Au tréfonds du ciel [A Deepness in the Sky - ru]
- Автор: Виндж Вернор (Вернон) Стефан
- Серия: Qeng Ho (fr) #2
- Год: 2002
- Язык: французский
- Год: Robert Laffont
- ISBN: 2-221-09029-2
- Переводчик: Bernard Sigaud
- Жанр: Космическая фантастика
Электронная книга - «Au tréfonds du ciel [A Deepness in the Sky - ru]». Краткое содержание книги:
Le système de MarcheArrêt n’a jamais été exploré. Et voilà que deux expéditions, attirées par les signaux radio, s’y installent. L’une a été montée par les Qeng Ho, un peuple marchand qui parcourt l’espace en achetant et vendant des informations technologiques. L’autre par une civilisation violente et sadique, dite des Émergents, qui a fait de la lutte pour le pouvoir son mode de vie. Son chef, Tomas Nau, cherche à se rendre maître de la planète des Araignées pour exploiter ses ressources. Il lui faut d’abord détruire la flotte Qeng Ho ou s’en emparer.
Mais parmi les Qeng Ho se cache une figure mythique, Pham Nuwen, né mille ans plus tôt, qui connaît tous les tours...
— S’ils étaient tués un par un et qu’on nous les renvoie par morceaux…
La voix de Smith se brisa.
— En ce qui concerne Pedure, vous avez raison. Elle doit comprendre comment les choses se passent avec Sherkaner et moi. Très bien. Je veux que Belga et vous…
L’un des téléphones posés sur le bureau se mit à grelotter. C’était une ligne directe interne. Victory Smith lança une paire de longs bras par-dessus la table et s’empara du combiné.
— Smith.
Elle écouta un instant, puis siffla doucement.
— Ils quoi ? Mais… D’accord, Sherkaner, je te crois. Oui, Jaybert a eu raison de transmettre à Underville.
Elle raccrocha, puis dit à Thract :
— Sherkaner a trouvé la clef. Il a déchiffré les messages interceptés cette nuit. Il semblerait que les petits faucheux soient séquestrés dans l’Éperon, le gratte-ciel en plein Centre-Ville.
Le téléphone du major sonna à son tour.
— Thract à l’appareil, dit-il en enfonçant la touche Public.
La voix de Belga Underville passait mal ; elle devait parler loin du micro :
— Quoi ! Ils sont partis ? Faites-les taire, alors !
Puis, plus fort :
— Thract, vous m’entendez ? Je suis débordée. Voilà qu’un de vos allumés de techniciens m’appelle pour me dire que les victimes sont séquestrées au dernier étage de l’Éperon. Vous êtes incroyables.
Thract :
— Ce ne sont pas mes techniciens. Il s’agit d’une information importante, colonel, d’où qu’elle vienne.
— Zut, j’avais déjà une vraie piste. La police a repéré une banderole en soie accrochée à la tour de la Banque de Princeton.
Soit environ à un demi-mille de l’Éperon.
— C’est précisément le tissu de la veste que Downing nous a décrite.
Smith se pencha près du micro.
— Belga, il y avait quelque chose avec, un bout de papier ?
Il y eut un instant d’hésitation, et Thract s’imagina très bien Belga Underville en train de se calmer. Belga ne se gênait pas pour se plaindre devant ses collègues de cette « stupide technologie à la con », mais pas question de le faire avec Smith au bout du fil.
— Non, chef. Elle était complètement en lambeaux, en plus. Écoutez, les techniciens pourraient avoir raison en ce qui concerne l’Éperon, mais c’est un endroit plutôt fréquenté. Je vais envoyer des gens aux étages inférieurs, qui se feront passer pour des clients. Mais…
— Bien. Ne donnez pas l’alerte et approchez-vous au maximum.
— Chef, je crois que la tour où nous avons trouvé la banderole a plus de chances d’être l’endroit en question. Elle est pratiquement inoccupée, et…
— Très bien. Allez-y aussi.
— Oui, madame. Le problème, c’est la police de Princeton. Ils sont partis tout seuls, avec les sirènes, et tout le tremblement.
