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Julian [Julian Comstock: A Story of 22-nd Century America - fr]

Электронная книга - «Julian [Julian Comstock: A Story of 22-nd Century America - fr]». Краткое содержание книги:

Apostat. Fugitif. Conquérant.
Il s’appelle Julian Comstock ; il est le neveu du président des États-Unis.
Son père, le général Bryce Comstock, a été pendu pour trahison (on murmure qu’il était innocent de ce crime).
Julian est né dans une Amérique à jamais privée de pétrole, une Amérique étendue à soixante états, tenue de main de maître par l’Église du Dominion. Un pays en ruine, exsangue, en guerre au Labrador contre les forces mitteleuropéennes. Un combat acharné pour exploiter les ultimes ressources naturelles nord-américaines.
On le connaît désormais sous le nom de Julian l’agnostique ou (comme son oncle) de Julian le Conquérant.
Ceci est l’histoire de ce qu’il a cru bon et juste, l’histoire de ses victoires et défaites, militaires et politiques.
Fresque post-apocalyptique, western du XXIIe siècle, fulgurant hommage à Mark Twain, Julian est le plus atypique des romans de Robert Charles Wilson. Une réussite majeure et une critique sans concession des politiques environnementales actuelles.
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L’Acte Premier, Homologie, parlait de la jeunesse de Darwin. Le jeune Darwin y rencontre la fille dont le destin voulait qu’il tombât amoureux – sa belle cousine Emma Wedgwood – et découvre qu’un rival lui en dispute l’affection : un jeune étudiant en théologie appelé Samuel Wilberforce. Tous deux s’inscrivent à un concours de Collecte et Reconnaissance de Coléoptères organisé par l’université locale, qui s’appelle Oxford, et dans un moment de coquetterie, Mlle Wedgwood annonce qu’elle accordera un baiser au vainqueur. Wilberforce entonne alors une chanson sur les Insectes comme Spécimens de l’Ordonnancement Divin des Espèces, à laquelle Darwin réplique par de musicales observations sur l’Homologie (c’est-à-dire les caractéristiques physiques communes aux Insectes d’espèces différentes). Comploteur fourbe et sans pitié, Wilberforce essaye de faire disqualifier Darwin pour Blasphème, mais Oxford reste sourde à sa plaidoirie. Darwin remporte le concours ; Wilberforce, amer, arrive deuxième ; Emma dépose un chaste baiser sur la joue de Darwin ; Darwin rougit tandis que, furieux, Wilberforce jure de se venger un jour.

L’Acte Second était titré Diversité, ou : un Garçon anglais sur l’Océan[97] et relatait les excitants voyages de Charles Darwin autour de l’Amérique du Sud à bord du navire d’exploration, le Beagle. C’est là où Darwin procède à une partie de ses nombreuses observations sur les Tortues, les Becs de Pinson et autres, même si nous avons limité le côté scientifique à son minimum pour ne pas mettre à rude épreuve l’attention du public, tout en l’égayant d’une scène avec un Lion féroce. Toutes ces expériences inhabituelles permettent à Darwin de commencer à formuler sa grande idée de la Diversité de la Vie et de la manière dont cette Diversité résulte des effets combinés du temps et des circonstances sur la reproduction animale. Il résout de communiquer sa vision des choses au monde, même s’il sait que les cercles ecclésiastiques ne lui réserveront pas bon accueil. Cependant Wilberforce, désormais jeune Évêque à Oxford et fermement résolu à accroître davantage encore son pouvoir ecclésiastique, a puisé dans la fortune familiale pour engager un gang de pirates des mers afin de pourchasser et couler le Beagle. L’Acte culmine avec une bataille navale acharnée dans laquelle le jeune Darwin s’agite sur le gaillard d’avant avec une épée et un pistolet, spécule musicalement sur le rôle du hasard et de l’« aptitude » dans la détermination du résultat final du combat. Ce dernier est sanglant mais (comme dans la nature) les plus aptes survivent… Par chance, Darwin en fait partie.

