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La Bible amusante

Электронная книга - «La Bible amusante». Краткое содержание книги:

Donnant les citations textuelles de l’écriture sainte et reproduisant toutes les réfutations opposées par Voltaire, Fréret, lord Bolingbroke, Toland & autres critiques.
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C’est en ce temps-là que Nabuchodonosor envahit pour la première fois la Judée, afin de châtier le roi Joachim, fils de Josias, qui avait pris parti pour Néchao contre les Assyriens; Jérusalem se rachète, mais une partie du peuple est emmenée à Babylone; c’est le commencement des soixante-dix ans de captivité, et dès lors la royauté de Juda ne durera plus que dix-neuf ans. Ainsi, les faits de cette première invasion de Nabuchodonosor en Judée, faits reconnus par le second livre des Rois (ch. 24), ne concordent aucunement avec ce que la Bible nous raconte d’autre part au sujet de Judith. Si l’épisode d’Holopherne se plaçait à cette époque, il est hors de doute que Nabuchodonosor en aurait tiré vengeance, lors de cette première invasion victorieuse.

Les faits historiques qui suivent ne concordent pas mieux. En 601, malgré les avertissements de Jérémie, qui sentait que le royaume de Juda allait bientôt finir piteusement comme celui d’Israël, Joachim cesse de payer tribut à Nabuchodonosor; c’est une révolte du roitelet juif.

Est-ce alors qu’il faut placer l’expédition d’Holopherne? Non; car les armes israélites ne brillent guère en ces années-là! Après quatre années de dévastation du territoire juif par les Assyriens, Nabuchodonosor entre dans Jérusalem (c’est la deuxième prise de la ville sainte par les armées de Babylone), fait mourir Joachim et le remplace par son fils, nommé également Joachim, dit Jéchonias. Mais, au bout de trois mois, Nabuchodonosor se ravise; Joachim-Jéchonias est mis au nombre des captifs que les Assyriens emmènent à Babylone, après avoir pillé le temple; c’est Mathaniàs, oncle maternel de Jéchonias, que le vainqueur établit roi de Juda en remplacement du jeune prince détrôné et prisonnier, et Nabuchodonosor change le nom du nouveau roi en celui de Sédécias (597). Ce n’est pas encore à cette époque qu’il convient de placer le glorieux épisode de Judith, n’est-ce pas?

Impossible de le placer non plus dans les neuf années qui suivent, années de désolation en Judée, années pendant lesquelles le joug assyrien pèse plus durement que jamais sur les débris de la population israëlite, laissés à Jérusalem et autres villes des deux tribus de Juda et Benjamin. Enfin, en 388, le pharaon Apriès, après une guerre heureuse contre les Tyriens, pousse Sédécias à secouer le joug de Babylone; Apriès est vaincu en Egypte même, et, au retour de son expédition triomphante, Nabuchodonosor va mettre le siège devant Jérusalem pour la troisième fois. L’exploit de Judith ne s’est évidemment pas accompli à ce moment-là, puisque la victoire fut de nouveau aux ennemis d’Israël. C’est là le siège de dix-huit mois qui se termina par la prise de Jérusalem et la fin du royaume de Juda (587), les Assyriens étant entrés par la brèche dans la cité de David, en la nuit du 9 au 10 juillet; le temple et le palais sont détruits, les édifices publics et les maisons des particuliers sont incendiés, les remparts sont démolis; toute la famille royale est massacrée, sauf Sédécias qui, enchaîné et les yeux crevés, est emmené en captivité à Babylone avec les derniers Juifs.

Donc, de 606 à 587, Nabuchodonosor n’a cessé d’ être le fléau de la Judée; c’est uniquement pendant cette période de temps que ses armées sont venues sur le territoire hébreu, et toujours elles ont été victorieuses, soit sous les ordres de ses généraux, soit qu’il les ait commandées en personne; cela est expressément reconnu dans le livre biblique des Rois. Donc, étant donné que le livre de Judith expose le prétendu exploit de l’héroïne en l’affirmant accompli contre un général de Nabuchodonosor, étant donné que l’Assyrie n’a pas eu d’autre roi du nom de Nébukadnezzar (Nabuchodonosor), le livre de Judith, depuis sa première ligne jusqu’à la dernière, est un audacieux mensonge; et Voltaire a eu raison de dire que l’époque assignée par les théologiens à l’existence de Judith est précisément l’époque des plus grands désastres de la nation juive.

