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Julian [Julian Comstock: A Story of 22-nd Century America - fr]

Электронная книга - «Julian [Julian Comstock: A Story of 22-nd Century America - fr]». Краткое содержание книги:

Apostat. Fugitif. Conquérant.
Il s’appelle Julian Comstock ; il est le neveu du président des États-Unis.
Son père, le général Bryce Comstock, a été pendu pour trahison (on murmure qu’il était innocent de ce crime).
Julian est né dans une Amérique à jamais privée de pétrole, une Amérique étendue à soixante états, tenue de main de maître par l’Église du Dominion. Un pays en ruine, exsangue, en guerre au Labrador contre les forces mitteleuropéennes. Un combat acharné pour exploiter les ultimes ressources naturelles nord-américaines.
On le connaît désormais sous le nom de Julian l’agnostique ou (comme son oncle) de Julian le Conquérant.
Ceci est l’histoire de ce qu’il a cru bon et juste, l’histoire de ses victoires et défaites, militaires et politiques.
Fresque post-apocalyptique, western du XXIIe siècle, fulgurant hommage à Mark Twain, Julian est le plus atypique des romans de Robert Charles Wilson. Une réussite majeure et une critique sans concession des politiques environnementales actuelles.
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« Attends, s’est écrié Julian. Qu’est-ce qu’un coccinellidé ?

— Bête à bon Dieu, a laconiquement répondu Calyxa.

— Excellent ! Continue. »

Toute vie intrigue ma curiosité Pourtant il me faut bien l’avouer : Je trouve les jolies jambes de Miss Emma bien plus Intéressantes que n’importe quel œuf de sangsue

Julian a encore demandé quelques éclaircissements, mais Calyxa n’a plus trop été interrompue… Elle a chanté la partition entière, à l’exception d’un duo (qu’elle ne pouvait faire seule) et du pot-pourri choral de la fin. Elle a interprété les parties masculines avec brio et les parties féminines d’une jolie voix de contralto, en martelant le piano avec enthousiasme et compétence. Tout ce bruit empêchait bien entendu la petite Flaxie de dormir et sa nurse a fini par nous la descendre. Calyxa nous a tout compte fait régalés pendant presque une heure de ses magnifiques et divertissantes interprétations avant de s’écarter du piano avec un sourire satisfait. Elle a dénoué l’écharpe qu’elle portait, « Et ils se répandirent sur sa gracieuse silhouette/En rares et somptueuses frisettes », tandis que Julian applaudissait et que le reste d’entre nous se joignait à lui pour une longue ovation. Flaxie a essayé d’applaudir aussi, même si elle ne savait pas trop comment faire et que ses mains ne se heurtaient pas souvent.

Cela a somme toute été le moment le plus agréable que nous eussions eu depuis un long moment. Nous ressemblions à une grande famille qui, après une longue absence, se réjouit de se trouver réunie et ne se rend pas compte un seul instant des dangers qui tournent autour d’elle comme des charognards au-dessus d’une mule tuberculeuse.

7

L’été touchait à sa fin quand un assassin s’est glissé à l’intérieur du palais présidentiel pour se dissimuler dans l’aile de la Bibliothèque afin de tuer Julian le Conquérant d’une décharge de pistolet en pleine tête.

Août venait de céder la place à septembre et La Vie et les Aventures du grand naturaliste Charles Darwin avançait bien. Julian n’était pas resté inactif durant la préparation du livret et de la musique. Tout le pouvoir de la présidence ainsi qu’une bonne partie de la richesse Comstock à sa disposition avaient été investis dans cette production. Il avait fait rénover une série d’écuries inutilisées du côté 110e Rue Ouest du domaine palatin pour les transformer en « studio de cinéma » d’une modernité digne de Manhattan et s’était adjoint les talents de la meilleure société de production de la ville, l’Alliance new-yorkaise de la Scène et de l’Écran. Cette coalition d’acteurs, chanteurs, bruiteurs, cadreurs, copieurs de film et alia avait à son crédit de nombreux titres très estimés, dont Le Choix d’Eula déjà décrit dans ces pages. Si, par le passé, elle avait toujours dû se soumettre aux règles du métier et aux restrictions du Dominion, elle avait en l’occurrence été directement prise en charge par Julian et ne devait suivre les instructions de personne d’autre.

