Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Биографии и мемуары » Sodoma: Enquête au cœur du Vatican
Sodoma: Enquête au cœur du Vatican - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Sodoma: Enquête au cœur du Vatican

Электронная книга - «Sodoma: Enquête au cœur du Vatican». Краткое содержание книги:

« L’homosexualité dans le clergé est une question très sérieuse qui me préoccupe. »
Pape François
1 ... 125 126 127 128 129 130 131 132 133 ... 181
Перейти на страницу:

À Palerme, où je rencontre dans la même période Mirko Antonino Pace, le président de l’association Arcigay, celui-ci me décrit une mobilisation sans précédent dans une région, la Sicile, pourtant généralement jugée conservatrice sur le plan des mœurs.

— Durant les primaires, me dit-il, Matteo Renzi était le plus timide des candidats sur les droits LGBT. Il a opposé un « non » ferme au mariage. Mais, à la différence des précédents présidents du Conseil, il semble maintenant vouloir faire quelque chose.

Lors de rencontres avec les militants gays italiens au printemps 2015, lorsque je me rends cette fois à Naples, Florence et Rome, j’ai l’impression que le mouvement LGBT est une véritable chaudière au bord de l’explosion. Partout, les militants se réunissent, manifestent et se mobilisent.

— L’Italie est en train de changer pas à pas. Quelque chose s’est passé après le référendum en Irlande. L’Italie n’évolue pas toute seule : elle est contrainte, incitée, à changer. Comment peut-on justifier qu’il n’y ait aucune loi en faveur des couples homosexuels en Italie ? Tout le monde se rend compte qu’on ne peut plus le justifier ! Il faut croire au changement si on veut qu’il arrive ! m’explique Gianluca Grimaldi, un journaliste rencontré à Naples en mars 2015.

Ce qui préoccupe encore le président du Conseil, c’est le calendrier et il confie, à cette époque, à son équipe : « On risque de perdre le vote catholique. » Alors il tergiverse et cherche à gagner du temps. Le pape, en effet, a convoqué un second synode sur la famille, au Vatican, pour octobre 2015 : impossible de lancer le débat sur les unions civiles avant cette date. On fait donc savoir aux parlementaires qui s’impatientent, à commencer par Monica Cirinnà, qu’il faut encore attendre.

Lorsque j’interviewe Cirinnà, la sénatrice qui fut la principale artisane du texte pour les unions civiles, elle me résume subtilement les tensions internes suscitées par la proposition de loi :

— Je savais que ce serait une loi difficile et qu’elle allait diviser le pays. Une loi qui causerait un problème au sein du Parti démocrate, une loi qui diviserait profondément les conservateurs et les progressistes en Italie. Mais le débat n’a jamais été entre laïques et catholiques, ce qui serait une erreur d’analyse. Le conflit a divisé à droite comme à gauche : dans les deux camps, il y avait des conservateurs et des progressistes.

L’Église, qui n’a pas dit son dernier mot, influence encore les élus, y compris au sein de la gauche. Toujours à la tête de la Conférence épiscopale italienne, le cardinal Bagnasco promet d’ailleurs de faire descendre dans la rue les évêques et les élus et de faire chuter une nouvelle fois le gouvernement.

— Nous savions que les évêques italiens mobilisés par le cardinal Bagnasco, bien connu pour ses idées ultraconservatrices, se préparaient à utiliser tous leurs relais, à l’intérieur et à l’extérieur du Parlement, pour faire dérailler la loi, confirme Monica Cirinnà.

Matteo Renzi, un ancien scout catholique, est bien informé de la situation au sein de l’Église et des motivations personnelles qui animent certains prélats. Au Palazzo Chigi, le siège de la présidence du Conseil italien, son chef de cabinet, Benedetto Zacchiroli, un ancien séminariste et diacre, est ouvertement homosexuel : il est chargé officieusement des relations avec la CEI et suit le dossier de près. À plusieurs reprises, la droite conservatrice attaquera d’ailleurs Matteo Renzi sur le fait que la personne chargée auprès de lui des relations avec les catholiques soit gay !

