Pisteur - Livre 2 - Partie 2 [Ruins - fr]
- Автор: Кард Орсон Скотт
- Серия: Pisteur #2
- Год: 2015
- Язык: французский
- Год: J'ai Lu
- ISBN: 978-2-290-10335-7
- Переводчик: Mathieu Jacquet
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «Pisteur - Livre 2 - Partie 2 [Ruins - fr]». Краткое содержание книги:
Les trois visiteurs le suivirent jusqu’à une pièce que Rigg reconnut d’emblée comme étant la chambre de réveil et de soins. Umbo ne prit pas la peine de les saluer. Le sacrifiable déposa le plateau, qui déplia automatiquement quatre pieds pour se transformer en une petite table. Le déjeuner était servi.
« Je vous ai manqué ? s’enquit Umbo tout en enfournant une première fourchetée.
— Saute-Nuages s’inquiétait de ta prise de contrôle du vaisseau, l’informa Rigg. Bon appétit. C’est bon ?
— Donc vous avez accouru à sa demande pour me remettre à ma place, mâchonna Umbo en ignorant la question.
— Nous sommes venus vérifier la véracité de ses propos, rectifia sèchement Rigg, passablement agacé qu’Umbo en déduise qu’ils avaient cru l’Enfant d’Odin sur parole.
— Elle a dit vrai, confirma Umbo. Les pierres incrustées dans le manche de la dague fonctionnent aussi bien que les autres. Je suis le nouveau chef à bord. »
Ses mots restèrent un instant en suspens dans l’air.
« Intéressant, finit par réagir Rigg. Quel est le but ?
— Continuer à faire ce que je fais depuis le début, rétorqua Umbo. Étudier le vaisseau. Voir si ça nous mène quelque part.
— Et dans cette pièce ? questionna Rigg. Tu comptes essayer de ressusciter tes deux cadavres ? »
Umbo se leva d’un bond en envoyant valser son plateau-repas, que le sacrifiable cueillit au vol sans rien renverser. Quels réflexes ! songea Rigg, admiratif.
« Tu es allé m’espionner dans le passé ! explosa Umbo.
— Je n’en ai pas eu besoin ! riposta Rigg. Il m’a suffi de suivre tes cadavres à la trace !
— Et alors, ils ont eu mal ? Tu as apprécié le spectacle ?
— Du calme, s’interposa Olivenko. On dirait deux…
— Gamins ? s’esclaffa Miche. Mais ce sont deux gamins, Olivenko. Même si, dans le cas présent, la palme revient quand même à Umbo. »
Le jeune cordonnier lui lança un regard noir.
« Content de savoir ce qu’un vulgaire crocheface pense de moi ! »
Miche le gifla.
Umbo vacilla sous le choc, palpa sa joue rougie par l’impact et se mit à sangloter.
« Pourquoi moi ? dit-il d’une voix étranglée. Qu’est-ce que j’ai fait de mal ?
— Tu as menti et déclenché cette dispute, répliqua Miche.
— Je n’ai pas menti ! protesta Umbo.
— Tu n’aurais pas dû le frapper, plaida Rigg. Et je n’aurais pas dû m’emporter non plus.
— Ce n’est pas à cause de lui, mais de vous deux, que je suis en colère, tonna Miche. Ces enfantillages ont assez duré. Ne comprenez-vous pas que vos vies sont en jeu, ici et maintenant ? Pas plus tard, pas peut-être. Pas à cause d’un soi-disant avertissement sur la fin du monde. Umbo s’est fait briser la nuque deux fois aujourd’hui. Quand allez-vous enfin vous serrer la main ? Au moins en camarades, puisque vous êtes incapables de le faire en amis.
— Je n’ai pas d’amis, ronchonna Umbo. Je pensais en avoir, mais…
— Tu as gâché notre amitié il y a des mois en insinuant que le crocheface parlait à ma place, le coupa Miche. Et ta stupide rébellion quand Rigg essayait de nous sauver la vie t’a coûté la sienne. Quand on ne sait pas faire dix mètres dans les bois sans se perdre, on la boucle.
— C’est donc ma faute maintenant !
— Oui, insista Miche. Et ne fais pas l’étonné. Lorsque Rigg est entré dans cette pièce, tu as fait mine de ne pas connaître les raisons de sa venue. Tu as très bien compris ce qu’il voulait dire mais tu as préféré jouer les victimes. Et tu as menti.
