La Bible amusante
- Автор: Таксиль Лео
- Год: 1904
- Язык: французский
- Жанр: Прочее юмористическое
Электронная книга - «La Bible amusante». Краткое содержание книги:
Voici les observations de Voltaire à ce sujet: «Le lion de Juda, dont la verge ne devait jamais sortir d’entre ses jambes jusqu’à ce que le Silo vînt, sent cette fois-ci ses ongles rognés de bien près, et sa verge n’a pas grand pouvoir. De graves savants prouvent que ce Sésac était le grand Sésostris; d’autres graves savants prouvent que Sésostris naquit mille ans avant Sésac; et des savants encore plus graves prouvent qu’il n’y eut jamais de Sésostris. Une raison qui ferait croire que ce ne fut pas Sésostris qui pilla Jérusalem, c’est qu’il ne pilla point Sichem, Jéricho, Samarie, ni les deux veaux d’or hérétiques; car Hérodote dit que ce grand Sésostris pilla toute ta terre.»
Roboam eut pour successeur son fils Abiam, qui régna trois ans seulement, mais qui ne perdit pas son temps, puisque, d’après le livre des Chroniques, il tua, dans une seule bataille, cinq cent mille soldats de l’armée du roi d’Israël.
«Et Jéroboam n’eut plus de forces pendant le règne d’Abiam. Or, quand Abiam vit son royaume affermi, il prit quatorze femmes, et il en eut vingt-deux fils et seize filles.» (2 Chroniques 13:20-21)
Comptons un peu! Trois ans de règne, dit le livre des Rois (15:2); victoires sur Jéroboam, pendant la première année; que dites-vous donc, ami lecteur, des vingt-deux fils de cet Abiam et de ses seize filles, soit trente-huit enfants, dont ces quatorze femmes accouchent en deux ans de temps?… Ah! voilà une époque merveilleuse, décidément!
Dans le livre des Rois, nous avons deux versets contradictoires au chapitre 15. «Abiam, qui régna trois ans, avait sa mère qui s’appelait Mahaca et qui était fille d’Absalon» (v. 2).
Parmi les vingt-deux fils qu’eut Abiam, ce fut Asa qui lui succéda. «Asa régna quarante-et-un ans; sa mère s’appelait Mahaca, et elle était fille d’Absalon» (v. 10). Il faudrait pourtant s’entendre: la reine Mahaca ne pouvait être à la fois mère et grand’mère du jeune roi Asa.
Quoiqu’il en soit, Asa étant mineur, Mahaca eut la régence. Ah! pour le coup, ce fut du propre! Non seulement, cette fille d’Absalon se livrait à la boisson d’une façon déplorable; mais encore elle s’était payé un magnifique Priape, en guise de divinité. Le veau d’or était dépassé. Mais, heureusement, «pour l’amour de David, Dieu avait allumé une lampe dans Jérusalem»; et cette lampe, c’était le jeune roi Asa. a Et Asa, petit-fils de Rôboam, marcha droit devant l’Éternel, comme son aïeul David l’avait fait; car il chassa de pays tous ceux qui se prostituaient; et même il déposa sa mère Mahaca, afin qu’elle ne fût plus régente; il l’empêcha de sacrifier désormais à Priape, et il brisa le simulacre honteux de Priape, qu’elle s’était fait faire, et il le brûla dans le torrent du Cédron. Toutefois, il ne détruisit pas les hauts lieux; néanmoins, le cœur d’Asa fut parfait devant le Seigneur, pendant tout le temps de sa vie.» (Rois 15:11-14)
Si Asa fut récompensé?… Vous allez voir ça… D’abord, il écrasa une invasion, s’il faut en croire le livre des Chroniques, chapitre 14, et quelle invasion!…
«Asa avait dans son armée trois cent mille hommes de la tribu de Juda, portant boucliers et piques, et deux cent quatre-vingt mille hommes de la tribu de Benjamin, portant boucliers et carquois. Et voici que Zaraph, roi d’Ethiopie, sortit de son pays et vint combattre en Judée avec une armée d’un million de soldats, forte de trois cents chariots de guerre, et il s’avança jusqu’à Maresca. Asa rangea ses troupes en bataille devant lui, dans la vallée de Tsépath.» (v. 8-10)
«Et les Éthiopiens furent entièrement défaits, parce que c’était Jéhovah qui les frappait; Asa et le peuple de Juda et de Benjamin les poursuivirent jusqu’à Guérar et les exterminèrent.» (v. 12-13)
Cet épisode est d’autant plus admirable qu’il y a fort loin d’Éthiopie à Jérusalem. Cette armée de cinq cent quatre-vingt mille soldats, fournis par deux tribus seulement, n’est pas moins merveilleuse que celle d’un million d’envahisseurs; mais on se demande comment le roi d’Égypte, Sésac ou Sésostris, laissa passer sur son territoire ce flot de barbares… A moins que les Éthiopiens n’aient fait le voyage en ballons!…
Une autre récompense fut décernée par papa Bon Dieu à son excellent ami Asa: «Au temps de sa vieillesse, Asa fut malade des pieds.» (Rois 15:23) Ici l’auteur sacré est sobre d’explications; cette maladie des pieds n’avait pour but, évidemment, que d’augmenter les mérites du brave Asa. A la fin de la quarante et unième année de son règne, il s’endormit dans le sein de ses pères et laissa sa place à son fils Josaphat (v. 25).
