Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
Mortels trafics - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Mortels trafics

Электронная книга - «Mortels trafics». Краткое содержание книги:

À croire qu’il est plus important d’intercepter des « go fast » de cannabis que d’arrêter des tueurs…
1 ... 8 9 10 11 12 13 14 15 16 ... 56
Перейти на страницу:

Devant eux, un camion de pompiers et une voiture de police. À une vingtaine de mètres, un attroupement de curieux commentaient leur déploiement. Des gosses, plus attirés par la foule que par les flics, profitaient du public pour faire démonstration de leur adresse au guidon d’un scooter… Dérapages et roue arrière au programme. Pour le moment, aucune agressivité, mais il valait mieux rester sur ses gardes, ici tout pouvait partir très vite en vrille. Garé près de quatre policiers de la BAC, Girard se présenta avec ses troupes, déclenchant des « bonjour, patronne » et des « mon commandant ». Le chef de groupe les invita à expliquer comment le fourgon avait été découvert.

— Un appel anonyme au commissariat, nous étions de patrouille. Quand nous sommes intervenus, ça cramait encore. Les pompiers sont arrivés dans les minutes qui ont suivi.

L’un d’entre eux l’interrompit :

— Dans ce quartier, dans la mesure du possible, on s’arrange pour intervenir lorsque la police est là, ça nous évite de tomber dans des guets-apens.

— Oui, c’est un peu le jeu, confirma l’un des membres de la BAC. Quand ils s’ennuient, ils font cramer une bagnole pour faire venir les pompiers et déclencher le grand cirque.

— On y a déjà laissé deux camions.

— Bref, ce n’est pas le cas aujourd’hui, conclut Girard, avant de se tourner vers ses hommes. Faites des constatations rapides. De toute manière, pour l’ADN et les empreintes, c’est mort. On a téléphoné pour faire venir une dépanneuse, on fignolera à la fourrière s’il y a lieu.

Hakim constata une chose importante :

— On est dans le quartier où les téléphones du couple ont été localisés. Hier, je suis venu à côté d’ici. La boutique où ils ont acheté leurs cartes téléphoniques est à seulement quelques blocs.

— C’est quoi cette cité ? demanda le commandant.

Les « baqueux » se mirent à rire.

— Un supermarché, crack, coke, héroïne, shit, kalachnikovs… vous y trouvez tout ce que vous voulez comme fournitures de première nécessité.

À tout hasard, le commandant sortit les photos des deux suspects.

– Ça vous dit quelque chose ?

— Ils ressemblent à quasiment tout le monde. Des jeunes en casquette de base-ball et sweat à capuche, c’est l’uniforme. Quant à la fille avec son foulard, c’est un peu pareil.

Les pompiers annoncèrent :

— On a terminé, on rentre.

Ils regardèrent le camion s’éloigner. Au moment où il passa à côté d’une bande, une volée de pierres s’abattit en rafale sur la carrosserie, tradition locale de salut. Coup de sirène et d’accélérateur, le camion s’éloigna… Pour une fois, ça n’irait pas plus loin.

— On va avoir droit à la même chose, s’inquiéta Isabelle.

— Difficile de prévoir, répondit le brigadier-chef de la BAC. Normalement, non. Tant qu’on ne les emmerde pas dans leurs trafics, ils nous laissent tranquilles. Non pas qu’ils nous craignent, mais ils savent que s’ils s’en prennent à nous, on risque de revenir en force. Ce n’est pas bon pour leur commerce.

— Et faire du voisinage, c’est possible ? interrogea le commandant.

— Pour vous et madame, si on vous accompagne, je pense que ça passera. Ils comprendront rapidement que vous n’êtes pas là pour la came et les trafics. Pour eux, poursuivit-il en désignant Hakim et Jean-Paul, ça sera plus dur, ils font trop flics des Stups.

— Je leur dis de s’habiller correctement, ils ne veulent rien entendre ! Bon ! il ne me reste plus qu’à me taper ça. Ça me rajeunira de vingt-cinq ans !

— Vous allez prendre Hamed avec vous, il connaît la cité et il passe bien. Nous, on va rester là pour couvrir les autres collègues et garder les voitures.

