Au tréfonds du ciel [A Deepness in the Sky - ru]
- Автор: Виндж Вернор (Вернон) Стефан
- Серия: Qeng Ho (fr) #2
- Год: 2002
- Язык: французский
- Год: Robert Laffont
- ISBN: 2-221-09029-2
- Переводчик: Bernard Sigaud
- Жанр: Космическая фантастика
Электронная книга - «Au tréfonds du ciel [A Deepness in the Sky - ru]». Краткое содержание книги:
Le système de MarcheArrêt n’a jamais été exploré. Et voilà que deux expéditions, attirées par les signaux radio, s’y installent. L’une a été montée par les Qeng Ho, un peuple marchand qui parcourt l’espace en achetant et vendant des informations technologiques. L’autre par une civilisation violente et sadique, dite des Émergents, qui a fait de la lutte pour le pouvoir son mode de vie. Son chef, Tomas Nau, cherche à se rendre maître de la planète des Araignées pour exploiter ses ressources. Il lui faut d’abord détruire la flotte Qeng Ho ou s’en emparer.
Mais parmi les Qeng Ho se cache une figure mythique, Pham Nuwen, né mille ans plus tôt, qui connaît tous les tours...
Oui, comment ?
Mais Qiwi souriait toujours. Ça lui donnait l’air presque aussi jeune que les cinq premières années où il l’avait eue en sa possession.
— Vous disiez que l’Accord a intercepté des télécoms de la Parenté associées à l’enlèvement ?
— Absolument. C’est ainsi que nous savons ce qui se passe. Mais les Renseignements de l’Accord ne peuvent pas casser la crypto de la Parenté.
— Ils essaient de déchiffrer les messages interceptés ?
— Oui. Plusieurs de leurs plus puissants ordinateurs – gros comme des maisons – se démènent à chaque bout de la liaison micro-ondes entre Princeton et la Commanderie. Il leur faudrait des millions d’années pour trouver la clef de décryptage… Oh !
Xin ouvrit de grands yeux.
— Nous pouvons le faire sans qu’ils s’en doutent ?
Nau avait compris presque en même temps, il demanda à la cantonade :
— Infos : comment génèrent-ils des clefs tests ?
Au bout d’une seconde, une voix répondit :
— Démarche pseudo-aléatoire modifiée par ce que leurs mathématiciens savent des algorithmes de la Parenté.
Qiwi lisait quelque chose dans ses ATH.
— Il semblerait que l’Accord expérimente actuellement le traitement partagé des données sur sa liaison. C’est ridicule, puisqu’ils ont moins de dix ordinateurs sur l’ensemble de leur réseau. Mais nous avons une douzaine d’espiosats qui traversent le faisceau de leur liaison micro-ondes. Il serait facile de pomper des infos sur ce qui transite entre leurs relais… de toute façon, c’est comme ça que nous allons faire nos premières insertions. Dans ce cas, nous n’aurons que de menues modifications à effectuer lorsqu’ils enverront des clefs tests. De l’ordre d’une centaine de bits, peut-être, même en comptant les bits d’encadrement.
Reynolt :
— Vu. Même s’ils font une enquête plus tard, ça passera pour une panne plausible. Je vous déconseillerais d’essayer avec plus d’une clef : trop dangereux.
— Une clef devrait suffire, si la session est la bonne.
Qiwi regarda Nau.
— Tomas, ça pourrait marcher. Les risques sont faibles, et, de toute façon, nous devrions expérimenter des mesures actives. Tu sais que les Araignées s’intéressent de plus en plus à l’espace. Nous allons peut-être être forcés d’intervenir massivement, et bientôt.
Elle lui tapota l’épaule. Jamais elle ne lui avait témoigné autant de familiarité en public. Sous une apparence de bonne humeur, Qiwi avait ses propres intérêts émotionnels dans cette affaire.
Mais elle avait raison. Ce pourrait être la « première livraison » idéale des zombies d’Anne. C’était le moment de se montrer généreux. Nau sourit à son tour à Qiwi.
— Très bien, mesdames et messieurs. Vous m’avez convaincu. Anne, arrangez-vous pour révéler une clef. Je crois que le gestionnaire Xin peut vous indiquer la session critique. Donnez à cette opération une priorité transitoire première classe pour les quarante prochaines Ksec… et, rétroactivement, pour les quarante dernières.
Xin, Liao et les autres étaient donc officiellement tirés d’affaire.
