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La Bible amusante

Электронная книга - «La Bible amusante». Краткое содержание книги:

Donnant les citations textuelles de l’écriture sainte et reproduisant toutes les réfutations opposées par Voltaire, Fréret, lord Bolingbroke, Toland & autres critiques.
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Mais quelle conclusion tirer des passages de ce genre, si multipliés dans la Bible, sinon que le peuple de Dieu fut un peuple de paillards, ne reculant devant aucune impudicité, en même temps qu’un peuple de splendides ivrognes, si nous devons en croire ces paroles de Joël, autre prophète sacré: «Ivrognes, réveillez-vous et pleurez, et vous tous qui buvez le vin, hurlez à cause de cette liqueur qui sort de la vendange; car je vais en priver désormais votre bouche.» (Joël 1:5)

Le livre d’Esther entre dans la catégorie des ouvrages écrits indubitablement pour panser les blessures de l’amour-propre juif. Nous ayons vu que Daniel a eu l’aplomb d’écrire qu’il avait été le premier ministre Darius, à qui il donnait pour père un prétendu Assuérus; quelque autre lévite, d’un toupet non moins formidable, a eu l’aplomb d’écrire l’histoire de cet Assuérus, de ce mythe, d’en faire un monarque, dont le royaume, ayant pour capitale Suse, comprenait cent vingt-sept provinces et s’étendait de l’Inde à l’Ethiopie, et de lui faire épouser une juive.

D’après la Bible, donc, en la troisième année de son règne, cet Assuérus, inconnu des historiens, donna un incomparable festin, qui dura cent quatre-vingts jours (Esther 1:4). Sur la fin du repas, le monarque invita tout le peuple de Suse pendant sept jours, depuis le plus riche jusqu’au plus pauvre (v. 5). Or, le septième jour du banquet populaire, le roi, étant plus gai que de coutume, à cause du vin qu’il avait bu, commanda à ses eunuques

«d’amener Vasthi, la reine, devant lui, toute nue, avec la couronne royale, pour faire voir sa beauté aux seigneurs et au peuple; car elle était belle.» (v. 11)

Mais la reine Vasthi refusa. Le roi, transporté de fureur, consulta sept sages; en suite de quoi, Vasthi fut répudiée, et par un édit son diadème fut promis à la plus jolie pucelle qui plairait au roi. Sous la garde d’Hégaï, eunuque en chef, on réunit ainsi un grand nombre dé jeunes filles; chacune, à tour de, rôle, devait passer une nuit à l’essai dans le lit de Sa Majesté.

«Or, il y avait à Suse un juif nommé Mardochée, fils de Jaïr, de la tribu de Benjamin, qui avait été transporté de Jérusalem avec les prisonniers qu’emmena Nabuchodonosor, lorsqu’il captura Jéchonias. Mardochée élevait sa jeune nièce Adassa, orpheline de père et de mère; il la traitait comme sa propre fille, et il l’appela Esther. C’est sous ce nom qu’il la fit entrer au sérail d’Assuérus; car elle était très belle. Esther, suivant la recommandation de son oncle, ne déclara pas qu’elle était juive. Et elle fut de celles qui plurent au roi, dès le premier coup d’œil; c’est pourquoi le roi lui fit faire tout ce qu’il fallait pour la préparer, en attendant que son tour vînt de coucher dans le lit royal. Toute jeune fille destinée à entrer au lit d’Assuérus devait, pendant six mois, se frotter avec de l’huile de myrrhe, et, pendant six autres mois, des plantes aromatiques. Alors, elle était remise entre les mains du roi, après avoir reçu tout ce qu’elle demandait. Elle entrait au palais le soir, et, sur le matin, elle retournait dans le second sérail, sa nouvelle demeure, sous la conduite du prince eunuque Schahagas, gardien des concubines; mais, dès lors, elle ne retournait plus au palais d’Assuérus, à moins que le roi ne désirât encore coucher avec elle et qu’elle fût appelée nommément. Quand le tour d’Esther fut venu, elle ne demanda que ce qu’Hégàï lui conseilla de demander. Ainsi, elle fut définitivement conduite à Assuérus, en son palais royal, dans le dixième mois de la septième année de son règne. Et le roi aima plus Esther que toutes les autres pucelles qu’il avait essayées auparavant; elle gagna ses bonnes grâces et sut être plus agréable que toutes; il mit donc le diadème sur sa tête et la proclama reine à la place de Vasthi.» (2:5-17).

