Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне

Электронная книга - «Citadelle». Краткое содержание книги:

Citadelle est un livre particulier dans le sens où il n'a jamais été achevé ni retouché (ou très peu) par Saint-Exupéry. L'œuvre est restée à l'état de brouillon dactylographié imparfait avant d'être mis en forme, tant bien que mal, par l'éditeur. Saint-Exupéry aborde ici tous ses thèmes récurrents déjà visités dans ses précédents écrits: l'Amour, l'Apprentissage, la Création, Dieu, les Hommes, les Voyages, etc.
1 ... 114 115 116 117 118 119 120 121 122 ... 131
Перейти на страницу:

Je ne connais point de logique des plis de la robe. Mais tels, et non d'autres, font battre mon c�ur et m'�veillent au d�sir.

CCII

Mon cadeau sera par exemple de t'offrir, en te parlant d'elle, la Voie Lact�e qui domine la ville. Car d'abord mes cadeaux sont simples. Je t'ai dit: �Voici distribu�es les demeures des hommes sous les �toiles.� Cela est vrai. En effet, l� o� tu vis, si tu marches vers la gauche, tu trouves l'�table et ton �ne. A droite la maison et l'�pouse. Devant toi le jardin d'olives. En arri�re la maison du voisin. Voici les directions de tes d�marches dans l'humilit� des jours tranquilles. S'il te pla�t de conna�tre l'aventure d'autrui afin d'en augmenter la tienne � car alors elle prend un sens � tu vas frapper � la porte de ton ami. Et son enfant gu�ri est direction de gu�rison pour ton enfant. Et son r�teau, qui lui fut vol� durant la nuit, augmente la nuit de tous les voleurs aux pas de velours. Et ta veille devient vigilance. Et la mort de ton ami te fait mortel. Mais s'il te pla�t de consommer l'amour, tu te retournes vers ta propre maison, et tu souris d'apporter en pr�sent l'�toffe au filigrane d'or, ou l'aigui�re neuve, ou le parfum, ou quoi que ce soit que l'on change en rire comme l'on alimente la gaiet� d'un feu d'hiver en y versant le bois muet. Et si, l'aube venue, il te faut travailler, alors tu t'en vas, un peu lourd, r�veiller dans l'�table l'�ne endormi debout, et, l'ayant caress� � l'encolure, le pousses devant toi vers le chemin.

Si maintenant simplement tu respires, n'usant ni des uns ni des autres, ne tendant ni vers l'un ni vers l'autre, tu baignes cependant dans un paysage aimant� o� il est des pentes, des appels, des sollicitations et des refus. O� les pas tireraient de toi des �tats divers. Tu poss�des dans l'invisible un pays de for�ts et de d�serts et de jardins et tu es, bien qu'absent de c�ur dans l'instant pr�sent, de tel c�r�monial, et non d'un autre.

Si maintenant j'ajoute une direction � ton empire, car tu regardais devant, en arri�re, � droite et � gauche, si je t'ouvre cette vo�te de cath�drale qui te permet, dans le quartier de ta mis�re o� peut-�tre tu meurs �touff�, la d�marche d'esprit du marin de mer, si je d�roule un temps plus lent que celui qui m�rit ton seigle, et te fais ainsi vieux de mille ann�es, ou jeune d'une heure, � mon seigle d'homme, sous les �toiles, alors une direction nouvelle s'ajoutera aux autres. Si tu te tournes vers l'amour, tu t'en iras d'abord laver ton c�ur � ta fen�tre. Tu diras � ta femme, du fond de ce quartier de mis�re o� tu meurs �touff�: �Nous voici seuls, toi et moi, sous les �toiles.� Et tant que tu respireras tu seras pur. Et tu seras signe de vie, comme la jeune plante pouss�e sur le plateau d�sert entre le granit et les �toiles, semblable � un r�veil, et fragile et menac�e, mais lourde d'un pouvoir qui se distribuera au long des si�cles. Tu seras cha�non de la cha�ne et plein de ton r�le. Ou si encore, chez ton voisin, tu t'accroupis aupr�s de son feu pour �couter le bruit que fait le monde (oh! si humble, car sa voix te racontera la maison voisine, ou le retour de quelque soldat, ou le mariage de quelque fille) alors j'aurai b�ti en toi une �me plus apte � recevoir ces confidences. Le mariage, la nuit, les �toiles, le retour du soldat, le silence seront pour toi musique nouvelle.

