Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне

Электронная книга - «Citadelle». Краткое содержание книги:

Citadelle est un livre particulier dans le sens où il n'a jamais été achevé ni retouché (ou très peu) par Saint-Exupéry. L'œuvre est restée à l'état de brouillon dactylographié imparfait avant d'être mis en forme, tant bien que mal, par l'éditeur. Saint-Exupéry aborde ici tous ses thèmes récurrents déjà visités dans ses précédents écrits: l'Amour, l'Apprentissage, la Création, Dieu, les Hommes, les Voyages, etc.
1 ... 106 107 108 109 110 111 112 113 114 ... 131
Перейти на страницу:

Mais tu connais le c�dre. Et si je dis �un c�dre� je transporte en toi sa majest�. Car on t'a �veill� au c�dre, lequel est, en plus du tronc, des branches, des racines et du feuillage.

Je ne connais d'autre moyen pour fonder l'amour que de te faire sacrifier � l'amour. Mais eux re�oivent leur mangeaille sur leur liti�re, quels sont leurs dieux?

Tu pr�tends me les augmenter en les engraissant de pr�sents, mais ils en meurent. Tu ne peux vivre que de cela que tu transformes, et dont un peu chaque jour, puisque tu t'�changes contre, tu meurs.

Le savent bien mes vieilles qui s'usent les yeux aux jeux d'aiguille. Tu leur dis de sauver leurs yeux. Et leurs yeux ne leur servent plus. Tu as ruin� leur �change.

Mais eux contre quoi s'�changent-ils, ceux que tu pr�tends rassasier?

Tu peux fonder la soif de la possession, mais la possession n'est point �change. Tu peux fonder la soif de l'empilage des �toffes brod�es. Mais tu ne fondes que l'�me d'entrep�t. Comment fonderas-tu la soif d'user les yeux aux jeux d'aiguille? Car celle-l� seule est soif de v�ritable vie.

Moi, dans le silence de mon amour, j'ai bien observ� mes jardiniers et mes fileuses de laine. J'ai remarqu� qu'il leur �tait donn� peu de chose, et beaucoup demand�.

Comme si reposait sur eux, comme sur elles, le sort du monde.

Chaque sentinelle je la veux responsable de tout l'empire. Et celui-l�, de m�me, contre les chenilles, au seuil du jardin. Et l'autre qui coud la chasuble d'or ne r�pand peut-�tre qu'une faible lumi�re, mais elle fleurit son Dieu et c'est un Dieu mieux fleuri que la veille qui rayonne sur elle � son tour.

Je ne sais point ce que signifie �lever l'homme s'il ne s'agit point de l'enseigner � lire des visages au travers des choses. Je perp�tue les dieux. Ainsi du plaisir du jeu des �checs. Je le sauve en sauvant les r�gles mais tu leur veux fournir des esclaves qui leur gagnent leurs parties d'�checs.

Tu veux faire cadeau des lettres d'amour, ayant observ� de certains qu'ils pleuraient s'ils en recevaient, et tu t'�tonnes de ne point leur tirer de larmes.

Ne te suffit point de donner. E�t fallu b�tir celui qui re�oit. Pour le plaisir d'�checs e�t fallu b�tir le joueur. Pour l'amour e�t fallu b�tir la soif d'amour. Ainsi l'autel d'abord pour recevoir le dieu. Moi j'ai b�ti l'empire dans le c�ur de mes sentinelles en les contraignant � faire les cent pas sur les remparts.

CXCV

Un po�me parfait qui r�siderait dans les actes et sollicitant tout, jusqu'� tes muscles, de toi-m�me. Tel est mon c�r�monial.

Faibles �chos, �bauches de mouvement, que je noue en toi par les mots dou�s de pouvoir. J'invente le jeu des gal�res. Tu y veux bien entrer et courber un peu les �paules.

Mais les r�gles, mais les rites, mais les obligations, et la construction du temple, mais le c�r�monial des jours, certes voil� une autre action.

L'�criture a �t� de t'y convertir en te faisant faiblement te conna�tre ainsi devenu, et esp�rer.

Et certes, de m�me que tu peux me lire distrait et ne point ressentir, tu peux subir le c�r�monial sans grandir. Et ton avarice peut loger � l'aise dans la g�n�rosit� du rituel.

Mais je ne pr�tends pas te r�gir pour chaque heure, de m�me que je ne pr�tends pas, de ma sentinelle, qu'elle soit dans chaque heure fervente � l'empire. Me suffit qu'une, parmi d'autres, le soit. Et, de celle-l�, je ne pr�tends pas qu'elle soit fervente dans chaque instant mais que, si elle r�ve d'ordinaire de l'heure de la soupe, lui vienne, comme �clair, l'illumination de la sentinelle, sachant trop bien que l'esprit dort et ne sait voir en permanence, sinon ce feu br�lerait les yeux, mais que la mer a sens de la perle noire autrefois trouv�e, l'ann�e sens de la f�te unique, et la vie sens de l'accomplissement dans la mort.

