Pisteur - Livre 2 - Partie 2 [Ruins - fr]
- Автор: Кард Орсон Скотт
- Серия: Pisteur #2
- Год: 2015
- Язык: французский
- Год: J'ai Lu
- ISBN: 978-2-290-10335-7
- Переводчик: Mathieu Jacquet
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «Pisteur - Livre 2 - Partie 2 [Ruins - fr]». Краткое содержание книги:
Mais avant même qu’elle ait pu reculer sa chaise, Rigg apparut en lévitation quelques centimètres au-dessus de la table. Il atterrit à la surface en écrasant quelques souris au passage. Il lui tendit le bras.
Danger imminent, comprit Param. Rigg n’est pas là par hasard.
Elle saisit sa main ; les souris disparurent.
Son frère la fit lever de sa chaise et sauta de la table.
« On y va », annonça-t-il sans préambule.
Des souris se baladaient dans la pièce.
« Et si elles nous voient ? s’enquit Param.
— On s’en fiche. L’aéronef nous attend, indiqua Rigg en la tirant par la main vers la sortie. On a fait une grosse erreur en s’enfermant des heures dans ces pièces souterraines. C’est un enfer pour entrer et sortir. »
Au détour d’un couloir, ils tombèrent nez à nez avec Père-Souris en train de descendre un escalier.
Rigg lui serra la main et mit Param en garde d’un regard.
« Père-Souris ! s’exclama-t-il. Nous n’avons pas enfreint le règlement en courant dans les couloirs au moins ?
— Ce n’est pas interdit, sourit leur hôte. Où vous rendiez-vous d’un si bon pas ?
— Dehors ! Le soleil me manque et ma sœur a gentiment proposé de m’accompagner.
— Eh bien, filez, je ne vous retiens pas ! »
Ils dévalèrent les marches quatre à quatre.
« Il n’y a vu que du feu.
— Nous sommes revenus de six mois en arrière. Mais lorsqu’il croisera l’un de nous dans le présent, il comprendra mieux notre empressement.
— Qu’est-ce que ça change ? Où que l’on fuie, quoi que l’on fasse, ils pourront toujours nous atteindre grâce à leur machine – par une épée dans le cœur, du poison dans nos verres… On ne se sentira jamais en sécurité.
— Tais-toi et cours. Et ne t’inquiète pas. Ils ne nous feront rien.
— Tu m’as l’air bien sûr de toi, sourcilla Param.
— Oui, parce qu’il n’y a pas de machine, lui dévoila Rigg.
— Mais…
— Cours », la coupa Rigg.
Quand ils débouchèrent enfin au grand air, Param s’effondra, à bout de souffle, les poumons et les cuisses en feu.
Umbo les attendait, concentré à l’extrême. Un aéronef apparut soudain derrière lui, puis Miche et Olivenko, debout à côté.
Ils avaient probablement assisté Rigg dans son opération de sauvetage, en lui permettant de dénicher la trace qui le ramènerait pile-poil au bon moment. Umbo avait dû suspendre le temps pour que Rigg puisse l’exploiter. Et il avait attendu patiemment ici leur retour.
Le temps que Rigg et Param courent jusqu’à l’aéronef, Olivenko et Miche avaient pris place à bord. Umbo attendait à l’extérieur. Lorsqu’ils arrivèrent, il tendit une main – non pas à Param mais à Rigg – puis les aida à gravir la rampe d’accès.
« Une affaire rondement menée, les félicita Miche.
— Rigg et Umbo viennent de te sauver d’une fin atroce », indiqua Olivenko.
L’aéronef décolla.
« Les souris allaient m’attaquer ? s’exclama Param, incrédule.
— Oui, mais pas en te grignotant.
— En plaçant un cylindre de métal dans ta gorge, expliqua Rigg en écartant les bras pour lui donner une idée de la taille. Pendant l’un de tes sauts. Tu en as… disons… perdu la tête. »
Param se sentit mal.
« Mais pourquoi ? Qu’est-ce que j’ai fait de mal ?
— Rien du tout. C’était juste pour nous envoyer un message, hasarda Olivenko. Une manière de nous dire : “Vous êtes à notre merci.”
— Ou pour nous obliger à utiliser nos pouvoirs et à déguerpir d’ici, supposa Rigg.