— Je n’ai pas menti !
— Si, en prétendant être le nouveau chef à bord, alors que ton commandement se limite à ce vaisseau-ci, et en tant que second de Rigg. »
Umbo se tut et regarda Miche droit dans les yeux.
« Comment l’as-tu su ? »
Miche sourit.
« Content de voir que tu entends ce qu’on te dit, au moins. »
Umbo se tourna vers Rigg.
« Le vaisseau refusait de te relever de ton commandement. Mais Odsac m’avait déjà zigouillé deux fois. Il fallait que je l’arrête. C’est le seul moyen que j’ai trouvé. Mais cela ne veut pas dire que je t’accepte comme supérieur. Je ne serai jamais à tes ordres ! »
Que répondre à cela ? Le dégoût dans l’expression et le ton d’Umbo laissait Rigg sans voix, incapable de comprendre ou même de réagir.
« Le vaisseau n’a daigné m’obéir qu’en apprenant que tu m’avais remis ce couteau, reprit Umbo d’un ton amer. Je n’existe que parce que tu l’as bien voulu. »
En guise de réponse, Rigg exhiba la bourse de pierres.
« Tiens, prends-la, répliqua-t-il en la tendant à Umbo. Que le vaisseau et cet assassin de sacrifiable nous en soient tous témoins. Je remets ces pierres entre les mains d’Umbo.
— Je n’en veux pas ! cria Umbo. Je ne veux rien de toi ! Je n’ai utilisé ce couteau que pour rester en vie, je… »
Umbo tenait la dague non pas à plat sur la paume, comme une offrande, mais dans son poing serré, menaçant. La main de Miche partit comme l’éclair – aussi vive que celle du sacrifiable pour rattraper le plateau. Umbo s’écroula au sol en se tenant le poignet, le visage grimaçant.
« Rigg, attrape ! hurla Miche en lui lançant la dague. Réaffirme ton commandement tout de suite ! »
Le tavernier fixait le sacrifiable. Rigg saisit la lame au vol et, sans chercher à en savoir plus, déclama « Je me rétracte. Je reste commandant de ce vaisseau et des autres, de ce sacrifiable et des autres. »
Ce n’est qu’alors qu’il se tourna vers Odsac. La machine était figée debout, raide comme un majordome, le plateau toujours à la main.
« Il allait se jeter sur toi, lui apprit Olivenko. Il était moins une.
— Umbo ne m’aurait jamais poignardé, dit Rigg en se tournant vers Miche. Tu n’avais pas à faire ça.
— Personne ne sait ce qu’Umbo aurait fait, pas même lui. »
Olivenko se tourna vers le tavernier.
« Tu n’as pas répondu à Umbo. Comment as-tu su pour cette histoire de commandement ?
— J’y répondrai quand Rigg aura ordonné aux vaisseaux de crypter toutes les conversations susceptibles d’être interceptées et enregistrées par les Enfants d’Odin.
— Cet ordre a déjà été donné, sourcilla Olivenko.
— Non, le contredit Miche. Je veux m’assurer que rien ne soit consigné dans leurs mémoires.
— À l’ensemble des vaisseaux et des sacrifiables, à partir de maintenant, et jusqu’à contrordre, tout ce qui se dira entre moi, Umbo, Miche et Olivenko restera secret, ordonna Rigg. Rien ne sera ni consigné dans vos mémoires ni transmis de quelque manière susceptible d’être interceptée par les Enfants d’Odin… »
La voix du vaisseau l’interrompit.
« Les Enfants d’Odin interceptent déjà tout ce qui se dit sur tous les canaux de communication.
— Tous, vraiment ? douta Miche. Ou tous ceux habituellement utilisés ? »
Le vaisseau refusa de répondre.
« Répondez, ordonna Rigg. Considérez les questions de Miche comme les miennes.
— Tous, précisa la voix. En revanche, je ne peux affirmer avec certitude s’ils écoutent ou non.
— Moi, je le peux, affirma le tavernier. Les Enfants d’Odin n’affectent plus personne à l’écoute des conversations depuis des années. Et leurs systèmes de transmission ont été détruits pour ne pas attirer les soupçons des Éclaireurs.
— Si je comprends bien, on ne craint pas d’être entendus ? conclut Umbo.
— Si… par leurs souris, prit conscience Rigg au même moment.