Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » История » Histoire de la Russie et de son empire
Histoire de la Russie et de son empire - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Histoire de la Russie et de son empire

Электронная книга - «Histoire de la Russie et de son empire». Краткое содержание книги:

Fruit de plus de dix ans de travail, ce maître-livre raconte la riche et grande histoire de la Russie, des origines à la fin de l’URSS, en passant par l’établissement d’une autocratie impérialiste assise sur la force de l’orthodoxie et d’un nationalisme conquérant. Un classique dont l’ampleur et l’intelligence se conjuguent avec un rare bonheur d’écriture, ici présenté dans une édition entièrement revue et augmentée d’une préface inédite de Marie-Pierre Rey.
Michel Heller (1922-1997), né en Biélorussie, a été arrêté, puis déporté durant six ans, avant d’émigrer en Pologne, puis en France, où il a notamment enseigné l’histoire et la littérature soviétiques à l’université Paris-IV-Sorbonne.
1 ... 134 135 136 137 138 139 140 141 142 ... 376
Перейти на страницу:

L’un des articles les plus importants de l’accord est la reconnaissance par la Pologne de l’Ukraine autonome, baptisée Grande-Principauté Russe. Cela signifie que la Rzeczpospolita s’agrandit, englobant dans la Fédération de Pologne et de Lituanie, un troisième membre : l’Ukraine. L’historien ukrainien Mihajlo Grouchevski, qui n’aime guère la Pologne, reconnaît malgré lui : « Du point de vue politique, cela eut des côtés positifs. » Les conditions imposées par la paix de Hadiatch montrent que Vyhodski remporte une remarquable victoire. Le traité prévoit en effet : l’égalité pleine et entière de l’orthodoxie et du catholicisme sur tout le territoire de la Rzeczpospolita ; un siège au Sénat pour le métropolite de Kiev et cinq évêques ; l’enregistrement de soixante mille Cosaques ; l’élection au Sénat d’orthodoxes, et non plus des seuls catholiques. Il reconnaît l’autorité de l’hetman, qui a le droit de frapper monnaie. La Grande-Principauté Russe est libérée de l’obligation de payer des impôts à Varsovie. Le traité envisage encore : la neutralité de la Petite-Russie, en cas de guerre entre la Pologne et Moscou (avec cette clause particulière : si l’agression vient de Moscou, les Polonais s’engagent à porter secours à la Petite-Russie) ; l’autorisation d’ouvrir une Académie à Kiev, dotée des mêmes droits que l’université de Cracovie ; la possibilité de créer librement des collèges, des institutions scolaires et des imprimeries, ainsi que de publier des livres (la seule restriction étant de ne pas offenser la personne du roi).

Au terme de débats houleux, la Diète entérine le traité. Pour certains historiens, la Pologne n’a pas la moindre intention d’en respecter les conditions. Quoi qu’il en soit, l’accord montre qu’une partie de la starchina cosaque est mécontente du rattachement à Moscou qui, de son côté, répond aux décisions de la Rada de Hadiatch, en envoyant les troupes du voïevode Troubetskoï contre Vyhodski. À la bataille de Konotop (juin 1659), les Cosaques, qui ont appelé les Tatars à la rescousse, mettent en pièces la cavalerie moscovite qui perd au moins cinq mille hommes.

Moscou se hâte de terminer la guerre qui l’oppose à la Suède depuis plus de trois ans. Signée en 1661, au terme de longs pourparlers, la paix de Kardis confirme la perte par Moscou de toutes ses conquêtes de Livonie. Une deuxième guerre commence avec la Pologne. Cette fois, les armées moscovites subissent défaite sur défaite, ce qui n’empêche pas le pouvoir du tsar de se renforcer en Petite-Russie. Moscou joue habilement des désaccords entre la starchina cosaque et la plèbe, et des guerres intestines qui déchirent la cosaquerie. La Rada, qui renverse Vyhovski et opte pour l’hetman Iouri Khmelnitski, pose les conditions de la soumission à Moscou, complétant les anciens articles de Bogdan Khmelnitski, de quelques autres empruntés à la paix de Hadiatch. Ils sont toutefois rejetés par le voïevode Troubetskoï. En septembre 1659, la Rada est convoquée à Pereïaslavl, en présence des troupes moscovites. Troubetskoï contraint les Cosaques à accepter de nouvelles conditions, ajoutées au premier traité de Pereïaslavl. Elles restreignent considérablement le pouvoir de l’hetman et augmentent le nombre des villes auxquelles Moscou impose des voïevodes.

La Petite-Russie connaît alors son « Temps des Troubles » : les hetmans changent sans cesse, ils sont parfois deux à diriger en même temps l’armée cosaque. Les rives du Dniepr se séparent de plus en plus nettement, on voit naître deux Ukraine, celle de la rive droite et celle de la rive gauche, occidentale et orientale. Le nombre des hetmans augmente, chaque rive ayant le sien, sinon deux.

