La Bible amusante
- Автор: Таксиль Лео
- Год: 1904
- Язык: французский
- Жанр: Прочее юмористическое
Электронная книга - «La Bible amusante». Краткое содержание книги:
«Or, il y avait aussi à Babylone un grand dragon, et les Babyloniens l’adoraient.» (v. 22)
Cyrus dit à Danieclass="underline" Ce monstre n’est pas une idole de matière; il est bien vivant, lui; par conséquent, il est dieu. Daniel demanda au roi de lui accorder simplement la permission de combattre ce dragon sans épée et sans bâton. Cyrus y ayant consenti,
«Daniel prit de la poix, de la graisse et de la bourre, qu’il fit cuire ensemble, et il en fit des tourteaux qu’il jeta dans la gueule du dragon, et le dragon creva.» (v. 26)
Le peuple s’étant montré mécontent de la mort du dragon, Cyrus, pour apaiser l’émeute déjà grondante, fit jeter Daniel dans la fameuse fosse aux lions. Cyrus et les Babyloniens auraient dû savoir que Daniel ne serait pas dévoré, puisque l’aventure avait déjà eu une première édition; mais l’auteur sacré s’empêtre ici dans ses mensonges de la façon la plus comique. La première fois qu’il met Daniel dans la fosse aux lions, c’est du temps de Darius, et ce roi ne l’y laisse qu’une nuit. Cette fois, Daniel passe six jours et six nuits au milieu des fauves; car il faut que le second miracle soit plus éclatant encore que le premier.
«Or, il y avait dans la fosse sept lions, et tous les jours auparavant on leur donnait deux cadavres et deux brebis; mais alors on ne leur donna rien, afin qu’ils dévorassent Daniel.» (v. 31)
Ce coup-ci, il va donc falloir non seulement que Dieu préserve son prophète des griffes et des dents des lions, mais aussi qu’il le nourrisse. De cette façon, le miracle ne laissera rien à désirer. La suite de l’épisode est donc plus admirable que tout ce qu’on a lu jusqu’à présent.
«Or, un prophète nommé Habacuc était resté en Judée; et, un jour qu’il s’apprêtait à aller porter à des moissonneurs dans les champs une soupe de pain qu’il avait cuite et qu’il tenait dans un vase, un ange lui apparut et lui dit: Habacuc, va porter à Babylone ce dîner à Daniel, qui est dans la fosse aux lions. Habacuc répondit: Seigneur, je ne vis jamais Babylone, et j’ignore où est cette fosse. Alors l’ange prit Habacuc par le sommet de la tête, et, en le tenant par les cheveux, le transporta jusqu’à Babylone, au-dessus de la fosse. Là, Habacuc cria: Daniel, Daniel, voici le dîner que Dieu t’envoie. Ainsi, Daniel mangea. Puis, l’ange du Seigneur retransporta de nouveau Habacuc à l’endroit où il l’avait pris. Et au septième jour le roi Cyrus vint pour pleurer Daniel; il vint à la fosse et regarda dedans, et il vit que Daniel était bien vivant, tranquillement assis au milieu des lions.» (14:32-39).
Bien entendu, Cyrus, imitant Darius, fit retirer Daniel de la fosse et commanda d’y précipiter ses ennemis, lesquels furent immédiatement dévorés. Le miracle de la fosse aux lions de Cyrus enfonce donc dans le sixième dessous le miracle de la fosse aux lions de Darius; mais il y a une petite difficulté que soulèvent les critiques: c’est que Darius monta sur le trône neuf ans après la mort de Cyrus; en dictant ses blagues à l’écrivain lévite, l’Esprit-Saint a oublié sa chronologie, s’y est embrouillé, et, comme un vrai hanneton, a tout bêtement interverti l’ordre de succession de ces deux rois!
Ezéchiel est, avec Isaïe, Jérémie et Daniel, un des quatre grands prophètes; il écrit ses prophéties, aux bords du fleuve Kébar (?), où il était captif. Si Daniel est un fumiste, par contre, Ezéchiel produit l’effet d’un fou; son livre, en quarante-huit chapitres, est une longue suite de divagations. Il raconte, notamment qu’il a vu (pas en rêve) quatre animaux ayant chacun un corps d’homme, quatre ailes, des pieds de veau, et quatre faces, d’homme, de bœuf, de lion et d’aigle; leur aspect était celui d’un animal tout en feu; ils allaient et venaient; à côté d’eux, couraient des roues d’une hauteur immense et remplies d’yeux (ch. 1). Cette description donne une idée du détraquement cérébral du personnage.