Et peu m'importe que mon c�r�monial me prenne un sens ab�tardi chez les b�tards de c�ur. J'ai observ�, au cours de mes conqu�tes, les tribus noires et le sorcier qui les conviait, par app�tit sordide, d'engraisser de leurs pr�sents quelque b�ton de bois peint en vert.

Que m'importe que le sorcier m�sestime son r�le! Le pouce du sculpteur cr�e la vie.

CXCVI

L'autre qui exige la reconnaissance: il a fait pour eux ceci ou cela� mais il n'est point non plus de don r�colt� et provision faite. Ton don est circulation de l'un en l'autre: Si tu ne donnes plus, tu n'as rien donn�. Tu me diras: �J'ai �t� m�ritoire hier et j'en garde le b�n�fice.� Et je r�pondrai: �Non! Tu serais mort ayant ce m�rite si tu �tais mort hier, certes, mais tu n'es pas mort hier. Compte seul ce que tu es devenu � l'heure de la mort. Du g�n�reux que tu �tais hier, tu as tir� de toi ce ladre d'aujourd'hui. Celui qui mourra sera ladrerie.�

Tu es racine d'un arbre qui vit de toi. Tu es li� � l'arbre. Il est devenu ton devoir. Mais la racine dit: �J'ai trop exp�di� de s�ve!� L'arbre alors meurt La racine se peut-elle flatter d'avoir droit � la reconnais sance du mort?

La sentinelle, si elle se lasse de surveiller l'horizon et qu'elle s'endorme, la ville meurt. Il n'est point de provision de rondes d�j� accomplies. Il n'est point de provision de battements r�serv�s quelque part par ton c�ur. Ton grenier lui-m�me n'est point provision. Il est escale. Et tu laboures la terre dans le m�me temps que tu le pilles. Mais tu te trompes en toutes choses. Tu t'imagines te reposer de la cr�ation par l'empilage des objets cr��s dans le mus�e. Tu y empiles ton peuple lui-m�me. Mais il n'est point d'objets. Il est des sens divers de ce m�me objet dans divers langages. N'est point la m�me, la perle noire, pour le plongeur, la courtisane ou le marchand. Le diamant vaut quand tu l'extrais, quand tu le vends, quand tu le donnes, quand tu le perds, quand tu le retrouves, quand il pare un front pour une f�te. Je ne sais rien du diamant usuel. Le diamant de tous les jours n'est que caillou vide. Et le savent bien celles qui le d�tiennent. Elles l'enferment dans le coffre le plus secret afin qu'il y dorme. Elles ne l'en tirent que le jour de l'anniversaire du roi. Il devient alors mouvement d'orgueil. Elles l'ont re�u au soir du mariage. Il �tait mouvement d'amour. Il a �t� une fois miracle pour qui a rompu sa gangue.

Les fleurs valent pour les yeux. Mais les plus belles sont celles dont j'ai fleuri la mer pour honorer des morts. Et nul jamais ne les contemplera.

Celui-l� parle au nom de son pass�. Il me dit: �Je suis celui qui�� J'accepte donc de l'honorer � condition qu'il soit mort. Mais, du seul v�ritable g�om�tre mon ami, je n'ai jamais entendu qu'il se pr�val�t de ses triangles. Il �tait serviteur des triangles et jardinier d'un jardin de signes. Une nuit que je lui disais: �Te voil� fier de ton travail, tu as beaucoup donn� aux hommes��, il se tut d'abord, puis me r�pondit:

�Il ne s'agit point de donner, je m�prise qui donne ou re�oit. Comment v�n�rerais-je l'insatiable app�tit du prince qui revendique les pr�sents! De m�me de ceux qui se laissent d�vorer. Ainsi la grandeur du prince nie leur grandeur. Il est � choisir entre l'une ou l'autre. Mais le prince qui m'abaisse je le m�prise. Je suis de sa maison et il se doit de me grandir. Et si je suis grand je grandis mon prince.

�Qu'ai-je donn� aux hommes? Je suis d'entre eux. Je suis leur part de m�ditation sur les triangles. Les hommes � travers moi ont m�dit� sur les triangles. A travers eux chaque jour j'ai mang� mon pain. Et j'ai bu le lait de leurs ch�vres. Et je me suis chauss� du cuir de leurs b�ufs.�

Je donne aux hommes, mais re�ois tout des hommes. O� loge la pr�s�ance de l'un sur l'autre? Si je donne plus, je re�ois plus. Je me fais d'un plus noble empire. Tu le vois bien de tes financiers les plus vulgaires. Ils ne peuvent vivre d'eux-m�mes. Ils chargent quelque courtisane de leur fortune d'�meraudes. Elle rayonne. Ils sont, d�s lors, de ce rayonnement. Les voil� satisfaits de si bien reluire. Et cependant pauvres ils sont: ils ne sont que d'une courtisane. Tel autre a tout donn� au roi. �De qui es-tu?�� Je suis du roi.� Le voil� v�ritablement qui resplendit.

1 ... 106 107 108 109 110 111 112 113 114 ... 131
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)