CCIII

Tu me dis laide cette main de pierre, laquelle est �paisse et grumeleuse. Je ne puis t'approuver. Je veux conna�tre la statue avant de conna�tre la main. S'agit d'une jeune fille en larmes? Tu as raison. S'agit d'un forgeron noueux? La main est belle. Ainsi de celui-l� que je ne connais pas. Tu me viens prouver son ignominie: �Il a menti, il a r�pudi�, il a pill�, il a trahi��

Mais il est du gendarme de d�cider selon des actes, car ils sont distingu�s en noir et blanc dans son manuel. Et tu lui demandes d'assurer un ordre, non de juger. Ainsi de l'adjudant qui te p�se tes vertus selon ta science au demi-tour. Et certes je m'appuie aussi sur le gendarme car le culte du c�r�monial domine le culte de la justice puisqu'il est de lui de fonder l'homme que la justice garantira. Si je ruine le c�r�monial au nom de la justice, je ruine l'homme et ma justice n'a plus d'objet. Je suis juste d'abord pour les dieux dont tu es. Mais il se trouve que tu me pries, non de d�cider sur le ch�timent ou sur la gr�ce de tel que je ne connais pas � car alors je me d�mettrai en mon gendarme du soin de feuilleter les pages du manuel � mais de m�priser ou d'estimer, ce qui est autre. Car il m'arrive de respecter qui je condamne, ou de condamner qui je respecte. N'ai-je point maintes fois gouvern� mes soldats contre l'ennemi bien-aim�?

Or de m�me que je connais des hommes heureux, mais ignore tout sur le bonheur, je ne sais rien sur ton pillage, ton meurtre, ta r�pudiation, ta trahison s'ils ne sont point tel acte de tel homme. Et l'homme n'est point charri� dans sa substance, plus que n'est charri�e telle statue � qui l'ignore, par le faible vent des paroles.

Cet homme donc provoque ton hostilit� ou ton indignation ou ton d�go�t (de par des mobiles peut-�tre obscurs comme il en est de ceux qui te font fuir telle musique). Et si tu m'as brandi tel acte en exemple, c'est pour y loger ta r�probation et la transporter en autrui. Car mon po�te, de m�me, s'il �prouve telle m�lancolie d'une destin�e frapp�e � mort bien que glorieuse encore, dira �soleil d'octobre�. Et certes il ne s'agira ni du soleil, ni d'un certain mois parmi d'autres. Et si je veux transporter en toi tel carnage nocturne par lequel, fondant sur lui dans le silence, sur un sable �lastique, j'ai noy� l'ennemi dans son propre sommeil, je nouerai tel mot � tel autre, disant par exemple �sabres de neige� afin de prendre au pi�ge une douceur informulable, et il ne s'agira ici ni de la neige, ni des sabres. Ainsi de l'homme me choisis-tu un acte qui ait valeur de l'image dans le po�me.

Ta rancune, faut bien qu'elle devienne grief. Faut bien qu'elle prenne un visage. Nul ne supporte d'�tre habit� par des fant�mes. Ta femme, ce soir, que d�sire-t-elle? Faire partager sa rancune � sa confidente. R�pandre autour d'elle cette rancune. Car tu es ainsi fait que tu ne sais point vivre seul. Et il te faut coloniser par le po�me. C'est pourquoi, d'une voix volubile, elle d�comptera tes turpitudes. Et s'il se trouve que son amie hausse les �paules, car ses reproches, de toute �vidence, ne valent rien, elle n'en sera point adoucie. C'est donc qu'il en est d'autres. Elle a simplement manqu� son charroi. Elle a mal choisi les images. Son sentiment elle ne peut douter qu'il soit, puisqu'il est.

Ainsi du m�decin quand tu as mal. Tu as propos� cette cause ou l'autre. Tu as ton id�e l�-dessus. Il te d�montre que tu te trompes. Cela est possible. Que tu n'as point de mal en toi. Mais ici tu protestes. Tu as faussement illustr� ton mal, mais tu ne saurais le mettre en doute. C'est ton m�decin qui est un �ne. Et tu iras de description en description jusqu'� la lumi�re. Et de n�gation en n�gation le m�decin n'aura point le pouvoir d'annuler ton mal puisqu'il est. Ta femme te noircit dans ta vie pass�e, dans tes souhaits, dans tes croyances. Ne sert de rien de lutter contre les griefs. Accorde-lui le bracelet d'�meraude. Ou bien fouette-la.

Mais je te plains dans tes brouilles et dans tes r�conciliations, car elles sont d'un autre �tage que l'amour.

L'amour est avant tout audience dans le silence. Aimer c'est contempler. Vient l'heure o� ma sentinelle �pouse la ville. Vient l'heure o� tu rejoins de ta bien-aim�e ce qui n'est point d'un geste, ni d'un autre, d'un d�tail du visage, ni d'un autre, d'un mot qu'elle prononce, ni d'aucun autre mot, mais d'Elle.

1 ... 114 115 116 117 118 119 120 121 122 ... 131
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)