On commence à chercher de la place sur la carte, à chercher aussi un protecteur, à défaut d’allié. Un demi-siècle durant, l’Ukraine expérimente toutes les alliances possibles avec ses voisins. Khmelnitski avait choisi Moscou, Vyhovski la Pologne, Petro Dorochenko, lui, opte (en 1668) pour le sultan turc (la Rada, à laquelle l’hetman avait laissé le choix entre les Moskals – Moscovites –, les Polonais ou les Turcs, se prononce en faveur des derniers) ; Mazepa, enfin, choisira les Suédois, en 1708. Les hetmans de Petite-Russie visent surtout, en fait, à préserver leur pouvoir ; c’est pour cela qu’ils appellent à la rescousse tantôt les Russes et les Tatars, tantôt les Polonais et les Turcs.

L’État moscovite, qui ne s’était guère hâté de répondre à l’appel de Khmelnitski, ne ménage ni ses efforts ni ses moyens, une fois prise la décision du rattachement de la Petite-Russie, pour conserver le territoire acquis. Les échecs enregistrés au cours de la deuxième guerre contre la Pologne poussent le tsar Alexis à rechercher une solution pacifique. Athanase Ordyne-Nachtchokine ne cesse, de son côté, de vanter les mérites de la paix – voire d’une alliance – avec la Pologne. Le roi de Pologne, à son tour, donne son accord pour des pourparlers avec Moscou : le choix de l’hetman de l’Ukraine de la rive droite, Dorochenko, qui a décidé de devenir sujet turc, entraîne le risque d’une incursion du sultan en Pologne. Mais Jean-Casimir est encore plus affaibli par la révolte (le rokosz) d’un des magnats polonais les plus influents, Jerzy Lioubomirski. Pour les historiens polonais, Lioubomirski porte, au même titre que Bogdan Khmelnitski, la responsabilité de la perte de l’Ukraine.

Aux termes du traité d’Androussovo (1667), la Pologne conserve la Lituanie, tandis que Moscou récupère Smolensk, la Sévérie et l’Ukraine de la rive gauche. Ordyne-Nachtchokine, qui mène les pourparlers, obtient en outre Kiev, pourtant située sur la rive droite. Le diplomate russe réussit à persuader les Polonais de céder la ville à Moscou pour deux ans. La « mère des villes russes » ne sera jamais rendue à la Pologne. Les contemporains apprécient à sa juste valeur la victoire d’Ordyne-Nachtchokine : « Le retentissement, par toute l’Europe, de cette paix de treize ans attendue par tous les peuples chrétiens, offre à Nachtchokine un immense monument dans le cœur des générations à venir9. »

Au cours des pourparlers, Ordyne-Nachtchokine doit lutter, non seulement contre les arguments avancés par les Polonais, mais aussi contre la résistance d’Alexis qui juge son diplomate trop conciliant. Ordyne-Nachtchokine tente de convaincre le tsar de faire la paix avec la Pologne, en restant modéré sur les exigences : « Visons Polotsk et Vitebsk, mais si les Polonais s’entêtent, alors, quel besoin avons-nous de ces villes ? » Les villes en question resteront à la Pologne. Toutefois, dans son rapport au tsar, Ordyne évoque aussi la possibilité de se retirer de toute la Petite-Russie, et pas seulement de la rive droite, au nom d’une alliance solide avec la Pologne. Une éventualité qu’Alexis rejette avec la dernière énergie : « Il n’est pas digne qu’un chien mange ne fût-ce qu’un morceau du pain orthodoxe [en d’autres termes : les Polonais ne doivent pas non plus posséder la Petite-Russie occidentale] : cela ne peut advenir qu’en raison de nos péchés, et non par notre volonté10. »

Le diplomate russe ne cherche pas à faire alliance avec la Pologne parce qu’il nourrit une tendresse particulière envers les Polonais ; il les tient au contraire pour un peuple « fort vacillant, sans cœur et inconstant ». L’union avec la Pologne lui apparaît simplement comme un début de réalisation de son grand projet. Une fois la paix signée entre Moscou et Varsovie, les chrétiens orthodoxes vivant sous l’autorité du sultan (Moldaves, Valaques), se rallieront au tsar orthodoxe ; puis viendront les peuples slaves, de l’Adriatique à la « mer des Allemands » et à « l’océan du Nord ». Or, le fondement de cette future puissance doit être l’union dynastique avec la Pologne, après l’accession du tsar moscovite au trône polonais.

1 ... 134 135 136 137 138 139 140 141 142 ... 376
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)