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La Bible amusante

Электронная книга - «La Bible amusante». Краткое содержание книги:

Donnant les citations textuelles de l’écriture sainte et reproduisant toutes les réfutations opposées par Voltaire, Fréret, lord Bolingbroke, Toland & autres critiques.
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«Revenu à Ninive, un jour qu’il avait employé son temps à ensevelir des morts, il s’endormit au pied d’un mur;» un homme assez riche pour prêter cinquante mille francs dans Ragès aurait bien dû avoir au moins une chambre à coucher dans Ninive.

«Mais Tobie ne s’aperçut point qu’il y avait des passereaux perchés sur la muraille, lesquels fientèrent tout chaudement dans ses yeux, et il en devint aveugle.» (2:9-10)

Les critiques naturalistes disent que la merde de moineau ne peut rendre personne aveugle, et qu’on en est quitte pour se laver sur-le-champ.

«En ce même jour Sara, fille de Raguël, qui habitait Ecbatane, ville de Médie, fut outragée par les servantes de son père. Sara avait été donnée en mariage à sept maris; mais un esprit malin (ici les traducteurs catholiques mettent: un diable), nommé Asmodée, les avait tués chaque fois, au moment où ils allaient coïter avec elle. Les servantes lui disaient donc: Tu as étouffé tes sept maris, l’un après l’autre, et tu n’as porté le nom d’aucun. Et maintenant tu nous bats. Va-t’en rejoindre tes maris!… Ayant entendu cela, Sara fut fort contristée, jusqu’à vouloir s’étrangler. Mais elle pria Jéhovah, en lui criant par la fenêtre: Seigneur, retire-moi de la terre, afin que je n’entende plus de tels reproches! Tu sais que je suis pure et que je n’ai point souillé mon nom ni le nom de mon père, au pays où je suis captive. Je suis fille unique, et il n’y a aucun de nos proches parents à qui je me réserve pour emme; déjà il m’en est mort sept; qu’ai-je plus à faire de vivre? Mais, si tu ne juges pas bon de me faire mourir, aie pitié de moi et ordonne que je n’aie plus d’opprobre.» (3:7-15)

Jamais les Juifs, jusqu’alors, remarquent les critiques, n’avaient entendu parler d’aucun diable ni d’aucune sorte de démons; les bons et les mauvais génies avaient été imaginés en Perse, dans la religion de Zoroastre, qui enseigne l’existence de deux dieux égaux en puissance, l’un, Ormuzd, principe du bien; l’autre, Ahrimane, principe du mal, chacun ayant sous ses ordres une armée d’esprits, les uns bienfaisants, les autres malfaisants. De la Perse, ces génies passèrent en Chaldée et s’établirent enfin en Grèce, où Platon donna libéralement à chaque homme son bon et son mauvais démon. Schamaddaï, que l’on traduit par Asmodée, était un des principaux diables. Le bénédictin dom Calmet, dans son commentaire sur Asmodée, dit «qu’on sait qu’il y a plusieurs catégories de diables, les uns princes et maîtres démons, les autres subalternes et assujettis». Tout concourt donc à prouver, dans les divers livres qui composent la Bible, que les Juifs ne furent jamais qu’imitateurs, qu’ils prirent tous leurs rites, les uns après les autres, chez leurs voisins et chez leurs maîtres, et non seulement leurs rites, mais tous leurs contes. C’est ainsi qu’au retour de leur captivité chez les Mèdes et les Assyriens, ils rapportèrent les croyances perses et chaldéennes et les ajoutèrent à leurs dogmes.

Les termes dont se sert l’auteur du livre de Tobie insinuent qu’Asmodée était amoureux et jaloux de Sara. Cette idée est conforme à l’ancienne doctrine des génies, des sylphes, des anges, des dieux de l’antiquité; tous ont été amoureux de nos filles. Nous avons déjà vu, dans la Genèse, les fils ou anges de Dieu amoureux des filles des hommes et leur faire des enfants géants (pages 76 et suivantes). La fable a dominé partout. — Ce n’est point ici le lieu de répéter ce que les théologiens ont dit des démons incubes et succubes; des hommes miraculeux, nés de ces copulations chimériques; de tous les différents diables entrant dans les corps des garçons et des filles en cent manières diverses; des moyens de les faire venir et de les chasser; enfin, de toutes les superstitions de cette espèce dont la fourberie s’est servie dans tous les temps pour tromper l’imbécillité. Cela nous mènerait trop loin. Cette étude est réservée à l’ouvrage que je prépare sous le titre les Cocasseries de la Foi.