Mais voyons un peu ce qui se passait, d’autre part, au royaume d’Israël. — Nadab, fils de Jéroboam «suivit le train de son pere et commit les mêmes péchés» (v. 26); son règne ne dura que deux ans. Une conspiration d’un certain Bahasça, de la tribu d’Issachar, lui coûta le trône et la vie (v. 27-28); naturellement, Bahasça se proclama roi; il régna vingt-quatre ans, pendant lesquels il se comporta, vis-à-vis de Sabaoth, aussi mal que Jéroboam et Nadab (v. 33-34). C’est alors que papa Bon Dieu, trouvant que cette impiété durait trop, parla à Jéhu et lui apprit qu’il venait de décréter la ruine de la famille Bahasça.
Celui-ci, selon l’usage, mourut tranquillement dans son lit, et c’est son fils Ela, qui, après un règne de deux ans, fut assassiné par le nommé Zamri (16:10).
Zamri se subsistua à sa victime, massacra toute la famille Bahasça, «et il n’en laissa pas vivre un, ni homme, ni bête, de ses parents ou de ses amis» (v. 11). — Le règne de Zamri fut court: sept jours en tout (v. 15); Amri se mit à la tête d’une émeute, et Zamri, dont le rôle de fléau de Dieu était terminé, se suicida (v. 18).
Amri régna douze ans (v. 23).
«La septième année de son règne, Amri acheta une montagne à un hébreu, du nom de Somer, moyennant le prix de deux talents d’argent; il bâtit une ville sur cette montagne et l’appela Samarie en souvenir de Somer» (v. 24)
C’est aussi vers ce temps-là que Hiel, natif de Béthel, rebâtit la ville de Jéricho (v. 34). Remarque: ces grands rois d’Israël, qui avaient de si formidables armées, ne possédaient pas une ville passable avant qu’on eût bâti Samarie, Jéricho et Sichem. Jéricho fut une place importante contre les irruptions des Arabes et des Syriens; ainsi, Josué avait agi en très mauvais politique, quand il la détruisit entièrement, et d’autre part on voit que l’anathème prononcé contre Jéricho était nul, puisqu’il avait été prédit que jamais cette ville ne serait relevée de ses ruines.
Ah! nous voici arrivés à Achab, l’impie Achab, fils d’Amri; avec ce prince, dont le nom est donné à maudire aux enfants qui épèlent l’histoire sainte, la Bible va redevenir intéressante. C’est maintenant que nous allons avoir à nous occuper aussi de l’impayable prophète Élie, cet homme unique qui n’avait pas de pain à manger sur la terre, et qui monta au ciel dans un char de feu traîné par des chevaux également de feu.
«Achab régna sur Israël à Samarie, pendant vingt-deux ans, et il fit tout ce qui est mauvais devant l’Éternel, plus encore que tous ceux qui l’avaient précédé; et comme s’il lui eût été peu de chose de continuer, en les aggravant, les péchés de Jéroboam, il prit encore pour femme Jézabel, fille d’Ithobal, roi des Sidoniens.» (v. 29-31)