Le clan de l'ours des cavernes
- Автор: Ауэл Джин М.
- Серия: Les enfants de la Terre #1
- Год: 2002
- Язык: французский
- Год: J'ai Lu
- ISBN: 2-258-05932-1
- Переводчик: Philippe Rouard
- Жанр: Исторические приключения
Электронная книга - «Le clan de l'ours des cavernes». Краткое содержание книги:
— Je sais, répondit Ayla. Je parlerai à Mog-ur dès que possible. Après le départ d’Oda, Ayla se sentit pensive et préoccupée. Elle songeait aux Autres. Quelles brutes ! Pourquoi n’avaient-ils pas fait le signe convenu ? Oda aurait pu sauver son bébé. Ces hommes étaient mauvais comme l’était Broud. Pires même, car Broud, lui, aurait fait d’abord déposer l’enfant. Avec leurs besoins, ils sont tous pareils, les hommes du Clan comme les Autres. Ayla ne se rappelait pas à quoi ces derniers ressemblaient. Elle n’avait en mémoire que son propre reflet dans la mare, près de la caverne. Soudain une pensée lui traversa l’esprit. Oda a donné naissance à Ura après que l’un des Autres eut assouvi ses désirs avec elle. Comme Broud avec moi ! Oda et Broud sont du Clan, comme cet homme et moi sommes de chez les Autres ! Ura n’est pas plus difforme que Durc. Comme Ura, il est une partie des Autres et une partie du Clan. C’est bien Broud qui m’a fait cet enfant... avec son organe, et non avec l’esprit de son totem !
Les autres femmes qui étaient avec Oda n’ont pas eu d’enfants anormaux. Creb dirait-il vrai quand il prétend que le totem d’une femme doit être vaincu ? Mais elle n’avale pas l’essence du totem, c’est l’homme qui la lui met dans le ventre avec son membre.
Mais pourquoi fallait-il que ce fût Broud ? Je voulais un bébé, mon totem en est témoin, mais Broud me déteste tant ! Il déteste Durc aussi. Il s’est soulagé avec moi uniquement parce qu’il savait que ça me faisait horreur. Mon totem savait-il que celui de Broud pourrait le vaincre ? Oga a déjà deux fils, Brac et Grev, et c’est Broud qui les a faits tous les deux, comme Durc.
Cela signifie-t-il qu’ils sont frères, comme Brun et Creb ? Brun aurait-il déclenché la naissance de Broud dans le ventre d’Ebra ? Oui, c’est probable, car les autres hommes ne se servent pas de la compagne du chef, c’est contraire aux usages. Broud n’aime pas partager Oga. Pendant la chasse au mammouth, Crug prenait toujours Ovra. Droog aussi l’a fait deux ou trois fois.
Si Brun a fait Broud qui a fait Durc, Durc est donc une partie de Brun ? Et une partie de Creb, puisque Brun et Creb sont de la même mère ? Et une partie d’Iza ? Ayla secoua la tête. Tout cela devenait trop confus.
Ah ! comme Broud serait fou de rage s’il savait qu’en assouvissant ses désirs avec moi par pure haine, il m’a donné ce que je désirais le plus au monde !
— Ayla, dit Uba en arrachant brusquement la jeune femme à ses pensées, je viens de voir Creb et Brun rentrer dans la caverne. Il se fait tard, il faut préparer à manger. Creb va avoir faim.
Durc, qui s’était endormi, s’éveilla quand sa mère le prit dans ses bras. Je suis sûre que Brun ne s’opposera pas à ce qu’Ura devienne la compagne de mon fils, pensa Ayla sur le chemin du retour. Ils sont faits l’un pour l’autre. Et moi ? Trouverai-je un jour un compagnon ?
23
L’arrivée des deux derniers clans rappela à Ayla qu’elle restait un objet d’intense curiosité pour les deux cent cinquante membres des dix clans participant au Rassemblement. Elle était observée où qu’elle apparût, mais aussi anormale pût-elle paraître aux yeux des autres clans, personne ne trouvait la moindre critique à faire concernant son comportement.