Ce prophète raconte ce qu’il a fait, par ordre de Dieu. Un jour, il a mangé un livre sur lequel étaient écrites des lamentations et des malédictions (ch. 2). Quelque temps après, il s’est couché pendant trois cent quatre-vingt-dix jours sur le côté gauche, en expiation des iniquités du royaume d’Israël, et ensuite pendant quarante jours sur le côté droit, en expiation des péchés du royaume de Juda (ch. 4). En outre, tout le temps que dura cette double expiation, Ezéchiel mangea du caca en tartine, à son déjeuner. C’est Jéhovah en personne qui lui avait ordonné cette mortification:
«En présence des enfants d’Israël, eux le voyant, tu mangeras chaque matin des excréments d’homme étendus sur des gâteaux d’orge, que tu auras fait cuire.» (v. 12)
Cependant, cette nourriture ayant dégoûté le prophète, Dieu consentit à un changement:
«Je te permets la fiente de bœuf, au lieu de la merde d’homme, et tu feras cuire ton pain avec cette fiente.» (v. 15)
Dans une autre circonstance, étant dans une maison et voulant s’en aller, Ezéchiel, au lieu de passer par la porte, comme tout le monde, lit un trou dans la muraille et déménagea par ce trou avec ses habits et ses provisions (12:7).
Au chapitre 37, Ezéchiel narre que, se promenant dans une campagne pleine d’ossements desséchés, il les anima en leur faisant un discours.
Mais, de tous les passages d’Ezéchiel, celui qui a excité le plus de murmures parmi les critiques, et qui a le plus embarrassé les théologiens, est l’apologue d’Ahola et Aholiba, les deux sœurs prostituées. Sous prétexte de flétrir le manque de foi d’Israël et l’indifférence religieuse de Juda à certaines époques, Ezéchiel fait parler Jéhovah dans les termes de la plus dégoûtante obscénité:
«Mon cœur s’est détaché d’Aholiba, comme il s’était détaché de sa sœur Ahola; car elle a multiplié ses adultères, jusqu’à rappeler le souvenir de sa jeunesse où elle se prostituait en Egypte; et elle s’est attachée de préférence aux débauchés dont le membre est gros comme celui des ânes et dont l’éjaculation est puissante comme celle des chevaux.» (23:18-20)
Voilà les honteuses comparaisons que l’on trouve dans la Bible, sous prétexte d’apologue, dont, au dire des prêtres, il faut admirer le sens mystique. Du mysticisme? Quelle moquerie! Pour exprimer que les deux royaumes d’Israël et de Juda avaient manqué de piété envers Jéhovah, était-il donc nécessaire d’écrire de telles cochonneries?…
Un autre prophète qui se délecte dans les malpropretés, c’est Osée, dont les récits se rapportent à des faits vécus, et qui, tout en prétendant avoir des visions de Jéhovah, les complète par des actes passablement répugnants.
Cet Osée, né chez les Samaritains, s’attacha néanmoins au culte de Jérusalem. La Bible le cite comme un modèle d’obéissance à Dieu; mais quels étranges ordres Dieu lui donne!…
«Lorsque l’Éternel commença à parler à Osée, il lui dit: Prends pour femme une prostituée, et fornique avec elle, de manière à avoir d’elle des enfants de prostituée.» (1:2)
C’est ainsi que notre homme se justifie d’avoir épousé une femme de mauvaise vie. S’il faut en croire ce prophète, Dieu lui enjoignit plus tard de coucher avec la femme d’un de ses amis, mais à la condition toutefois qu’elle ait déjà trompé son mari:
«L’Éternel me dit: Va encore aimer une femme aimée de son époux, mais s’étant livrée à l’adultère; car c’est ainsi que Jéhovah aime les enfants d’Israël, lesquels pourtant, honorent d’autres dieux et se réjouissent à boire des flacons de vin. Pour obéir à Dieu, j’entrai donc en cette femme, après lui avoir donné quinze pièces d’argent et un boisseau et demi d’orge. Et je dis à celte femme: Nous habiterons ensemble pendant plusieurs jours; tu ne coucheras avec aucun autre que moi; et je te promets de t’être fidèle.» (3:1-3).