une petite visite touristique » dit-il. Il se tourna et tendit la main à Christmas, à nouveau tout sourire.

« J’aimerais bien rester avec vous, malheureusement je ne suis pas maître de mon temps. Nicholas est un des mes assistants et il sait tout. Si vous avez le moindre doute, adressez-vous à lui. (Il lui donna une tape sur l’épaule). J’attends de grandes choses de vous ! (Il s’approcha davantage et lui souffla à l’oreille). Nous n’avons pas spécialement envie de présenter le crime organisé comme un monopole juif. Montrez-nous plutôt des êtes humains, de manière réaliste et dramatique…

— … et si possible des Italiens » conclut Christmas.

Louis Mayer le regarda avec des yeux qui brillaient derrière ses lunettes :

« Il y a bien aussi les Irlandais, non ? » plaisanta-t-il avant de disparaître dans son bureau.

« Tu lui plais ! fit remarquer l’assistant tandis qu’ils descendaient l’escalier.

— Comment tu le sais ? s’étonna Christmas.

— Parce que tu es encore en un seul morceau ! s’amusa-t-il avant de lui tendre la main. Nicholas Stiller, mais appelle-moi Nick. Je suis celui qui résout les problèmes.

— Et moi je suis un problème, Nick ? »

L’homme se mit à rire :

« Les nouveaux sont toujours un problème. Jusqu’à ce qu’ils comprennent les règles et les cadences.

— Comme les chevaux, commenta Christmas tandis qu’ils s’approchaient d’un bâtiment bas, avec une coursive le long du premier étage sur laquelle s’ouvraient en alternance des portes et des fenêtres, toutes identiques. Il faut qu’ils s’habituent au mors et à la selle.

— Ne le prends pas comme ça, sourit Nick en montant l’escalier extérieur qui menait à la coursive. C’est une industrie. Les règles sont là pour garantir la productivité.

1 ... 145 146 147 148 149 150 151 152 153 ... 177
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)