Ayla veillait farouchement à ne pas rire ni même sourire. Pas d’yeux mouillés non plus, ni de ces grands pas qu’elle faisait d’ordinaire et de cette liberté d’allure si peu propre aux femmes. Elle était un exemple de tenue, mais seuls les membres de son propre clan pouvaient apprécier ses efforts, car pour les autres elle se comportait comme une femme digne du clan était censée le faire depuis des générations.
La discrétion de sa présence leur rendait celle-ci supportable, et comme Uba l’avait prédit, ils commençaient à s’habituer à elle. Enfin il y avait de trop nombreuses activités lors d’un Rassemblement pour que l’étrangère du clan de Brun mobilise longtemps l’attention.
L’organisation du Rassemblement du Clan, qui réunissait un aussi grand nombre d’individus, exigeait un grand sens pratique et beaucoup de doigté et d’esprit de conciliation. Les dix chefs de clan se virent confrontés à des problèmes de coordination sans commune mesure avec ceux qu’ils avaient coutume d’affronter.
Il fallait organiser des expéditions de chasse pour nourrir la horde, et si le statut de chacun au sein du même clan déterminait l’ordre de marche des chasseurs, la tâche se compliquait quand deux ou trois clans décidaient de chasser ensemble.
Les femmes aussi rencontraient des problèmes quand elles partaient à la cueillette de plantes et de légumes. En dépit de leur nombre, elles devaient s’efforcer de ne pas appauvrir excessivement les ressources locales. Or, si chaque clan avait apporté d’amples provisions, les légumes frais constituaient néanmoins un additif des plus prisés, et les réserves prévues par les membres du clan-hôte se révélaient toujours insuffisantes pour subvenir aux besoins de tous. Avant la fin de l’été, toutes les ressources naturelles des alentours seraient épuisées.
L’approvisionnement en eau était garanti par une rivière alimentée par la fonte du glacier, et le bois pour le feu était ce qui manquait le moins. Les femmes faisaient la cuisine devant la caverne, quand le temps le permettait, et tous les repas étaient préparés en commun.
Malgré cela, tout le bois mort et un grand nombre d’arbres sur pied seraient brûlés, bouleversant profondément les environs. Rien ne serait plus comme avant à la fin du Rassemblement.
Creb n’était pas le seul à se réjouir de cette réunion qui lui donnait l’occasion de retrouver ses pairs après sept ans d’éloignement. Brun l’était également, car il pouvait enfin se mesurer à des hommes d’une autorité comparable à la sienne. Les qualités d’un chef n’exigeaient pas seulement de lui qu’il sache prendre une décision et la mettre à exécution avec énergie, mais qu’il sût encore céder quand il le fallait. Et Brun n’avait pas usurpé son rang prééminent : il savait se montrer à la fois énergique, conciliant et capable de faire l’unanimité sur sa personne. Chaque fois que les clans se réunissaient, un homme fort se détachait de la masse. Brun était cet homme depuis qu’il était devenu le chef de son propre clan.
C’était cette combinaison d’autorité et de tolérance s’appuyant sur les solides traditions du clan qui lui avait permis d’accorder à Ayla des circonstances atténuantes. Une fois passée la menace de se voir contraint par Ayla d’accepter son fils, il avait considéré la jeune femme avec d’autres yeux.
Ayla avait pensé agir dans la tradition du clan et elle avait su mesurer à temps son erreur en revenant avant le jour de la Cérémonie du Nom. Quand elle lui avait montré la petite grotte dans la montagne, il s’était secrètement étonné qu’elle eût été capable de faire tout ce chemin dans la grande faiblesse où elle se trouvait alors. Un homme aurait-il pu en faire autant, s’était-il demandé, sachant que la ténacité et l’endurance à la douleur fondaient les vertus viriles qu’il admirait. Elles témoignaient de la force de caractère et, bien qu’Ayla fût une femme, Brun admirait son cran.
— Si Zoug avait été là, nous aurions gagné le concours de tir à la fronde, dit Crug. Personne n’aurait pu le battre.
— Sauf Ayla, répondit discrètement Goov. Dommage qu’elle n’ait pu entrer en lice.