Quelque temps après, Assuérus eut pour premier ministre Aman, fils d’Amadath, de la race d’Agag. Or, Aman, très orgueilleux, voulait que tout le monde s’agenouillât devant lui; seul, Mardochée osa résister à cet ordre. Furieux, le ministre obtint du roi un édit ordonnant le massacre de tous les juifs; malgré tout son esprit subtil, Aman n’avait pas trouvé un autre moyen d’atteindre Mardochée. Mais, tandis qu’on expédiait l’édit de mort à tous les gouvernements des provinces, Mardochée prévint Esther, et celle-ci se rendit auprès du roi, sans attendre d’être appelée; ce qui était très grave. Quiconque s’approchait du roi, sans avoir été demandé, était par ce fait condamné à mort, à moins que le roi ne lui tendît son sceptre d’or en signe de pardon de sa témérité. Esther risqua le coup; Assuérus, étonné, mais aussitôt charmé, tendit son sceptre à l’aimable reine, et lui demanda ce qu’elle désirait, lui offrant même la moitié de son royaume. Esther pria le roi de vouloir bien venir dîner chez elle, en se faisant accompagner d’Aman.

Le dîner eut lieu, et Assuérus, fort intrigué, réitéra, au dessert, son offre de partage du royaume. Esther la déclina, mais pria son royal époux de lui faire encore l’honneur de dîner chez elle, le lendemain, toujours avec Aman. Celui-ci fut tellement fier d’être honoré à ce point par la reine, qu’il s’en flatta auprès de Zérès, sa femme, et de tous ses amis; mais, comme néanmoins l’indépendance de Mardochée le mortifiait plus que jamais, il fit faire une potence haute de cinquante coudées, en se promettant bien qu’on y accrocherait le détesté juif, dont il ignorait la parenté avec la reine (ch. 3, 4, 5).

Cependant, Assuérus, ne pouvant dormir cette nuit-là, se fit lire, pour se distraire, les annales de son règne; il eut ainsi l’occasion d’apprendre que deux de ses eunuques, nommés Bigthan et Thérès, avaient formé, dans un temps déjà assez lointain, le projet de l’assassiner, mais que ce complot avait été révélé aux autorités par un certain Mardochée, qui avait ainsi préservé sa royale existence. Assuérus demanda quelle récompense ce Mardochée avait reçue. Aucune, lui répondit-on. C’est pourquoi, dès le matin, quand Aman se présenta chez le souverain, celui-ci lui dit: Aman, conseille-moi; que faudrait-il faire à un homme que le roi voudrait honorer d’une façon tout à fait extraordinaire? Aman, s’imaginant que c’était de lui qu’il s’agissait, répondit: Roi, il faut revêtir cet homme de votre manteau royal, lui mettre votre couronné, le faire monter sur votre cheval; il faut ensuite que cet homme soit promené ainsi par les rues de votre capitale, le cheval étant tenu par la bride par l’un des plus grands seigneurs du royaume, lequel criera au peuple: Voici l’homme que le roi veut qu’on honore à jamais dans son royaume! Alors le roi lui dit: Tu as raison; or donc, va auprès d’un certain Mardochée, et promène-le par toute la ville comme tu viens de dire. Aman dut s’exécuter, on pense s’il le fit à contre-cœur! (ch. 6).

Le soir, la reine Esther donna son second dîner à Assuérus, accompagné d’Aman; mais le ministre n’était plus si pimpant que la veille. Pour la troisième fois, Assuérus offrit à Esther de lui accorder tout ce qu’elle désirerait, fût-ce la moitié de son royaume. La reine lui répondit: O roi, accorde-moi que je vive et que ceux de ma race ne soient pas exterminés!

Assuérus, qui avait épousé Esther sans savoir de quelle race elle était, devint alors fort perplexe. Que signifie ceci? pensa-t-il. Et lorsque la reine lui eut affirmé qu’un ennemi de sa race avait machiné une extermination générale et que c’était pour cela qu’elle implorait la souveraine clémence, Assuérus, n’y comprenant rien, s’écria: Qui est et où est cet homme qui a eu l’audace de machiner l’extermination de la race à laquelle appartient la reine Esther, qui m’est si chère? Esther de répondre: Cet ennemi, l’oppresseur de ma race, c’est ce méchant Aman, ici présent.

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