Au commencement de l’Acte Troisième, appelé La Chute de l’Homme, toute l’Angleterre se trouve en proie à une controverse religieuse acharnée quant aux théories de Darwin. Celui-ci a publié un livre sur les Origines de l’Espèce dont Wilberforce, devenu premier évêque d’Oxford, a tenu à dénoncer le contenu et ridiculiser l’auteur. Il espère par cette stratégie faire naître un conflit entre Darwin et Emma Wedgwood, qui ont retardé leur mariage (sous la pression de la famille de la jeune fille) le temps que la respectabilité de Darwin fût plus fermement établie dans l’opinion publique. Cet objectif semble encore lointain, car les églises anglaises résonnent de rhétorique antidarwinienne, des foules munies de torches menacent Oxford et Emma elle-même est déchirée entre Amour Romantique et Devoir Religieux. La tempête culmine dans un Débat public à l’intérieur d’une grande salle bondée de Londres, où Darwin et Wilberforce débattent des relations ancestrales entre l’Homme et le Grand Singe. Darwin expose (c’est-à-dire chante) sa doctrine avec éloquence et un zeste d’humour, tandis que l’éclairage cru de la logique révèle le véritable visage de Wilberforce, celui d’un poseur jaloux. « Darwin un Véritable Savant ! » clame le lendemain matin un gros titre du Times de Londres, ce qui conduit à un apaisement général et lève les obstacles au mariage des jeunes gens. Ne supportant pas d’être ainsi humilié, Wilberforce provoque cependant Darwin en duel en l’accusant de blasphème et d’insulte personnelle. Faute d’autre moyen de se débarrasser de l’encombrant Évêque, Darwin accepte à contrecœur et les deux hommes grimpent dans une haute prairie escarpée des montagnes sauvages et venteuses qui se dressent au-dessus de l’université d’Oxford.

Ce duel constitue presque à lui seul le point culminant du film, avec Wilberforce qui tente ruses et coups bas et Darwin qui les contrecarre. Il y a des chansons, des coups de pistolet et quelques hurlements sonores d’Emma, d’autres coups de pistolet, un corps-à-corps au bord d’une falaise, puis Darwin qui se penche blessé mais victorieux sur le corps chaud et sans vie de son impitoyable ennemi.

Suit une cérémonie de mariage, avec des sonneries de cloches, des bruits de réjouissances, etc.

Julian a donné son approbation à ce canevas, même s’il a pris un certain plaisir à souligner la distance qui séparait nos libertés dramatiques de la vérité historique dans son sens le plus strict. (« Si Oxford a des Alpes, s’est-il plu à dire, New York a peut-être un volcan : la géographie est une science si flexible. ») Il s’agissait toutefois là d’objections amicales et sans gravité : il a compris les raisons pour lesquelles nous remodelions la glaise obstinée de l’histoire.

Quant aux chansons et à leurs paroles, si importantes pour le succès d’une telle entreprise, pouvions-nous faire autrement qu’en appeler aux formidables talents de Calyxa ? Julian lui a fourni une biographie de Darwin récupérée dans les Archives du Dominion ainsi que des œuvres discutant de la taxonomie des coléoptères, de la géographie sud-américaine, de l’habitat des Pirates, de leur cycle de vie et d’autres sujets du même acabit. Calyxa a pris sa mission très au sérieux et a lu très attentivement toute cette documentation. À plusieurs reprises, en l’absence du personnel de maison, on m’a délégué le soin de m’occuper des (nombreux et pressants) besoins infantiles de Flaxie tandis que Calyxa poursuivait son travail créatif sur le bureau ou le piano.

En quelques jours, elle avait ébauché des Arias et des mélodies pour les trois Actes de Charles Darwin. Elle les a présentés à Julian un soir où il est venu avec le pasteur Stepney participer à notre Réunion de Script hebdomadaire. Julian a parcouru les feuillets et les partitions avec une estime croissante, à en juger par son expression. Il s’est ensuite tourné vers Calyxa pour lui dire : « Tu devrais nous en chanter une partie. Je veux que Magnus entende cela, mais il ne sait pas lire une partition.

— La plupart des Arias sont pour des voix d’homme, a objecté Calyxa, même si Emma Wedgwood a une ou deux chansons.

— Compris. Tiens », a dit Julian en lui tendant une des premières parties, dans laquelle le jeune Charles Darwin, au cours d’une recherche de coléoptères à l’extérieur d’Oxford, aperçoit sa cousine Emma dans les bois[98]. Calyxa s’est installée au piano et a commencé à l’endroit où Darwin inspecte le contenu de son filet à insectes en chantant :

Ces créatures sont toutes semblables D’une manière qui semble improbable : Six pattes sur un corps en trois parties ; Carapaces soit voyantes soit unies ; Avec des ailes, des poils, des crochets… — Il y a des différences, oui, parfois une douzaine – Leur Structure générale se ressemble pourtant Comme se ressemblent la mienne et celle de ma cousine. Ah tiens, mais je la vois qui approche, justement ! Quand elle s’arrêtera à l’ombre du bois J’espère qu’elle tournera les yeux vers moi, Cette jeune et si pieuse Emma Wedgwood ! Robe blanche et bonnet bleu d’été, Un coccinellidé sur le coude…
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97

Sur ma suggestion.

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98

À cette époque-là, les Anglais ne voyaient pas d’inconvénient à ce que des cousins se courtisassent ou se mariassent. C’était une coutume aussi admissible pour eux qu’elle l’est pour nos Eupatridiens.

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