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La Bible amusante

Электронная книга - «La Bible amusante». Краткое содержание книги:

Donnant les citations textuelles de l’écriture sainte et reproduisant toutes les réfutations opposées par Voltaire, Fréret, lord Bolingbroke, Toland & autres critiques.
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En effet, la dernière argumentation des théologiens, pour sauver leur Daniel de l’accusation d’imposture en ce qui concerne Darius et Cyrus, n’est pas plus solide que leurs autres hypothèses. Darius n’était pas fils de roi, mais fils d’un seigneur persan, nommé Hystape; il n’était donc pas fils d’Assuérus, et Assuérus est encore un roi imaginaire inventé par la Bible, un soi-disant roi de Perse et de Médie qui aurait épousé la juive Esther. Darius n’était pas de la race des Mèdes; bien au contraire, à la mort de Cyrus, qui avait fait dominer l’influence perse dans le nouvel empire, les mages de Médie profitèrent de l’expédition de Cambyse en Egypte pour essayer de s’emparer du pouvoir, et ils y réussirent quelque temps en mettant sur le trône le faux Smerdis: or, ce fut précisément pour éliminer l’influence de la race mède que les seigneurs persans firent une révolution, massacrèrent les mages et leurs partisans, et donnèrent la couronne à Darius, fils d’Hystape, de sang perse. Enfin, Darius n’eut jamais une royauté particulière à Babylone: quand il reçut la couronne, ce fut pour régner comme successeur légitime de Cyrus et de Cambyse, ce fut pour être chef du grand empire persan, roi tout à la fois de la Perse proprement dite, de la Médie, de la Lydie, de la Chaldée, de la Bactriane et de l’Egypte.

Après la bonne histoire de Balthazar, Daniel raconte (ch. 6) que Darius, ayant divisé son royaume de Chaldée en cent vingt satrapies, mit au-dessus des cent vingt satrapes trois gouverneurs, et qu’il était, lui Daniel, le plus important des trois; les autres gouverneurs et les cent vingt satrapes, jaloux de cette immense autorité donnée à un juif, conspirèrent dès lors sa perte. Pour cela, ils imaginèrent de faire décréter par Darius que, pendant trente jours, la personne royale serait adorée et priée, à l’exclusion de tout dieu. Naturellement, Daniel ne tint pas compte de ce décret, et il continua à adresser ses prières à Jéhovah. Or, lorsque Darius reçut la dénonciation contre son premier ministre, pour lequel il avait une grande affection, il comprit que ses conseillers l’avaient fait tomber dans un piège; mais, sa parole royale étant engagée, il donna ordre de descendre Daniel dans une fosse remplie de lions. Toutefois, Darius, quoique d’abord dévot aux dieux de son pays, eut une certaine confiance en Jéhovah,

«Darius ayant commandé qu’on jetât Daniel dans la fosse aux lions, lui dit: Ton Dieu, que tu sers sans cesse, est celui qui te délivrera. Et l’on apporta une pierre qui fut mise sur l’ouverture de la fosse, et le roi la scella de son anneau et de l’anneau des principaux seigneurs. Puis, Darius s’en alla dans son palais; il passa la soirée sans souper, ne fit point venir ses musiciens, et même il ne put dormir de toute la nuit. Le lendemain, au point du jour, le roi se leva et se rendit en toute hâte vers la fosse aux lions; arrivé là, il appela Daniel d’une voix triste, en ces termes: Daniel, serviteur du Dieu vivant, ton Dieu t’aurait-il délivré des lions? Alors, Daniel dit au roi: O roi, vis à jamais! Mon Dieu a envoyé son ange, qui a fermé la gueule des lions, et ils ne m’ont fait aucun mal. Darius fut transporté de joie en entendant ces paroles; il fit retirer Daniel de la fosse, et tout le monde vit bien qu’il n’avait aucune blessure. Aussitôt, par ordre du roi, tous ceux qui avaient accusé Daniel furent jetés dans la fosse aux lions, ainsi que leurs femmes et leurs enfants, et ils furent dévorés par les lions avant même d’avoir touché le pavé de la fosse. Alors, le roi Darius écrivit une lettre qu’il envoya à tous les rois de la terre, et cette lettre était ainsi rédigée: A tous les peuples et nations de toutes langues qui habitent sur la terre. Que la paix soit avec vous! Je vous écris pour vous faire savoir que je viens de publier, dans toute l’étendue de mon royaume, un édit ordonnant que désormais tous mes sujets honorent et craignent le Dieu de Daniel, car il est le Dieu vivant et le seul éternel, et sa toute-puissance dominera le ciel et la terre jusqu’à la fin des temps.» (6:16-26)