Les élus de gauche rendent coup pour coup, par exemple à Bologne et à Naples. Selon deux témoignages de première main, qui ont participé à la « négociation », le cardinal Carlo Caffarra, archevêque de Bologne, aurait été « approché » en raison de son homophobie légendaire : on lui aurait fait savoir, lors d’un rendez-vous tendu, que des rumeurs sur sa double vie et sur son entourage gay circulent et que, s’il se mobilisait contre les unions civiles, il est probable que les activistes gays diffuseraient cette fois leurs informations… Le cardinal écoute, abasourdi. Dans les semaines suivantes, le vieux garçon refoulé paraîtra baisser la garde pour la première fois et atténuera ses ardeurs homophobes. (Carlo Caffarra étant aujourd’hui décédé, j’ai interrogé sur ce sujet des élus locaux, un haut responsable de la police, le cabinet du président du Conseil ainsi que son successeur à Bologne, l’archevêque Matteo Zuppi.)

Un pacte d’une autre nature aurait été passé à Naples avec le cardinal Crescenzio Sepe. Cet ancien préfet de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples est connu pour ses gentilles médisances, ses gaietés de cœur et son amour de la dentelle. Homme de Jean-Paul II, il s’est distingué par de violentes attaques contre la Gay Pride de Naples, où il a été nommé archevêque en 2006. Au moment du débat sur les unions civiles, des militants homosexuels entrent en contact avec lui discrètement, le priant de modérer son discours. Des rumeurs sur sa gestion financière, couplées à des affaires mondaines (dont les médias et des livres ont fait état), ayant nui à sa réputation et lui ayant peut-être coûté son poste à Rome, Crescenzio Sepe se montre cette fois moins rigide. Celui qui était très anti-gay en 2007 devient quasiment gay-friendly en 2016. Redoutant peut-être l’esclandre, le cardinal va jusqu’à offrir des invitations aux activistes gays afin de leur permettre d’assister à une rencontre avec le pape ! (Mgr Sepe n’a pas souhaité me recevoir malgré plusieurs demandes ; deux militants gays, un journaliste napolitain et un diplomate en poste à Naples, m’ont toutefois confirmé ces informations.)

À ce stade du débat, Matteo Renzi n’a ni l’intention d’abandonner son projet de loi pour satisfaire les évêques qui aiment, je l’ai dit, un peu trop la dentelle, ni la volonté de s’opposer à l’Église. Alors, il décide, fin 2015, de passer un pacte avec l’aile modérée de la CEI qui compte désormais, comme dans le conflit israélo-palestinien, ses « faucons » et ses « colombes ». Hier, sous Jean-Paul II et Benoît XVI, la CEI était un monolithe brejnévien ; désormais, sous François, pape gorbatchévien, c’est un lieu de débat et de clans. Un accord est possible.

Le dialogue se déroule en haut lieu avec Mgr Nunzio Galantino, le nouveau secrétaire de la CEI, friendly et proche de François. Selon mes informations, il n’a jamais été question de chantage, même s’il est possible que l’évêque ait paniqué à l’idée qu’un chapelet de cardinaux soient outés par la presse italienne. Les parlementaires mobilisés et soutenus par le palais Chigi présentent aux « colombes » de la CEI, dans une dialectique classique au sein de la gauche, une alternative simple. C’est le langage habituel des modérés, qui agitent la menace et le spectre de l’extrême gauche, pour faire passer leurs réformes. Le deal est clair : ce seront les unions civiles avec le gouvernement en place, sans le droit d’adoption ; ou bientôt le mariage gay, et l’adoption, avec la gauche dure, les activistes gays et la Cour suprême. À vous de choisir.

À ces rencontres entre les responsables de la majorité politique et la CEI s’ajoutent – comme je suis en mesure de le révéler ici – des rencontres secrètes entre Matteo Renzi et le pape François lui-même, où la question des unions civiles aurait été franchement et longuement abordée. Traditionnellement, les présidents du Conseil italien ont toujours dialogué « au-delà du Tibre », selon une expression fameuse qui signifie qu’ils sollicitent informellement l’avis du Vatican. Mais cette fois, Matteo Renzi rencontre le pape en personne pour régler le problème en direct. Plusieurs rendez-vous ultra-confidentiels ont lieu, toujours la nuit, entre François et le président du Conseil, en tête à tête, hors présence des conseillers des deux hommes (ces rencontres secrètes, au nombre de deux au moins, m’ont été confirmées par l’un des principaux conseillers de Matteo Renzi).

1 ... 125 126 127 128 129 130 131 132 133 ... 181
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)