Ils ne poussèrent pas de vivats, mais Nau perçut un certain enthousiasme et une gratitude abjecte lorsque les pétitionnaires se levèrent et se propulsèrent hors de la pièce.
Qiwi commença à les suivre, puis elle se retourna prestement et embrassa Nau sur le front.
— Merci, Tomas.
Et la voilà partie avec les autres.
Nau se tourna vers le dernier visiteur restant, Kal Omo.
— Surveillez-les, sergent. Je crains qu’à partir de maintenant les choses ne se compliquent.
Pendant la Grande Guerre, il y avait eu des périodes où Hrunkner Unnerby s’était passé de sommeil des jours entiers d’affilée, pris en permanence sous le feu ennemi. Cette nuit-ci était pire. Dieu seul savait combien souffraient la générale et Sherkaner. Une fois les lignes téléphoniques installées, Unnerby avait passé le plus clair de son temps dans le PC commun, juste à côté de la salle sécurisée réservée aux Renseignements et dans le même couloir. Avec la police locale et l’équipe des télécommunications d’Underville, il essayait de remonter à la source les rumeurs qui couraient en ville. La générale, parfaite incarnation de l’énergie sereine, n’avait cessé de se déplacer à droite et à gauche. Mais Unnerby voyait bien que sa supérieure hiérarchique était à la limite de ses forces. Elle en faisait trop, s’impliquait à tous les niveaux. Zut, ça faisait déjà trois heures qu’elle était partie avec l’une des équipes de terrain.
Une fois, il sortit pour voir où en était Underhill. Sherk s’était retranché dans le laboratoire des signaux, juste en dessous du sommet de la Colline. La culpabilité pesait sur lui comme une lèpre, étouffant la géniale allégresse avec laquelle il abordait chaque nouveau problème. Loin de se laisser démonter, il remplaçait en revanche son débordant enthousiasme par l’obsession du résultat. Pianotant frénétiquement sur ses ordinateurs, il réquisitionnait toutes les données possibles. Unnerby ne savait pas exactement ce que l’autre faisait, mais il n’y comprenait rien.
— C’est des maths, Hrunk. Pas de l’ingénierie.
— Ouais, la théorie des nombres, précisa le chercheur crasseux dont c’était le laboratoire. Nous sommes à l’écoute de…
Il se pencha en avant, apparemment perdu dans les mystères de sa propre programmation.
— Nous essayons de déchiffrer les messages interceptés.
Il devait parler des signaux fragmentaires en provenance de la région de Princeton détectés juste après l’enlèvement.
— Mais nous ne savons même pas s’ils viennent des ravisseurs, objecta Unnerby.
Et si j’étais la Parenté, je me servirais de codes non réutilisables et pas d’un vulgaire chiffrage à clefs.
Jaybert Machinchose se contenta de hausser les épaules et continua de travailler. Sherkaner ne réagit pas lui non plus, mais son aspect était vide d’expression. Faute de mieux.
Unnerby s’était donc échappé pour regagner le PC, où régnait au moins une illusion de progrès dans les recherches.
Smith rentra une heure environ après le lever du soleil. Elle parcourut les rapports négatifs à la hâte, avec des mouvements saccadés.
— J’ai laissé Belga en ville avec les flics locaux. Enfer et damnation ! Ses communications ne sont pas tellement meilleures que les leurs.
Unnerby se frotta les yeux, tentant vainement de leur redonner un éclat que seule une bonne nuit de sommeil pourrait produire.
— Je crains que le colonel Underville n’apprécie pas vraiment tout ce matériel exotique.
Dans toute autre génération, Belga aurait été à sa place. Dans celle-ci… disons que Belga Underville n’était pas la seule personne à avoir des problèmes avec l’Ère nouvelle.
Victory Smith se coula à côté de son vieux sergent.
— Elle a quand même empêché la presse de s’accrocher à nos basques. Des nouvelles de Rachner ?
— Il est dans le centre sécurisé.
En fait, le jeune major ne se confiait pas à Unnerby.
— Il est convaincu que c’est à cent pour cent une opération de la Parenté. Moi, je ne sais pas. Ils sont dans le coup… mais vous saviez que le caissier du Musée est un tradoque ? Et le faucheux qui s’occupe de la baie de chargement du musée a disparu. Belga a découvert que c’est un traditionaliste lui aussi. Je crois que les tradoques locaux sont mouillés jusqu’aux épaules dans cette affaire.