Il faut vraiment que le peuple juif ait été tenu par ses chefs dans l’ignorance la plus complète de ce qui se passait chez les autres peuples, il faut aussi que les lévites qui écrivaient pour lui ces livres sacrés aient eu un toupet phénoménal, pour qu’on trouve dans la Bible des affirmations d’une telle audace, en contradiction si flagrante avec l’histoire. La conversion de Darius à Jéhovah! le judaïsme proclamé religion d’état par édit de Darius! et cet événement politico-religieux de la plus grande importance, porté par lettres royales à la connaissance de tous les peuples! aurait-on pu rêver un mensonge aussi impudent? croirait-on qu’il ait été possible, si la Bible n’avait pas été conservée?… Darius, adorateur de Sabaoth-Jéhovah-Adonaï, lui qui participa, avec ses richesses, à l’érection du temple de Diane à Éphèse; car ce fameux sanctuaire païen, commencé vers l’an 620 avant l’ère chrétienne et termine deux-cent vingt ans après, fut élevé aux frais communs de tous les états de l’Asie occidentale (Pline)… En revanche, Daniel, ce prétendu premier ministre de Darius, ne dit, dans ses quatorze chapitres, pas un seul mot de la guerre que Darius fit aux Grecs; cette guerre formidable, Daniel n’en a jamais entendu parler! il ignore même la bataille de Marathon!…

Les chapitres 7 à 12 du livre de Daniel sont consacrés à des songes que l’écrivain prétend avoir eus et à des prophéties. Ecrites par un auteur sincère, ces rêveries n’auraient déjà aucune valeur; sous la plume du fumiste qui a raconté imperturbablement qu’il avait été gouverneur de la province de Babylone sous Nabuchodonosor et, plus tard, premier ministre de Darius, ces prétendues prophéties et visions n’ont pas même l’attrait de la curiosité qui peut s’attacher parfois aux visions extravagantes d’un fou. Que peut nous importer que Daniel ait vu ou non en rêve un lion avec des ailes d’aigle, un ours dont la gueule était remarquable par trois immenses crocs, un léopard à quatre tètes ayant sur le dos quatre ailes d’oiseau, une bête d’une forme indescriptible avec dix cornes et des dents de fer? Que peut nous importer que cet effronté blagueur annonce une résurrection générale, qui aura lieu, dit-il, dans un temps, plus des temps, plus la moitié d’un temps? Tout cela a la même portée que les calembredaines débitées par la première tireuse de cartes venue. On ne peut, en lisant ces pages idiotes, que prendre en aversion les prêtres qui y recourent pour abrutir les fidèles, et prendre en pitié ceux dont la bêtise incommensurable accepte comme des inspirations merveilleuses ces ridicules stupidités.

Le chapitre 13 expose comment Daniel sauva la vie d’une vertueuse femme que deux vieux coquins avaient fait condamner à mort, et comment la calomnie des accusateurs fut démontrée et les fit exécuter à la place de leur victime. La scène se passe à Babylone, au temps de la captivité. L’héroïne est une certaine Suzanne, femme d’un juif nommé Joachim.

Cette Suzanne était très belle et non moins fidèle à son mari. Deux vieux magistrats, qui venaient parfois dire bonjour à son mari, conçurent pour elle une vive passion.

«Ils avaient honte de déclarer l’un à l’autre l’envie qu’ils avaient de coucher avec Suzanne; mais ils cherchaient avec soin, tous les jours, les moyens de la surprendre.» (13:11-12)

Un hasard les obligea à se faire un jour la confidence mutuelle de leur coupable amour; ils résolurent, dès lors, de manœuvrer d’accord pour contraindre Suzanne à leur céder. C’est ainsi qu’ils se cachèrent dans le jardin où elle venait quelquefois se baigner; ils attendirent qu’elle fût nue, après avoir renvoyé ses servantes; alors, se montrant soudain, ils exigèrent sa soumission à leurs impurs désirs, la menaçant de dire qu’ils l’avaient trouvée avec un amant, si elle leur résistait. Suzanne pleura, mais résista. Les deux vieux juges crièrent, ameutèrent les gens de la maison, les voisins, et se démenèrent tant et si bien, qu’une assemblée du peuple fut convoquée pour se tenir le lendemain devant la maison de Joachim.

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