Hamed était un jeune flic, un grand Black au regard sympathique et à la musculature imposante. On devait réfléchir à deux fois avant de venir lui chercher des noises. Patrick Girard ronchonna pour le principe mais, en réalité, il n’était pas mécontent de cette aventure qui se limiterait à trois tours d’une dizaine d’étages chacune. L’entrée dans les blocs était d’autant plus facile que les serrures n’existaient plus depuis longtemps. En bas de chaque immeuble, des jeunes assis sur les marches d’escalier, pour la plupart des dealers en attente de clients. Une fille aux allures de sage étudiante donnait de l’argent à l’un d’eux. Son fournisseur agissait avec un tel sentiment d’impunité qu’il ne tint aucun compte de l’arrivée des policiers et continua comme si de rien n’était. La cliente ne parut pas plus gênée, l’important pour elle était que ses euros se transforment bien en drogue. Les deux flics de la Crim’ emboîtèrent le pas d’Hamed et enjambèrent les dealers.

— Malgré ce qu’on peut penser, ça va aller assez vite, expliqua leur guide. Ça fera une trentaine d’appartements, mais plusieurs sont vides, certains sont occupés par des gens qui travaillent, la plupart ne voudront rien dire ou n’auront rien vu.

L’homme connaissait effectivement bien sa zone. Dans des couloirs mal éclairés, certaines portes étaient défoncées alors que d’autres, au contraire, étaient renforcées d’une multitude de serrures. Chacun ici vivait à sa façon, la règle étant de ne pas s’occuper des autres. La surprise intervint dans la troisième cage d’escalier, alors qu’ils n’y croyaient plus. Au cinquième étage, ayant frappé plusieurs fois et s’apprêtant à partir, ils entendirent un pas hésitant approcher. Un bruit de serrure, la porte se bloqua, retenue par une chaîne de sécurité. Un demi-visage ridé, un œil. Girard le regarda avec lassitude et s’adressa à lui d’une voix fatiguée avec la certitude de faire un nouveau bide.

— Bonjour, monsieur, nous sommes de la police.

Pour toute réponse, une sévère quinte de toux. La silhouette se plia presque en deux avant de les regarder à nouveau d’un œil devenu larmoyant. Bruit de chaîne… et apparition d’un octogénaire en robe de chambre à carreaux, portée sur un survêtement trop grand pour lui. Une effroyable odeur de tabac assaillit leurs narines. L’homme les étudia longuement tout en tirant sur une cigarette qu’il tenait entre des doigts jaunis par la nicotine. Son visage disparut un instant derrière un nuage de fumée.

— C’est ça, la police française ? Une midinette, un Sénégalais et un agent d’assurances ?

Ils se retinrent de partir tous les trois d’un énorme éclat de rire, mais le commandant reprit son sérieux.

— Nous venons au sujet de la voiture qui a brûlé en face de chez vous.

Le vieillard les planta sur le palier et disparut en laissant la porte ouverte. Ils se regardèrent, sourires en coin. Même si ça n’apportait pas grand-chose à l’enquête, Girard sentait déjà que le pittoresque de cette visite allait animer les prochains pots de brigade. Ils suivirent le personnage jusque dans sa chambre. Côté rue, une vue imprenable sur la camionnette carbonisée. Devant la fenêtre : une table, un cahier, un stylo et des jumelles. Leur hôte s’offrit une nouvelle quinte de toux avant de pouvoir parler, pour finalement se reprendre, s’essuyer les lèvres du revers de sa robe de chambre, et grogner :

— Je fais votre travail, moi. Je planque et je prends des notes.

— …

Trois silences, trois flics bouche bée.

— Ben oui, et vous… vous ne faites rien. J’ai déjà essayé de téléphoner pour dire que j’avais des renseignements sur les trafics de drogue. J’ai appelé plusieurs fois, on m’a promis de venir, mais personne n’est jamais venu me voir. Alors, je continue de travailler… J’ai rédigé un rapport complet.

1 ... 8 9 10 11 12 13 14 15 16 ... 56
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)