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Электронная книга - «Citadelle». Краткое содержание книги:

Citadelle est un livre particulier dans le sens où il n'a jamais été achevé ni retouché (ou très peu) par Saint-Exupéry. L'œuvre est restée à l'état de brouillon dactylographié imparfait avant d'être mis en forme, tant bien que mal, par l'éditeur. Saint-Exupéry aborde ici tous ses thèmes récurrents déjà visités dans ses précédents écrits: l'Amour, l'Apprentissage, la Création, Dieu, les Hommes, les Voyages, etc.
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�J'ai �t� semblable � ce fou qui surgit la nuit au c�ur des ruines, arm� de sa pelle, de sa pioche et de son ciseau. Et il te d�mantibule les murs. Et il te retourne les pierres, et il t'ausculte les dalles pesantes. Il s'agite saisi d'une ferveur noire, car il se trompe, Seigneur, il te cherche un tr�sor qui soit provision d�j� faite, d�pos�e par les si�cles dans le secret de tel alv�ole comme une perle dans sa coquille, jouvence pour le vieux, gage de richesse pour l'avare, gage d'amour pour l'amoureux, gage d'orgueil pour l'orgueilleux et pour le glorieux de gloire � et cependant cendre et vanit� car il n'est point de fruit qui ne soit d'un arbre, point de joie que tu n'aies b�tie. St�rile est de rechercher parmi les pierres une pierre plus exaltante que l'autre pierre. De son agitation au ventre des ruines, il ne tirera ni la gloire ni la richesse ni l'amour.

�Comparable donc � ce fou qui va de nuit piochant l'aridit�, je n'ai rien trouv� dans la volupt� qui f�t autre chose que plaisir d'avare et prodigieusement inutile. Je n'y ai trouv� que moi-m�me. Je n'ai que faire de moi, Seigneur, et l'�cho de mon propre plaisir me fatigue.

�Je veux b�tir le c�r�monial de l'amour afin que la f�te me conduise ailleurs. Car rien de ce que je cherche, et dont j'ai soif, et dont ont soif les hommes, n'est de l'�tage des mat�riaux dont ils disposent. Et celui-l� s'�gare � rechercher parmi les pierres ce qui n'est point de leur essence, alors qu'il pourrait en user pour en b�tir sa basilique, sa joie n'�tant point � tirer d'une pierre parmi d'autres pierres mais d'un certain c�r�monial des pierres, une fois la cath�drale b�tie. Ainsi, telle femme, je la fais disparate si je ne lis pas au travers.

�Seigneur, nue telle �pouse, la regardant dormir, me sera doux qu'elle soit belle et d�licate de jointures et ti�de de seins, et pourquoi n'y prendrais-je point ma r�compense?�

Mais j'ai compris ta v�rit�. Importe que celle-l� qui dort et que j'�veillerai bient�t, rien qu'en posant mon ombre, ne soit point le mur contre quoi je bute, mais la porte qui m�ne ailleurs � et, donc, que je ne la disperse en mat�riaux divers, � chercher l'impossible tr�sor, mais la tienne bien nou�e et une dans le silence de mon amour.

Et comment serais-je d��u? Certes est d��ue celle-l� qui re�oit un bijou. Il est une �meraude plus belle que ton opale. Il est un diamant plus beau que l'�meraude. Il est le diamant du roi plus beau que tous. Je n'ai que faire d'un objet ch�ri pour lui-m�me s'il n'a point sens de perfection. Car je vis non des choses, mais du sens des choses.

Cependant cette bague mal taill�e, ou cette rose fan�e cousue dans un carr� de linge, ou cette aigui�re, f�t-elle d'�tain, qui est du th� aupr�s d'elle avant l'amour, certes les voil� irrempla�ables puisque objets d'un culte. C'est le dieu seul que j'exigeais parfait, et le grossier objet de bois, s'il est d�sormais de son culte, participe de sa perfection.

Ainsi de l'�pouse endormie. De la consid�rer pour elle-m�me j'irai aussit�t me lassant et cherchant ailleurs. Car elle est moins belle que l'autre, ou de caract�re aigre, et si m�me la voil� parfaite en apparence, reste qu'elle ne rend point tel son de cloche dont j'�prouve la nostalgie, reste qu'elle dit tout de travers le �Toi, mon Seigneur� dont la l�vre d'une autre ferait musique pour le c�ur.

Mais dormez rassur�e dans votre imperfection, �pouse imparfaite. Je ne me heurte point contre un mur. Vous n'�tes point but et r�compense et bijou v�n�r� pour soi-m�me, dont je me lasserais aussit�t, vous �tes chemin, v�hicule et charroi. Et je ne me lasserai point de devenir.

