Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Научная фантастика » Julian [Julian Comstock: A Story of 22-nd Century America - fr]
Julian [Julian Comstock: A Story of 22-nd Century America - fr] - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Julian [Julian Comstock: A Story of 22-nd Century America - fr]

Электронная книга - «Julian [Julian Comstock: A Story of 22-nd Century America - fr]». Краткое содержание книги:

Apostat. Fugitif. Conquérant.
Il s’appelle Julian Comstock ; il est le neveu du président des États-Unis.
Son père, le général Bryce Comstock, a été pendu pour trahison (on murmure qu’il était innocent de ce crime).
Julian est né dans une Amérique à jamais privée de pétrole, une Amérique étendue à soixante états, tenue de main de maître par l’Église du Dominion. Un pays en ruine, exsangue, en guerre au Labrador contre les forces mitteleuropéennes. Un combat acharné pour exploiter les ultimes ressources naturelles nord-américaines.
On le connaît désormais sous le nom de Julian l’agnostique ou (comme son oncle) de Julian le Conquérant.
Ceci est l’histoire de ce qu’il a cru bon et juste, l’histoire de ses victoires et défaites, militaires et politiques.
Fresque post-apocalyptique, western du XXIIe siècle, fulgurant hommage à Mark Twain, Julian est le plus atypique des romans de Robert Charles Wilson. Une réussite majeure et une critique sans concession des politiques environnementales actuelles.
1 ... 127 128 129 130 131 132 133 134 135 ... 150
Перейти на страницу:

— Pas seulement, Adam. C’est quasiment une déclaration de guerre. » Il s’est penché près de moi pour me glisser sur le ton mielleux de la confidence : « Une guerre qu’il ne peut pas gagner. S’il ne le comprend pas, tu devrais le lui expliquer.

— Je ne manquerai pas de lui rapporter vos propos.

— Je t’en remercie, a dit Ben Kreel. Tu es très ami avec Julian Comstock ?

— J’essaye.

— Il ne faut jamais suivre quelqu’un qui a pris le chemin de l’Enfer, Adam Hazzard, même si c’est votre meilleur ami. »

J’ai eu envie de dire à Ben Kreel que je croyais depuis quelque temps à l’Enfer d’une manière encore plus incertaine qu’au Paradis. J’aurais également pu lui raconter ma rencontre à New York avec un homme affirmant que Dieu n’était que Conscience (« n’en ayez nul autre »), principe selon lequel le Dominion tout entier était une Apostasie, peut-être pire, mais je ne voulais pas l’encourager à poursuivre la discussion, aussi ai-je gardé un silence renfrogné jusqu’à Connaught.

Je suis ensuite monté sans tarder dans le train qui me reconduirait à Manhattan. Il avait beau être plus confortable que celui à cornes de Caribou à bord duquel j’avais pour la première fois quitté Williams Ford, j’y ai eu tout aussi peur.

6

Une fois de retour, après avoir retrouvé Calyxa et Flaxie, pris un bain pour me débarrasser de la saleté du voyage et m’être accordé une nuit de sommeil, je suis allé au palais voir Julian.

Immense structure divisée avec précision en pièces et salles labyrinthiques, le palais présidentiel restait globalement pour moi un mystère. En sus du Président lui-même, il hébergeait des domestiques, des bureaucrates et une petite armée de Gardes républicains. Ses trois étages s’élevaient sur une pléthore de sous-sols et de caves. Je n’étais jamais entré dans un bâtiment qui avait autant de lambris, draperies, moquettes, rubans et fanfreluches et je ne m’y sentais jamais à mon aise. Les fonctionnaires de second rang devant lesquels je passais me considéraient avec un dédain confinant au mépris et les Gardes républicains prenaient l’air mauvais en posant les doigts sur leur pistolet quand ils me voyaient.

Julian n’« habitait » pas tout cet espace – un homme seul n’y serait sûrement jamais parvenu –, mais passait le plus clair de son temps dans l’aile de la Bibliothèque. Celle-ci ne contenait pas seulement la Bibliothèque présidentielle (considérable, malgré son contenu en grande partie approuvé par le Dominion, et enrichie par Julian de nombreux livres sélectionnés dans les Archives libérées), mais aussi une vaste salle de lecture pourvue de hautes fenêtres ensoleillées ainsi que d’un énorme bureau en chêne. C’était cette pièce que Julian s’était tout particulièrement appropriée et dans laquelle je lui rendais visite.

Magnus Stepney, le pasteur dévoyé de l’Église des Apôtres Etc., était là aussi : paresseusement installé dans un fauteuil rembourré, il lisait un livre tandis que Julian écrivait quelque chose sur le bureau. Le pasteur Stepney était désormais l’intime de Julian depuis de nombreuses semaines et tous deux m’ont accueilli avec le sourire. Ils se sont enquis de Williams Ford, de mon père et de ma mère, et je leur ai un peu raconté ces mauvaises nouvelles, mais il n’a pas fallu longtemps pour que Julian ramenât à nouveau la conversation sur le Script de son Film.