«Quelques partisans de Judith, continue Voltaire, ont soutenu qu’il y avait quelque chose de vrai dans son aventure, puisque les Juifs célébraient tous les ans la fête de cette prodigieuse femme. On leur a répondu que, quand même les Juifs auraient institué douze fêtes par an en l’honneur de sainte Judith, cela ne prouverait rien.

Les Grecs auraient eu beau célébrer la fête du cheval de Troie, il n’en serait pas moins faux et moins ridicule que Troie eût été prise par ce grand cheval de bois. Presque toutes les fêtes des Grecs et des anciens Romains célébraient des aventures fabuleuses. Castor et Pollux n’étaient certainement pas venus du ciel et des enfers pour se mettre à la tête d’une armée romaine, et cependant on fêtait ce beau miracle. On fêtait la vestale Sylvia, à qui le dieu Mars fit deux enfants (Romulus et Rémus) pendant son sommeil, lorsque les Latins ne connaissaient encore ni le dieu Mars, ni les vestales. Chaque fable avait sa fête à Rome comme dans Athènes. Chaque monument avait été édifié pour consacrer une imposture. Plus ils étaient sacrés et plus il est sûr qu’ils étaient ridicules.

Et, sans chercher des exemples trop loin, n’avons-nous pas encore, dans l’Eglise grecque, la fable des Sept Dormants, et, dans l’Eglise romaine, la fable des Onze mille Vierges? Y a-t-il rien de plus célèbre dans notre Occident que l’Epiphanie et ces trois rois Gaspard, Melchior et Balthazar, qui viennent à pied des extrémités de l’Orient au village de Bethléem, conduits par une étoile? On peut en dire autant de Judith et d’Holopherne.

Mais il y a une réponse encore meilleure à faire: c’est qu’il est faux que jamais les Juifs aient eu la fête de Judith. C’est un faussaire, un moine dominicain nommé Jean Nanni, connu sous le nom d’Annius de Viterbe, qui fit imprimer, au 16e siècle, de prétendus ouvrages de Philon et de Bérose, dans lesquels cette prétendue fête est supposée. C’est ainsi que se sont établies mille opinions: plus elles étaient ridicules et plus elles ont eu de vogue. Les Mille et une Nuits régnent dans le monde.»

15. Pendant et après la captivité

Les livres de prophéties, — Isaïe et Jérémie, par exemple, — n’offrent aucun intérêt dans l’examen qui nous occupe. Si on les considère au point de vue des faits annoncés, on remarque que les événements, dès qu’ils sont indiqués avec précision, sont exclusivement de ceux qui ont pu être relatés après coup; ces narrations, censément écrites à l’avance, font double emploi avec d’autres passages de la Bible. Quant à la généralité de ces prophéties, elles sont surtout aussi vagues que possible; ce qui permet aux prêtres de les interpréter à leur guise, et même de varier leurs interprétations au gré de leurs intérêts et selon la marche des événements. Nous ne nous attarderons pas à ces divagations; ce serait faire perdre au lecteur son temps, exactement comme si nous entreprenions de commenter les Psaumes de David, qui font également partie de la Bible.

Nous terminerons donc cet ouvrage en groupant dans un dernier chapitre tous les épisodes, affirmés véridiques par l’Église, qui constituent plus ou moins dogmatiquement l’histoire du peuple hébreu depuis la destruction du temple par Nabuchodonosor jusqu’à la naissance de Jésus-Christ; car telle est, pour les chrétiens, la fin de l’Ancien Testament. Le lecteur aura ainsi un choix des morceaux les plus curieux et les plus singuliers, en commençant par Daniel, dont les aventures sont du temps de Nabuchodonosor et de ses successeurs.

Le livre de Daniel débute en nous apprenant que le roi Nabuchodonosor fit élever à Babylone, parmi ses eunuques, quatre jeunes juifs de noble race, choisis parmi les plus beaux de visage. Asphénez, chef des eunuques, confia à Meltsar, sous-chef eunuque, ces quatre adolescents: Daniel, Sidrach, Misach et Abdénago. Il n’est pas dit expressément qu’on les châtra; mais cela ressort assez bien du texte. Quoi qu’il en soit, cette éducation profita admirablement aux jeunes gens, et Nabuchodonosor, leur ayant fait passer un examen, reconnut qu’ils étaient dix fois plus intelligents et savants que tous les devins et astrologues de son royaume (ch. 1).

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