CCV

Je fus ainsi �clair� sur la f�te, laquelle est de l'instant o� tu passes d'un �tat � l'autre, quand l'observation du c�r�monial t'a pr�par� une naissance. Et je te l'ai dit du navire. D'avoir �t� longtemps maison � b�tir � l'�tage des planches et des clous, il devint, une fois gr��, mari� pour la mer. Et tu le maries. C'est l'instant de f�te. Mais tu ne t'installes pas, pour en vivre, dans le lancement du navire.

Je te l'ai dit de ton enfant. De f�te est sa naissance. Mais tu ne vas pas chaque jour, des ann�es durant, te frottant les mains de ce qu'il soit n�. Tu attendras, pour l'autre f�te, tel changement d'�tat, comme il en sera du jour o� le fruit de ton arbre se fera souche d'un arbre nouveau et plantera plus loin ta dynastie. Je te l'ai dit de la graine r�colt�e. Vient la f�te de l'engrange-ment. Puis des semailles. Puis la f�te du printemps qui te change tes semailles en herbe douce comme un bassin d'eau fra�che. Puis tu attends encore, et c'est la f�te de la moisson, puis encore une fois de l'engrange-ment. Et ainsi de suite, de f�te en f�te, jusqu'� la mort, car il n'est point de provisions. Et je ne connais point de f�te � laquelle tu n'acc�des venant de quelque part, et par laquelle tu n'ailles ailleurs. Tu as march� longtemps. La porte s'ouvre. C'est l'instant de f�te. Mais tu ne vivras point de cette salle-ci plus que de l'autre. Cependant je veux que tu te r�jouisses de franchir le seuil qui va quelque part, et r�serve ta joie pour l'instant o� tu briseras ta chrysalide. Car tu es foyer de faible pouvoir, et n'est point de chaque minute l'illumination de la sentinelle. Je la r�serve, s'il se peut, pour les jours de clairons et de tambours et de victoire. Faut bien que se r�pare en toi quelque chose qui ressemble au d�sir, et exige souvent le sommeil.

Moi j'avance lentement, un pas lent sur la dalle d'or, un pas lent sur la dalle noire, dans les profondeurs de mon palais. Me para�t citerne, � midi, � cause de la fra�cheur captive. Et me berce mon propre pas: je suis rameur in�puisable vers o� je vais. Car je ne suis plus de cette patrie.

S'�coulent lentement les murs du vestibule et, si je l�ve les yeux vers la vo�te, je la vois balancer doucement comme l'arche d'un pont. Un pas lent sur un carreau d'or, un pas lent sur un carreau noir je fais lentement mon travail, comme l'�quipe du puits en forage qui te remonte les gravats. Ils scandent l'appel de la corde � muscles doux. Je connais o� je vais et je ne suis plus de cette patrie.

De vestibule en vestibule, je poursuis mon voyage. Et tels sont les murs. Et tels sont les ornements suspendus au mur. Et je contourne la grande table d'argent o� sont les cand�labres. Et je fr�le de la main tel pilier de marbre. Il est froid. Toujours. Mais je p�n�tre dans les territoires habit�s. M'en viennent les bruits comme dans un r�ve car je ne suis plus de cette patrie.

Douces cependant me sont les rumeurs domestiques. Te pla�t toujours le chant confidentiel du c�ur. Rien ne dort tout � fait. Et, de ton chien lui-m�me, s'il dort, il arrive qu'il aboie en r�ve, � petits coups, et s'agite un peu par souvenir. Ainsi de mon palais bien que mon midi l'ait endormi. Et il est une porte qui bat, on ne sait o�, dans le silence. Et tu songes au travail des servantes, des femmes. Car sans doute est-ce de leur domaine? Elles t'ont pli� le linge frais dans leurs corbeilles. Elles ont navigu� deux par deux pour les transporter. Et, maintenant qu'elles l'ont rang�, elles referment les hautes armoires. Il est l�-bas un geste r�volu. Une obligation a �t� respect�e. Quelque chose vient de s'accomplir. Sans doute est-ce maintenant le repos, mais que saurai-je? Je ne suis plus de cette patrie.

De vestibule en vestibule, de carreau noir en carreau d'or, je contourne lentement le quartier des cuisines. Je reconnais le chant des porcelaines. Puis d'une aigui�re d'argent que l'on m'a heurt�e. Puis cette faible rumeur d'une porte profonde. Puis le silence. Puis un bruit de pas pr�cipit�s. Quelque chose a �t� oubli� qui exige soudain ta pr�sence, comme il en est du lait qui bout, ou de l'enfant qui pousse un cri, ou plus simplement de l'extinction inattendue d'un ronronnement familier. Quelque pi�ce vient de se coincer dans la pompe, la broche, ou le moulin pour la farine. Tu cours remettre en marche l'humble pri�re�

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