Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
Le gang des rêves - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Le gang des rêves

Электронная книга - «Le gang des rêves». Краткое содержание книги:

Une Italienne de quinze ans débarque avec son fils dans le New York des années vingt…
L’histoire commence, vertigineuse, tumultueuse. Elle s’achève quelques heures plus tard sans qu’on ait pu fermer le livre, la magie Di Fulvio.
Roman de l’enfance volée, Le Gang des rêves brûle d’une ardeur rédemptrice : chacun s’y bat pour conserver son intégrité et, dans la boue, le sang, la terreur et la pitié, toujours garder l’illusion de la pureté.
Dramaturge, le Romain Luca Di Fulvio est l’auteur de dix romans.
Deux d’entre eux ont déjà été adaptés au cinéma ; ce sera le destin du Gang des rêves, qui se lit comme un film et dont chaque page est une nouvelle séquence.
1 ... 109 110 111 112 113 114 115 116 117 ... 177
Перейти на страницу:

Ruth fit un pas en direction de son père. Très crispée. Pourtant elle fit un autre pas, puis un autre encore. Et une fois près de lui, elle passa les bras autour de son cou :

« Papa, murmura-t-elle, je suis désolée ! »

Au contact de sa fille, M. Isaacson eut soudain l’air complètement défait. Ses yeux s’embuèrent de larmes. Il mit une main à sa poche et prit un mouchoir qu’il porta à son nez. À cet instant, Ruth réalisa combien cet homme était faible. Mais elle ne le détesta pas. Parce que c’était son père, après tout. Et ce n’était pas sa faute, s’il n’était pas le père qu’une fille aurait voulu. Elle l’attira contre elle et le prit à nouveau dans ses bras. Avec force. En lui pardonnant tout ce qu’il n’avait jamais réussi à être.

« Je suis photographe, lui dit-elle, l’étreignant plus comme un petit garçon que comme un père. Et c’est entièrement grâce à toi. Merci, papa. Merci. »

M. Isaacson éclata en sanglots. Une série de petites secousses. Mais lorsqu’il leva les yeux vers sa fille, il y avait quelque chose de joyeux dans son regard :

« Bravo, ma fille ! fit-il, riant et pleurant en même temps. Tu es comme mon père. Tu es comme grand-père Saul. (Il prit le visage de Ruth entre ses mains). Tu es forte, Ruth, et moi je remercie le Ciel tous les jours parce que tu ne me ressembles pas. Porter ce fardeau supplémentaire sur mes épaules aurait été terrifiant.

— Ne dis pas ça, papa ! implora Ruth en l’embrassant. Ne dis pas ça…

— Si tu passes par Oakland, viens nous voir. West Coast Oakland Theater, Telegraph Avenue » continua M. Isaacson en se dégageant de son étreinte.

Il mit la main à la poche intérieure de sa veste élégante et en sortit une enveloppe :

« Voici cinq mille dollars. Je ne peux rien te donner de plus, ma chérie, dit-il en les lui tendant.

— Je n’en ai pas besoin, papa. J’ai un bon travail…

— Prends-les, Ruth. Je t’en prie. Ton grand-père disait que nous ne savons exprimer nos sentiments qu’avec de l’argent, insista son père. Je t’en prie. »

Ruth tendit la main et prit l’enveloppe.

« Mais c’est moi qui t’ai offert ton Leica, hein ! fit M. Isaacson.

— Et c’est le plus beau cadeau qu’on m’ait jamais fait, affirma Ruth.

— Il y a encore autre chose…, ajouta son père d’une voix hésitante. (Il déglutit avec difficulté et baissa à nouveau les yeux). Je n’étais pas au courant… (Il regarda Ruth et esquissa un sourire amer). Mais je n’aurais peut-être rien fait, de toute façon… (Il toucha son alliance, la faisant tourner nerveusement autour de l’annulaire, sans se décider à poursuivre). Je ne sais pas si je fais bien de te le dire… ne la déteste pas, Ruth ! Ne la déteste pas. Elle a toujours cru qu’elle le faisait pour ton bien…

— Mais quoi, papa ? Qui ?

— Ta mère, Ruth, lâcha M. Isaacson. Moi je ne le savais pas, mais ces derniers temps, depuis que tu es partie, elle… elle parle beaucoup, tu sais… l’alcool… et…

— Papa ! le pressa Ruth.

