Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Научная фантастика » Julian [Julian Comstock: A Story of 22-nd Century America - fr]
Julian [Julian Comstock: A Story of 22-nd Century America - fr] - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Julian [Julian Comstock: A Story of 22-nd Century America - fr]

Электронная книга - «Julian [Julian Comstock: A Story of 22-nd Century America - fr]». Краткое содержание книги:

Apostat. Fugitif. Conquérant.
Il s’appelle Julian Comstock ; il est le neveu du président des États-Unis.
Son père, le général Bryce Comstock, a été pendu pour trahison (on murmure qu’il était innocent de ce crime).
Julian est né dans une Amérique à jamais privée de pétrole, une Amérique étendue à soixante états, tenue de main de maître par l’Église du Dominion. Un pays en ruine, exsangue, en guerre au Labrador contre les forces mitteleuropéennes. Un combat acharné pour exploiter les ultimes ressources naturelles nord-américaines.
On le connaît désormais sous le nom de Julian l’agnostique ou (comme son oncle) de Julian le Conquérant.
Ceci est l’histoire de ce qu’il a cru bon et juste, l’histoire de ses victoires et défaites, militaires et politiques.
Fresque post-apocalyptique, western du XXIIe siècle, fulgurant hommage à Mark Twain, Julian est le plus atypique des romans de Robert Charles Wilson. Une réussite majeure et une critique sans concession des politiques environnementales actuelles.
1 ... 125 126 127 128 129 130 131 132 133 ... 150
Перейти на страницу:

Sa vue n’avait pas assez diminué pour l’empêcher de tenir à voir un exemplaire d’Un garçon de l’Ouest sur l’Océan. Je lui en avais bien entendu apporté un, qu’elle a pris avec un soin exagéré et en souriant un peu avant de le ranger en hauteur sur une étagère près des Aventures du capitaine Commongold, que je lui avais aussi expédiées.

Elle m’a dit qu’elle le lirait chapitre par chapitre, l’après-midi, quand la lumière et ses yeux seraient à leur meilleur.

Je lui ai raconté que je n’aurais écrit ni l’un ni l’autre de ces livres si elle n’avait fait preuve d’une telle résolution à m’apprendre à lire… à m’apprendre à aimer la lecture, je veux dire, pas simplement le nom des lettres, comme on l’enseignait le dimanche à la plus grande partie des garçons bailleurs.

« J’ai appris à lire avec ma propre mère, a-t-elle dit. Qui l’a appris de sa mère à elle, et ainsi de suite jusqu’aux Profanes de l’Ancien Temps, à en croire la légende familiale. Nous avons eu un instituteur dans notre famille, il y a longtemps. Peut-être un autre écrivain, aussi… qui sait ? Son analphabétisme était ce qui faisait le plus honte à ton père. Il en souffrait profondément, même s’il ne le montrait pas.

— Tu aurais pu lui apprendre.

— Je lui ai proposé. Il n’a pas voulu. Trop vieux et trop rigide pour ça, qu’il disait toujours. Je pense qu’il avait peur d’échouer.

— J’ai appris à lire à un homme, à l’armée. » Le sourire de ma mère a réapparu quand elle a entendu cela.

Elle avait aussi très envie d’avoir des nouvelles de Calyxa et du bébé. Par une heureuse coïncidence, Julian nous avait fait photographier peu avant la fête de l’Indépendance. J’ai exhibé le cliché : il montrait Calyxa dans une chaise, avec sa chevelure torsadée qui brillait ; sur ses genoux, Flaxie, un peu inclinée, les vêtements un peu de travers, regardait l’appareil avec de grands yeux. Quant à moi, debout derrière la chaise, je posais une main sur l’épaule de Calyxa.

« Elle a l’air vigoureuse, ta Calyxa, a fait observer ma mère. De bonnes jambes solides. Le bébé est mignon. Mes yeux ne sont plus ce qu’ils étaient, mais j’arrive encore à reconnaître un beau bébé quand j’en vois un.

— Ta petite-fille, ai-je dit.

— Oui. Et elle aussi apprendra à lire, n’est-ce pas ? Quand elle sera prête ?

— Aucun doute là-dessus. »

Nous avons fini par parler de la mort de mon père… non seulement du décès lui-même, mais de ses circonstances. J’ai demandé si la morsure s’était produite pendant un office de l’Église des Signes.

« Il n’y a plus d’offices de ce genre, Adam. L’Église des Signes n’a jamais été populaire, à part auprès de quelques sous-contrats, et peu après ton départ, les Duncan et les Crowley ont décidé qu’elle était un “culte” et qu’il fallait donc la supprimer. Ben Kreel a commencé à prêcher contre la secte et les membres les plus enthousiastes de la congrégation ont été vendus ou éloignés. Comme ton père était le seul bailleur parmi eux, il est resté, mais il n’avait plus de congrégation à prêcher.

