Pisteur - Livre 2 - Partie 2 [Ruins - fr]
- Автор: Кард Орсон Скотт
- Серия: Pisteur #2
- Год: 2015
- Язык: французский
- Год: J'ai Lu
- ISBN: 978-2-290-10335-7
- Переводчик: Mathieu Jacquet
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «Pisteur - Livre 2 - Partie 2 [Ruins - fr]». Краткое содержание книги:
— Mais c’est impossible ! geignit Umbo. Ramsac, l’Homme en Or, son père, il lui a tout appris ! Moi, personne…
— Des pleurnicheries, maintenant. Tu as de la chance, je ne gifle pas les pleureuses. Ramsac a préparé Rigg, c’est vrai. Mais à reprendre le trône d’Aressa Sessamo, rien d’autre ! D’où son aisance à la capitale parmi les gens de la cour. Mais jamais il n’a été préparé à traverser un Mur sans pierres, à survivre dans l’entremur de Vadesh ou d’Odin, tout simplement parce Ramsac n’avait prédit aucun de ces événements. Pourquoi crois-tu que Rigg s’en soit si bien sorti ?
— N’exagérons rien… minimisa Rigg. C’est vous qui avez tout fait, toi, Olivenko…
— Tu cherches les coups, toi aussi, le menaça Miche. Non mais écoute-toi ! Olivenko, moi, tout fait ? Si tu tiens à nous féliciter, félicite-nous de t’avoir choisi comme chef. Tu décèles les points forts des autres et t’appuies dessus, tu fais confiance, tu n’imposes jamais tes idées, tes décisions, tu n’insistes pas pour tout contrôler. Tu ne jalouses pas notre savoir-faire, au contraire : tu nous remercies de le mettre en application puis tu passes à autre chose. »
Miche saisit la main d’Umbo et l’écarta de sa tête pour le forcer à écouter.
« Voilà ce que l’on attend de toi, Umbo. Que tu te réjouisses que tes camarades sachent des choses utiles que tu ignores. Et ensuite, que tu te félicites de pouvoir contribuer avec tes propres armes, celles dont tu es le seul à disposer. Et là, c’est le vieil officier qui parle : une troupe de gaillards de la trempe de Rigg s’en sortira toujours, survivra jour après jour dans la bataille et, même si elle finit battue, mourra l’arme au poing en ayant saigné les rangs de l’ennemi à blanc. Car dans cette troupe, les hommes ne se battront pas chacun pour leur peau mais en bloc, et un bloc bien plus compact qu’un tas de mâles dominants terrifiés, se grimpant les uns sur les autres pour finir au sommet de la pyramide.
— Tu peux parler ! fulmina Umbo.
— C’est ce que je fais.
— Il fait référence à toi et Olivenko… traduisit Rigg. Aux petites bisbilles dont vous nous gratifiez depuis Aressa Sessamo.
— Tu as raison, acquiesça Miche. Je voyais Olivenko comme un soldat de pacotille, au début. Et alors ? J’avais tort, je le reconnais. Notre comportement nous a nui à l’un comme à l’autre. Mais lorsque nous avons franchi le Mur et que je l’ai vu y retourner bille en tête pour te sauver, Rigg, j’ai compris sa vraie valeur. Et à partir de là, nous n’avons plus fait qu’un. Pas vrai, Olivenko ?
— On continue à s’en envoyer de bonnes, quand même… répliqua le soldat.
— Oui, mais on se fait confiance, insista Miche.
— C’est vrai, admit Olivenko.
— Défoule-toi sur Rigg tant que tu veux, Umbo, reprit le tavernier. Il mérite parfois de se faire remettre à sa place, quand il prend ses airs de pète-sec de la haute de Sessamoto. Mais il faut aussi que tu apprennes à ravaler ta susceptibilité. Tu ne peux pas prendre ombrage de tout ce que l’on te dit, ni étrangler tous ceux qui font mieux que toi.
— Je n’ai envie d’étrangler personne ! plaida Umbo.
— Toi, non, mais ton corps si. Commandé par ton cerveau de mâle dominant, d’ado attardé, individuel, égoïste comme pas deux, incapable de s’attacher à un groupe et de contribuer sans avoir envie de tout diriger. C’est lui que j’ai giflé, pour le faire taire et laisser l’homme émerger et reprendre les choses en main. Es-tu aveuglé par la rage au point de ne pas voir que nous t’apprécions, que nous avons besoin de toi et te respectons ? Rigg, surtout. Rigg plus que personne.