Je lui ai indiqué que j’en avais discuté avec M. Charles Curtis Easton. Je craignais que Julian me reprochât d’avoir « sorti le problème de la famille » en le soumettant à un étranger. Il a en effet semblé un peu perplexe, mais Magnus Stepney, qui était tout aussi Esthète et Fervent de Drame que lui[96], a tapé des mains en disant que j’avais fait précisément ce qu’il fallait : « C’est ce dont nous avons besoin, Julian : d’une opinion professionnelle.

— Peut-être. Est-ce que M. Easton a rendu une opinion ?

— Il se trouve que oui.

— Voudrais-tu nous en faire part ?

— Il a reconnu que l’histoire manquait de certains ingrédients essentiels.

— Tels que ? »

Je me suis raclé la gorge. « Trois actes… des chansons dont on n’a aucun mal à se souvenir… des femmes attirantes… des pirates… une bataille navale… un méchant ignoble… un duel d’honneur…

— Mais rien de tout cela n’est vraiment arrivé à M. Darwin, ni n’a le moindre rapport avec lui.

— Eh bien, j’imagine que c’est là le nœud du problème. Tu veux raconter la vérité ou une histoire ? Le truc », ai-je rajouté en me souvenant des commentaires de Theodore Dornwood sur mes propres écrits, « consiste à garder le cap entre Charybde et Scylla…

— Il parle bien, pour un garçon bailleur, a dit Magnus Stepney en riant.

— … où Scylla est la vérité et Charybde le spectaculaire… à moins que ce ne soit l’inverse, je ne me souviens plus très bien. »

Julian a soupiré et roulé des yeux, mais Stepney a poussé un petit hourra avant de s’écrier : « C’est exactement ce que je te disais, Julian ! Je t’avais donné un bon avis, Adam Hazzard et M. Charles Curtis Easton t’en donnent un bon aussi. »

Julian n’a rien dit de plus sur le sujet ce jour-là. Au départ, bien entendu, il s’est montré sceptique. Il n’a toutefois pas résisté longtemps à l’idée, qui séduisait son goût du Théâtre, et l’a adoptée comme sienne avant la fin de la semaine.

Le reste du mois de juillet a été consacré à l’écriture du script définitif. Certains érudits ont laissé entendre que Julian « s’amusait » avec le cinéma pendant que sa présidence partait à vau-l’eau. Cela n’en donnait cependant pas l’impression durant l’été 2175. Je pense que Julian a vu avec l’Art une possibilité de rédemption, après toutes les horreurs auxquelles il avait assisté à la guerre, même si la guerre est plus coutumièrement le domaine du généralissime. Et il existe à mon avis une raison plus profonde au fait que Julian ait ignoré les protocoles et imbroglios de la suprématie politique : selon moi, il s’était sincèrement attendu à mourir au Labrador… il avait accepté son destin, après l’échec de la manœuvre avec les Cerfs-Volants Noirs, et cela le scandalisait de se retrouver toujours vivant, après avoir conduit tant d’autres à la mort.

Son ordre de faire cesser toute relation officielle entre le Dominion et les militaires avait suscité des ondes de choc dans les deux armées. Colorado Springs s’était quasiment rebellé et le diacre Hollingshead avait cessé de venir au palais présidentiel, ou de reconnaître de quelque façon que ce fût l’existence de Julian. Le Dominion gardait toutefois une emprise ferme sur ses Églises affiliées et « Julian l’Athée » était dénoncé en chaire dans tout le pays, ce qui gênait les Eupatridiens et le Sénat dans le soutien qu’ils accordaient à Julian.

Les visites du diacre Hollingshead ont en tout cas été avantageusement remplacées par celles de M. Charles Curtis Easton, invité au palais pour discuter avec Julian des modifications à apporter au script de Darwin. Enchanté par M. Easton (« Tu deviendras peut-être comme lui, Adam, si tu vis vieux et que tu te laisses pousser la barbe »), Julian l’a chargé de travailler à mes côtés au sein d’un Comité du Scénario. Nous nous réunissions à intervalles réguliers, souvent rejoints par Julian et Magnus, aussi quelques semaines nous ont-elles suffi pour dresser les grandes lignes d’une toute nouvelle version de La Vie et les Aventures du grand naturaliste Charles Darwin, que je vais maintenant décrire brièvement.

вернуться

96

Bien que sincère dans ses devoirs pastoraux, Stepney n’a pas caché qu’il aimerait interpréter le rôle de Charles Darwin le jour où le tournage commencerait enfin. Ambition moins vaniteuse qu’elle en a l’air, car il était bel homme et possédait le talent de prendre de superbes poses et des voix amusantes.

1 ... 127 128 129 130 131 132 133 134 135 ... 150
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)