— Ce garçon qui t’a sauvée…

— Christmas ?

— Ce garçon t’a écrit… de nombreuses lettres. Au Berverly Hills et puis à Holmby Hills, et ta mère… ta mère ne te les as jamais remises. Quant aux lettres que toi, tu lui as écrites… elle les a toutes déchirées. »

Ruth demeura silencieuse. Le souffle coupé. Comme si elle avait reçu un coup de poing à l’estomac.

« Ne la déteste pas, Ruth… elle croyait qu’elle le faisait pour ton bien…

— Oui… » murmura Ruth.

Puis elle tourna le dos à son père, se dirigea vers la fenêtre et regarda dans la rue. Elle repéra une voiture marron garée le long du trottoir d’en face. Et eut l’impression d’apercevoir à l’intérieur de l’auto un éclat métallique derrière le pare-brise, au niveau du siège avant, près de la place du conducteur. L’éclat d’une flasque en métal.

Quand elle se retourna, son père n’était plus dans la pièce.

48

Manhattan, 1927

« Vous êtes virés ! » lança Neal Howe, le directeur général de la N.Y. Broadcast, assis derrière son bureau de merisier incrusté, tout en nettoyant ses petites lunettes rondes avec un mouchoir de lin immaculé sur lequel ressortaient ses initiales. Il avait un visage osseux et de fines veines formaient une toile d’araignée presque imperceptible sur ses joues. Et la peau de son crâne — sous ses rares cheveux — était rouge. Il portait un costume gris confectionné sur mesure, parfaitement repassé et sur les revers duquel étaient épinglées des décorations militaires. Quand il fut satisfait de la propreté de ses lunettes, il les planta sur son nez et toisa Christmas et Karl, debout devant lui :

« Vous vous demanderez pourquoi je prends le temps de vous l’annoncer personnellement… (Il sourit d’un air mauvais et pointa contre eux un doigt sec, à l’ongle pointu). C’est parce que, si nous étions en guerre, ce que vous avez fait, ça s’appellerait de l’insubordination ! Et vous passeriez en cour martiale !

— Vous voulez nous faire pendre ? » demanda Christmas, le regard moqueur et enfonçant les mains dans ses poches. Il jeta un coup d’œil vers Karl et s’étonna de voir son visage devenu extrêmement pâle et immobile.

Le directeur général eut un geste de colère :

« Ne fais pas le malin, jeune homme ! fit-il d’un ton tranchant. Et quand tu es devant moi, enlève les mains de tes poches !

— Autrement, qu’est-ce que vous faites ? rétorqua Christmas. Vous me virez ? »

Le visage désagréable du directeur général devint livide.

« Monsieur Howe, écoutez-moi, je vous en prie ! intervint Karl d’une voix faible. Le garçon n’y est pour rien. C’était mon idée. Il ne savait même pas que j’allais la diffuser… Vous ne pouvez pas vous en prendre à lui aussi…

— Je ne peux pas ? ricana le directeur général.

— Ce que je voulais dire, monsieur, c’est que…

— Laissez tomber ! Christmas interrompit Karl et posa une main sur son bras. Il veut nous obliger à le supplier mais il va nous virer de toute façon. C’est ça, son petit jeu ! Vous ne voyez pas ? La justice, il n’en a rien à faire. Il a juste envie de nous humilier. Ne perdez pas votre temps et ne lui donnez pas cette satisfaction. Partez…

— Comment te permets-tu, jeune homme ? explosa le directeur général, se levant, le visage écarlate.

— Mais arrête, vieux tromblon ! Christmas lui éclata de rire au visage et tourna les talons. Vous venez, Mister Janach ? »

Karl le fixa, le regard trouble, comme s’il avait du mal à réaliser ce qui lui arrivait.

« Turkus ! Turkus ! » appela le directeur général.

Un homme au visage marqué par les coups surgit dans la pièce. Il portait l’uniforme de la sécurité.

« Jette-les dehors à des coups de pied au cul ! » cria le directeur général, hystérique.

L’homme de la sécurité tendit une main vers Christmas.

« Si tu poses un doigt sur moi, Lepke Buchalter t’enfonce un pic à glace dans la gorge ! » fit Christmas avec une expression féroce.

1 ... 109 110 111 112 113 114 115 116 117 ... 177
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)