— Personne ne me respecte, articula Umbo la gorge nouée, avant de fondre à nouveau en larmes.
— Cet enfant me dépasse, se désola Miche. Il lui faudrait un trou dans le crâne pour libérer ses démons.
— Il a compris, tempéra Rigg.
— M’étonnerait.
— Il a compris, répéta Rigg, parce qu’il sait combien tu l’aimes et que lui t’aime tout autant. Il a compris, même s’il est trop fier pour l’admettre. Alors foutons-lui la paix cinq minutes et remettons-nous au travail.
— Qu’est-ce que tu suggères ? s’enquit Olivenko.
— Les Enfants d’Odin nous ont menti mais leurs plans m’échappent encore… J’ignore ce qu’ils comptent faire de nous, surtout.
— Tu veux dire, à part nous piquer nos gènes pour les implanter dans des souris ? demanda Olivenko.
— Un instant… Mais bien sûr ! s’exclama Rigg. Voilà ce que je n’avais pas compris ! Depuis le temps que cette question me tracasse… Si seuls des humains possèdent la capacité de manipuler le temps, Miche, comment les Enfants d’Odin ont-ils pu développer des machines capables de téléporter des objets dans le temps et l’espace ?
— Bonne question, concéda Miche.
— Tu as une réponse ?
— Mmm, possible… hésita Miche. Il se pourrait que j’aie demandé aux souris… et qu’elles m’aient répondu.
— Répondu que… ? le pressa Olivenko.
— Qu’en fait, cette machine n’existe pas.
— Mais… la gemme… dans les feuilles… évoqua Umbo.
— Les Enfants d’Odin ne sont pas en cause, expliqua Miche. Ils croient dur comme fer posséder une telle machine. Sauf que, d’après les souris, tout cela n’est qu’un canular.
— Un canular ? s’exclama Umbo.
— Qui aurait cru ces petites bêtes si joueuses ? s’esclaffa Miche dans un grand éclat de rire. Nos hôtes ont manipulé des années durant une belle machine, qui crachait de la vapeur et clignotait de partout, comme toutes celles fabriquées dans l’entremur jusqu’à ce que Père-Souris ne délègue à ses souris savantes leur développement. Mais cette belle mécanique ne téléportait rien du tout.
— C’étaient les souris… souffla Olivenko.
— Elles aussi descendent de Ram Odin, rappela Miche. Elles ont hérité de son ADN, l’ont peaufiné au fil des croisements des générations durant. Elles ne peuvent se téléporter elles-mêmes, mais sont capables de déplacer des objets inanimés. Celles qui ont essayé sur elles y ont laissé la vie. Mais leur précision sur des objets laisse rêveur, même si l’exercice nécessite plusieurs centaines de souris à l’œuvre. Un peu comme vous, Rigg et Umbo, à votre échelle. Elles s’y sont mises à plusieurs à la seconde où elles ont compris détenir ce pouvoir. »
Exact, songea Rigg. Umbo et moi avons effectué nos premiers essais lorsque notre complémentarité – notre besoin de cohésion – nous est apparue comme une évidence. Puis on s’est mis à essayer chacun de notre côté, à se passer l’un de l’autre, et les premiers couacs sont survenus.
« Maintenant, il est de mon devoir de vous avertir d’un petit… problème s’étant produit à notre départ de la bibliothèque, annonça Miche.
— Un problème ? débita Rigg. Qui t’a prévenu ? Les souris ? »
Umbo imagina immédiatement le pire.
« Param ! s’écria-t-il. Que lui est-il arrivé ?
— Les Enfants d’Odin ont donné ordre aux souris de la pousser à la panique, pour qu’elle disparaisse. Elles ont ensuite reçu pour consigne de placer un morceau de métal sur son chemin, là où un de ses organes vitaux réapparaîtrait au cours d’un flash de présence.
— Ils vont la tuer ! hurla Rigg.
— Les souris ne peuvent rien projeter dans un espace déjà occupé par quoi que ce soit de plus solide qu’un gaz, précisa Miche. Mais rien ne les empêche de le faire dans un espace vacant… avant que le cœur ou que le cerveau de Param ne réapparaisse, par exemple.