Ce jour-là, j’assistais au « studio » à des prises de vue secondaires ne nécessitant pas la présence des acteurs principaux. C’était jour de congé pour Magnus Stepney, qui interprétait Darwin ; quant à Julinda Pique, l’actrice qui représentait Emma Wedgwood à l’écran, elle était partie rendre visite à des parents dans le New Jersey. Les comédiens m’intéressaient toutefois moins que le travail technique, qui se poursuivait sans eux. Je m’étais lié d’amitié avec le Cadreur Responsable des Illusions, le Filmeur d’Effets, comme on l’appelait pour faire plus court, que j’aidais à mettre au point des plans pour la partie sud-américaine de l’Acte Second. Il avait préparé, grande comme un mur et d’un réalisme troublant, une peinture représentant des jungles et des montagnes, avait placé devant de très convaincantes imitations papier de buissons et plantes tropicaux, puis peuplé le tout de chiens apprivoisés déguisés en tigres et de nombreux tatous, pour la plupart en vie, expédiés par la poste depuis le Texas. Julian lui avait indiqué de ne pas garder la caméra immobile, mais de la faire circuler un peu afin de donner une impression de vie, et c’est ce que je regardais le cadreur faire, qui essayait de garder les animaux rétifs dans le champ sans révéler par inadvertance l’artifice de la toile de fond. Ce genre de travail donnait chaud, par une lourde journée de septembre, et l’homme a lâché quelques jurons inhabituels avant de parvenir au résultat désiré.

Il venait de terminer quand un Page présidentiel en livrée verte s’est approché en toute hâte. Visiblement dans tous ses états, il lui a fallu reprendre son souffle avant d’arriver à articuler : « Il y a eu des coups de feu, colonel Hazzard ! Des coups de feu, au palais ! »

Je m’y suis précipité sans attendre d’en savoir davantage. J’ai eu du mal à traverser le cordon de Gardes républicains qui avait isolé l’aile de la Bibliothèque et j’ai constaté avec inquiétude qu’on laissait en hâte passer le médecin du palais devant moi. J’ai protesté auprès des Gardes républicains jusqu’à ce que Sam Godwin arrivât et nous avons continué notre chemin ensemble.

Je craignais le pire. La présidence de Julian était devenue de plus en plus précaire au fur et à mesure que s’intensifiaient ses combats contre le Dominion. Pas plus tard que la semaine précédente, il avait déclaré nulles et non avenues toutes les Ordonnances ecclésiastiques de Saisie-Réquisition, dans l’attente d’une nouvelle législation. Les autorités ne pouvaient donc plus rechercher, appréhender ou emprisonner des fugitifs sur des plaintes uniquement émises par l’Église. Cela a eu pour effet de débarrasser Calyxa de son assignation, mais aussi de libérer d’innombrables apostats emprisonnés, les congrégations de diverses Églises non affiliées, un certain nombre de radicaux parmentiéristes arrêtés sur accusations ecclésiastiques et quelques malheureux aliénés qui tenaient à se proclamer divins.

L’annulation de cette loi, ajoutée à la tentative en cours de séparer Église et armée, revenait à émasculer le Dominion. Celui-ci pouvait toujours recueillir les dîmes de ses affiliés et prononcer l’anathème à l’encontre des dissidents, mais privé de force légale, il ne tarderait pas à perdre du terrain… du moins à ce qu’espérait Julian.

La réaction semblait avoir consisté à envoyer un assassin parmi nous, car je ne doutais pas que le Dominion fût derrière cette traîtrise. « Julian a été tué ? ai-je demandé à Sam tandis que nous nous frayions un chemin dans l’aile de la Bibliothèque.

— Je n’en sais rien. On a appelé le médecin ?

— Oui, je l’ai vu entrer… »

Julian n’était toutefois pas mort. À notre arrivée dans la Salle de Lecture, nous l’avons trouvé sur une chaise, droit et alerte, mais la tête bandée. Il nous a appelés dès qu’il nous a vus.

« Tu es gravement blessé ? » a voulu savoir Sam.

Julian avait la mine sombre. « Non, du moins d’après le docteur… la balle m’a emporté une partie de l’oreille.

— Ça s’est passé comment ?

— L’assassin était caché derrière une chaise et il s’est subitement précipité vers moi. Il m’aurait bel et bien tué, sans le cri qu’a poussé Magnus en l’apercevant.

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