— Il a tout de même gardé les serpents. » Je les avais vus se contorsionner de désagréable manière dans leurs cages derrière la maison.

« Il les considérait comme des animaux domestiques. Il ne pouvait pas supporter de ne plus les nourrir, ni de les détruire d’une autre manière, mais les remettre en liberté aurait été dangereux. Je ne suis pas sûre que moi-même je me résoudrais à les tuer. Même si je les méprise. » Elle a dit ces mots avec une véhémence qui m’a surpris. « Je les méprise de tout mon cœur. Depuis toujours. J’aimais profondément ton père. Mais ces serpents ne m’ont jamais plu. Ils n’ont pas été nourris depuis sa mort. Il faut faire quelque chose. »

Nous n’en avons pas davantage discuté. Ce soir-là, après le modeste ragoût aux boulettes de pâte de ma mère et une fois celle-ci couchée, je suis très discrètement sorti voir les cages.

Une lune brillait au loin sur les montagnes, qui jetait une lueur pâle et égale sur la famille de crotales massasaugas de mon père. Ils étaient de mauvaise humeur, sans doute à cause de la faim. Une impatience cinglante imprégnait leurs mouvements. On ne leur avait pas non plus extrait le venin depuis un bon moment. (Mon père faisait cela en secret, avant les offices, surtout s’il pensait que des enfants pouvaient participer aux manipulations. Il tendait sur un vieux bocal un morceau de cuir fin qu’il laissait mordre aux serpents : cela les vidait de leur venin pendant un certain temps. C’était sa propre apostasie personnelle, j’imagine… une police d’assurance contre un moment d’inattention des puissances supérieures.) Les serpents, qui avaient senti ma présence, se tordaient et s’enroulaient nerveusement. Je me suis de surcroît imaginé sentir une fureur glacée derrière leurs yeux vides et exsangues.

Un homme qui s’en remet de tout cœur à Dieu pouvait les manipuler sans mal. Telle était la foi qu’avait professée mon père. Il avait assurément confiance en Dieu, pour ce qui le concernait, et il croyait que Dieu Se manifestait dans les yeux révulsés des membres de sa congrégation et dans leur incompréhensible mélange de langues. Ayez confiance et soyez sauvés, voilà en quoi consistait sa philosophie. C’était pourtant les serpents qui avaient fini par le tuer. Je me suis demandé quel élément de l’équation lui avait fait défaut, en fin de compte : la foi humaine ou la patience divine ?

Je n’étais pas croyant, selon la plupart des définitions de ce terme. Je n’étais pas un dévot de l’Église des Signes, dont je n’avais jamais adopté les doctrines. J’ai néanmoins soulevé le loquet et ouvert la porte de la cage la plus proche. Je ne portais ni gants ni aucune protection. Mes mains et mes bras étaient exposés et vulnérables. J’ai plongé les doigts dans la cage.

J’avais pénétré dans un domaine muet de chagrin et de colère. Aucune logique n’imprégnait mon acte, juste le souvenir du conseil donné par mon père des années auparavant, alors que je le regardais nourrir de souris vivantes ses serpents tout en esquivant leurs attaques et leurs frappes. En temps ordinaire, si tu sais ce que tu fais, tu ne devrais pas avoir à tuer un serpent, avait-il dit. Mais des choses inattendues arrivent parfois. Par exemple une vipère errante qui menace un homme ou un animal innocent. Dans ce cas, il faut que tu sois résolu. Et rapide. Ne crains pas l’animal, Adam. Attrape-le à l’endroit où son cou devrait être, derrière la tête, ne t’occupe pas de la queue même si elle s’agite très fort et tant qu’il résiste, n’arrête pas de lui taper violemment sur le crâne.

Et c’est ce que j’ai fait… à gestes mécaniques et répétitifs, jusqu’à avoir à mes pieds une douzaine de corps en train de raidir.

Je suis ensuite rentré dans la vieille et familière maison, où je suis allé me coucher dans le lit qui m’avait apporté le bien-être durant tant d’hivers et qui m’a permis de dormir plusieurs heures sans le moindre rêve.

Le lendemain matin, les cages de fil de fer brillaient de perles de rosée et les cadavres avaient disparu… emportés par un animal affamé, ai-je supposé.

La veille de mon départ de Williams Ford, j’ai demandé à ma mère si elle croyait en Dieu, au Paradis, aux Anges et à tout le reste.

Ma question effrontée l’a surprise. « C’est le genre de questions qu’une personne bien élevée devrait uniquement poser dans une église, a-t-elle répondu.

1 ... 125 126 127 128 129 130 131 132 133 ... 150
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)