«Or, la prière de Tobie et celle de Sara furent entendues devant la gloire du grand Dieu; et Raphaël fut envoyé pour guérir Tobie des taies qu’il avait sur les yeux et pour donner Sara en mariage à Tobie fils, en liant Asmodée, l’esprit malin, parce que Dieu avait décidé que le droit de la posséder comme femme appartiendrait à Tobie fils.» (3:16-17)

C’est la première fois qu’un ange est nommé dans l’Ecriture sainte. Tous les commentateurs avouent que ces noms sont d’origine chaldéenne: Raphaël, médecin de Dieu; Uriel, feu de Dieu; Jesraël, race de Dieu; Mikaël, semblable à Dieu, Gabriel, l’homme de Dieu. Les anges persans avaient des noms tout différents: Mah, Kur, Dubadur, Bahman, etc. Les Juifs étant esclaves chez les Chaldéens, et non chez les Persans, s’approprièrent donc les anges et les diables des Chaldéens, et se firent une théurgie toute nouvelle, à laquelle ils n’avaient point pensé encore. Ainsi, l’on voit que tout change chez ce peuple, selon qu’il change de maîtres. Quand ils sont asservis aux Cananéens, ils prennent leurs dieux; quand ils sont captifs chez les rois qu’on appelle assyriens, ils prennent leurs anges bienfaisants et malfaisants.

«Un jour, donc, Tobie se souvint de l’argent qu’il avait remisa Gabélus, et il se dit en lui-même: Pourquoi n’appellerai-je pas Tobie mon fils avant que je meure, pour le lui déclarer? Et il l’appela et lui dit: Mon fils, si je meurs, ensevelis-moi, et ne méprise point ta mère.» (4:1-3)

Suit un long discours, qui se termine ainsi:

«Maintenant je te déclare que j’ai prêté dix talents d’argent à Gabélus sur sa promesse, dans Ragès, ville de Médie.» (v. 21)

Puis, Tobie remet à son fils le billet que Gabélus lui a souscrit (5:3) et lui recommande de se trouver un compagnon de voyage (v. 4).

«Alors Tobie fils rencontra un jeune homme très beau, dont la robe était retroussée à la ceinture; c’était Raphaël; mais il ne savait pas avoir affaire à un ange de Dieu. Il le salua et lui dit: Pourrais-je aller avec toi en Médie? connais-tu ce pays? L’ange lui répondit: J’irai avec toi, je connais la route, et même j’ai logé à Ragès, chez Gabélus, notre frère.» (v. 5-8)

Comme cela tombait bien! Tobie fils, enchanté, présenta aussitôt à son père le jeune homme à la robe retroussée. Celui-ci déclara qu’il se nommait Azarias, de la race du grand Ananias (v. 15); justement le vieux Tobie avait connu Ananias, qui était quelque peu son parent. Là-dessus, discussion sur le salaire à accorder au voyageur-protecteur:

«Sera-ce assez d’une drachme par jour, demanda Tobie, avec les choses nécessaires, comme pour mon fils? J’ajouterai quelque chose au salaire, si vous retournez avec une pleine réussite. Et ils se mirent d’accord ainsi.» (v. 20)

Il est assez bizarre que Tobie, qui était juif et habitait alors Ninive, ne compte dans ce récit ni en monnaie juive ni en monnaie mède; car la drachme est une monnaie essentiellement grecque. — Tobie fils se mil donc en route avec le faux Azarias, «et le chien de la maison partit avec eux».

On pense bien que ce voyage ne devait pas se passer sans aventure.

«Comme ils arrivèrent le soir aux bords du Tigre, ils logèrent là. Et le jeune Tobie descendit pour se laver les pieds dans le fleuve; mais voici qu’un poisson énorme sauta hors de l’eau pour le dévorer. Alors, l’ange lui dit: Saisis ce poisson par les ouïes. Tobie le prit donc et le tira dehors sur terre.» (6:1-3)

On se demande ici comment un poisson aussi monstrueux, capable de dévorer un homme, pouvait se laisser si aisément saisir par les ouïes, comme un simple lapin qu’on suspend par les oreilles. Mais les théologiens ne sont pas embarrassés pour si peu. Il est évident qu’il n’existe pas de tels poissons d’eau douce; aussi, ce poisson terrible avait été placé là exceptionnellement par Jéhovah; il avait été créé tout exprès pour les besoins de la cause; c’était une mise en scène divine, et il est donc inutile de rechercher l’espèce à laquelle appartenait ce monstre aquatique. — L’ange dit ensuite au jeune Tobie de fendre le poisson et de mettre à part le cœur, le foie et le fiel. Cette opération faite, le poisson fut rôti et les deux compagnons s’en nourrirent jusqu’à Ecbatane.

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