La veille au soir, Victory Smith avait rappelé à Thract le pouvoir de la police locale. Mais ce pouvoir était économique et politique. Cette fois, elle se contenta de dire :
— Ils sont partis ? Faites-les taire, alors ! Je le prends sous ma responsabilité.
Elle fit signe à Thract.
— On va en ville.
Trente et un
Shynkrette faisait les cent pas dans son « poste de commandement ». Tu parles d’une déveine. La mission était prévue pour durer cent jours : cent jours de planque en attendant de sauter sur le client. Au lieu de quoi ils avaient alpagué les cibles moins de dix jours après insertion. Toute l’opération avait été une combinaison incroyable de hasards malencontreux et de bavures. Quoi de neuf, alors ? On montait en grade quand on réussissait un coup dans des situations concrètes du monde réel, et Shynkrette avait survécu à pis que cela. Que Barker et Fremm se soient fait écrabouiller, c’était une question de malchance et d’inattention. Peut-être que la faute la plus grave avait été de laisser des témoins – c’était en tout cas la faute la plus grave qu’on puisse lui coller sur le dos. En revanche, ils avaient six enfants, dont au moins quatre étaient des cibles. La sortie du musée s’était passée en douceur, mais le rendez-vous à l’aéroport était tombé à l’eau. Les services de sécurité locaux de l’Accord s’étaient montrés juste un peu trop rapides, peut-être – encore une fois –, à cause de ces témoins survivants.
Les bureaux couronnaient l’Éperon, au vingt-cinquième étage. On y jouissait d’une vue excellente sur les activités de la ville, sauf directement en dessous. En un sens, ils étaient complètement piégés ici – qui s’était jamais caché en s’installant dans le ciel ? Par ailleurs… Shynkrette s’arrêta derrière le sergent.
— Que dit Trivelle, Denni ?
Le sergent éloigna le téléphone de sa tête.
— Affluence plus ou moins normale dans le hall d’entrée du rez-de-chaussée. Il a quelques visiteurs professionnels. Un vieux birbe et quelques faucheux de la dernière génération. Ils veulent louer des bureaux.
— D’ac. Ils peuvent regarder les suites au troisième étage. S’ils veulent voir autre chose, ils peuvent revenir demain.
Demain, si Profondieu le voulait, Shynkrette et son équipe seraient partis depuis longtemps. Ils seraient bien partis la veille au soir, s’il n’y avait pas eu la tempête. Les Services spéciaux de la Parenté réalisaient avec des hélicoptères des prouesses que les militaires de l’Accord n’avaient jamais imaginées… Si la chance et la compétence restaient de leur côté encore un jour ou deux, son équipe rentrerait au bercail avec son butin. La doctrine de la Parenté avait toujours été généreuse en matière d’exécutions sommaires et de répressions sanglantes. Avec cette opération, l’Honorée Pedure était en train d’en écrire un nouveau chapitre, un chapitre expérimental. Profondieu seul savait ce que Pedure ferait de ces six enfants. Shynkrette essaya de ne pas y penser. Elle était au nombre des intimes de Pedure depuis la Grande Guerre, et sa position s’était améliorée en conséquence. Mais elle préférait de beaucoup aller sur le terrain pour le compte de l’Honorée plutôt que l’accompagner dans les chambres de torture de la Parenté. En pareils endroits, la situation risquait si facilement de se… retourner. Et la mort pouvait y être très lente.
Shynkrette examina un quartier après l’autre, balayant les rues avec un télescope… Zut ! Un convoi de véhicules de police, tous gyrophares clignotants. Elle reconnut l’équipement spécial sur le toit des camions. Il s’agissait de la brigade « armes lourdes » de la police. Le principe de sa réussite était de contraindre par la peur les criminels à se rendre. Les clignotants – et les sirènes qu’elle allait sûrement entendre dans une minute – faisaient partie de l’intimidation. Dans le cas présent, la police avait commis une erreur monumentale. Shynkrette se précipitait déjà dans le couloir circulaire, décrochant son fusil à canon court sans cesser de courir.
— Sergent ! Nous montons.
Surpris, Denni leva la tête.
— Trivelle dit qu’il entend des sirènes, mais qu’elles n’ont pas l’air de venir par ici.