— Il y avait plus simple ! s’écria Param. En nous le demandant gentiment, par exemple…
— Ceux qui ont agi ne sont peut-être pas ceux que l’on croit, développa Miche. Nous n’avons rencontré que Père-Souris et Saute-Nuages. Cela a faussé notre vision de l’unité qui règne dans l’entremur. Il existe peut-être des factions dissidentes que notre présence dérange.
— Et qui nous le font savoir en me tuant ?
— Ils savaient pertinemment que nous viendrions te chercher. Et qu’ensuite, nous ne resterions pas.
— Mais quid de notre rencontre avec les Éclaireurs ? Nous n’étions pas censés les convaincre de laisser le Jardin tranquille ?
— Après mûre réflexion, non, intervint Umbo. Ça n’a jamais fait partie de leur plan.
— Ils nous mentent depuis le début ?
— Qu’est-ce que tu crois, commenta Miche. Ils sont humains.
— Alors pourquoi nous être entêtés à leur faire confiance ? s’emporta Rigg en secouant la tête, avant d’imiter la voix mélodieuse de Saute-Nuages. “Nous vous faisons confiance. Vous trouverez bien quelque moyen de convaincre les Éclaireurs de nous laisser la vie sauve.” Par le talon droit de Silbom !
— Qu’attendent-ils de nous ?
— On l’ignore encore, indiqua Miche.
— J’ai une théorie, dévoila Umbo.
— Laquelle ? s’enquit Rigg.
— Tu vas me prendre pour un débile, prévint Umbo.
— Probable. Mais on peut être débile sans forcément avoir tort.
— Ni être inutile, renchérit Miche. Dis toujours.
— Je pense qu’ils ont complètement abandonné l’idée de faire changer d’avis les Éclaireurs, se lança Umbo. Leur nouveau plan, d’après moi, c’est de nous faire monter à bord du vaisseau des Éclaireurs pour y dissimuler une arme. Une arme qu’ils ramèneraient sur Terre, et qui leur servirait à exterminer la race humaine avant qu’elle ait pu envoyer ses Nettoyeurs.
— Une arme ? s’écria Param. Je croyais qu’ils avaient interdiction d’en produire !
— Exact, confirma Umbo. Ils n’en ont produit aucune. Celle dont je vous parle est d’un type un peu particulier. Ni mécanique ni biologique ni quoi que ce soit d’autre.
— Qu’est-ce qu’elle est, dans ce cas ? » questionna Rigg.
Pour toute réponse, Umbo fit un geste en direction de Miche.
Param remarqua alors les deux petites souris juchées sur les épaules du tavernier.
« Encore ces souris ? s’exclama-t-elle.
— Tout à l’heure, je t’ai dit qu’il n’y avait aucune machine, reprit Rigg. Et pourtant, les Enfants d’Odin sont persuadés d’en posséder une. Une vraie, qui fonctionne comme ils le pensent. Mais en fait, ce qu’ils voient est un hologramme solide, qui ne téléporte rien du tout. »
Param tira les conclusions d’elle-même.
« Ce sont les souris qui le font.
— Les créatures savantes de Père-Souris, confirma Umbo. Il les a croisées avec des humains. Depuis, elles possèdent des gènes capables de manipuler le temps, sous une forme bien particulière : le déplacement dans l’espace et le temps d’objets inanimés.
— Donc lorsqu’elles ont placé ce truc dans ma gorge…
— Elles l’ont fait à la demande des Enfants d’Odin, termina Umbo. Et elles ont obéi car elles-mêmes savaient que nous viendrions te chercher.
— Même si ce fut plus délicat que prévu, nota Rigg. Nous voulions te laisser le temps d’emmagasiner un maximum d’informations ici.
— Même les plus insignifiantes… » ajouta Olivenko.
Était-ce une pointe de mépris dans sa voix ?
« Nous sommes restés ici un an au total – un an depuis notre départ de l’entremur de Ram, et dont chaque minute valait la peine d’être vécue, souligna Miche. Il fallait te sauver sans rien perdre de ce trésor. »
Param se sentit mal à l’aise à la pensée de son cadavre sans tête et calciné.
« Et maintenant ? Quelle est la suite ?
— On part rejoindre la frontière de l’entremur de Lar, annonça Rigg. Au nord d’ici. Là où Père Knosso est mort.